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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Avilissement extrême : Privert médaille l’occupant ! - Par Lis Bell Citoyenne haitienn

Publié par Lis Bell sur 22 Janvier 2017, 16:05pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Mme Sandra Honoré patronne de la Minustha et M. Privert président provisoire

Mme Sandra Honoré patronne de la Minustha et M. Privert président provisoire


     
«Le chef de l'Etat a décerné des médailles à 11 personnalités… parmi ces personnalités figurent la cheffe civile de la Minustah» informe la presse haïtienne. (RMH,13/1/17) .Un dirigeant qui récompense des forces d’occupation avec une médaille de reconnaissance, est-ce possible ? N’est-ce pas l’avilissement de la conscience nationale ?

Il importe de souligner que le locataire du Palais National est un ancien sénateur qui a intégré le Grand Corps, en 2010. (HPN,15 /1/16). Avant son entrée au Palais, Il a été témoin du vote de deux résolutions- en septembre 2011 et mai 2013- contre la présence des troupes étrangères et pour leur départ du territoire national. Il est utile de rappeler les points forts de la dernière résolution du sénat haïtien, soit celle du 28 mai 2013 : « La MINUSTAH est une force criminelle, illégale et inconstitutionnelle qui doit quitter Haïti ». (Par.11,17& art.2 Résolution)

Perte de mémoire, incohérence, bèkatètisme, marchandage ? Comment expliquer qu’en 2017, un locataire du Palais National puisse décerner une médaille à la cheffe des troupes d’occupation qui ont déjà massacré plus de dix mille Haïtiens, femmes, hommes et enfants, au choléra ? Un massacre qui se renouvelle chaque année... Après l’octroi de cette fameuse médaille, est ce qu’il y a eu une note de protestation officielle du Grand Corps ? Non. Quel député ou quel sénateur s’est insurgé contre cette insulte publique infligée à la nation ? Au fait, que représente le Parlement haïtien ? ou mieux encore, le Parlement représente qui ? Les Haïtiens-Haïtiennes ou l’occupant ?

La Section des Enfants.Sait-on que le Parlement haïtien comporte une section Kindergarten dirigée par la MINUSTAH ? En effet, depuis 10 ans,, la force d’occupation a institué l’UAP, qui est l’Unité d’Appui au Parlement chargée de former députés et sénateurs au métier de parlementaire. « L’Unité APPUI AU PARLEMENT a été créée en 2006 dans le but de renforcer les capacités législatives du Parlement grâce à une assistance directe de la MINUSTAH» lit-on dans un communiqué. (31 dec.2009-Com.Minustah). Elle leur offre aussi des promenades en hélicoptère dans leur circonscription.

Autrement dit, quand la gouvernante trinidadienne de l’Occupation, a franchi le seuil du Parlement en février 2016, c’était "la Madame" qui rentrait. Aucun député, encore moins aucun des sénateurs qui avait voté deux résolutions pour le départ de la MINUSTAH depuis 2014, n’a osé quitter la salle en signe de protestation. Tous sans exception, recroquevillés sur leur chaise. Accueillir l’occupant au Parlement, est-ce que ça dérange ?
Quel député, quel sénateur, a l’étoffe d’un Cabèche, ce célèbre parlementaire des Gonaïves qui avait préféré rendre son écharpe de député plutôt que de cautionner l’occupation en 1915 ? (ALP,C.J.27/7/16)

Des parlementaires violateurs de la Constitution .Depuis bientôt 13 ans, Haïti subit la présence insultante de troupes étrangères mais à ce jour, les députés qui coûtent annuellement plusieurs millions de gourdes aux contribuables haïtiens, ont gardé le silence sur cette violation majeure de la Constitution. Comment ? Parce qu’il n’y a jamais eu d’Assemblée Nationale réunissant députés et sénateurs, autour de l’Accord du 9 juillet 2004 introduisant les troupes étrangères pourtant interdites par la Loi-Mère. Législature après législature, les députés haïtiens n’ont jamais exigé la tenue de cette Assemblée Nationale clairement établie à l’article 98-3 de la Constitution. En d’autres termes, seul le Sénat s’est prononcé sur la MINUSTAH tout en s’engouffrant dans des contradictions.

Des incohérences coupables Le Parlement ne s’est guère privé d’offrir au peuple haïtien un spectacle d’incohérences. Les exemples abondent. Quelque temps après l’adoption de la première résolution condamnant la MINUSTAH, le président du Sénat d’alors invite les organisations de droits humains à un atelier avec la Section des Droits de l’Homme de la MINUSTAH, devinez ou ? Au Parlement (Ref. Courrier SRH-PS-SDD/49-01006/19 février 2013). Ce même président du sénat se rend chez la gouvernante trinidadienne pour un dîner d’honneur : «La patronne de la Minustah donne un dîner en l’honneur du président du Sénat » (Le Nouvelliste,24 mai 2014). A souligner que le Sénat dont il faisait partie avait, dans sa résolution, fixé au 28 mai 2014, la date limite du départ des forces étrangères.

Le vote de la Constitution amendée L’organe constitutionnel prévu depuis 1987 pour l’organisation des élections en Haïti, est le Conseil électoral permanent dont le peuple haïtien attend jusqu'à date la concrétisation. (art.191) En lieu et place s’est instituée une série de conseils provisoires. Conclusion : les élus, qu’ils soient à la Présidence ou au Parlement, ne sont ni plus ni moins que des élus inconstitutionnels. Comment comprendre qu’un président élu en dehors de la Constitution puisse s’arroger le droit de modifier cette même constitution ? Cela semble illogique, toutefois, c’est arrivé avec le soutien irresponsable du Parlement qui a donc accroché au cou de la nation, un collier grossier appelé "Constitution amendée".

Autre incohérence du Parlement au regard du processus électoral. Comme indiqué antérieurement, aux termes de la résolution contre la MINUSTAH, votée en mai 2013 à l’unanimité, le Sénat haïtien déclarait la MINUSTAH illégale, inconstitutionnelle et criminelle, et exigeait son départ. Pourtant c’est sans broncher que le sénat accueille l’annonce du président du CEP de 2015 informant que l’organe électoral a conclu un partenariat avec la MINUSTAH pour la logistique. (Revue de Presse UE-HAITI/juil-sept 2015) Est-ce une mauvaise blague ? Un pouvoir de l’Etat dénonce la présence criminelle d’une force étrangère en 2013 et en 2015, cette même force dite criminelle se retrouve au cœur même du processus électoral haïtien, dans des tâches éminemment sensibles comme le transport et la récupération des bulletins de vote ? Le silence du sénat à ce sujet, est assourdissant. Le Grand Corps ira plus loin. Il validera les certificats des nouveaux sénateurs issus du scrutin (Haiti Libre 12/1/16), infecté par la présence d’une force qu’il avait qualifiée lui-même de criminelle.

Depuis lors, la cheffe de l’occupation est en visite, ici et là, en grande cérémonie. On la retrouve au Palais Législatif en février 2016, au Palais National, en mars, et comble de satisfactions, elle reçoit en 2017, des mains du locataire du Palais National, une médaille de reconnaissance ! « Merci Madame pour les dix mille morts du choléra !» croit-on entendre.

Perte de mémoire pour prolonger l’occupation. Selon la législation, les résolutions du Sénat transmises à l’Exécutif, obtiennent force de loi, une fois publiées dans le journal officiel. (Art.125) Une question demeure : Pourquoi l’ex-sénateur devenu locataire du Palais National s’est dérobé à la publication dans le MONITEUR, des résolutions contre la MINUSTAH, votées a l’unanimité par le même sénat auquel il appartenait ?

ll a donc choisi de laisser le peuple haïtien croupir dans l’indignité d’une occupation étrangère, l’unique du genre qui existe dans les Caraïbes et dans les Amériques. Récidive oblige, au prochain scrutin du 29 janvier, les forces d’occupation déjà déclarées illégales et criminelles par le Sénat, vont continuer à prendre en charge les bulletins de vote des citoyens-citoyennes en toute liberté.

Et après ? voter quelque chose et en faire une autre, est ce que ça dérange ? Est-ce la première fois qu’un dirigeant haïtien se positionne contre l’éthique et l’honneur de la nation ? Un ancien président du Sénat nommé au Palais National par les marines en 1915 n’avait-il pas médaillé devant les tribunes du Champ-de-Mars, un lieutenant et un sergent américains pour avoir capturé et tué Charlemagne Péralte, un résistant haïtien à l’occupation du sol national. C’était le 16 novembre 1919. (E.Gousse, 2015). Que la même bassesse se répète en 2017 avec la cheffe de la nouvelle occupation sur fond des 10 mille morts du cholera, est ce que ça dérange ?

Faillite du Parlement haïtien. Le serment prononcé par un parlementaire est le suivant : « Je jure de m’acquitter de ma tâche, de maintenir et de sauvegarder les droits du peuple et d’être fidèle à la Constitution ». (Art.109). Il est indéniable que les membres du Parlement haïtien ont trahi leur serment. Ils ont transformé le Sénat et la Chambre des Députés en un cirque tragique. Ils ont choisi leur camp en devenant le Parlement des Forces d’Occupation USA-MINUSTAH. Cela représente, certes, un immense défi à relever, pour garantir l’apprentissage effectif de valeurs citoyennes à notre jeunesse et la récupération de la dignité nationale.

Re-Vive Haiti !
Lis Bell Citoyenne haitienne 18/1/17    
-- envoyé par Lis Bell (lisbell9@yahoo.ca)

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