Retrouvez ici l'un des épisodes de Paris Métis, une série de 13X13' réalisée par Elsie Haas . Norma Claire, danseuse et chorégraphe, d'origine guyanaise, raconte son parcours, ses influences, ses
inspirations métissés.
Le documentaire raconte l'épopée de soudeurs devenus sculpteurs par la force des choses. Un groupe de soudeurs installe
leur atelier au bord d'une route. Les jours passent , les clients ne se montrent pas. A côté d'eux se trouve un casse de voitures. Ils ont l'idée de faire un personnage qu'ils
appellent OPPO avec les matériaux de récupération des voitures: filtres, pompes et tubes divers. Ce bonhomme, il le place au bord de la route, comme une pub.
Et, ô miracle ! Les voitures s'arêtent. C'est ainsi que sont nés ceux qui vont devenir de véritables artistes. On les voit ici au travail , on suit l'acheminement de leurs
oeuvres jusqu'à Paris où elles seront exposées pour la première fois. La musique est formidable : celle d'un groupe local et aussi celle "life" de troubadoursse promenant et jouant dans la ville pour gagner leur vie. Pour la petite histoire, quand le film a été tourné, les OPPO étaient
pratiquement inconnus. Cette année, Bruxelles a montré leurs sculptures géantes qu'on pouvait apercevoir dans la ville.
Retrouvez d'autres extraits de films documentaires réalisés par Elsie HAAS sur :
Wasis Diop (fr.wikipedia.org/wiki/Wasis_Diop - 24k)
selon le principe de cette série passe le flambeau à Yves Coppens filmé au Collège de France et au Musée d'histoire naturelle qui nous parle de l'origine de l'homme, de la race et d'un nouvel
humanisme
L'histoire de Pari Métis débute avec le musicien sénégalais Wasis Diop qui passe le relais à Yves Coppens, lscientifique français, "père de Lucy" , d'où on arrive à Toshi. Toshi est une
artiste japonaise qui vit à Paris. Pour l'anecdote sa vraie rencontre avec Yves Coppens s'est faite un jour de pluie, à une station de taxi, où ils ont failli se battre à celui
qui serait le premier à monter dans le taxi. Tout comme Coppens, Toshi s'intéresse à l'humanité, ses sculptures prennent l'Homme pour thème. Et puis, elle a découvert au cours d'un
voyage au Sénégal, les baobab dont les racines, troncs et branches l'ont fascinée . Elle en a fait de magnifiques sculptures à la fois africaines et japonaises.
En faisant cette série de 13X13', je ne soupçonnais pas que le monde allait se retrécir jusqu'aux tests d'ADN pour immigrés. C'était avant le fameux "11 septembre" et on pouvait croire à l'inverse
que les hommes et femmes de cette planête seraient de plus en plus sensibles aux correspondances entre individus au-dela de la géographie et de l'histoire.
C'était les années 80. On était encore sous l'influence des années 68. A l'époque on commencait à réfléchir à l'audiovisuel. On se posait des questions. Le cinéma
pouvait-il nous permettre à nous peuples de la Caraïbe de prendre nos images, notre imaginaire, notre représentation du monde en main ? Pouvait-il par effet de miroir nous aider
à nous voir, à nous construire, à nous ressaisir ?
Le film Zatrap, tourné en Noir et Blanc, en 16 MM, et en créole/ français cerne la problématique d'une Martinique départementalisée , qui ne produit plus rien et dépend des containers pour
nourrir sa population
Une Martinique qui se prépare à "donner " à la Mère patrie, la France métropolitaine, ses filles et ses fils qui iront travailler aux PTT (poste) à la RATP (métro) , à l'AP
(hopitaux). Césaire avait à l'époque appelé ce transfer, le génocide par substitution, parce qu'en même temps que s'exilaient ces jeunes, d'autres habitants venus de France s'installaient à
la Martinique.
Zatrap est aujourd'hui un film d'archives. La plupart des Martiniquais n'imaginent même pas comment était Fort-de-France à cette époque. Ti Emile, le chanteur et musicien qui a composé la
musique du film est mort et enterré et oublié. Donc c'est un plaisir d'offrir à tout un chacun ce moment d'histoire.
L'histoire du film a été écrite par un Collectif à partir d'histoires vraies. Et il a été financé grâce à Césaire, le PPM (parti progressiste martiniquais) et de nombreux professionels
(médecins, avocats, professeurs et autres).
Mano qui s'est installé en France, apprend la mort de son père. Il rentre en Haïti pour les funérailles avec son fils David. Il lui fait découvrir le pays de
Port-au-Prince à Gonaïves , ville où a été proclamée en 1804 l'Indépendance d'Haïti en passant par la ville de Dessalines qui comme son nom l'indique est celle du général Dessalines qui a
vaincu l'armée napoléonienne ; de Jérémie, la ville de naissance du général Dumas, un métis, dont le fils et petit fils seront des écrivains célèbres français , à Pestel dans la
Grand'Anse, foyer de sa famille.
En même temps que la découverte des paysages et des réalités haïtiennes, Manno raconte à son fils le roman de Jacques Roumain " Gouverneurs de la
Rosée".
Pour tous les deux, le père et le fils, l'homme et l'enfant, la rencontre avec Haïti n'est pas évidente. Pour l'homme il y a la confrontation avec le deuil, pour
l'enfant le pays du père ne ressemble pas à celui dont il a rêvé.
Mais à la fin, comme dans Gouverneurs de la Rosée, Mano et David, trouveront ensemble, le chemin qui mène au dialogue et à la poésie.
Le Romancero est aussi un film de rencontre entre l'image et la littérature.
Herns Duplan joue le rôle de Mano. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Herns Duplan est au départ un danseur haïtien qui crée par la suite une technique "l'expression
primitive" de travail sur le corps. C'est aussi un enseignant de musique (les rythmes haïtien) de chant. Herns Duplan ,sans mentir est un artiste au sens fort du terme, doué, curieux et
inventif.
Le travail de Herns Duplan a influencé beaucoup de monde, en Haïti comme à l'étranger.
J'ai toujours pensé qu'il aurait dû avoir l'opportunité de réaliser des événements en Haïti, d'y donner des cours et de faire des interventions dans les université pour transmettre son
savoir.
Mais, hélas, hélas !
Comme vous le savez...il est plus facile dans les pays du Sud francphones, de faire se produire un quelconque artiste français, peintre, homme de théâtre parce que le financement dépend de
l'étranger; l'Etat étant sans ressources pour la culture
Vient de sortir ...
Un document inédit sur la mémoire haïtienne
Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
En vente au restaurant haïtien:
Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40