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HAITI 2006

Mercredi 1 mars 2006 3 01 03 2006 02:57
 Youri Latortue,  le neveu de l'homme aux Lexus, remet ça sur la question des forces de sécurité. Pour qui roule-t-il ?


27-02-2007

Nan kad deba pwoblèm ensekurite a okazione nan peyi dAyiti, prezidan Komisyon Jistis ak Sekirite nan Sena ayisyen an, senatè Youri Latortue pwononse l sou pozisyon responsab ayisyen yo fas a sitiyasyon an.

Senatè Latortue lanse kritik kont otorite ayisyen yo poutèt yo poko  fè anyen nan kad keryasyon yon nouvo fòs sekirite piblik ann Ayiti.

Li di Ayiti pa dwe konte sou fòs entènasyonal pou kontinye asire sekirite l.

Depi vil Pòtoprens, Rotchild Francois pou plis detay.

Klike sou lyen anlè a pou w koute repòtaj sou aktyalite a ann Ayiti pou madi 27 fevriye 2007 la.

Sources: Voa Creyol

Par Elsie HAAS
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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 11 2006 01:49

ON THE AIR, 23 Octobre – Nous volons de Boston à Miami après la visite d´une délégation du ministère des Haïtiens vivant à l´étranger aux compatriotes de la capitale de l´Etat du Massachusetts. C´est la première étape d´une tournée devant conduire le ministre Jean Généus et ses collègues, dont son directeur de cabinet, Jean-François Chamblain, et le directeur général du CFI (centre de facilitation des investissements), Guy Lamothe, dans plusieurs autres communautés de la diaspora haïtienne des deux côtés de l´Atlantique.

Dimanche 22 octobre, lors d´une rencontre à laquelle ont répondu pas moins de deux cents compatriotes, l´accent a été mis sur les « privilèges » accordés par l´Etat haïtien aux haïtiens d´origine qui ont adopté une nationalité étrangère.

Le ministre Jean Généus devait répondre à la question d´un intervenant qui trouve injuste que étant aujourd´hui le principal soutien économique du pays natal (près d´un milliard de dollars en transferts effectué par an), la diaspora haïtienne ne peut pas participer aux élections déterminant la politique du pays.

Le ministre répondit tout de go : rien n´empêche les compatriotes expatriés, y compris lorsqu´ils ont pris la citoyenneté du pays d´adoption, de participer aux élections en Haïti.

La Constitution haïtienne qui enlève le droit à la candidature aux haïtiens naturalisés, ne dit pas un mot du droit de vote.

Il suffit pour un haïtien de se présenter avec une pièce d´identification haïtienne pour faire sa carte électorale (aujourd´hui Carte d´identification nationale/CIN). Généus fait remarquer que rares sont les haïtiens qui après avoir pris la citoyenneté américaine, canadienne, française ou autre, ne continue pas à utiliser un passeport haïtien chaque fois qu´il se retrouve au pays natal.

Le reste est une question de logistique. L´Etat haïtien va-t-il installer des bureaux électoraux en diaspora ? Probablement non. Trop compliqué et coûteux. De plus, la fiabilité n´est pas forcément garantie.

Mais ceci ne veut pas dire que l´Etat haïtien empêche la diaspora de voter. Il suffit de venir en Haïti d´abord faire sa carte électorale, puis se trouver au pays le jour des élections.

Généus penche pour l´option jamaïcaine. Tout Jamaïcain qui se trouve dans son pays le jour du vote est un électeur potentiel.

Venons en maintenant à la question de la double nationalité.

Ce qu´il vient de dire, poursuit le ministre des Haïtiens vivant à l´étranger devant une auditoire particulièrement attentive, ne doit pas être perçu comme une tentative d´éviter ou d´éluder la question essentielle : celle de la double nationalité.

Selon lui, le gouvernement du Président René Préval est décidé à redonner aux Haïtiens naturalisés tous les droits et privilèges dont ils sont privés par la Constitution de 1987.

D´abord c´est une injustice à réparer. Le ministre a utilisé cette comparaison. Des Haïtiens Haïtiens ne font pas autant pour leur pays que des compatriotes qui ont dû par la force des choses adopter une autre citoyenneté. Ce tort, nous devons le reconnaître et le corriger.

Rappel du cri des indépendantistes américains à la veille de rompre avec la couronne britannique : « No taxation without representation ! »Nous ne paierons pas si nous ne sommes pas représentés dans le gouvernement. La réponse c´est la création des Etats-Unis d´Amérique.

Secundo, Haïti doit marcher avec son temps et ne pas être toujours à la traîne. Tous les pays à forte communauté immigrante ont depuis longtemps donné une réponse à la question, dont ceux de la Caricom ainsi que notre voisine la République Dominicaine.

Economiquement, cela saute aux yeux. Aussi bien en termes d´investissements que de tourisme, la diaspora constitue notre partenaire privilégié. Grâce au facteur sentimental, c´est la clientèle qui est la plus susceptible de patience vis-à-vis des problèmes les plus récurrents du pays, ceux qui prendront le plus longtemps pour être résolus.

Réservoir de cadres et de personnel qualifié. La question ne se pose même pas, à plus forte raison quand se poursuit l´exode des compétences dû à la persistance de la crise politique.

Enfin, la Constitution !

Une constitution n´est pas un bijou posé sur une table, comme un objet immatériel et immortel.

La constitution doit être adaptée à son époque et aux besoins réels (et non fictifs) du peuple qu´elle régit.

Par exemple, la constitution américaine a été maintes fois amendée. Reconnaissance du droit de vote aux femmes ; le triomphe des droits civiques grâce à la campagne d´un pasteur Martin Luther et co. etc.

Le Général de Gaule a créé la Ve république et adapté la constitution française aux exigences du monde moderne.

Selon le ministre Jean Généus, le gouvernement Préval est décidé à apporter une solution à ce problème.

Mais comment amender une constitution où le constituant (1987) a placé lui-même des barrières à tout amendement.

Un processus compliqué à souhait, dans le but probablement de décourager toute tentative. Ainsi tout gouvernement sous lequel un amendement est voté, ne peut le mettre lui-même en application. Alors que la question peut ne pas représenter une priorité pour le pouvoir suivant.

Selon les déclarations du ministre Généus, le gouvernement actuel n´hésiterait pas à contourner la question. En provoquant, par exemple, un grand mouvement de consensus national et de masse qui comprendrait aussi bien les Haïtiens au pays que les compatriotes de la diaspora.

Aucun gouvernement, ni parlement ne pourrait rester sourd à un tel phénomène.

Ces déclarations ont eu un grand impact sur les plus de 200 haïtiens résidents permanents aux Etats-Unis et Haïtiens-Américains venus écouter dimanche la délégation venue de Port-au-Prince avec à sa tête le titulaire du ministère des Haïtiens vivant à l´étranger.

L´autre importante question au programme : ce sont les mécanismes de facilitation des investissements, et qui a été développée avec compétence et humour par le directeur général du CFI, l´ex-ambassadeur Guy Lamothe.

Le centre de facilitation des investissements, récemment relancé au ministère du commerce et de l´industrie, se fait fort de réduire au maximum le temps consacré à l´enregistrement des entreprises et des sociétés en Haïti.

Le directeur Guy Lamothe a annoncé la mise en application du concept « one stop shop » : une seule visite au ministère du commerce et le tour est joué.

Le gouvernement entend également déconcentrer (pour ne pas dire décentraliser) le service en établissant des antennes du CFI dans les chefs lieux des dix départements géographiques.

Ainsi que dans les ambassades et consulats haïtiens à l´étranger pour les premières démarches à accomplir par le futur investisseur.

Une visite bien remplie.

Les prochaines étapes sont Paris, New York, Miami, Montréal, Bahamas et les Antilles.

Marcus, 23 Octobre 2006


Par Elsie HAAS
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 12 2006 01:13
Je suis comme Raphaël CONFIANT. Je n’aime pas qu’on s’en prenne à mon peuple. Nourri à l’humanisme de mon grand-père, l’historien Jules LUCRECE, et aux valeurs morales transmises par mon père, toute injustice, contre une personne ou contre quelque peuple que ce soit, blesse ma conscience et me projette comme frère de cette personne ou de ce peuple.

Or, disons-le tout net, le lynchage médiatique que subit depuis quelques temps l’écrivain Raphaël CONFIANT est injuste et inacceptable. Et cette lapidation fait, pour moi, de lui un frère.

Les diatribes injustes et caricaturales qui le visent, bien entendu, n’abordent pas non plus les problèmes de fond. Elles sont d’ailleurs le reflet de petits intégrismes, qui ont bien compris comment fonctionne le système médiatique de ce pays et qui en font un usage immodéré et impudique.

La crise de la conscience occidentale aujourd’hui.

Le problème qui se manifeste, en toile de fond de cette polémique, est bien la crise de la conscience occidentale, et singulièrement européenne, aujourd’hui.

Cette crise, faite tout à la fois d’immobilisme, de grande tolérance et de complicité avec un racisme et un antisémitisme, qui s’engraissent de jour en jour en occident, est flagrante.

On peut en effet distinguer :

  • un racisme populaire qui se manifeste par des cris de singes sur les terrains d’Europe, par la structuration mentale et spatiale, par exemple, d’un stade comme le Parc des princes à Paris ou du Stade de Rome, qui depuis longtemps fertilisent un antisémitisme et un racisme contre lequel on n’a quasiment rien fait

  • un racisme ordinaire avec des obstacles dressés contre nègres et maghrébins s’agissant de l’accès à l’emploi, de l’accès au logement ou de l’accès aux boites de nuit

  • un racisme médiatique, certes plus sournois, mais indiscutable, il suffit pour s’en convaincre de lire la presse ou de regarder la télévision française, l’accès à ces media, même pour l’expression de nos points de vue ou de nos créations, étant quasiment fermé

  • un racisme institutionnel qui s’est traduit par la tentative d’instaurer en France la fameuse loi vantant les bienfaits de la colonisation

  • un racisme intellectualo-mondain dont FINKIELKRAUT n’est que le portefaix et le faquin, lui qui exerce son mépris envers les Antillais et les jeunes de banlieue dont la révolte est selon lui « une révolte à caractère ethnico-religieux.  ». Et on aurait tord de croire que FINKIELKRAUT est un cas isolé quand on voit les justifications et les soutiens portés par BRUCKNER et FERRY (oui ! l’ancien ministre de l’éducation nationale !) à FINKIELKRAUT.

Donc, au lieu de voir le XXIe siècle s’ouvrir en Occident sur une pensée résolument « décoloniale », on voit resurgir au contraire les concepts de race et de choc des cultures qui trahissent la volonté de l’Occident d’imposer au monde son idéologie, sa façon de vivre et de penser.

Je plains en particulier cette Europe - qui pourtant dans ses discours a laissé percevoir de grands espoirs - si elle doit se construire sur une telle inconscience de son ethnocentrisme, car elle risque de pousser des communautés au repli sur soi et aux extrêmes.

Je lui rappelle le prémonitoire point de vue de SARTRE : « Nous voilà finis, nos victoires, le ventre en l’air, laissent voir leurs entrailles, notre défaite secrète. » (…) « Nous ne pouvons plus compter sur le privilège de notre couleur, de notre race, de nos techniques… »

La conscience occidentale ne s’est malheureusement pas imprégnée de la conscience sartrienne.

L’impudeur des donneurs de leçons

Des questions d’abord.

Qui, parmi les donneurs de leçons de circonstance, a pris sa plume pour répondre à FINKIELKRAUT ? Qui, parmi les grands névrosés de la morale, a mobilisé les sommités philosophiques pour rappeler à FINKIELKRAUT  quelques valeurs enseignées par la philosophie ? Qui, parmi les grands spécialistes des Hauts comités, des Comités de réflexions, des Comités pour la mémoire, les grands spécialistes des missions, lesquels montrés par la télévision s’esbaudissaient pitoyablement à l’Elysée et à Matignon, a élevé des protestations contre les propos de FINKIELKRAUT ?

Tous muets et infructueux.

Or, ce que disait FINKIELKRAUT n’était pas rien.

  1. Les Antillais sont des assistés.

  2. Les Antilles filent un mauvais coton idéologique.

  3. « …on nous dit que l’équipe de France est adorée par tous parce qu’elle est "black blanc beur", en fait aujourd’hui elle est "black black black" ce qui fait ricaner toute l’Europe. »

Il y a surtout le fait que FINKIELKRAUT oppose les souffrances et les hiérarchise : « …je n’ai rien à redire, dit-il, à l’enseignement de l’esclavage et de la colonisation. Mais cela n’a rien à voir avec l’extermination des Juifs par les nazis. C’est tout autre chose. » (Propos tenus le 6 mars 2005, entre 18h30 et 19h30, sur Radio Shalom).

Et même quand, devant les protestations, FINKIELKRAUT cherche à se dédouaner, il se ridiculise par son ignorance des Antilles et son inculture : « J’ai lu, dit-il, avec enthousiasme les (sic) Cahiers (sic) du (sic) retour au pays natal d’Aimé Césaire ».

Faut-il rappeler que les propos de FINKIELKRAUT l’ont conduit devant les tribunaux à l’initiative du COFFAD (Collectif des Filles et des Fils d’Africains Déportés) dont l’avocat précisait « C’est très important d’obtenir une condamnation car Alain FINKIELKRAUT est considéré comme un intellectuel, philosophe qui plus est, et qu’il est très médiatique, il a de l’influence, on le voit partout. Il est invité sur tous les plateaux de télévision et également à la radio. »

Qui donc, parmi les donneurs de leçons, s’est joint à ces protestations ? Quand Raphaël CONFIANT, lui, a répondu à FINKIELKRAUT.

C’est cette impudeur qui me choque, cette absence de retenue quand on n’a pas pris soin de balayer devant sa porte.

Et puis alors, quand bien même on aurait des divergences de vue avec Raphaël CONFIANT (et il m’arrive d’en avoir), pourquoi ne pas lui appliquer, au contraire de l’impudeur agressive, le principe de la conscience calme qui est la mienne en toutes circonstances : la discussion de ses points de vue dans un esprit de fraternité ?

Qu’est-ce que c’est, dans un pays de 1000 km2 et de 400 000 habitants, que cette pratique intégriste qui consiste à lancer des condamnations depuis son quartier général ? Cette pratique, je l’avais analysée dans mon livre Souffrance et jouissance aux Antilles et caractérisée comme étant L’insupportabilité, c’est-à-dire cette tension qui, devant le point de vue de l’autre, produit quelque chose d’insociable qui va de l’agacement à la rage.

Pourquoi, dans un pays comme le nôtre, multiplier les tribus et les nations sur la base de simples divergences de vue et chercher à diaboliser l’autre ?

Comme cette chose énoncée aussi irresponsable que grave : « Raphaël CONFIANT antisémite ». Cela me rappelle les attaques contre Nietzsche accusé de fascisme, lui Nietzsche qui disait « Ne fréquenter personne qui soit mêlée à cette fumisterie éhontée des races. »

Ce qui fait qu’en face de moi, je n’ai toujours qu’un Homme, et c’est fraternellement immense. Pas un Juif, pas un Nègre, pas un Hindou, pas quelqu’un défini par son origine ou sa religion. Toujours un Homme.

André LUCRECE, Ecrivain

Par André LUCRECE
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 12 2006 23:34
C'est en août 2006 qu'est  paru un rapport choquant  publié dans, Lancet,  qui  dénombrait 8000 meurtres, 35000 viols et  agressions sexuelles perpétrés après la période du coup d’Etat qui a « viré » Aristide et humilié le peuple haïtien par un boycott organisé des célébrations du bicentenaire de son indépendance. Bay kou bliye, pote mak sonje.

Parmi les victimes, au cours de ces 22 mois,  d'après le rapport, on compte 8000 personnes qui ont été assassinées dans la région de Port-au-Prince seulement, 35 000 femmes et  fillettes ont été violées ou ont subi des violences sexuelles. Plus de la moitié des personnes sexuellement agressées était des enfants. Les kidnappings, les détentions extrajudiciaires, les agressions physiques, les menaces de mort, les violences sexuelles ont été    des agissements courants.
Parmi les responsables de ces atteintes aux droits de l’Homme, on trouve principalement : la police nationale, les troupes des Nations Unies, les criminels et les gangs anti-lavalas.

Sources:
1- article d’un journal canadien  http://www.canada.com/montrealgazette/news/story.html?id=1d86b354-2eb5-4fae-b093-94f47f408197&k=73552&p=2
2- Le rapport de Lancet
Human rights abuse and other criminal violations in Port-au-Prince, Haiti: a random survey of households
Kolbe AR, Hutson RA
The Lancet - Vol. 368, Issue 9538, 02 September 2006, Pages 864-873
http://www.thelancet.com/


Peu de médias ont mentionné ce rapport réalisé par la prestigieuse revue britannique,  Lancet, sur les violations des droits de l’Homme en Haïti pendant les deux années de la gouvernance  Latortue. Des partisans du régime intérimaire ont mis en cause la neutralité des auteurs du rapport et sont mêmes allés jusqu’à la distribution de tracts à Londres portant les coordonnées personnelles des auteurs, une véritable incitation au crime.


Tract distribué à Londres mentionnant les coordoonées (ici barrées en rouge) des auteurs du rapport Lancet



Bien que la fiabilité du rapport ait été démontré, ses conclusions concordant avec les observations faites par d’autres organismes tels que Amnesty International, Human Rights Watch,  The International Crisis Group,  les représentants officiels des Droits de l’Homme en Haïti, Ms Bajeux et Lespérance n’ont pas pris part au débat, sont restés muets également les Zentellectuels qui tonitruaient et caracolaient sur tous les médias en 2003/2004..

L’information et la communication demeurent le plus grand défi que nos sociétés du Sud et Haïti en particulier (routes, téléphones, électricité, radios, télévision, presse écrite et number one : alphabétisation) doivent surmonter. L’information diffusée par les medias dominants  RFI, CNN, BBC , etc., sert en priorité les gouvernements de la France des USA et de la Grande Bretagne –ce qui paraît logique-  à assurer leur domination sur les gouvernements et « élites «  des pays  du Sud. Ce lavage des cerveaux atteint de telles proportions que les élites du Sud fonctionnent souvent dans l’intérêt des USA, de la France,de la Grande Bretagne et contre ceux de leurs propres nations, parfois en toute innocence (Les intellectuels de ces pays ne  sont pas tous pourris, tous achetés). Dans les anciennes colonies, les bourgeoisies prédatrices locales qui ont monopolisé les circuits de communication, programment de émissions de décervelage en même temps qu’elles relayent les informations des  anciennes « mères patries  » qui les « aident » à maintenir tout ce bon peuple en esclavage mental et physique.
Pour la « communauté internationale » la libre circulation des informations n’est « démocratique » qu'à condition de ne véhiculer que  ses propres idées, sa philosophie, sa culture; sinon elles sont taxées de partiales, biaisées, radicales,  fondamentalistes, populistes...en un mot diabolisées. Tout un arsenal est mis en place par ces médias dominants pour filtrer les informations et ne laisser parvenir que celles qui appuient  et renforcent leurs intérêts. C’est  pourquoi, l’aide à la création de médias indépendants des gouvernements locaux, avec des journalistes indépendants -c'est-à-dire honnêtement rétribués- pouvant contrebalancer la propagande occidentale (comme l’a fait le Venezuela  de Chavez avec Telesur ou Tele-Vive)  devrait être l’une  des préoccupations majeures des  pays qui ont  véritablement pour projet le développement, le bien-être et l’indépendance de leurs peuples.

“Our liberty depends on freedom of the press, and that cannot be limited without being lost.”
- Thomas Jefferson
Par Elsie HAAS
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 12 2006 00:20
                                                                                                                                          N’ap pote tè-a sou kou’n jusqu’au prochain lever du soleil.

Après la période sombre de la colonisation, période phare  de l’aliénation de l’homme Noir par un groupe d’hommes Blancs au nom d’une civilisation dominatrice, vient le temps de l’immigration avec son cortège d’attributs, de parodies et de prétextes, le temps de la mystification de l’étranger, bouc émissaire du déclin, du chaos et de l’ignorance, le temps de l’assimilation et du rejet. Nous sommes ce que nous sommes pour devenir ce que nous serons, c’est-à-dire immigrés, clandestins (sans papiers), malandrins, vauriens, éternels fuyards. Tolstoï écrivait en son temps que nous sommes tous des clandestins toujours en fuite.

 On fuit le totalitarisme pour goûter au plaisir de la liberté et se reconstruire, mais les inconvénients rencontrés à chaque étape de cette quête et de cette reconstruction nous rappellent que nos racines sont d’ailleurs et  qu’il nous faut composer ou contourner l’ordre établi pour subsister et redevenir citoyen, contribuable ou consommateur. C’est la résultante d’une politique basée sur l’intégration des étrangers. L’intégration, mot vague sans fondement ni cohérence, fait de l’étranger une menace, un enjeu politique. Résorber son flux, c’est défendre les intérêts de la nation sinon les élections risquent de provoquer une bérézina sociale.

 Chansonniers et paroliers haïtiens ont pendant longtemps compris que l’immigration n’est pas un crime, au contraire une main d’œuvre bon marché faite pour bouster l’économie mondiale au point que beaucoup de chanteurs s’approprient ces paroles : Nou se yon ras moun, yon klas moun k’ap pote tè-a sou kou’n  …Jou nou di nou pa’p mache, n’ap kanpe, ka gen rèl ka Makorèl.

Aux USA, les latinos (immigrés et citizen) l’ont compris et l’ont prouvé avec un slogan choc « un jour sans immigrés ». Les conséquences économiques de cette manifestation   sont estimées en millions de dollars. L’économie de marché des pays occidentaux, placée sous perfusion de l’immigration ne peut pas résister à des actions répétées de ce type. L’étranger se dévoue à la cause de son travail, il donne son temps, son sang, son courage à la bonne marche de l’entreprise, cotise aux différentes caisses, paie des impôts. Il mourra dans son pays natal dans l’indifférence générale ; il ne jouira jamais de sa retraite. Comment conjuguer le droit et le devoir dans de telles circonstances ?

En France, pendant que l’Assemblée nationale vote la loi sur l’immigration, on commémore l’abolition de l’esclavage, reconnu enfin comme crime contre l’humanité. Que de siècles se sont écoulés, que de tergiversations de fils d’esclaves pour emmener les hommes  du monde civilisé à la raison. Haïti en avait emboîté le pas depuis 1804. N’ap pote tè-a sou kou’n jusqu’au prochain lever du soleil. L’étranger non régularisé qu’on appelle ici « Sans Papiers » ne rentre dans aucune case du système, il n’a pas de statut propre mais, il travaille. A qui profite cette situation ?

 Ronald Pierre, août 2006
Par Elsie HAAS
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 12 2006 12:13
Lovinsky Pierre-Antoine  directeur de la Fondation 30 septembre s'entretient avec Km Ives journaliste indépendant  qui s'est spécialisé sur Haïti à propos de la tuerie perpétrée par les forces de la Minustah, le 21/22 décembre 2006 à Cité Soleil (Haïti)

                                                                  
                                                                     Minustah à Cité Soleil (Photo AP)

Haitian human rights activist Lovinsky Pierre-Antoine discusses last week's UN raid of Cite Soleil. Published reports put the death toll as high as 17 but Pierre-Antoine said the actual death toll could reach 80. [rush transcript included] In Haiti, more than 1000 people marched through the streets of Port -au-Prince Thursday to protest the presence of UN forces in the country, and to call for the return of the democratically elected former President Jean Bertrand Aristide. Aristide lives in exile in South Africa after his ouster in a US-backed coup nearly three years ago.

Thursday's march followed the deaths of as many as seventeen civilians who were shot by UN troops in the capital city's impoverished Cite Soleil neighborhood last week.

Demonstrators expressed outrage at what witnesses called indiscriminate firing by UN forces. Many suggested that the UN's intention was to suppress popularsupport of Aristide and his Lavalas political party.

The UN has denied charges that it fired indiscriminately, saying that it was targeting armed gangs involved in recent kidnappings in the city. Under control of the UN force, Cite Soleil has been plagued by kidnappings and crime. Well, to discuss the situation, we are joined by Lovinsky Pierre-Antoine and Kim Ives. Lovinsky Pierre-Antoine is a Haitian Human Rights Activist and head of the September 30th Foundation - an advocacy group for coup d'etat victims -- And Kim Ives is an independent journalist who specializes in Haiti. we welcome you both to Democracy Now!

    * Lovinsky Pierre-Antoine, Haitian Human Rights Activist. Head of the September 30th Foundation - an advocacy group for coup d'etat victims. He lives in Haiti and has just flown into New York.

    * Kim Ives, Independent Journalist who specializes in Haiti


RUSH TRANSCRIPT

AMY GOODMAN: Well, to discuss the situation, we are joined by Lovinsky Pierre-Antoine and Kim Ives. Lovinsky, is a Haitian human rights activist and Head of the September 30th Foundation, an advocacy group for coup d'Etat victims. Kim Ives is an independent journalist who specializes in Haiti and he’ll also be translating for Lovinsky. We thank you both for joining us. Lovinsky Pierre-Antoine, what happened? Were you in Haiti at the time or were you here when this happened last week?

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: Yes, I was in Haiti.

AMY GOODMAN: You were in Haiti. Tell us what happened.

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: Yes. I’m going to speak Creole…

KIM IVES: Yes, go ahead.

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: [TRANSLATED]What happened in Haiti is a continuation of a war of genocide against the poor population. And that is an expression in fact of the class struggle in Haiti. What happens is that the United Nations by what is called the MINUSTAH (United Nations Stabilization Mission in Haiti) is an accomplice of this war against the poor in Haiti. We can see what happened in Cité-Soleil on the 6th of July of 2005--what happens every day in Cité-Soleil where soldiers kill the poor for nothing, and what happened this past 21st, 22nd of December of this year. This campaign against the poor in Haiti where they give them some kind of pejorative name. The way that the United Nations soldiers were trying to resolve the insecurity problem in the country, even if this is a real problem, the way they resolve it is not appropriate.

JUAN GONZALEZ: I'd like to ask, in all my years as a journalist in terms of seeing how the United Nations operates in peacekeeping missions, I've never seen such periodic reports of the UN troops involved in aggressive, violent actions against populations as there has been in Haiti over the last few years. Do you--any sense of, on your part, why the UN is playing such a role in Haiti, so different from what it's done around the world?

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: The problem is that the United Nations is supposed to maintain peace, it’s supposed to be a force of stabilization. In fact, the presence of the United Nations forces is just an expression of the continuation of the February 29, 2004 coup d' Etat. Because all the people who were doing crimes at the end of 2003  -- like Guy Philippe and all the former military
they don't have any problem. They are just circulating freely in the country. But the people who are victims today of the United Nations forces, are compatriots who are in Cité-Soleil and the other popular quarters who stood up to Guy Philippe. The MINUSTAH cannot play the role of peacekeeper because they’re not neutral.

AMY GOODMAN: MINUSTAH being the UN Forces?

KIM IVES: Yes, it’s the mission to stabilize Haiti.

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: And we feel in the situation there's too much influence from the U.S. Embassy, and the Special Representative of the United Nations Edmond Mulet. And to our mind the United Nations represents an occupation force, which is pursuing repression against the population and weakening the institutions of the state such as the police and justice--and putting the country under tutelage.

AMY GOODMAN: The BBC just did an expose on the rape and abuse of kids in Haiti by the UN Forces. Before that we did the Wayne State University report on the massive number of rapes in Haiti and specifically looking at UN forces. Now the UN forces say they went into Cité-Soleil in this last shooting because of the gangs there and the kidnappings. Your response?

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: It is not that they were looking for gangs in Cité-Soleil doing kidnappings. The phenomenon of security and kidnapping in the country is purely a political phenomenon. One of the last acts of kidnapping in the country was a guy—a Senator called Andris Riche, and this was a complete piece of theater. And they did this precisely so that they could target Cité-Soleil, to give the impression that they were trying to fight against insecurity. But in other areas where there's insecurity, such as in Carrefour-Feuilles where you have the Little Machete Army, neither the National Police, nor the Minustah (UN) soldiers did anything to stop that.

JUAN GONZALEZ: Can't the, what power does the legal elected government of Haiti have now to -- can't they just request that the UN troops leave? Why haven't they?

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: Presently there’s a campaign that we've undertaken, which will go between January  first and15th of February to demand that the Security Council remove the UN Troops from Haiti. And where the Haitian government has not taken the responsibility to stop the genocide there, we in the population, in the democratic sector, have taken on the responsibility.

AMY GOODMAN: I'm looking at the press release from the United Nations, and they say they are working with the security forces of Haiti, and in their press release that was released last Friday after the killings in Cité-Soleil, they say the operations have resulted in the arrests of 24 kidnap suspects and the liberation of six victims, a number of weapons were also seized. Final comment?

LOVINSKY PIERRE-ANTOINE: The last killing that was done in Cité-Soleil, the people who died were not people with guns in their hands. They were pregnant women and children among them. According to journalists on the ground, there were between 30 and 40 people who died. But we think it's between 60 and 80 people because the people when they run, they take the people who fell to runwith them.

AMY GOODMAN: We want to thank you very much for being with us. Lovinsky Pierre-Antoine, the Haitian human rights activist and Head of the September 30th Foundation, who just came back from Haiti, and Kim Ives. Thank you very much for joining us. That does it for today’s broadcast, the last of the year. We want to thank all of you because you are at the heart of this broadcast, the largest
public media collaboration in this country as it continues to grow in this country and around the world. I am Amy Goodman with Juan Gonzalez. We wish you a very happy new year.

 Sources :http://www.democracynow.org/
Par Elsie HAAS
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 12 2006 12:46



                                                                     
La Minustah devrait savoir que si l'exclusion en Haïti est très forte, par contre on ne peut pas diviser la grande masse populaire qui traditionnellement partage les mêmes joies et les mêmes douleurs



Editorial du journal haîtien
Haiti en Marche

MINUSTAH

MASSACRE A CITE SOLEIL

Des opérations risquant d'aggraver le mal

ANALYSE

PORT-AU-PRINCE, 23 Décembre - La Minustah a mené vendredi une opération dans le bidonville de Cité Soleil qu'elle a qualifiée elle-même " d'envergure " (communiqué de presse en date du même jour, vendredi 22 décembre).

Oui, d'envergure, si l'on en juge par le nombre de cadavres et de blessés laissés sur le terrain.

La télévision haïtienne, Canal 11, qui a été immédiatement sur les lieux, a montré 4 morts et plusieurs blessés conduits à l'hôpital Sainte Catherine tenu dans le bidonville par l'association Médecins sans Frontières.

Cependant le correspondant de l'AFP mentionne " au moins une dizaine de morts et plusieurs dizaines de blessés. " Mais des informations qu'il tient par oui dire, " selon des sources concordantes. "

Un photographe de Reuters couvrant l'opération a dénombré au moins neuf cadavres à l'issue des affrontements qui ont éclaté à l'arrivée des forces de l'ordre.

Selon des témoins, il y a eu quatre victimes supplémentaires et d'après des humanitaires, on dénombre en outre une trentaine de blessés (Reuters).

Selon nos confrères de Canal 11, les casques bleus peuvent être repartis avec un certain nombre de corps.

Sont-ce ceux des individus qui étaient directement ciblés ?

 
Beaucoup de dissemblances...

Oyez le communiqué de la mission onusienne. " L'objectif de cette opération d'envergure fait partie d'une stratégie de lutte contre l'insécurité, suite à la vague récente de kidnappings dans la capitale. Un autre objectif de la mission de ce matin était la réouverture de la route principale menant à Bois Neuf, le fief du chef de gang Belony. "

Pour l'AFP (dont la principale source d'informations semble être encore la Minustah), " les gangs utilisaient ce quartier pour y séquestrer des personnes à des fins de rançons. Depuis plusieurs semaines, la pratique des enlèvements a redoublé et, fait nouveau, vise de plus en plus d'enfants. "

Cependant il existe beaucoup de dissemblances, sinon de contradictions, entre les informations fournies officiellement par la Minustah et celles relevées sur le terrain à la suite de son intervention.

D'abord, le bilan. Son communiqué de presse ne mentionne aucun mort ni blessés, mais se contente d'indiquer : " Au cours de cette opération qui a duré plusieurs heures, des échanges de tirs ont eu lieu. "

Quant à l'AFP, elle avance " une dizaine de morts et plusieurs dizaines de blessés ". Mais plus loin : la porte-parole de la Mission, Sophie Boutaud, s'est refusée à évoquer un bilan, indiquant qu'il était en cours d'évaluation, mais " il n'y a pas de victimes du côté de la Minustah. "

 

Plusieurs enfants ont été soignés...

Par conséquent, les casques bleus ont-ils fait un tel massacre parce qu'ils se sont heurtés à une résistance acharnée ou non, on ne sait pas.

Il y a des femmes parmi les morts et plusieurs enfants ont été soignés à l'hôpital Sainte Catherine pour blessures par balles.

D'autre part, la raison évoquée de leur côté par les habitants de Cité Soleil pour l'opération est à mille lieues de ce qu'on lit dans le communiqué de presse de la Minustah.

L'AFP écrit : " un char des Casques bleus aurait été incendié lors des affrontements, selon une source onusienne. "

Selon l'agence Alterpresse, " l'opération déclenchée à deux jours de la fête de Noël, a permis la récupération d'un char de la Minustah qui était retenu et incendié à Cité Soleil. "

La rumeur avait couru comme une traînée de poudre : les bandits de Cité Soleil se sont emparés d'un blindé de la force onusienne.

Selon Alterpresse, on faisait même croire qu'une mitrailleuse M-50 " a été confisquée par les bandits. "

Or c'est encore la porte-parole Sophie Boutaud qui a elle-même tout démenti.

D'abord les bandits de Cité Soleil ne s'étaient emparés d'aucun char de la Minustah. Celui-ci était tombé en panne et les soldats onusiens ont dû l'abandonner sur place pour revenir le chercher plus tard.

Et c'est de toute évidence à leur retour que les accrochages ont eu lieu, laissant le terrible bilan de dix morts au moins et plusieurs dizaines de blessés (AFP dixit).

 
Opération représailles...

Les habitants de Cité Soleil avaient-ils mis le feu au char abandonné, étant donné que les casques bleus sont ressentis aujourd'hui comme des ennemis dans les quartiers populaires de Port-au-Prince, nous ne saurions non plus le dire. La Minustah se refusant à fournir, comme on le voit, des informations vraiment précises pour se livrer elle aussi à une sorte de manipulation médiatique.

En tout état de cause, l'opération du vendredi 22 décembre n'entre pas directement dans le cadre de la lutte contre le kidnapping, ni aucune nécessité d'ouvrir " la route principale conduisant à Bois Neuf... ".

Il s'agissait pour les casques bleus de récupérer un blindé tombé en panne et qu'ils avaient dû abandonner sur les lieux.

Sachant l'hostilité actuelle des riverains à leur égard (nombreuses manifestations anti-Minustah tenues ces dernières semaines à Cité Soleil), les hommes de Edmond Mulet sont revenus en force et le doigt sur la gâchette.

Ils ont donc fait apparemment un massacre, tirant à la mitrailleuse lourde et à l'aveuglette, tuant et blessant même des enfants...

Et aucun casque blessé, note l'AFP.

Ni kidnappeurs arrêtés, ni otages libérés...

Une opération ponctuelle et rien d'autre. Rien à voir avec toute la phraséologie sur la lutte contre les kidnappeurs (qui eux se prélassaient probablement non loin ou bien loin de là).

Canal 11 montre trois blindés de la mission onusienne se retirant des lieux à toute vitesse, suivis aussitôt par une manifestation rassemblant des centaines de gens conspuant les soldats internationaux.

Aucune trace de kidnappeurs arrêtés, ni d'otages libérés, ni de planques détruites ou d'armes récupérées.

Ni d'opération conjointe de l'ONU et de la Police nationale, comme le répète ad nauseam une certaine presse locale très peu curieuse tant que ses intérêts ne sont pas dérangés.

Selon Radio Canada, "le coup de force de l'ONU et de la police haïtienne visait à combattre les bandes armées qui menacent de déstabiliser le pays tout entier."

 Une simple couverture...

Cependant aucun policier haïtien n'a participé en personne à l'opération de vendredi dans le quartier de Bois Neuf (Cité Soleil). Aucune présence policière haïtienne n'a été signalée sur les lieux de l'attaque. C'est une affaire strictement Minustah.

La coopération avec la Police nationale d'Haïti (PNH) n'a servi dans le cas présent que comme une simple couverture.

Tout comme le " feu vert " qui aurait été accordé peu auparavant par le président René Préval à la force internationale pour mener des opérations dans les quartiers populaires.

Le chef civil de la Mission, le guatémaltèque Edmond Multet, l'a annoncé jeudi lors du point de presse de la Minustah.

" Ce n'est pas un chèque en blanc ou une carte blanche. Ce que l'on a c'est un feu vert. Et avec la PNH, nous avons déjà monté plusieurs opérations dans certains quartiers... ".

Mais précisons : " avec la PNH. " Ce n'était pas le cas vendredi à Cité Soleil.

 La Minustah nous divise davantage...

En conclusion, l'opération de vendredi n'est pas de nature à augmenter la confiance de la population dans la mission internationale, comme celle-ci dit le rechercher (la Minustah devrait savoir que si l'exclusion en Haïti est très forte, par contre on ne peut pas diviser la grande masse populaire qui traditionnellement partage les mêmes joies et les mêmes douleurs)...

Ensuite, ce genre d'opérations ne peut contribuer qu'à élargir toujours plus le fossé avec la minorité des possédants que les soldats étrangers seront automatiquement accusés de protéger en exclusivité, étant donné que certaines voix continuent à plaider pour l'envoi massif des blindés à Cité Soleil comme solution à l'insécurité.

Donc la Minustah, en agissant ainsi, nous divise davantage. A un moment où ce sont toutes les communautés du pays qui sont frappées aussi cruellement et que c'est une réaction plus unitaire qui peut nous sauver.

Enfin ces attaques tous azimuts, " plomb gaillé ", montées à la manière des expéditions de tontons macoutes d'autrefois ou des paramilitaires du FRAPH, sans aucun discernement, ni planification, sinon l'impunité dont on jouit tant qu'on s'en prend aux pauvres gens des bidonvilles, tout cela joue à l'encontre de la stratégie que le gouvernement essaie si difficilement de mettre en place contre une criminalité déjà elle-même pas tout à fait catholique.

A quoi joue donc la Minustah ?

 Préval accusé de donner le " feu vert " aux soldats étrangers...

Justement après l'opération de vendredi, c'est au président René Préval que les manifestants de Cité Soleil s'en prenaient, lui pour lequel ils disent avoir voté et qui donne aujourd'hui le " feu vert " aux soldats étrangers pour venir les massacrer avec leurs enfants.

Cette curieuse opération du vendredi 22 décembre pourrait forcer beaucoup d'observateurs lucides à reconsidérer le sens de la présence militaire internationale en Haïti.

Déjà lors des événements du mercredi 20 décembre à Delmas 62, où une foule essayait de s'emparer de présumés kidnappeurs aux mains de la police (il se révélera par la suite que c'était une totale méprise), des congénères africains membres de la UNPOL (police onusienne) ont ouvert le feu pratiquement à hauteur d'homme sur des manifestants, faisant plusieurs blessés.

Avec une Police nationale pas suffisamment entraînée (ni fiable) et à présent la Minustah qui ne semble en faire qu'à sa tête - dont des opérations mal calculées peuvent contribuer à renforcer au contraire l'exclusion et la balkanisation (en un mot, la lutte des classes) et à semer encore plus de confusion dans notre tête - la lutte contre le kidnapping ne semble guère sur le point de démarrer.

La population devra peut-être se résigner à prendre elle-même son destin en mains, comme elle semble déjà le comprendre.

Ceci dit, au-delà du blabla des politiciens, mais avec tous les dérapages, hélas, que cela suppose...

 

Haïti en Marche, 23 Décembre 2006
Par Elsie HAAS
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 01 2007 11:59
Le président d'Haïti, M. René Préval s'est rendu à la Jamaïque pour un voyage officiel au cours duquel il devrait discuter avec le Premier ministre de la Jamaïque, Madame Portia Simpson-Miller de deux points importants et  qui sont liés: le tourisme et la lutte contre les trafiquants de drogue.
La Jamaïque comme bon nombre des pays de la région doit affronter le   problème  de l'insécurité lié  au trafic de la drogue et bien évidemment aux conditions sociales défavorables sinon infra humaines qui sont celles de la majorité de la population des pays de la région Amérique Latine/ Caraïbes. Néanmoins, l' industrie touristique reste florissante à la Jamaïque. René Préval, espère-t-il  que Mme Portia Simpson Miller lui dévoile le secret de cette réussite ?  En fait de secret il s'agit d'une recette simple qui est pratiquée - là encore il nous faut généraliser- dans l'ensemble des pays d'Amérique du Sud et de la Caraïbe. Elle consiste à "laisser  tranquille" le grand banditisme intimement lié à la classe politique et à la bourgeoisie d'affaires pour ne s'en prendre qu'aux petits délinquants.Les petits délinquants , comme les pauvres, gâchent le paysage et empêchent le tourisme
C'est à partir de ce pacte  -qui  fait l'affaire des grands boss de la drogue  et leur permet d'investir dans l'hotellerie, les banques, etc.-  entre la mafia et l'Etat qu'existe à la Jamaïque une relative sécurité indispensable au tourisme.  Du Mexique à la Guyana  en passant par le Brésil on retrouve un système similaire.  D'ailleurs, est-ce bien différent dans certains pays européens, en Italie par exemple ?
Le gouvernement d'Aristide a échoué à établir ce pacte qui lui aura sans doute été proposé ; l a dû on le sait "donner " à la justice américaine quelques grosses têtes. M. Préval arrivera-t-il à maintenir le cap sous les pressions conjuguées et contraires de Washington et des big bosses de la drogue ?
La quasi institutionalisation de la mafia liée à la drogue ,à la Jamaïque,  serait-elle le prix à payer pour que règne une  sorte de "paix sociale" en Haïti ?
Il faudra revenir sur ce sujet du grand banditisme lié au pouvoir politique et économique en Haïti qui constitue  la base des problèmes que traverse le pays depuis 1986.


Prime Minister Portia Simpson Miller extends a warm Jamaican welcome to Haitian President Réne Preval on his arrival at the Norman Manley International Airport in Kingston yesterday for a four-day official visit to Jamaica.


Jamaica's Prime Minister Portia Simpson-Miller, right, and Haiti's President Rene Preval walk outside the prime minister's office in Kingston, Jamaica, Wednesday , Jan. 3, 2007.



Par Elsie HAAS
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Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
 sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
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Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40

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