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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pourquoi certains Haïtiens veulent-il une refondation de l’armée ? (suite)

Publié par Elsie HAAS sur 19 Mai 2009, 09:53am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Voici 3 arguments,  bien sonnés, choisis parmi ceux  assénés par un partisan acharné de la refondation de l’armée, suite  à ce que j'avais écrit et auxquels je vais tâcher d'y répondre.

Pourquoi certains Haïtiens tiennent-ils tant à une armée nationale?


1-Dans le concert des grandes nations, quel est le rôle prépondérant que joue le Costa Rica. Ensuite Haïti, pas son passe historique n'a pas les mêmes besoins et intérêts que d'autres pays. Pourquoi ne pas prendre l'Iran, le Coré du nord, le Pakistan qui vient de tirer son épingle du jeu militaire dans le tourne rond de guerre contre le terrorisme des EUA,  le Japon, la Chine, les Etats Unis, d'autres pays a influence mondiale?

Sans doute que le Costa Rica ne joue pas un "rôle prépondérant" comme  le Pakistan «  dans le concert des grandes nations ». Mais il se trouve que la population du Costa Rica vit en paix , ne reçoit pas des bombes sur la tête quand elle célèbre un mariage,  ne vit pas dans la boue comme celle de la ville de l’Indépendance haïtienne, mange à sa faim, est totalement alphabétisée, soignée et ne s’entretue pas. Pour certains ça peut être peu de choses. Mais, il me semble que ce peu de choses serait fort apprécié par la population haïtienne.

 

2- Ce que je suis sur des que les forces vives du pays, qui ne sont pas les hommes sans virilité, sans nen, sans koutcha, sans hum et les pacifistes de nos jours, réaliseront qu'une armée nationale est d'utilité publique pour la défense de notre sol et de nos intérêts de peuple libre et indépendant, on va trouver les fonds nécessaires.

Un pays encore une fois, dont le budget dépend à 70% des emprunts faits aux institutions internationales, où les « forces vives » ne pensent qu’à prendre le premier canot venu pour se rendre aux USA, ou bien à traverser la frontière pour aller vendre  leurs  « forces vives » en RD  prétend avoir les « nen, koutcha et hum » pour  défendre "ses intérêts de peuple libre".

 D’ailleurs qu’est-ce que c’est que  ce concept d' "hommes sans virilité "? Des hommes qui n’oppriment pas les plus faibles, n’abusent pas de leur force, ne saccagent pas tout sur leur passage  ?

 La question que je pose est celle de la priorité.

Est-ce qu’il ne faudrait pas commencer  par nourrir, soigner et éduquer le peuple ? Un proverbe dit « sak vid pa kanpe »

Ou bien la refondation de l’armée est une cause plus   importante et  qu’on se doit  avant tout d’ essayer de « trouver les fonds nécessaires» pour  ça et spéculer que le reste viendra après ?

 


3-Il faut répondre a la question pourquoi il n'y a eu pas de coups d'état sous les Duvalier?

Volontiers. Sauf que d'autres plus instruits que moi, historiens et analystes l'ont déjà expliqué en long et en large.Mais voici quelques pistes. La principale cause étant la guerre froide, la rivalité entre l’URSS et les USA. Il y a Cuba. La crainte qu’Haïti ne fasse  pareil, et que l’exemple ne soit suivi  par  l’ensemble de la Caraïbe. Il y a précisément le trafic de drogue et les militaires qui en profitent, il y a les macoutes qui surveillent  à fois la population et les militaires. Mais avant tout, il y a que l’armée prend ses ordres de Washington qui a besoin de Duvalier, comme elle avait besoin des autres dictateurs en A Latine. D’ailleurs quand les USA n’ont plus voulu du fils, armée ou pas, ils l’ont expédié en France. Encore une fois, il faut lire le  livre  de  Leslie Péan,«  L’ensauvagement macoute » qui a longuement travaillé sur le sujet ; livre que l’on trouve facilement, pour bien comprendre le fonctionnement de la dictature de Duvalier.

 4-R- TCHIIIIIIP>>>>>>

 Aimé Césaire, n’avait donc pas tort.


 Par ailleurs,

Comparer l’armée indigène à l’armée fondée lors de l’occupation américaine ne tient pas la route.

"Ne tient pas la route" signifie, dans ce cas précis, qu’une chadèque n’est pas une cirouelle même si les deux sont des fruits.

Pourquoi ?

L’armée indigène s’est constituée pour mettre fin à l’esclavage, chasser les colons et conduire le pays à son Indépendance. Toutes missions qu’elle a parfaitement remplies, grâce à la cohésion et le courage des soldats sous le commandement d’officiers valeureux.

Après l’indépendance, s’est posé le problème de la gestion du pays.

Quel rôle a joué cette armée indigène dans cette gestion ?

Dessalines a été assassiné.

Par qui ?

Pourquoi ?

Qu’est-ce qui devait se régler et qui ne s’est pas réglé ?

Quand Trujillo a fait massacré 50 000 Haïtiens, l’armée n’a pas réagit.

Pourquoi ?

 L’argument spécieux- ce qui veut dire qu’il est utilisé dans le but d’avoir raison mais ne s’appuie pas sur  la logique - présenté contre cette absence de réactions  par le très charmant mais néanmoins belliqueux internaute, est que l’armée dépend du pouvoir politique.

Combien de coups d’Etat cette armée n’a-t-elle pas mené  dans l’histoire haïtienne pour justement renverser le pouvoir politique en place  et instaurer un gouvernement qui a sa faveur ?

Alors ?

  Il semblerait donc, selon ce raisonnement  -puisque raisonnement il ya - que l’armée dépende du pouvoir politique pour défendre la population contre un armée extérieure  = c’est pas de sa faute  mais  celle du gouvernement.

 Et que cette même  armée n’en dépendrait plus lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts  propres ou ceux d’un groupe qu’elle soutient = là pas de problèmes, elle est face à des civils.

 Voici donc une armée qui a des « grenn » pour renverser un gouvernement civil, mais qui n’en a pas dans une situation tragique  où son intervention  aurait, non seulement été saluée par la population mais aurait été perçue comme légitime selon le droit international, puisque le peuple haïtien était massacré et qu’il aurait fallu arrêter ce massacre.

 L’internaute,  affirme qu’il ne faut  pas comparer Haïti avec de petits pays de la Caraïbe (sic) mais à d’autres comme le Pakistan. Pourtant,  la population pakistanaise donnerait cher pour que tous  ces chefs de guerre, pour que l’armée, la laissent vivre tranquillement, à lire les récents titres des journaux :

Au Pakistan, l'exode des réfugiés augmente à mesure que l'armée avance Le Monde - 14 mai 2009

Pakistan: le nombre de déplacés dépasse les 2 millions Romandie.com - Il y a 7 heures

© UNICEF/NYHQ2009-0507/Antonia Paradela

Une mère et son fils attendent d'être enregistrés au camp de Jalala. Ils fuient les combats du district de Swat.

Publié le 18 mai 2009

L’internaute  ne sait peut-être pas que le Costa Rica est + prospère que le Pakistan , sa population plus éduquée, soignée etc., que le Pakistan  qui possède pourtant l’arme nucléaire.

Au Costa Rica, la décision de se passer d’une armée à été prise d’ailleurs, paradoxalement, par le chef d’un soulèvement militaire.

Voici ce que dit Wikipédia :. 

 En 1948, José Figueres Ferrer mène un soulèvement militaire sur fond d'élection présidentielle contestée. Une période de guerre civile s'ouvre alors, d'une durée de 44 jours, faisant plus de 2 000 morts. C'est l'un des soulèvements les plus meurtriers du XXe siècle au Costa Rica. Cependant, la junte victorieuse que dirige Figueres rédige une constitution garantissant des élections libres avec suffrage universel et abolissant l'armée. Depuis lors, le Costa Rica est l'un des rares pays démocratiques au monde à fonctionner sans armée. Figueres devient de ce fait un héros national et, en 1953, il remporte les premières élections sous la nouvelle constitution. Depuis lors, le Costa Rica a organisé onze élections présidentielles, la dernière ayant eu lieu en 2002.

Même si l'agriculture constitue encore une grande partie de l'économie, les Costaricains ont atteint un niveau de vie relativement élevé. De nombreux habitants sont propriétaires d'un terrain et l'industrie du tourisme est en plein essor. ».


Quel est le rapport entre :

- souhaiter que le  Président Préval ou   son ministre des Affaires étrangères aient  convoqué l'ambassadeur de la RD en Haïti,  comme cela se pratique dans tous les pays quand il y a conflit, afin de faire entendre le mécontentement du gouvernement  haïtien et de la population face aux exactions commises en RD contre leurs compatriotes;

-  souhaiter que le Président Préval  et son gouvernement aient dénoncé publiquement ces actes de violence  commis en RD contre les citoyens Haïtiens, au lieu de les banaliser en les faisant passer pour de simples faits divers; et qu'ils aient, lui et son gouvernement, faient preuve de solidarité active  envers les victimes.

- souhaiter que le Président Préval  tienne compte dans la question des mauvais traitements subis par les Haïtiens en RD et sur la question de l'émigration, du poids d'Haïti, (2ème ou 3ème partenaire économique de la RD) dans l'économie de la RD.

  et la refondation de l’armée ?

J’ai beau me creuser les méninges, je ne vois pas de relation.


Parler  le français correctement, n’est que je sache, ni une tare ni une fierté. Pas plus que de parler l’anglais, l’espagnol, l'ayisyen ou toute autre langue; l’important étant de communiquer de manière à se faire comprendre.Certaines personnes maîtrisent parfaitement jusqu''à 5 ou 6 langues.


Quant à ces histoires  d’attaques personnelles qui tiennent lieu d’analyses, cela devrait faire l’objet d’une attention particulière dans les écoles et les universités haïtiennes parce qu’il ne me paraît pas que les « grenn » puissent remplacer la pensée. Sinon, avec ce nombre exponentiel de « grenn » qui se baladent  en Haïti, le pays aurait dû se retrouver au sommet des Nations, n’est-ce pas !

Surtout pendant les 29 ans du papa et de son bébé !


Le ton et le fond de l’argumentation  auraient tendance à provoquer des craintes et appréhensions sérieuses par rapport à ce projet de refondation de l’armée s’il devait se passer.


  Ceci dit,  mon intention n’est pas de convertir qui que ce soit par la force des baïonnettes , mais de défendre mon point de vue, qui n’en est qu’un parmi d’autres. L'important  étant de garder un minimum de cohérence par rapport à la situation réelle, non fantasmée, dans laquelle se trouve Haïti.

 

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