Vendredi 26 janvier 2007
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Dans le journal de Boulos, Le Matin, sous le titre : « Les inattendus d’une rentrée attendue » l’éditorialiste fait une sorte de revue des événements qui marquent la rentrée et termine par ceux qui lui paraissent les plus ...« innatendus ».
Je cite : « Deux drames en effet ont ouvert les bulletins de nouvelles ce matin : l’incendie du marché de Petion-Ville à l’aube du lundi et un naufrage au large de Port-de-Paix. Le premier événement semble être de nature accidentelle ; c’est du moins ce que conclut, sous toutes réserves, en attendant les résultats d’une enquête, le maire de Pétion-Ville, M. Maurice Prosper. On ne déplore pas des pertes en vies humaines, mais les pertes matérielles sont par contre considérables. À la veille des changements de responsables locaux et municipaux en particulier, voici un dossier qui aggrave encore la question de la localisation et de la gestion des marchés de rue. Quant au naufrage dans les eaux du canal de La Tortue, il nous ramène au dossier déjà vu de l’absence de structures et de sécurité dans le domaine des transports. L’effondrement de plusieurs ponts sur la route du Sud ou encore la mort tragique de la déléguée du Sud-Est à la fin de l’année en sont les précédents les plus récents. La mort de nombreux jeunes revenant de vacances est à déplorer dans ce cas. Décidément, pour les petites gens, comme aimait dire notre grand Jacques Soleil, l’adage apre bal tanbou lou semble se révéler d’une vérité particulièrement cruelle. »
En lisant la conclusion de Mme Manigat, « Décidément pour les petites gens,…etc. », je me suis demandée, quand ces « petites gens » étaient-elles allées au bal ? Et de quel bal s’agissait-il. Est-ce qu'elle ferait allusion aux élections et aux votes des « petites gens » ? Penserait-elle que ces élections, dans les mauvaises conditions dans lesquelles elles se sont déroulées, s’apparentaient à un bal ? Ou bien, est-ce que le bal serait l’élection de Préval ?
En bonne logique,difficile de trouver une relation entre ces deux catastrophes et "l' adage " cité. On trouvera encore moins de relation entre cet adage et « notre grand Jacques Soleil ». Je ne sais pas de quel « grand Jacques Soleil », parle Mme Manigat, mais s’il s’agit de l’écrivain, communiste révolutionnaire, Jacques Stephen Alexis, cet homme de coeur et de courage,
- d’une, n’aurait jamais utilisé ce genre d’adage en de pareilles circonstances
- et de deux, aurait sans doute pris l’initiative, s’il avait occupé un poste de direction dans un grand quotidien national, de faire appel à la solidarité et à la sympathie de ses lecteurs en faveur des victimes du naufrage (surtout pas de s’en gausser) Et enfin, en tant que professionnel, il se serait empressé d’envoyer un journaliste sur les lieux pour recueillir les informations et témoignages sur ce drame. Pour qui a connu Jacques Stephen Alexis ou pour qui connaît son œuvre rien n’était plus éloigné de lui que le cynisme qui était pour lui l’apanage non pas des « petites gens » mais des petits esprits . Le "Jacques Soleil" d
e Mme Manigat doit être, sans aucun doute, une de ses connaissances personnelles, inconnue du grand public.
A l'entrée de la 4e Ave Bolosse, on dirait que tout va bien dans le meilleur des mondes(Photo: François Louis)
A l'entrée de la 4e Ave Bolosse, on dirait que tout va bien dans le meilleur des mondes(Photo: François Louis)
Dans Le Nouvelliste, un article, « Abandonnée aux seigneurs de guerre ! », parle du combat entre gangs de différentes obédiences dans le quartier de Martissant. L’article est illustré, entre autres, par les photos ci-dessus qui ne cachent rien de la saleté, de la misère dans lesquelles vit la population de ce quartier et dont la légende dit : « A l'entrée de la 4e Ave Bolosse, on dirait que tout va bien dans le meilleur des mondes ». Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une mauvaise plaisanterie. L’auteur de la légende semble répéter une expression « dans le meilleur des mondes » sans tenir compte du contexte (phénomène du « jaquotisme » que l’on retrouve fréquemment chez nos « lettrés ». haïtiens. Comme si on demandait à un élève de décrire un jardin haïtien et qu’il se mettait à parler de poiriers et de pommiers …
Enfin dans le genre « haïti-âneries », se place au premier rang, les missives d’un certain Benodin. Ce Benodin là semble, comme l’indique son mail, être du RDNP. Le professeur Manigat, avec tout le respect qu'on lui doit, serait plus avisé de choisir des messagers plus…avisés.
Pour vous donner une idée de la prose de M. Benodin, familière peut-être à certains d’entre vous, et pour les autres inconnue (grand bien leur fasse !), voici quelques extraits de ce menu passablement bizarroïde.
En entrée: « Du cri de Jacmel aux pleurnichements de Préval, ces discours populistes des deux extrêmes, plaçant constamment le blâme sur les autres, dénonçant les ennemis réels ou imaginaires de la nation, projetant l’image de la victime, n’ont jamais offert, à travers l’histoire, aucune solution concrète. »
Les Hors d’œuvre : "C'’est ça le problème du populiste, il confond le chambardement et la vraie révolution (le changement planifié). Un exemple frappant, Préval et le premier ministre de la Jamaïque sont absolument d’accord sur le fait que le trafique des armes et de la drogue affecte la sécurité. Le ministre de la Jamaïque propose une intervention surprise musclée contre les trafiquants. Préval au lieu d’adhérer à la proposition ou d’offrir la sienne, il a préféré ne pas rater l’occasion pour s’attaquer aux américains, adoptant la position de la victime, accusant les consommateurs de drogue, mais sans proposer quoi que ce soit comme solution. S’il ne propose rien, comment va-t-il résoudre le problème qu’il constate et qui selon lui est l’unique responsable de l’insécurité ? »
Les plats :Préval 1 De l’art d’être un leader populiste.
"Le handicape de Préval, en tant que personne qui a accepté volontiers le rôle leader populiste, est qu’il ne possède pas les pré-requis. Il lui manque le charisme, pour articuler et motiver. Les mots et les expressions lui viennent. C’est la verve oratoire et la présence qui lui font défaut. Il n’a ni le geste, ni le panache du leader populiste. Il lui faudra aussi beaucoup plus d’audace, un minimum d’intelligence et d’imagination. Ne vous trompez pas, malgré toutes ses lacunes, qui l’empêchent d’être un leader, il reste et demeure un populiste pure laine. Il lui manque ce quelque chose qui l’empêche de remplir l’avant-scène. N’est pas leader populiste qui veut, mais qui peut. » … "Il faut pouvoir faire bien, même le mal, pour commander le respect ou la crainte. Jusqu'à date, Préval a obtenu le mépris, la pitié et la risée. Préval, il ne faut pas trop valoriser les applaudissements de diplomates. Ils ont du métier."
Préval 2 De l’usage de la guerre comme moyen d’unifier la nation
"Préval ne rate jamais l’occasion de faire appel à l’unité, l’élément fondamental de la victoire de la guerre de l’Indépendance d’Haïti. Préval semble avoir des difficultés à pouvoir distinguer l’effet de la psychologie de guerre de celle de la politique. La guerre polarise, c’est un fait. Mais, elle unifie tous les secteurs et mobilise toutes les ressources à l’intérieur de chaque pole, pour infliger, vise versa, le maximum de violence sur le pole adverse, pour imposer une volonté politique."
Préval 3 De l’immensité et la complexité du problème.
"Il est à remarquer que Préval semble vouloir ignorer tout ce qui politiquement a engendré la précarité de la situation haïtienne, pour n’en considérer que l’aspect criminel, le trafique de la drogue. On ne peut pas vouloir prétendre résoudre un problème dont on refuse de comprendre et d’accepter toutes les dimensions et toute la complexité. Nous ne voulons pas lui faire un procès d’intention. Autrement dit, est-il capable d’en saisir l’immensité et la complexité ?"
Voilà je crois que vous en avez eu pour votre argent. Je ne peux pas jurer que je ne vous infligerai plus de la « benodinguerie » car il s’agit une maladie récurrente chez les « hommes politiques » (Voir les Fantoches de Jacques Roumain) d’Haïti qui aiment à discourir de tout dans un jargon incompréhensible, prétentieux et niais.