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DLO/ L'EAU

Mardi 27 mars 2007 2 27 03 2007 21:28
L'Inde  se trouvant  à la mode ici à Paris, Salon du Livre  oblige,  et comme vous n'aurez pas besoin de ce blog pour tout savoir sur la littérature indienne, profitons-on pour glisser  quelques articles sur cette  "terre de contrastes", comme disent les brochures pour touristes et  accessoirement   "terre d'inégalités comme nous le savons. Comme aussi, il y a eu une journée de l'eau, récemment  cet article est donc parfaitment raccord avec l'actualité- d'autant plus que c'est le genre d'arnaque de  la Banque mondiale dont Haïti pourrait être également victime.


par Denise Comanne - Eric Toussaint

La Banque mondiale est activement engagée dans un programme d’amélioration du système d’approvisionnement en eau dans l’Etat du Kerala. La politique de la Banque vise clairement à dégager l’Etat de ses responsabilités dans la conception et la gestion du système d’approvisionnent et distribution d’eau. Dans le schéma mis en place par la Banque avec le soutien du gouvernement du Kerala [1] et du pouvoir central à Delhi, l’Etat n’intervient que dans la question du financement. Il emprunte les fonds auprès de la Banque mondiale et les lui rembourse avec un taux d’intérêt de 2%. Pour comprendre le système mis en place par la Banque, nous nous sommes rendus à Kadanad, à 50 km de Kochin où nous avons été reçus par Joy Thomas, le président du Panchayat. Présent partout en Inde, le Panchayat est une entité territoriale rurale dotée d’une assemblée élue. L’Etat du Kerala est constitué d’un millier de Panchayats dont 110 sont entrés dans le schéma proposé par la Banque mondiale. Dans celui de Kadanad vivent environ 4.000 familles, soit grosso modo 20.000 habitants. L’agriculture est l’activité principale : la production de caoutchouc domine largement tandis que 70% des champs de riz ont été abandonnés par manque d’eau, et surtout par manque de rentabilité. Le riz importé d’autres pays d’Asie concurrence le riz local. Dans le Panchayat de Kadanad, le caoutchouc constitue quasiment une monoculture.

Le président du Panchayat nous a expliqué que des travaux sont en cours afin d’améliorer le stockage et la purification de l’eau de pluie et de l’eau de la rivière. Cela permettra de fournir 300 litres d’eau par jour par famille (soit environ 60 litres par personne). Selon Joy Thomas, le principe est simple : la Banque mondiale apporte 75% des fonds (on verra plus loin qu’en réalité, elle se fait rembourser cet argent), le Panchayat apporte 10% et les familles bénéficiaires apportent 15%. Le coût total de l’investissement s’élève à 35 millions de roupies (soit 636.300 euros puisque 1 euro = 55 roupies).
Quelles sont les différentes étapes du projet ?

1. Le Panchayat décide d’entrer dans le système conçu par la Banque mondiale ;

2. Une ONG est désignée par l’Etat indien pour gérer le lancement pratique du projet. Dans le cas présent, il s’agit de ESAF, Evangelical Social Action Forum (Forum évangélique d’action sociale). ESAF fournit 6 ingénieurs et 14 employés qui conçoivent le projet et dirigent les travaux de construction. Selon Joy Thomas, ESAF reçoit 10% du montant total du projet, soit 3,5 million de roupies (63.630 euros) en paiement de ses services. Sa mission s’arrête lorsque le système fonctionne.

3. Les familles qui souhaitent devenir bénéficiaires du projet doivent verser leur quote-part (c’est-à-dire 15% du coût total). Il y a deux catégories de familles bénéficiaires : celles qui reçoivent l’eau provenant de la rivière par canalisation et celles qui reçoivent l’eau de pluie collectée dans de grands réservoirs (dont la construction a commencé). La première catégorie versera 70 roupies par mois. La seconde catégorie versera 2300 roupies en plusieurs tranches et deviendra copropriétaire des grands réservoirs d’eau de pluie. L’entretien de l’équipement est à charge des bénéficiaires et est compris dans les montants indiqués plus haut.

4. Le Panchayat verse 10% du coût du projet sur la base de la dotation qu’il reçoit de l’Etat du Kerala.

Il faut reconnaître que la Banque a mené intelligemment son jeu dans cette affaire. A première vue, tout le monde est gagnant : l’Etat qui se désengage, les ONG qui jouent un rôle d’accompagnement des consommateurs dont les intérêts semblent pris en compte, le pouvoir local ne s’endette pas. Les seuls à ne pas être invités à la fête sont les plus pauvres, qui n’ont pas du tout les moyens de se faire entendre. Pourtant, l’Etat remboursera la Banque mondiale en puisant dans les recettes d’impôt qui sont payés principalement par les pauvres (impôt sur la consommation).
Quelles critiques concrètes doivent être formulées ?

1. Ce système est inacceptable car il ne garantit pas l’accès universel des populations à l’eau potable : en effet, les familles qui ne sont pas en mesure de payer 70 roupies par mois ou de verser 2300 roupies en plusieurs tranches sont exclues du droit à l’eau. Dans la conversation, le président du Panchayat a reconnu que la distribution d’eau était gratuite auparavant. La somme de 70 roupies est considérable pour les familles pauvres (sans parler des 2300 roupies mentionnées plus haut). Pour preuve, quand nous avons demandé au président du Panchayat si celui-ci versait des aides aux personnes pauvres, il a répondu par l’affirmative. 646 personnes sont aidées parce qu’elles n’ont aucun revenu : elles reçoivent une somme mensuelle qui varie entre 110 et 140 roupies [2] (soit de 2 à 2,5 euros par mois !).
Comment peuvent-elles consacrer 70 roupies par mois rien que pour l’eau si elles ne reçoivent que 110 à 140 roupies de revenu minimum garanti par mois ?

2. Les pouvoirs publics sont dégagés d’une grande partie de leurs responsabilités dans ce système alors que ce sont eux qui devraient être responsables de la gestion de la qualité de l’eau, de son stockage, de sa captation, de sa distribution et de son assainissement, dans l’intérêt de l’ensemble de la population. Les pouvoirs publics doivent recruter le personnel compétent et garantir la qualité des services rendus à la population en intégrant celle-ci à la prise de décision. Au contraire, dans le système inventé par la Banque, dans un premier temps, les ONG remplacent les pouvoirs publics ; dans le deuxième temps, les bénéficiaires prennent le relais car ils sont livrés à eux-mêmes pour l’entretien de l’équipement.

3. La Banque mondiale s’impose encore un peu plus dans le domaine de l’eau sans faire de don. Elle sera intégralement remboursée et gratifiée d’un intérêt. Pourquoi dès lors avoir recours à ses services ? Pourquoi ne pas recourir à l’impôt et aux taxes pour financer directement le coût du projet sans recourir à l’endettement externe en devises ?

En conclusion, deux acteurs essentiels jouent un rôle éminemment criticable dans le cadre actuel : l’Etat indien favorise la déresponsabilisation des pouvoirs publics tout en endettant le pays et la Banque mondiale est l’instigatrice de ce nouveau piège. Notes :

[1] L’Etat du Kerala est à l’extrême sud-est de l’Inde. Il compte 32 millions d’habitants. Le gouvernement actuel est dirigé par deux partis communistes (CPM et CPI).

[2] 336 ouvriers agricoles de plus de 60 ans reçoivent 120 roupies par mois ; 103 handicapés reçoivent 140 roupies mensuelles, 81 veuves, 115 personnes âgées et 11 femmes non mariés de plus de 50 ans reçoivent 110 roupies.


Source/auteur :
http://www.cadtm.org/
Mis en ligne le vendredi 23 mars 2007, par Ludo
   
Par Elsie HAAS
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 11 2007 23:40



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La destruction progressive de l’environnement à cause du développement technologique, commercial et industriel que connaît actuellement la planète, a conduit à une diminution significative des réserves aquifères au niveau mondial, ainsi qu’à la pollution d’océans, de mers et de rivières. L’eau a cessé d’être un bien social pour devenir un bien commercial avec un prix déterminé, et vendu au plus offrant.
 

par Decio Machado


La privatisation introduit une nouvelle série d’exigences financières qui tendent à faire augmenter les tarifs de l’eau, excluant une partie toujours plus grande de la population, toujours la plus pauvre, celle dont on ne tire pas de bénéfices.
La tendance principale des puissances et des pays industrialisés est au contrôle et à la monopolisation des sources d’eau. Ils le justifient en arguant que la gestion publique a été incapable de satisfaire les besoins élémentaires en eau des citoyens et qu’il faut donc céder, attribuer sous forme de concessions, municipaliser, donner ou vendre les systèmes de distribution à l’entreprise privée. Avec du capital privé, le service est plus efficace.

Les habitants des zones les plus pauvres de Tegucigalpa, San Pedro Sula, Progreso et d’autres villes, paient pour l’eau qu’ils consomment : ils s’approvisionnent auprès de vendeurs d’eau en camions-citernes et en bouteilles qui ont fait de cette activité un commerce. Les vendeurs d’eau s’approvisionnent dans les réservoirs du principal opérateur du service de la ville, SANAA, qui leur vend le gallon [1] 2,5 centimes de lempira (un centime de dollar pour 7 gallons d’eau). Les vendeurs d’eau approvisionnent environ 100 quartiers pauvres qui ne disposent pas d’eau courante pour différentes raisons, notamment à cause de la difficulté d’accès du réseau à ces communautés, leurs baraques étant situées sur les flancs des collines qui bordent la capitale. Plus de 500 000 personnes, les moins favorisées, vivent ainsi, en investissant une grande partie de leurs revenus quotidiens dans l’achat d’au moins un gallon d’eau.

Résistances

Les mobilisations de résistance à la privatisation de Aguas de San Pedro Sula (Eaux de San Pedro Sula) ont été l’un des cas emblématiques de tout le processus de défense de l’eau. Mais ce n’est pas le seul, dans des dizaines de communes (La Esperanza, Intubucá, Concepción,...), il existe un mouvement contre la concession ou la privatisation de l’eau. Dans de nombreux cas, lors d’assemblées et à l’unanimité, des populations se sont mises d’accord pour interdire la privatisation ou la concession, et on a même interdit l’application de la loi sur l’eau potable.

Le Honduras subit depuis déjà près de 20 ans les ajustements structurels, la transnationalisation, la privatisation des ressources et des biens publics, la répression et l’impunité, la corruption gouvernementale, l’imposition de lois en fonction de l’intérêt des transnationales et les recettes du FMI, de la BID et de la Banque mondiale qui ont conduit à l’augmentation de la dette externe et l’accroissement de la population plongée dans la pauvreté.
******

Suite de l'article : http://risal.collectifs.net/

[1] [NDLR] Le gallon (symbole : gal) est une unité de volume anglo-saxonne, utilisée pour mesurer les liquides. Un gallon US équivaut à 3,785 411 784 litres.

Source : corriente[a]lterna / Espacio Alternativo (http://www.espacioalternativo.org), 25 juillet 2007.

Traduction : Anne Habozit, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).

Par Elsie HAAS
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Mercredi 7 novembre 2007 3 07 11 2007 22:07


 Les points communs entre le Honduras et Haïti sont nombreux. C’est un des pays les plus pauvres de l’Amérique centrale (avec le Nicaragua). Instabilité politique : coups d’Etat et régimes dictatoriaux marquent l’histoire de ce pays.  Le tableau ne serait pas complet sans :   répression, criminalité élevée, impunité, corruption, trafic de drogue et d'humains. Comme Haïti, depuis vingt cinq ans le pays est « gouverné » par le FMI et la Banque mondiale, avec pour conséquence  un affaiblissement des structures de l’Etat.
La libéralisation a été poussée au maximum et comme en Haïti, il ne reste pratiquement presque plus rien à privatiser. L’eau comme le reste est devenu une marchandise.
 Actuellement en Haïti, se jouent en coulisses de grandes batailles entre les pro-privatisation et ceux qui  essaient d'y résister, notamment par rapport à l'eau.
Je dis bien essaient.
Parce que sous  le premier mandat de Préval, certains avaient voulu faire obstacle aux privatisations  de la Minoterie et des Ciments d’Haïti. Mais devant la menace de suspension de l’aide,  ils avaient dû, forcés et contraints  de rentrer dans les rangs.
Les pro-privatisation  sont dominants dans le gouvernement actuel dit d'ouverture. Je vous avais parlé d’un  certain Ericq Pierre (il n'est pas au gouvernement mais avait été proposé par Préval comme Premier ministre lors de son premier mandat.)  représentant d'Haïti à la Banque interaméricaine de développement/ BID) qui allait jusqu’à conseiller la privatisation des prisons- un truc  typique des USA  qui permet entre copains de se faire plein de fric (la construction, l’intendance, la bouffe le gardiennage, le matériel de surveillance, etc).
Loic Warquant, sociologue, professeur à l’université de Californie, Berkeley met en garde dès 2004 contre cette  tendance à imiter  les USA en matière de sécurité ( mais dans d’autres  domaines comme la santé, la retraite)
Voir à ce sujet un article de Loïc Warcquant intitulé :
Fermons les prisons !
Gavées de discours apocalyptiques sur l’insécurité, l’Europe et la France se sont engagées dans le sillon américain de la privatisation des prisons et se sont lancées dans une escalade pénale. L’incarcération est devenue l’arme absolue pour lutter contre les désordres urbains et sociaux. Elle frappe en premier les couches les plus défavorisées. Non seulement elle ne règle aucun problème, mais elle devient un instrument de paupérisation et de marginalisation.
Par Loïc Wacquant
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/09/WACQUANT/11454

 L'ensemble de la bibliographie de Wacquant est passionnante. Tous les sujets traités  font partie des préoccupations qui devraient être nôtres. Mais bon, je ne vais pas encore reprendre mon couplet sur les Zentellectuels (si, si) qui s’occupent de bébé volé, passé au pilon et ingurgité par Aristide (si, si ils l’ont dit) au lieu de travailler,  aller sur le terrain, réfléchir, produire pour nous permettre d’aller de l’avant.  Par exemple sur la question des bidonvilles et autres Cité Soleil, un autre livre de Wacquant.
Parias Urbains Ghettos, banlieues
La découverte 2007
Punir les Pauvres, Agone (2004)
Les prisons de la misère (2006)
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Le livre de Mike Davis Planet of Slums dont je vous ai rabattu les oreilles a été traduit et est également sorti en septembre dernier à La Découverte. Le titre : Le pire des mondes possibles/De l’explosion urbaine au bidonville mondiale.
Et aussi  du même auteur, un livre à lire absolument : Génocides tropicaux. Egalement à La Découverte.
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Particulièrement à cette époque où les néocons de France et leurs perroquets locaux en Haïti, chantent la chanson "aspects positifs du colonialisme " ou bien "de génocide, il ne peut y en avoir qu’un. " sans oublier "ce sont les Africains qui sont responsables de l’esclavage "
-Oui papa !
 Comme ce sont les dealers des bidonvilles qui sont responsables du trafic de cocaïne en Haïti.

Et le reste qui n’est pas mieux, l’utilisation d'une terminologie et de concepts  : populisme, barbares, sacraliser le peuple, opération Bagdad, GNB contre Attila…etc
tout un fatras recyclé par les néoduvaliéristes transformés en néocons adeptes du zéro tolérance, du nettoyage social, des constructions de murs  et de prisons.
Comme ça, ça résoud tous les problèmes.
Ouais, ouais comme en Irak.
Number 1 faire du fric. La surveillance, les techniques, le matériel, le personnel ça rapporte un max et ça n’a pas de fin
Number 2 : paniquer tout le monde pour garder le contrôle de l'économie. Ca s’appelle du fascisme.
Wè,wè rampant mais présent.
Justement, en parlant de fascisme, un autre livre à lire, mais pas encore traduit de l'anglais, celui de la Canadienne,
Naomi Klein : The Shock Doctrine.
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Un livre essentiel pour comprendre l’idéologie dominante élaborée par des économistes comme Milton Friedman, Jeffrey Sachs, appliquée par les « Chigago boys », et autres fonctionnaires du FMI et de la BM. Dans son livre Naomi Klein montre  l’utilisation de la crise accidentelle ou créée de toutes pièces pour provoquer un choc qui permet d’imposer à une population momentanément  désorientée, l’agenda néolibéral : privatisations, baisse des salaires etc.
Quatre exemples sont pris : Le Chili de Pinochet, La Russie avec Eltsine, la Chine et le massacre de la place Tian'anmen et l’Irak avec la guerre si justement nommée « opération Shock and Awe ».
 Sur différents points  l’opération montée en Haïti en 2004 relève d'une technique similaire.
 Et qui continue jusqu'à présent avec ce montage de crises qui se succèdent les unes après les autres sans interruption:
crises au Parlement, crises au Cep, crises avec le Premier ministre, crise avec l’appareil judiciaire, etc).
 En même temps qu’on pose toutes sortes d’obstacles au bon fonctionnement de l’Etat, en même temps on dénonce son inefficacité  de manière à pousser en avant l’agenda privatisation.

C’est pour lutter contre cette technique de déstabilisation que Rafael Correa en Equateur a appelé la population a se prononcer par référendum pour ou contre une révision de la Constitution. Le pour a gagné.
 Et aussitôt bien évidemment les néocons crient à la dictature.
Voir- la jolie, drôle et intelligente- et entendre -en anglais- Naomi Klein sur YouTube :
Naomi Klein - The Shock Doctrine - Part 1 of 6
www.youtube.com/watch?v=Ka3Pb_StJn4 - 101k
Et aussi  la vidéo de présentation du livre :
The Shock Doctrine by Alfonso Cuarón and Naomi Klein sur le site de cybersolidaires
http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2007/09/the-shock-doctr.html

Par Elsie HAAS
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 12 2007 13:52
Ce syndicat, non, non, ce n'est pas en Haïti. Mais c'est une bonne super bonne idée, la récupération de l'eau de pluie. Il existait dans le temps des réservoirs, on appelait ça des citernes pou recueillir l'eau de pluie dans les propriétes privées.
Pouquoi les villages, les quartiers n'en ont pas ? Trop cher à construire ?
Il existe d'autres matériaux que le ciment importé.
Peu-être que les personnes intéressées devraient se mettre en contact avec ce syndicat  français tout neuf et étudier des possibiltés de coopération technique ou de co-financement de citernes.
L'eau de pluie c'est"gratis ti chéri" et en Haïti, elle n'est pas polluée (à la campagne).
Pour tout savoir sur le snarep
:         www.PlaneteBleue.info


Brève :

mardi 27 novembre 2007

Voir en ligne : Snarep

Naissance du snarep (syndicat national des acteurs de la récupération de l’eau de pluie.

Outre la possibilité de s’inscrire, retrouvez sur notre site un questionnaire préalable de l’afnor visant à la mise en place d’une norme afnor sur la récupération de l’eau de pluie

A bientôt Valéry JIMONET
PlaneteBleue.info
Par Elsie HAAS
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Vendredi 21 décembre 2007 5 21 12 2007 01:19
  • L’accès à l’eau des publics défavorisés

    L’ENGEES de Strasbourg organise les 21 et 22 janvier 2008 un séminaire dédié aux politiques d’accès à l’eau des publics défavorisés mises en œuvre au Nord et au Sud.

    Elle s’adresse aux ingénieurs et cadres de l’état, des collectivités territoriales et du secteur privé, aux élus et aux acteurs du social impliqués dans la résolution de ce défi contemporain qui s’impose tant dans les pays riches que dans les pays en développement.

    Contact :

    Engees, 1 quai Koch, Strasbourg

    Marianne Bernard, responsable pédagogique

    Mel : engees-jst2008@strasbg.fr

    Tel. : 03 88 24 82 28

Par Elsie HAAS
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Samedi 22 décembre 2007 6 22 12 2007 01:56

Un article d'AlterPresse au titre très innocent "Haïti : De l’eau pure pour les enfants" et avec une accroche raccoleuse : "de nombreux enfants  haïtiens vont pouvoir bénéficier d'un programme d'eau potable"( comme c'est gentil, mais à quel prix ?) annonce un programme finançé par les étatsuniens, la fameuse institution Usaid (ayayay, Usaid c'est le tampon humanitaire du bras armé du libéralisme étatsunien partout dans les pays du Sud). Donc on sait déjà que ça craint. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de s'intéresser à procurer de l'eau potable aux enfants, se demande t-on avec méfiance ? Et  on n'avait pas tort de se méfier parce que :
1- On retrouve dans le coup 2 ONG  "Pure water for the world" et "Management Sciences for health". (Et qui dit ONG dit désordre et dépendance. Il n'y a qu'à voir l'état d'Haïti, le pays où on trouve le plus d'ONG au kilomêtre carré pour s'en rendre compte.)
2- Le programme touche au départ Jérémie (ayayay, on pouvait espérer que ces ONG resteraient dans d'autres régions d'Haïti où elles dispensent leurs "bienfaits" depuis des années avec pour seuls résultats d'entretenir des petits groupes d'employés. Et puis, dans la Grand'Anse l'eau ne manque pas, les travaux à faire pour la purifier et la distribuer ne sont pas titanesques au point que le ministre de la Santé ait besoin de faire appel à des ONG; encore un manque à gagner pour l'Etat)
3- Ce projet dit-on vise 50% de la population haïtienne (une affaire qui à long terme devrait être juteuse. Après 50%, si les bénéfices sont au rendez-vous, ce sera l'ensemble du pays)
4- Ca commence par Cité Soleil où on avait déja vu apparaître pendant la période où elle était classée zone de non-droit, des camions citernes qui vendaient l'eau. Vu que l'accès à l'eau publique était impossible, les troupes de la Minustah en interdisant l'accès. Joli travail!
6- La cerise sur le gâteau (en fin d'article, of course) on apprend qu'il s'agit d'un partenariat public/privé. Quelle part du public? Quelle part du privé ? Qui le sait ? Pas le journaliste en tous les cas
7- Et comme je vous l'annonçais dans ce blog, c'est au congrès organisé par le Rotary club le 16 décembre que ce contrat a été signé. Décidément, il suffit de bien lire l'actualité pour comprendre ce qui se trame.
8- Kissinger a dit que celui qui contrôle la nourriture contrôle le peuple. (En Haïti c'est déjà fait. Le contrôle de la nourriture est entre les mains d'un monopole qui peut du jour au lendemanin affamer la population et la mettre à genoux.)
9- On peut, pour paraphraser Kissinger, dire également que qui contrôle l'eau, contrôle le peuple.
C'est ainsi que après la guerre pour l'énergie, nous sommes entrer dans la guerre pour le contrôle de l'eau. C'est pourquoi partout en Amérique Latine, les pays progressistes entament des démarches pour ne pas renouveller les contrats de purification et de distribution d'eau  passés sous pression du FMI/BM/OMC et autres clubs du style Rotary. (En France même, Paris, d'autres grandes villes et  communes remunicipalisent leur service d'eau. Il doit bien y avoir une raison.)
10-Sur ce blog  a été publié l'exemple de la Régie d'eau au Cambodge et suggéré que le ministre de la Santé, M. Auguste, aille faire un tout là-bas avec techniciens et employés pour s'informer. (Avant de choisir le truc le plus facile qui est d'accepter la dépendance à l'USAID dont on connaît les liens avec les entreprises étrangères. )
11- Haïti est dans un état déplorable et pour aller de l'avant devrait faire l'économie de ne pas imiter les recettes qui ne marchent pas et dont d'autres ont fait l'expérience négative. Au contraire, la seule et unique chance des pays du Sud est dans l'innovation pas dans l'imitation. Innovation au niveau des énergies renouvelables. Haïti pourait être le premier pays de la Caraïbe, fabricant d'éoliennes et de panneaux solaires. Innovation dans le recyclage des déchêts. Innovation dans la gestion de l'eau potable,etc.

12- Mais voici, c'est déjà presque trop tard. Au pays de la grandiloquence et de l'aliénation, il  est toujours plus confortable de laisser aux autres le soin de penser et de faire plutôt que d'utiliser ses propres neurones et son courage.Dommage que la crétaivtié populaire ne se retrouve pas dans les hautes sphères.
13- Adios, Jacques Roumain, ton année se termine et  avec elle ton rêve de konbit  (travail communautaire) pour l'eau  et pour la vie  qui aura encore  été une nouvelle sabordé.
PS: ne pas oublier de lire le remarquable ouvrage de Vandana Shiva : La Guerre de l'eau qui dit tout le mal qu'amène  la privatisation de l'eau.

mercredi 19 décembre 2007

P-au-P, 19 déc. 07 [AlterPresse] --- De nombreux enfants haïtiens vont pouvoir bénéficier d’un programme d’eau potable, qui sera expérimenté dès le premier semestre de 2008 dans des écoles haïtiennes des départements de la Grande Anse (Sud-Ouest), de l’Ouest et du Sud, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Suite de l'article sur Alterpresse.com


Par Elsie HAAS
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 12 2007 00:07

Et si on pouvait épurer l'eau grâce à des plantes?

Développée aux Etats-Unis, en Europe du Nord ou en Chine, la phytoremédiation peine à s'implanter France.

(DR)

"Dépollution par les plantes?" Au bout du fil, la standardiste ne cache pas son étonnement à ces mots. Il faut dire qu'en France, on n'y croit pas. Comment peut-on épurer l’eau grâce à des êtres vivants à l’air si fragile? Le procédé est simple: en passant par une zone aménagée de plantes aquatiques, l’eau est purifiée par les racines et les micro-organismes, qui jouent le rôle de filtres vivants. Les bactéries transforment les matières organiques et les éléments minéraux en substances que les végétaux peuvent directement absorber.

La phytoremédiation présente plusieurs avantages: tout d’abord, c’est une solution totalement verte, sans produit chimique. Résultat, l’eau est plus douce, non agressive, à la sortie d'une de ces "stations". Stations qui s'intègrent de plus parfaitement dans le paysage.
Suite de l'article sur : www.rue89.com

Par Elsie HAAS
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Lundi 14 janvier 2008 1 14 01 2008 16:02

 

 

La privatisation de l’eau provoque des réactions sur le plan politique. L’Amérique Latine montre l’exemple mondial en exigeant la démocratisation de l’eau.

 

par Maude Barlow, Tony Clarke

 

L’Amérique latine a la chance de posséder de l’eau douce en abondance. C’est sur son sol que coulent 4 des 25 plus grands fleuves du monde - l’Amazone, le Paraná, l’Orinoco et le Magdalena - dont le débit combiné de 5 470 milles³, (8 800 km³) égale presque celui des 21 autres. Quelques-uns des plus grands lacs du monde sont également situés en Amérique latine, dont le Maracaibo au Venezuela, le Titicaca au Pérou et en Bolivie, le Poopo en Bolivie, et le Buenos Aires, que se partagent le Chili et l’Argentine. Le bassin amazonien fournit à lui seul 20% du débit global - les ressources renouvelables qui constituent notre réserve d’eau douce. Avec un cinquième des ressources en eau du globe, le Brésil est, de tous les pays, le plus riche en eau. [1] L’Amérique latine détient le record mondial de la disponibilité en eau avec un peu moins de 110 500 pieds³ (33 680 m³) par personne et par an. La géographie, la pollution et les inégalités sociales, cependant, déséquilibrent les conditions d’accès à l’eau des Latino-américains, et la plupart d’entre eux sont loin de consommer la totalité de la part qui leur revient.

Pays relativement aride, le Mexique peut fournir la quantité négligeable d’environ 13 000 pieds³ (3 960 m³) par personne. Dans la majeure partie de la Vallée de la ville de México, ce berceau de la civilisation précolombienne qui abrite l’actuelle capitale, au désert naturel viennent se joindre les zones désertifiées par l’homme, qui sont en pleine expansion. Autrefois surnommée la "Venise du Nouveau Monde" car elle est bâtie sur un lac et sillonnée de canaux, México s’enfonce aujourd’hui et finit d’exploiter les derniers aquifères du lit de son lac. Il s’agit là d’un héritage laissé par les conquistadores, qui ont employé des esclaves pour démanteler les systèmes d’extraction d’eau potables les plus durables des autochtones.

En Amérique du Sud, la salination d’origine humaine provoque la désertification de parties conséquentes du Pérou, de la Bolivie et du nord-ouest de l’Argentine. Au total - en comptant les vastes déserts naturels de Patagonie au sud de l’Argentine et l’Atacama au nord du Chili - environ 25% de l’Amérique latine est aujourd’hui aride ou semi-aride. La plus grande partie des Caraïbes aussi manque d’eau douce, car les îles sont trop petites pour héberger des rivières de taille conséquente. [2]

De mauvaises pratiques agricoles, une industrialisation sauvage et la pauvreté urbaine ont énormément nui aux ressources en eau de l’Amérique latine. Les populations sujettes à une explosion démographique qui s’entassent dans les mégapoles d’Amérique latine dévorent et contaminent leurs ressources en eau, obligeant les autorités à rechercher toujours plus loin de nouvelles sources d’approvisionnement en eau. Dans la majeure partie des grandes villes, plus de 50% de l’eau se perd à cause des fuites présentes dans les canalisations. Certaines villes perdent 90% de leur eau à cause des tuyaux qui fuient. [3] 70% de l’eau de Mexico provient des aquifères, et l’exploitation de ces ressources souterraines est 80 fois plus rapide que leur régénération naturelle. [4] Au même moment, les habitants de Sao Paulo se voient menacés de rationnement. Cette ville dépend de ressources de plus en plus éloignées, ce qui fait augmenter les coûts de transport de l’eau au-delà des moyens financiers d’un grand nombre de gens.

Dans toute la région, bassins aquifères et écosystèmes aquatiques servent fréquemment de décharges pour les détritus, les rejets miniers et les déchets de l’industrie et de l’agriculture. La pollution des cours d’eau le long de la frontière qui sépare le Mexique des Etats-Unis est telle que certains vont jusqu’à parler d’un "Love Canal de 2 000 milles", allusion à un quartier situé du nord de l’Etat de New York qui en 1978 a été déclaré zone sinistrée au niveau fédéral à la suite d’une contamination chimique. Le plus gros pollueur de la région est le Brésil - le pays le plus riche en eau. Le Brésil laisse libre cours à d’énormes pollutions chimiques et industrielles, y compris des déversements de mercure provenant de l’industrie minière de l’or. Seules quelques endroits d’Europe de l’Est et de Chine dépassent le niveau de contamination des cours d’eau brésiliens. La plupart des eaux usées d’Amérique latine continuent de réintégrer les rivières, les lacs et les canaux sans avoir été traitées.

La pauvreté qui sévit constitue un facteur supplémentaire : après des années d’ajustements structurels imposés par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, l’Amérique latine est la région où règne la pire disparité dans la répartition des revenus. En parallèle, on constate une énorme inégalité dans l’accès à l’eau. Plus de 130 millions de personnes n’ont pas l’eau potable à leur domicile, et on estime qu’environ une personne sur 6 jouit d’installations sanitaires convenables. [5] La situation empire à cause de politiques qui, favorisant l’agriculture industrielle, chassent chaque année des millions d’agriculteurs vivriers vers les taudis surpeuplés des villes.

La destruction des ressources en eau, à laquelle vient s’ajouter un accès inéquitable, a laissé la majorité des Latinos-américains « pauvres en eau ». De plus, des millions d’entre eux vivent sans aucun accès à de l’eau propre. Alors que les ressources naturelles de la région pourraient fournir à chacun près de 110 500 pieds³ (33 680.4 m³) par an, l’habitant moyen a accès à seulement 1 010 pieds³ (307.8 m³) par an. En comparaison, l’Américain du Nord a en moyenne accès à 4 160 pieds³ (1 268 m³) et l’Européen à 2 255.6 pieds³ (687.5 m³). [6]

Au cours de la dernière décennie, la région a vu affluer des sociétés privées à but lucratif qui ont exacerbé les problèmes de pénurie, d’urbanisation, de pollution et d’accès inéquitable. Des fournisseurs d’eau du privé, déterminés à tirer profit de la crise de l’eau en Amérique latine, se sont installés ou projettent de s’installer dans la plupart des pays de la région, dont l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, Panama, le Pérou, la République dominicaine, le Salvador et l’Uruguay.

La plupart de ces sociétés privées sont des filiales des trois plus grandes multinationales de l’eau - Suez et Vivendi (France) et RWE - Thames Water (Allemagne) : les 3 Grands. Il y a une dizaine d’années, les 3 Grands fournissaient à peine 51 millions de personnes dans seulement 12 pays. Ensemble, ils fournissent aujourd’hui de l’eau et des services de traitement des eaux usées à presque 300 millions de clients dans plus de 130 pays. Suez et Vivendi contrôlent plus de 70% du marché des services de l’eau dans le monde.
Leur revenu a suivi le rythme de leur croissance. Vivendi, par exemple, a gagné 12 milliards de dollars en 2002, contre 5 milliards il y a une décennie. Les 3 Grands figurent parmi les 100 sociétés les plus riches du monde, avec un revenu combiné de presque 160 milliards de dollars en 2002 et un taux de croissance annuel de 10%, plus rapide que celui de l’économie de plusieurs des pays où ils opèrent. [7]

Souvent, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de Développement (BID) facilitent l’irruption de ces sociétés sur le marché latino-américain. Suez et Vivendi usent toutes deux de leur considérable influence auprès des prêteurs multilatéraux pour faire de la distribution privée de l’eau une « condition » à l’allègement de la dette ou à de nouveaux prêts. D’après l’association Public Citizen, la région doit à la seule BID 58 milliards de dollars, ce qui donne à cette dernière un immense pouvoir pour imposer la privatisation de l’eau à des municipalités aux abois. Les projets actuels de la BID allouent plus d’1 milliard de dollars au financement de services privatisés de distribution de l’eau et de systèmes sanitaires. En fait, plusieurs des prêts les plus généreux consentis par la BID au cours de la dernière décennie sont allés directement à des transnationales de l’eau pour le fonctionnement de concessions privées dans des pays tels que l’Argentine, la Bolivie et le Honduras.

Parallèlement, la Banque mondiale a décidé de tripler son aide financière annuelle aux projets relatifs à l’eau du secteur privé mondial. Après avoir bénéficié pendant dix ans du soutien lucratif de la Banque mondiale, les 3 Grands exigent maintenant un financement garanti pour se protéger des fluctuations des monnaies nationales avant d’investir dans les pays en voie de développement. Au même moment, les opérations des grands fournisseurs d’eau privés suscitent une opposition croissante, d’une grande vivacité, dans de nombreuses régions d’Amérique latine. Tout comme c’est le cas dans les autres pays, les effets nocifs et bien documentés de la privatisation de l’eau sont : les augmentations des tarifs, la cessation des services en cas de non-solvabilité des clients, une baisse de la qualité de l’eau, les énormes profits d’investissement réalisés par les corporations, les contrats secrets, les pots-de-vin et la corruption.

Dans la province uruguayenne du Maldonaldo, les tarifs de l’eau ont énormément augmenté et les réserves ont été contaminées lorsque Uruqua, une filiale de la société des eaux Aguas de Bilboa, a obtenu le droit de distribuer l’eau sur une base lucrative de « pleine récupération des coûts. » Les Uruguayens ont réussi à programmer un référendum national, à valeur législative qui se déroulera en octobre 2004, pour que l’eau bénéficie de la protection de la Constitution en tant que droit de l’homme et richesse publique hors de portée de sociétés à but lucratif.

A Porto Rico, où Suez est mandaté pendant 10 ans à fournir les services de l’eau par un contrat d’un montant de 4 milliards de dollars, le « Solicitor » général Carlos Lopez a vivement critiqué le bilan de la société. Lopez affirme que Suez a consacré beaucoup d’énergie à perfectionner les méthodes de facturation et d’encaissement, mais n’a apporté « aucune amélioration » à la distribution d’eau potable aux consommateurs.

Il est probable que la plus célèbre réaction à la privatisation de l’eau est celle qu’a connu Cochabamba en Bolivie, lorsque au début de l’an 2000 Bechtel, le géant de BTP, y a installé sa filiale, Aguas del Tunari, augmentant immédiatement les tarifs au-delà des capacités de paiement de l’immense majorité de la population. La firme était autorisée par contrat à faire payer aux gens l’eau qu’ils tiraient de leurs propres puits et de leur envoyer des encaisseurs chargés de leur facturer l’eau de pluie recueillie dans les citernes placées sur leurs toits. Les consommateurs subirent des augmentations tarifaires allant jusqu’à 200% - la société s’étant fixé un objectif de 58 millions de dollars de bénéfices annuels. [8] Des actions publiques de protestation obligèrent le gouvernement à annuler les mesures de privatisation, mais Bechtel a maintenant introduit un recours en justice pour obtenir de la Bolivie un manque à gagner de 25 millions de dollars. Malgré l’échec cuisant subi à Cochabamba, le gouvernement bolivien continue à mettre en œuvre plusieurs projets de privatisation, dont un qui prévoit d’exporter et de vendre de l’eau en gros à leurs voisins chiliens qui en ont besoin pour leur industrie minière. Si l’on se base sur la tentative d’exportation de gaz naturel vers le Chili en octobre dernier, il est à prévoir que ce projet va se heurter à une réaction négative de la population bolivienne.

La poussée en faveur de la privatisation de l’eau au Mexique fournit encore un exemple inquiétant de la manière dont les gouvernements, les institutions financières internationales et les fournisseurs d’eau du privé marchent main dans la main, faisant preuve de très peu de considération envers le bien public. Le gouvernement du Mexique, ainsi que d’autres gouvernements du Sud, pose les jalons en vue de la mainmise des corporations sur l’eau dans le pays.

Dès les années 1990, une série de changements constitutionnels et législatifs avaient déjà commencé à faire passer dans le privé les services de l’eau du Mexique. En 1992, par exemple, l’administration Salinas avait modifié la constitution de manière à permettre à des corporations basées à l’étranger d’obtenir des contrats et des concessions sur l’eau et avait fait passer une nouvelle loi nationale autorisant les transnationales à investir dans les services de l’eau du Mexique. Plus tard, dans son chantier national pour le développement, le gouvernement Zedillo confia la responsabilité de l’eau et des services sanitaires aux municipalités.

Il en résulta une privatisation de 20% de l’eau du Mexique au cours de la dernière décennie. Les principaux acteurs en ont été les deux géants de l’eau basés en France, Suez et Vivendi, ainsi que United Utilities, basés au Royaume-Uni, et la société espagnole Agua de Barcelona. Pour ces corporations, les cibles principales ont été de fournir en eau et services les grandes zones touristiques et les centres urbains, laissant aux bons soins du gouvernement les municipalités moins peuplées et moins lucratives.

L’actuel président du Mexique, Vicente Fox, ancien cadre de Coca-Cola, a cherché la privatisation de façon encore plus agressive. Au lendemain du 11 septembre, son administration a décrété que l’eau était une question de sécurité nationale. Ce qui permet à l’Etat d’appliquer ses pleins pouvoirs, y compris sous forme d’opérations militaires et de mesures anti-terroristes, à l’encontre de quiconque est perçu comme un opposant aux projets gouvernementaux de restructuration et de privatisation du secteur de l’eau.

C’est également en 2001 que le gouvernement mexicain a créé le Programme pour la Modernisation des Sociétés de Gestion de l’Eau (PROMAGUA) pour promouvoir la privatisation. La Banque mondiale et le gouvernement fédéral ont fourni les 250 millions de dollars nécessaires au démarrage du projet. [9]

PROMAGUA coordonne l’importante restructuration de l’eau mexicaine en fournissant des aides généreuses aux différents projets et en attirant l’investissement étranger. Il facilite le passage du service public de l’eau aux corporations privées en donnant son aval à des contrats ou à des concessions - d’une durée allant de cinq à cinquante ans - liant les pouvoirs locaux aux sociétés privées de l’eau, avec une préférence pour les centres urbains peuplés de 50 000 personnes ou davantage. Dès 2002, PROMAGUA avait coordonné la signature d’accords avec 28 des 30 états mexicains, à savoir 687 municipalités regroupant 70% de la population citadine du pays.

PROMAGUA a établi une banque nationale de données pour aider les corporations étrangères à choisir où investir dans les services de l’eau mexicains. Cela s’est fait avec l’aide du Centre mondial pour l’Environnement (WEC) une organisation à but non lucratif basée à New York qui facilite les partenariats entre les industries et les gouvernements et bénéficie du soutien des plus grosses sociétés transnationales du monde. Le WEC collabore étroitement avec PROMAGUA pour obtenir les informations et les renseignements nécessaires à cette banque de données.

Parallèlement, PROMAGUA a ouvert à la périphérie de México un centre de formation où sont enseignés les métiers de l’eau. Plus de 3 000 personnes ont reçu dans ce centre, co-sponsorisé par une quarantaine d’entreprises basées en France, une formation les rendant aptes à travailler sur le réseau rénové et privatisé de l’eau à México. Suez et Vivendi, cela va sans dire, sont parmi les sponsors les plus en vue et les plus actifs du centre de formation de PROMAGUA. En plus des subventions gouvernementales, PROMAGUA reçoit des aides conséquentes d’institutions financières internationales dont la Banque mondiale, la BID, et la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement. En 2003, par exemple, la Banque mondiale a annoncé qu’elle injecterait 5 milliards de dollars au Mexique au cours de deux années suivantes. Bien que destiné par avance à une quantité de projets de développements des infrastructures, une part considérable de ce prêt servira à financer l’annexion du service public de l’eau par les corporations par le biais de la Corporation internationale financière de la Banque.

México illustre parfaitement ce qui se passe lorsque des corporations à but lucratif unissent leurs efforts pour s’approprier le service public de l’eau. En 1993, le gouvernement partageait le réseau de distribution de l’eau en quatre quartiers administratifs. Suez et Vivendi prirent chacun le contrôle d’un quartier, tandis que United Utilities et Severn Trent, sociétés basées au Royaume-Uni, s’emparaient des deux autres. Les sociétés se mirent alors à facturer l’eau aux résidents de la ville de México en appliquant des tarifs différents et donc inéquitables. De plus, lorsque le Parti révolutionnaire démocratique (PRD) gagna les élections municipales et demanda l’alignement des tarifs de l’eau sur toute la zone métropolitaine, les corporations commencèrent par protester, puis s’exécutèrent pour ne pas encourir la perte de ces précieuses concessions.

En plus des tarifs de facturation injustifiés, la privatisation du service de l’eau à México et ailleurs dans le pays a engendré un nombre incalculable d’autres problèmes. On coupe souvent l’eau aux habitants qui n’arrivent pas à payer leurs factures inflationnistes et les responsables des sociétés les font souvent attendre longtemps avant d’examiner leurs réclamations. En 2001, par exemple, Vivendi a augmenté ses tarifs de 60% à México, ce qui a entraîné des défauts de paiement et en conséquence des coupures d’eau affectant principalement les pauvres du quartier concerné. Les inondations sont beaucoup plus fréquentes, résultat d’une absence d’entretien de la tuyauterie et des canalisations. Dans l’ensemble, les gros distributeurs d’eau se sont montrés peu désireux d’investir substantiellement en vue de l’amélioration des infrastructures, en revanche l’idée d’endetter toujours plus lourdement les municipalités semble les enthousiasmer.

Dans toute l’Amérique latine, on assiste de plus en plus à la montée d’une résistance acharnée face à ce vol de l’eau publique. Dans les communautés de quelque taille que ce soit, les citoyens descendent dans la rue, organisent des référendums et des pétitions et luttent pour leur droit à l’eau. Les militants et le universitaires d’Amérique latine sont à l’avant-garde du mouvement mondial pour la justice en matière d’eau, s’exprimant dans les conférences internationales, s’opposant à la politique de la Banque mondiale et organisant une Convention des Nations Unies qui régira le droit à l’eau.

Le 22 août 2003, 47 organisations issues de la base et venues de 16 pays américains se sont rencontrées à San Salvador où elles ont fondé un nouveau mouvement nommé RED VIDA. Ce réseau inter-américain de militants pour le droit à l’eau a publié la Déclaration de San Salvador pour le droit à l’Eau et sa Protection. Plusieurs des groupes membres de ce nouveau réseau ont joué des rôles centraux lors du Forum mondial de l’Eau de Kyoto qui s’est déroulé en mars 2003 au Japon, au cours duquel la Banque mondiale et les gros distributeurs d’eau ont tenté sans succès de convaincre le monde que leur privatisation faisait l’objet d’un « consensus ». Lorsque les 3 Grands, la Banque mondiale et leurs alliés essayèrent de convaincre les participants au Forum de Kyoto d’adopter les « partenariats public-privé », les présentant comme la meilleure manière d’assurer les services relatifs à l’eau, les organisations issues de la société civile et les militants du droit à l’eau du monde entier formèrent une alliance pour empêcher la réalisation de ce projet. S’appelant les « guerriers de l’eau , » les membres de l’alliance entreprirent de contester efficacement le « consensus » déterminé à l’avance qui concernait neuf autres sujets abordés au cours du Forum. RED VIDA a également joué un rôle déterminant dans la création du Mouvement populaire mondial pour l’eau, pendant un sommet qui a eu lieu à New Delhi à la veille du Forum social mondial 2004 de Mumbai en Inde. Les membres de RED VIDA ont conclu de solides alliances avec des organisations indiennes elles aussi engagées dans la résistance à l’invasion des sociétés des eaux du secteur privé.

Cela fait près de 20 ans que le peuple d’Amérique latine combat le néolibéralisme, avec plus ou moins de succès. Mais la tentative de marchandisation de l’eau pour le profit d’investisseurs vivant au loin a insufflé au mouvement une vitalité renouvelée. C’est comme si l’on avait tracé une ligne dans le sable. Parce qu’il est impossible de survivre sans eau, cette lutte est empreinte d’une urgence et d’une ténacité toutes particulières. On ne fera pas taire leurs exigences d’une démocratisation de l’eau.

NOTES:

[1] Marq de Villiers, Water (Toronto : Stoddart Publishing, 1999).

[2] Armando Chávez, “Latin America : Poor Distribution of Water and Even Worse Use,” in 2004 Express, www.barcelona2004.org/eng/actualida..., citing the Economic Commission for Latin America and Caribbean.

[3] World Resources, 1998-99 (New York : Oxford University Press, 1998).

[4] Mario Osava, “Mega Cities Squander Water Resources,” Inter Press Service, March 19, 2004, citing the Global Environment Outlook study by the UN.

[5] Press Release, Pan American Health Organization, October 3, 2002.

[6] World Resources, 1998-99 (New York : Oxford University Press, 1998).

[7] “The Water Barons,” Center for Public Integrity, 2003, http://www.icij.org/water/default.aspx.

[8] Maude Barlow and Tony Clarke, Blue Gold : The Fight to Stop the Corporate Theft of the World’s Water (New York : New Press, 2002).

[9] The following paragraphs on PROMAGUA in Mexico are based on research conducted by Alejandra Peña of the National Autonomous Univeristy of Mexico (UNAM) while on a study assignment at the Polaris Institute in Canada, 2003-2004.

En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/

 

Source : NACLA (www.nacla.org, Vol. 38, No.1, juillet/ août 2004.

Traduction : C.F. Karaguezian, pour RISAL (www.risal.collectifs.net.

Les opinions exprimées et les arguments avan
Par Elsie HAAS
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Samedi 23 février 2008 6 23 02 2008 10:00
Par Elsie HAAS
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 03 2008 10:26
La question de l'eau est cruciale, notament pour les pays du Sud qui  assistent à la privatisation de leurs réseaux publics d'eau alors que dans le même temps les pays du Nord renationalisent leur distribution d'eau. (comme la Mairie de Paris, par exemple)
Sur ce blog nous en avons souvent parlé.
Il faudrait peut-être créer une rubrique particulière sur ce sujet.

En fait l'eau, comme le pétrole, du fait de sa néscessité absolue pour la survie humaine, attise la convoitise des multinationales.

Les spécialistes de cette question pensent que les prochains conflits mondiaux se feront autour de l'appropriation des réserves d'eau par les entreprises privées.

Comme il se doit en Haïti,  où l'agenda néolibéral est appliqué à son "must", la privatisation  totale de l'eau se met secrètement en marche.

Nous avions parlé dans ce blog  d'une rencontre au Rotary Club de Pétion-Ville qui s'était soldée par un accord  entre ONG, entreprises privées et l'Etat pour l'assainissement et la distribution de l'eau, notamment dans la Grand'Anse.
 
La Grand'Anse est un des derniers départments "vert" d'Haïti grâce à ses nombreuses rivières, au taux élevé de pluviométrie et à un moindre déboisement jusqu'à ces dernières années.

Ce n'est donc pas un hasard si ce département excite la convoitise de ceux qui privéligient profit et exploitation à développement et vivre ensemble.


Lire l'article:

mercredi 19 mars 2008
La marchandisation de l’eau s’accélère
w
ww.monde-diplomatique.fr/

 A
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Pourquoi plus d’un milliard d’êtres humains n’ont-ils pas accès à l’eau ?
Par Elsie HAAS
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