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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La tragédie d’Haïti

Publié par siel sur 14 Mai 2012, 10:52am

Catégories : #PEUPLE sans mémoire...

Les élites haïtiennes se targuent de ne pas avoir de mémoire mais internet en a pour elles.

Au moment  où l'annonce,  Enfin !officielle VOIR AYITI SOUS-SOL

de découverte de mine  d'or en Haïti, il est bon de

se rappeler 

que cet  or 

fut à  la base du génocide des  Tainos,Arawaks et Caraibe premiers habitants de l'île

d'Haiti.

Prekosyon pa kapon

Attention à ce que l'histoire ne  se renouvelle  pas, d'autant  plus  que  le pays est

en ce moment pris d'assaut  par une bande

de militaro/macouto/duvaliéristes,  incompétents certes,  mais  d'autant plus rapaces

et violents.

 

Chapitre 8 de "L'an 501, la conquête continue" (L'Herne)

Noam Chomsky

VO : Znet, 2 juillet 2002 

VF : L'Herne, 2006

Traduction : Traduit de l'anglais par Christian Labarre

© Noam Chomsky, 1993

© Editions EPO, pour la traduction française, 1994

© Editions EPO (Bruxelles) et Editions Ecosociété (Montréal), 1995

© Editions de L'Herne, 2006 - www.lherne.com

 

1. « La première nation libre d’hommes libres »

« Plus que la deuxième plus ancienne république du Nouveau Monde,

 fait remarquer l’anthropologue Ira Lowenthal,

plus même que la première république noire du monde moderne,

Haïti fut la première nation libre d’hommes libres à apparaître dans la

constellation

naissante des colonies européennes d’Occident, tout en leur résistant. »

Les deux siècles de relations entre les deux plus vieilles républiques du

Nouveau Monde

illustrent à nouveau la persistance des thèmes politiques fondamentaux,

de leurs racines institutionnelles et des éléments culturels qui les accompagnent.

 

La république d’Haïti fut proclamée le premier janvier 1804, après qu’une révolte d’esclaves

eut chassé les dirigeants coloniaux français et leurs alliés.

Les chefs révolutionnaires abandonnèrent l’appellation française de

« Saint-Domingue »

en faveur du nom utilisé par le peuple qui avait accueilli Colomb en 1492,

au moment où il arrivait pour créer la première colonie européenne du

Nouveau Monde.

Les descendants des premiers habitants ne purent pas fêter la libération.

En moins de 50 ans, leur nombre avait été réduit à quelques centaines,

à partir d’une population précolombienne dont l’évaluation varie de

quelques centaines de milliers à huit millions d’âmes,

selon la source. Il n’en restait plus un seul, d’après les savants français

contemporains,

lorsqu’en 1697, la France enleva à l’Espagne le tiers occidental d’Hispaniola,

qui s’appelle à présent Haïti.

 

Le chef de la révolte, Toussaint Louverture, ne put pas célébrer la victoire

non plus.

Il avait été capturé par fourberie et envoyé dans une prison française

où il mourut « de mort lente de froid et de misère »,

pour reprendre les termes d’un historien français du XIXe siècle.

L’anthropologue médical Paul Farmer fait remarquer qu’à notre époque,

les écoliers haïtiens connaissent encore par cœur les dernières paroles

qu’il prononça alors qu’on l’emmenait en prison :

« En me renversant, vous n’avez fait qu’abattre l’arbre de la liberté à

Saint-Domingue.

Il repoussera grâce à ses racines, car elles sont nombreuses et profondes (1). »


 

L’arbre de la liberté perça à nouveau le sol en 1985,

alors que la population se révolta contre la dictature meurtrière de Duvalier.

Après beaucoup de luttes acharnées, la révolution populaire amena la victoire

écrasante

du premier président d’Haïti librement élu, le prêtre populiste Jean-Bertrand

Aristide.

Sept mois après son investiture en février 1991, il fut chassé du pouvoir par

l’armée

et par l’élite commerciale qui avaient dirigé le pays depuis 200 ans,

et qui ne voulaient pas tolérer la perte de leurs droits traditionnels au terrorisme

et à l’exploitation.

 

« Dès que le dernier Duvalier se fut enfui d’Haïti », raconte l’historien et

ethnologue

portoricain Jalil Sued-Badillo,

« une foule en colère renversa la statue de Christophe Colomb à Port-au-Prince

et la jeta dans la mer »: elle voulait ainsi protester contre « les ravages du

colonialisme »

sous « une longue lignée de despotes » qui va de Colomb à Duvalier

et qui continue avec les dirigeants d’aujourd’hui qui ont rétabli la barbarie de

Duvalier.


Il y eut des scènes semblables dans le pays voisin, la République Dominicaine,

soumise à un régime de terreur imposé par les États-Unis,

après une autre invasion des Marines en 1965, et victime de l’intégrisme du

FMI

depuis le début des années 1980.

En février 1992, le président Balaguer « lâcha ses policiers pour qu’ils battent

des

manifestants pacifiques qui protestaient contre les dépenses exorbitantes

consacrées à la commémoration du cinq centième anniversaire,

alors que le Dominicain moyen meurt de faim », signala le Conseil des

affaires hémisphériques. La pièce maîtresse est une croix couchée de 30 mètres

de haut par 800

mètres de long, qui a coûté plusieurs millions de dollars et qui est éclairée par

de puissants projecteurs. « Elle s’élève au-dessus de quartiers misérables de

cabanes infestées de rats où des enfants mal nourris et analphabètes

pataugeant dans l’eau fétide qui dévale dans les rues lors des pluies tropicales

torrentielles »,

  rapportent les agences de presse. On a démoli des taudis pour installer

les jardins suspendus

qui s’étendent autour d’elle et un mur de pierre cache  

« la pauvreté abominable que les

rayons des projecteurs illumineront bientôt ».

 

Les dépenses énormes « coïncident avec l’une des plus graves crises

économiques depuis

les années 1930 », souligna l’ancien président de la Banque centrale.

Après dix années d’ajustements structurels, les soins de santé et

l’enseignement ont diminué

de façon radicale, on rationne l’électricité en coupant le courant parfois durant

24 heures,

le taux de chômage dépasse 25 % et la pauvreté sévit.

« Les gros poissons mangent les petits », dit une vieille femme dans un taudis

des environs (2).


 

Colomb décrivit le peuple qu’il avait découvert comme étant

« très sympathique, accommodant, paisible, aimable, digne » et son pays riche

et

accueillant. Hispaniola était « peut-être l’endroit au monde où la densité de la population

était la plus élevée », écrivait Las Casas, « une ruche de gens », qui,

« de l’infinité de variétés humaines de tout l’univers [...], sont les plus

dépourvus de fourberie,

de méchanceté et de fausseté ».

Poussés par « leur avidité et leur ambition insatiables »,

les Espagnols s’abattirent sur eux

« avec la voracité des bêtes sauvages, [...] tuant, terrorisant,

faisant souffrir, torturant et détruisant les peuples indigènes » avec  

« de nouvelles méthodes de cruauté les plus insolites et les plus variées,

 des méthodes que l’on n’avait jamais vues ou dont on n’avait jamais entendu

parler auparavant

, et à un point tel » que la population ne comprend plus qu’environ 200

personnes, écrivait-il en 1552, « d’après la connaissance que j’ai des actes

dont j’ai été témoin ».

« Il était de règle chez les Espagnols d’être cruels », poursuivait-il : «pas

simplement cruels, mais extraordinairement cruels afin que les traitements durs

et sévères

qu’ils infligeaient aux autochtones les empêchent d’oser se considérer

comme des

êtres humains ».

« Se voyant mourir à chaque jour par suite des traitements cruels et inhumains

que leur

infligeaient les Espagnols, piétinés par les chevaux, passés au fil de l’épée,

mordus et

déchirés par les chiens et, pour beaucoup, enterrés vifs après avoir dû subir

toutes sortes de

tortures raffinées [...], [ils] décidèrent de s’abandonner à leur triste sort sans

lutter

davantage, se livrant à leurs ennemis pour qu’ils fassent d’eux ce qu’ils

voulaient ».

 

Au fur et à mesure que tournaient les usines à propagande,

le tableau fut corrigé pour justifier

rétrospectivement ce qui avait été fait.


En 1776, la version était que Colomb n’avait trouvé  

« rien d’autre qu’un pays entièrement

couvert de forêts, non cultivé et peuplé uniquement de quelques tribus de

sauvages nus et

misérables » (Adam Smith).

Comme nous l’avons fait remarquer précédemment,

il fallut attendre les années 1960 pour que la vérité commence à poindre,

provoquant mépris

et protestations de la part des loyalistes outragés (3).


 

Les tentatives espagnoles de piller les richesses de l’île en réduisant en

esclavage son

doux peuple échouèrent ; ils mouraient trop vite, quand ils n’étaient pas

tués par les

« bêtes sauvages » ou ne commettaient pas de suicide collectif.

Dès le début du XVIe siècle, on envoya des esclaves africains, en grand nombre

par

la suite, lorsque s’instaura l’économie de plantation.

 

« Saint-Domingue était la plus riche possession coloniale européenne dans les

Amériques »,

écrit Hans Schmidt ; en 1789, elle produisait les trois quarts du sucre du monde

et elle était le plus grand producteur de café, de coton, d’indigo et de rhum.

Les esclavagistes fournissaient à la France une richesse énorme, grâce au travail

de 450 000 esclaves, autant que dans les colonies antillaises britanniques.

La population blanche, y compris les contremaîtres et les artisans, s’élevait à

40 000 personnes.


Quelque 30 000 mulâtres et Nègres affranchis jouissaient de privilèges

économiques,

mais pas de l’égalité sociale et politique : voilà l’origine des différences de

classes qui

conduisirent à une répression sévère après l’indépendance, avec de nouvelles

violences

aujourd’hui.


 

Les Cubains ont pu paraître « d’un blanc douteux », mais les rebelles qui

renversèrent

la domination coloniale étaient loin du compte. La révolte des esclaves,

qui avait atteint des

proportions sérieuses à la fin de 1791, épouvanta aussi bien l’Europe que

l’avant-poste

européen qui venait à peine de proclamer son indépendance.


En 1793, la GrandeBretagne envahit l’île ; une victoire lui procurerait

« un monopole du sucre, de l’indigo, du coton et du café » et cette île

« fournirait à l’industrie une aide et une force qui aurait pendant des siècles les

effets les plus

heureux dans toutes les parties de l’empire », écrivit un officier britannique au

premier ministre

Pitt. Les États-Unis, qui avaient des liens commerciaux actifs avec la colonie

française,

envoyèrent aux dirigeants français 750 000 dollars d’aide militaire ainsi que

des troupes

pour aider à réprimer la révolte.

 

La France epédia une armée énorme, comprenant des troupes polonaises,

néerlandaises,

allemandes et suisses.

Son commandant écrivit finalement à Napoléon qu’il serait nécessaire

d’anéantir pratiquement toute la population noire si on voulait imposer

la domination française.

Sa campagne fut un échec et Haïti devint le seul exemple dans l’Histoire

« d’un peuple asservi

qui brise ses chaînes et contraint par les armes une grande puissance coloniale

à battre en

retraite » (Farmer).


 

La révolte eut des conséquences importantes. Elle établit la domination de la

Grande-Bretagne

sur les Caraïbes et fit faire à ses anciennes colonies nord-américaines un

grand pas vers

l’Ouest, puisque Napoléon, abandonnant l’espoir d’un empire dans le Nouveau

Monde, vendit la

Louisiane aux États-Unis. La victoire fut acquise à très grands frais.

 

Une grande partie de la richesse agricole du pays fut détruite, ainsi qu’un tiers

peut-être de la

population. La victoire horrifia les voisins esclavagistes d’Haïti qui appuyèrent

les

revendications françaises d’énormes réparations, finalement acceptées en 1825

par l’élite au

pouvoir en Haïti, qui reconnut qu’elles constituaient une condition préalable à

l’entrée de

l’île dans le marché mondial.

 

Le résultat se traduisit par « des décennies de domination française sur les

finances d’Haïti

», avec « un effet catastrophique sur l’économie fragile de la nouvelle nation »,

fait observer Farmer.


La France reconnut alors Haïti, suivie de la Grande-Bretagne en 1833.

La suite :link

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schlumpf 14/05/2012 13:39


Bonne nouvelle qu'il y ait des matières premières en Haïti. Sauf que dans certains pays d'Afrique, la richesse du sous-sol s'est plutot retournée contre les peuples. Guerre d'influences des
grandes puissances, rapacité des compagnies minieres, guerres civiles téléguidées, misère et famines. Un directeur d'une compagnie pétrolière me disait qu'au Nigéria, les compagnies
étrangères préfèraient l'anarchie et la corruption qu'un état structuré qui les aurait sommés de participer au développement économique et social du pays. La férocité des compagnies d'extraction
de minerais précieux est encore pire. Si on se base sur la mine d'or du tremblement de terre en Haïti ou 1 milliards 600 millions d'investissement a été effectué mais que 1 milliard 300
millions sont retourné vers les Etats-Unis d'aprés les évaluations (presse canadienne) car le système d'aspiration des fonds reste opaque entre la coopération US, les entreprises et les ONG, on
rique de déchanter rapidement. On ne doit pas s'étonner que la population victime soit toujours majoritairement dans les ruines. Si l'exploitation minière prend le mème chemin, la mane rique de
se transformer en enfer.

siel 15/05/2012 00:51



Bonjour,  l'existence de cette "manne" est connue depuis fort longtemps.


Eurasian Minerals extraiten Haiti depuis au moins 2004.


Majestic est arrivée au moment de Michèle Pierre-Louis.


La question qui reste et queje n'ai cessé de poser c'est pourquoi les dirigeants  haitiens et les média gardent le silence  sur cette question.


Le sieur Anglade directeur du Bureau des Mines depuis sous Duvalier, manifestment un poste inamoviblle a toujours crié haut et  fort qu'il  n'existait pas de ressources minières en
Haiti.


Je lui ai même  demandé  comment il epliquait qu'il se trouvait à la tete d'un Bureau des Mines  si mines il n'y   avait pas.


Le type est resté silencieux et là tout soudain,  forcé par un article  paru  dans  les média  occidentaux, il  fait  semblant tout à  coup de d écouvrir
qu'il existe des mines en  Haiti.


J'avoue  que j e ne comprends pas la passivité totale de la société civile et des parlementaires  sur cette question  qui ne se sont jamais interrogés sur la  nature des
contrats passés entre Eurasian Minerals  et  le  gouvernement  haitien.


A  croire q u'ils  palperaient  des commissions.


Vous avez raison,  les  compagnies  canadiennes  pillent  les  pays et détruisent  l'environnement en Amérique du Sud  comme  en  Afrique. 
Il existe unLivre Noir sorti sur leurs agissements qui a é té censuré.


Et vu  les guignols  mais néanmoins  cupides qui sont au pouvoir actuellement, on peut craindre  le pire notamment au  niveau  sanitaire pour la population et par
rapport à la destruction de ce  qui reste comme montagnes boisées.


A bientot



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