C'est un travail de Jean-Philippe Belleau, publié en avril 2008
la dernière modification date de juin 2008
Je vous donne toutes ces précisions parce qu'il existe un certain nombre de textes anonymes
ou bien sur des noms d'emprunt diffusés sur le net
qui avancent des faits auxquels les auteurs et/ou les diffuseurs n'apportent aucunes preuves.
Le but de cette désinformation est d'instaurer un climat de peur
de faire obstruction à la vérité
de pérenniser le chaos dans lequel l'injustice fait son lit.
Ce sont des méthodes très connues dont le journaliste Michel Collon a rappelé les principes de base :
1. Cacher l’Histoire.
2. Cacher les intérêts économiques.
3. Diaboliser celui qui nous résiste.
4. “Nous” sommes neutres et cherchons le bien de tous.
5. Ceux qui pensent autrement que nous, sont exclus des médias.
comme l'a si bien dit le philosophe, Voltaire :
Ceux qui peuvent vous faire croire des absurdites peuvent vous faire commettre des
atrocites!
Cette pratique de désinformation est d'autant plus criminelle
qu'elle prend pour cible une population fragilisée par les violences à répétition,
peu formée à l'analyse de l'information qui lui est diffusée par une source unique,
celle des media dominants ou des "voye monte".
Il me semble qu'Haïti a eu son compte d'atrocités et qu'il est intrésèquement criminel de rapporter des ragots dans le but d'entrenir la haine. Quand on rapporte des faits graves, il faut être
capable de les prouver, ou d'en donner les sources.
Le rapport de M. Jean-Phillipe Belleau est un exemple de ce que devrait être une information ouverte.
C'est-à-dire qui peut être contestée parce qu'elle propose ses sources.
Le rapport entier et en angalis peut être lu à cette adresse : link
En voici quelques extraits traduits :
1957 (June 15-16): The Haitian army killed between several hundred (Leconte, 1999) and three thousand (Pierre-Charles, 1973) supporters of President Fignolé — who was
popular among the disenfranchised sectors of the capital city — after having overthrown him and forced him into exile. Most of the victims had lived in the poor neighborhoods of Bel-Air, La Saline
and Saint-Martin. General Kebreau, who was responsible for the killings, was nicknamed General Thompson, in reference to the automatic weapons used by his soldiers. Backed by politician François
Duvalier, Kebreau proclaimed himself head of the executive branch of government and organized the September 22 elections, later won by Duvalier. It was during this period that the army established
the basis for a totalitarian order (Trouillot, 1990: 152).
* (Pierre-Charles, 1973: 38 and 44; Leconte, 1999: 38)
1957 (juin 15-16) L'armée haïtienne a tué entre plusieurs centaines (Leconte ;1999 ) et trois mille (Pierre-Charles, 1973)
partisans du Président Fignolé- qui était populaire parmi les secteurs défavorisés de la capitale- après l'avoir renversé et l'avoir forcé à l'exil. La majorité des victimes vivait dans les
quartiers pauvres de Bel-Air, La Saline et Saint- Martin. Le général Kébreau, responsable des tueries, a été surnommé le général Thompson, en référence aux armes automatiques utilisées par ses
soldats. Appuyé par François Duvalier, Kebreau s'est autoproclamé à la tête de l'exéutif haïtien et a organisé les élections du 22 septembre, gagnées par la suite par Duvalier. C'était au
cours de cette période que l'armée a implanté le socle pour une ordre totalitaire. ('Trouillot, 1990:152) (Piere-Charles, 1973: 38 et 44; Leconte 199 :38)
1957-1986: The dictatorial Duvalier regime
1957-1986 : Le régime dictatorial
F
rançois Duvalier, known as Papa Doc, was elected president with the army’s support in 1957 and ruled Haiti until his death in 1971. His son, Baby Doc, then replaced
him and ruled until 1986. Papa Doc’s regime, the more brutal of the two, is said to be responsible for 30,000 to 50,000 assassinations and executions. The Duvaliers relied on a secret armed militia
called Tonton macoutes (its official name was the Volontaires de la Sécurité Nationale, or National Security Volunteers), which imposed a rule of terror on the Haitian population (Diederich and
Burt, 2005). This regime qualified as a totalitarian one according to Trouilot (1990), who carried out a detailed study of the roots and forms of Duvalierism.
François Duvalier connu comme Papa Doc, a été élu président avec le soutien de l'armée en 1957 et a dirigé le pays jusqu'à sa mort en
1971. Son fils Bébé Doc, l'a par la suite remplacé jusqu'en 1986. Le régime de Papa Doc, le plus brutal des deux, est jugé responsable de 30 000 a 50 000 assassinats et exécutions. Les Duvalier
s'appuyaient sur une milice secrète arméeappelée les Tonton macoutes ( lenom offciel était les Volontaires de la Sécurité Nationale- qui ont imposé la loi de la terreur sur la population
haïtienne. (Diederich etBurt, 2005). le régime qualifié de totalitaire selon Trouillot ( 1990) qui a mené une étude sur les racines et les formes du Duvaliérisme.
During this period, most of the killings and executions targeted small groups of individuals and therefore can not be listed here. The total number of political prisoners who starved to death, were
executed, or died under torture in public or private prisons remains unknown. The regime did not formally record who was imprisoned and who was executed, nor did it even attempt to keep track of
this. According to the National Palace Chief of Police, Jean Tassy, 2,053 individuals were killed from 1957 to 1967, in the police headquarters alone (Pierre-Charles, 1973: 56).
Beyond opponents of the regime, the targeted groups cannot be defined in traditional political terms, which made the Duvalierist violence fundamentally new (Trouillot, 1990: 166-170). Also, for the
first time in Haiti’s history, women (Trouillot, 1990: 153 and 167), children and even infants were targeted by the regime. In several occasions, young children were tortured.
Au cours de cette période, la majorité des tueries et des éxécutions visaient de petits groupes d'individus, et de ce fait ne peuvent
pas faire l'objet d'une liste. le nombre total de prionniers politiques qui ont été tués par la faim, ont été exécutés ou sont morts sous la torture dans des prisons privées et publiques reste
inconnu. Le régime n'enregistrait pas officiellement qui était emprisonné, qui était exécuté, et n'a pas non plus gardé de traces de ces actes. Selon, le chef du Palais National, Jean
Tassy, 2053 personnes ont été tuées entre 1957 et 1967 aux Casernes de police seulement ( Pierre Charles, 1973,; 56). Au delà des opposants au régime, les groupes visés n'ont pas pu être
définis dans des termes politiques traditionnels, ce qui a fait que la violence politique duvaliériste était totalement nouvelle. (Trouillot 1990:166-170). Egalement, pour la première fois
dans l'histoire haïtienne, les femmes (Trouillot,1990; 153 et 167), les enfants et même les bébés ont été visés par le régime. En plusieurs occasions de jeunes enfants ont été
torturés.
Contrary to the post-dictatorial periods in Latin America, efforts to record and document the killings and executions with precision were not successful, or were not officially recognized. The most
exhaustive study was carried out by CRESFED, a local NGO (Pierre-Charles, 2000). For a detailed list of some of the victims of this regime, two victims’ and academic organizations’ web sites based
in the United States can be consulted (Férère and Fordi9). For a detailed list of the most emblematic individuals responsible for executions and killings committed by macoutes and the military, see
Pierre-Charles (2000: 45-49).
** (Trouillot, 1990; Pierre-Charles, 1973 and 2000; Lemoine, 1996; Romulus, 1995)
Contrairement à la période post-dictature en Amérique Latine, les efforts pour rassembler la documentation sur les tueries et
les exécutions sont restés sans résultats, ou bien n'ont pas été reconnus. L'étude la plus exhaustive a été menée par le CRESFED, une ONG locale (Pierre-Charles, 2000). Pour une liste détaillée
de quelques unes des victimes de ce régime, deux listes existent surdes sites basés aux USA (Férère et Fordi 9). Pour une liste détaillée des plus emblématiques personnalités responsables pour
les exécutions et les tueries perpétrées par les macoutes et les militaires, voir Pierre Charles (200; 45-49), Trouillot 1990, Pierre-Charles 1973 et 200; Lemoine 1996; Romulus
1995
1963 (April 26): In Port-au-Prince, macoutes carried out a series of assassinations of the families of alleged opponents to the government after a failed attempt to kidnap Papa Doc’s son
Jean-Claude. macoutes typically raided a house of alleged opponents, killed its inhabitants, including elderly people, children and servants, with guns and machetes, before moving to another house
of an alleged opponent of the regime. The Benoît, Edelyn and Paris families were exterminated and their bodies left in full view in front of their houses. The Vieux family lost four of its members.
Other individuals were killed in the street or while driving their car. The total number of victims was close to a hundred. Several dozens of people were also taken to the Fort-Dimanche prison in
Port-au-Prince and were later “disappeared”, a method used afterward by the military regimes in Chile (1973-1989), Argentina (1976-1983) and Brazil (1964-1985). Most of the victims were from the
military, social and intellectual elites of the country. The attempted kidnapping had been orchestrated by Clément Barbot, a macoute and former head of the secret services of Papa Doc, to whom he
was close.
*** (Pierre-Charles, 2000: 85-86; Avril, 1999: 146-149; Interviews with witnesses)
1963( avril 26) A Port-au-Prince, les macoutes comettent une série d'assassinats de familles supposées opposées au régime après une
tentative ratée de kidnapper le fils de Papa Doc, Jean-Claude. les macoutes font des raids typiques dans les maisons de supposés opposants, tuent ceux qui y habitent, y compris les personnes
agées, lesdomestiques et les enfants, avec des armes à feu et des machettes, avant de se rendre à une autre maison de supposés opposants au régime. Les familles Benoit ,Edelyn et Paris furent
exterminées et lerurs corps laissés à la vue de tous devant leurs maisons. La famille Vieux a perdu quatre de ses membres. D'autres personnes ont été tuées dans la rue ou alors qu'elles
condusaient leur voiture. le nombre total de victimes a approché la centaine. Plusieurs douzaines de peronnes ont été également amenées à Fort-Dimanche la prison de Port-au-Prince et ont
été par la suite " disparuse", une méthode utilisée par la suite au Chili ( 1973-1989, en Argentine (1976-1983) et au Brésil (1964-1985). La plupart des victimes appartenait à l'élite militaire,
sociale et intellectuele du pays. La tentative ekidnapping avait été orchestrée par Clément Barbot, un macoute et ancien chef des services secrets de Duvalier dont il était très proche.
(Pierre-Charles, 2000; 85 86, avril 1999, 146-149, entretien avec des témoins)
1964 (August): Event known as the “massacre des Vêpres jérémiennes.” In the locality of Jérémie (in the Southwest of the country), army soldiers led by Lt. Abel Jerome, Lt. Sony Borge, Col. Regala
and by macoutes Sanette Balmir and St. Ange Bomtemps killed 27 individuals (men, women and children); almost all of them belonged to educated mulatto families. All the perpetrators knew the
executed families well. Several families from Jérémie (the Sansaricq, Drouin and Villedrouin families) were entirely wiped out. A four-year child, Stéphane Sansaricq, was tortured in front of his
relatives before being killed. macoutes Sony Borges and Gérard Brunache extinguished their cigarettes in the eyes of crying children.
The websites mentioned above list most of the victims. These assassinations were ordered by dictator Papa Doc himself as a part of reprisals against an embryonic anti-Duvalier guerrilla group known
as Jeune Haiti that had landed in the region (but none of them were in Jérémie). In fact, the killing also had ideological and racial dimensions, as Duvalier relied on a political ideology known as
noirisme (“Blackism”), through which he claimed to promote the black masses against “mulatto elites.” Hence, the Duvalier dictatorship targeted mulatto sectors of society, seen as prone to
political opposition, but also as illegitimate members of the nation.
None of those responsible for the killings and none of the perpetrators were brought to justice. In 1986, after the departure of Jean-Claude Duvalier, Colonel Regala, who sent the order to execute
the Sansericq family, became one of the members of the ruling junta. *** (Chassagne, 1999: 235-262; Pierre-Charles, 2000: 94-102)
1964 (Août) l'événénement est connu sous le nom de "masacre des Vêpres jérémiennes". Dans la ville de Jérémie (dans le sud-est du pays)
des soldats armés conduits par le lieutenant Abel Jérome, le lieutenant Sony Borge, le Colonel Regala et par les les macoutes Sanette Balmir et Saint Ange
Bontemps on tué 27 personnes (hommes, femmes et enfants, tous appartenant à des familles mulâtres éduquées. Tous les criminels connaissaient bien les familles
exécutées. Plusieurs familles de Jérémie 'Sansaricq, Drouin et Villedrouin) ont été totalement exterminées. Un enfant de 4 ans, Stephane
Sansaricq, a été torturé devant les membres de sa famille avant d'avoir été tué. Les macoutes Sony Borge et Gérard Brunache ont été leurs cigarettes dans les yeux d'enfants en
pleurs.
Les sites web mentionnés ci-après font la liste des principales victimes. Ces assassinats ont été ordonnés par le dictateur Papa Doc lui-même comme des représailles contre un embryonnaire
mouvement de guerilla connu sous le nom de "Jeune Haïti" qui avait aterri dans la région (mais en fait aucun d'entre eux n'était à Jérémie) En fait la tuerie avait une signification
idéologique et racaile, puisque Duvalier s'appuyait sur une politique idéologique, "le noirisme", qui réclamait la promotion des masses noires contre les élites mulâtres. Ainsi, la dictature de
Duvalier a visé les secteurs mulâtres, vus comme des partisans de l'opposition, mais également comme des memebres illégitimes de la nation.
Aucune des personnes responsables de ces meurtres n'ont été présentés devant la justice. En 1986, après le départ de Jean-Claude Duvalier, le Colonel Regala qui a envoyé l'ordre
d'exécution de la famille Sansasricq est devenu l'un des membres de la Junte au pouvoir ( Chassagne, 1993 : 235-262; Pierre-Charles, 200 : 94-102)
1964 (July-August): Following a raid on June 24, 1964 by an anti-Duvalierist, Dominican Republic-based guerrilla group in the southeastern region of the country, the macoutes and the army
carried out a vast repression operation and killed about 600 people in the towns of Mapou, Thiotte, Grand-Gosier and Belle-Anse. One of the killings has remained in collective memory as the
“massacre of the peasants of Thiotte.” Men, women, children, infants and elderly people suspected either of having helped the guerrilla movement, or of not having opposed it, were slaughtered by
the macoutes. Several families were entirely exterminated. A nine-year old child from one of them managed to escape but was later found and then brought to the Presidential Palace, where he was
allegedly put to death by François Duvalier himself.
** (Pierre-Charles, 2000: 90-94)
1964 (juillet-août) : A la suite d'un raid du 24 juin 1964, mené par un groupe d'anti-duvaliéristes basé en République Dominicaine, les macoutes et l'armée mènent
une vaste opération de répression et tuent à peu près 600 personnes dans les villes comme Mapou, Thiottte, Grand Rosier et Belle-Anse. L'une de ces tueries est restée dans la mémoire sous
le nom de "massacre des paysans de Thiotte". " Hommes, femmes, enfants, bébés et personnes âgées soupçonnées d'avoir soit aidés ou bien de ne s'être pas opposé à la guerilla, ont été
assassinés par les macoutes. Plusieurs familles ont été entièrement exterminées. Un enfant de neuf ans d'une d'entre elles était arrivée à s'enfuir mais fut retrouvée plus tard et emmenée au
Palais Présudentile, où, d'après ce que l'on dit, elle fut tuée par Duvalier lui-même. ( Pierre-Charles, 2000-90-94)
Et cela continue ainsi jusqu'en 1994. Makouts, armée, Fraph, une sorte de carroussel de l'horreur...
qui frappe les milieux progressistes intellectuels, ouvriers et paysans. Et ça reprend en 2004...
Les chefs criminels militaro-makouts-duvalièristes et leurs complices n'ont, non seulement
jamais été inquiétés mais pire encore, se retrouvent aujourd'hui à la tête de partis politiques qui prèchent la réconciliation.
Encore une de ces exceptions pitoyables haïtiennes !
Si je tiens à mettre en lumière ces faits, si j'ai créé sur ce blog une rubrique
"Duvalier", c'est que depuis 2004, avec la "restauration macoute" appuyée par les zentellectuels, se pratique et s'organise, une campagne de blanchiment de ces crimes en les
plaçant habilement au même niveau que les exactions commises sous les présidences d'Aristide et de Préval.
Les jeunes générations qui n'ont rien appris de l'histoire - et pour cause ! à la suite
de l'exil de la majorité des professionnels, la plupart de leurs enseignants ont été ou sont des partisanset/ou des héritiers de Duvalier- des dictatures des 2 Duvalier, sont amenées
de bonne fois à croire en la parole de ces ainés qui se présentent comme des références intellectuelles et des paragons de vertu.
Si le peuple haïtien n'a pas pu, jusqu'à présent obtenir justice, du moins ces zentellectuels
devraient, par respect pour la mémoire des nombreuses victimes, s'abstenir de tomber dans un révisionisme qui les rend complices de facto des assassins.