La Fondation François Duvalier est officiellement créée avec parmi ses membres le fils de Jean-Claude Duvalier, Nicolas ; retour en force des barons de l’ancien régime
Le centième anniversaire de la naissance de François Duvalier a été marqué samedi par le lancement officiel de la fondation éponyme qui a permis le retour sous les feux de la rampe des collaborateurs, disciples et héritiers naturels de l’ancien dictateur.
Ils étaient nombreux et visiblement réunifiés dans les locaux de la Fondation François Duvalier à Pacot (centre-est de Port-au-Prince) où un hommage appuyé a été rendu à leur "père spirituel et référence suprême". Véronique Roy, l’actuelle compagne de nationalité française de Jean-Claude Duvalier, a porté la nouvelle institution sur les fonts baptismaux en compagnie du doyen des duvaliéristes, Lamartinière Honorat, 97 ans et du Dr Rony Gilot, leader d’une famille politique en quête de renouvellement.
On reconnaissait également dans l’assistance l’ancien ministre de l’intérieur, Edouard Berrouet, 95 ans, venu en fauteuil roulant, l’ex-colonel Frank Romain, qui fut chef de la police puis maire de Port-au-Prince, l’ex-secrétaire particulier de François et Jean-Claude Duvalier, Gérard Prophète, l’ancien chef macoute Milice Midi, l’ancien colonel et commandant de la garde présidentielle, Christophe Dardonpré, l’ex-major Léonce Qualo, l’ancien ambassadeur Max Cavé, l’ex-consul d’Haïti à New York et à Montréal et ancien directeur de l’office national du tourisme, Fritz Day, l’ancien Député de Marigot, St-Voyis Pascal et ses fils Joubert et Georges Pascal et Jean-Marc Saint-Albin de la famille de l’ancien lieutenant-général Saint-Albin.
Parmi les invités d’honneur se trouvaient le sociologue Daniel Supplice du Parti Libéral Haïtien (PLH) et Secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports sous Jean-Claude Duvalier ainsi que le Dr Turneb Delpé du Parti Nationaliste Démocratique Progressiste Haïtien (PNDPH), résolument engagé sur la voie de la réconciliation nationale dans le cadre de son projet de conférence nationale.
Dans son allocution de circonstance, Lamartinière Honorat dit "Mama Honorat", ancien ministre des Travaux publics sous "Papa Doc", a justifié la création de la fondation en revisitant l’ascension et le parcours politiques du Dr Duvalier. Revendiquant fièrement ses origines duvaliéristes, M. Honorat a rappelé l’appartenance de feu le Président à vie à "l’Ecole des Griots" aux côtés de Lorimer Denis et de Louis Diaquois et l’a placé dans la même lignée que les penseurs Jean-Price Mars et Philippe Thoby Marcelin.
Pour sa part, Edouard "Dadou" Berrouet, interrogé en marge de la cérémonie, a qualifié François Duvalier "d’homme exceptionnel", même s’il est diabolisé par beaucoup. Celui qui se présente comme un "éternel VSN" (Volontaire de la Sécurité Nationale), souligne l’importance historique de la "révolution duvaliériste" qui a permis, dit-il, l’émergence des "classes moyennes".
Véronique Roy a annoncé que la Fondation François Duvalier compte déjà une cinquantaine de membres dont François Nicolas Jean-Claude Duvalier, le fils aîné de l’ancien dictateur "déchouké" en 1986 qui pourrait faire bientôt son retour en Haïti. Le 22 avril, date fétiche des Duvalier, l’on rendra public le chronogramme d’activités de la fondation incluant notamment la création prochaine d’une bibliothèque à Carrefour.
Face aux manifestations de l’amnésie collective et à la démobilisation des forces d’avant-garde de la société civile, les fidèles de l’ancien régime ont pu donner libre cours samedi à leurs efforts de pérennisation de la mémoire d’un homme même s’il est loin le temps où ils avaient monopolisé le pouvoir d’Etat.
Le Dr Rony Gilot, ancien ministre et Député, a signé le même jour son livre "Au gré de la mémoire, François Duvalier le mal-aimé". Des écrits apologétiques et même révisionnistes pour tenter de réhabiliter moralement et politiquement Duvalier.
Né le 14 avril 1907 dans le voisinage du Palais National (siège de la Présidence), François Duvalier devait faire du lieu du pouvoir le symbole de l’une des dictatures les plus sanguinaires de l’histoire d’Haïti. Ce médecin et ethnologue ombrageux a régné sans partage sur le pays de 1957 jusqu’à sa mort en 1971, ne cédant la place qu’à l’héritier du trône, son fils Jean-Claude Duvalier, devenu à 19 ans Président à vie.
Résumé des épisodes précédents de la campagne médiatique visant à « blanchir » les crimes et les dollars des dictateurs Duvalier père et fils
1- En l’an 2006, précisément 20 ans après la chute des criminels de père en fils François Duvalier et Jean Claude Duvalier, on apprend qu’un sondage donne Duvalier fils, le » pittit tig se tig » pour le candidat favori des Haïtiens aux élections présidentielles.
2- Une certaine Mme Roy, avocate, d’origine haitienne, pour d’autres italienne,apparait sur la scene.
3- On entend ici et là des gens qui n’ont pas l’âge d’avoir connu la dictature, répéter comme des perroquets que « c’était mieux sous Duvalier ». Une sorte de virus s’est mis à attaquer même les esprits sains qui savent parfaitement que : a) tous ceux qui s’expriment librement et bien souvent, hélas, à tort et à travers, aujourd’hui en créole et en français à la radio ou ailleurs seraient du « temps béni » des Volontaires de la sécurité nationale(makouts) et autres cagoulards soit jetés en prison, soit tués ou forcés à l’exil, que b) que la dictature qui a régné sans conteste pendant vingt-neuf ans, n’a aucunement amélioré le sort des masses haïtiennes. Bien au contraire elle a accéléré le processus de paupérisation, provoqué l’exil des ruraux et et surtout a installé dans le pays une manière de voir le monde absolument terrifiante qui veut que la loi du plus fort est non seulement la meilleure mais la seule. Cette mentalité basée sur la peur, la délation, la violence, le silence a été fortement enracinée et il n’a pas été possible de la déchouker.
Bref ces Duvalier et leur bande qui ont pendant 29 ans systématiquement pillé le pays
( on peut à cet égard consulter les documents de feu M. Delatour, copies des chèques au nom des Duvalier, témoignages des responsables de l’époque, qui portent des preuves irréfutables de ces vols commis à la Minoterie, à la Téléco, aux Douanes, aux Contributions à toutes les institutions d’Etat par Duvalier fils, sa femme, sa mère et leur fidèle coterie. Mais voila qu’une opération de « blanchiment », comme on fait avec l’argent de la drogue se met en place.
4- Puis, on sort deux livres dont l’un se pose l’idiote question : « Duvalier tyran ou titan ? » manipulation qui a pour objectif de laisser croire que le fondateur des makouts pourrait être après tout un héros national.
5- Puis On entend que Latortue, l’homme aux Lexus, aurait fait des démarches pour que l’argent volé et caché dans des banques suisses, jusqu’alors bloqué, soit restitué à Duvalier fils. La tache de récupérer cet argent aurait été dévolue à un certain Siméon, promu ministre des Affaires étrangères de Latortue, lui-même grand duvaliériste. Ce Simeon, est actuellement ambassadeur à Rome du Président Préval. Une question en passant : comment ça se fait que M. Préval ait gardé à la tête des ambassades d’un pays qui après tout ne lui appartient pas en propre mais dont le peuple lui en a donné la charge pour cinq ans, des ambassadeurs duvaliéristes à Paris, à Rome, en République Dominicaine et presque partout ailleurs ? Puisque la majorité des personnes qui ont voté pour Préval, l’ont fait dans l’espoir d’un changement, en laissant les choses telles qu’il les a trouvées dans l’ensemble de l’administration, M Préval n’agirat-il pas en dictateur qui n’a que faire de l’opinion et des souhaits de ses mandants ?
6- Une fondation Duvalier se crée. Les deux ténors des droits de l’Homme, M. Bajeux et M. Lespérance se taisent , se font même tout petit, essayant de disparaître sous terre. Finis les plaintes jours et nuits sur toutes les ondes et particulièrement celles de RFI, tous couchés dans la niche. Quant aux Zintellectuels…. No comment. Sur ce blog on avait fait l’analyse que la fondation était une structure paravent pour récupérer l’argent de Suisse. Il semblerait qu'on ne se serait pas trop trompé.
7- Dernier épisode : effectivement M. Duvalier devrait récupérer 5 Millions de dollars d’argent volé à l’Etat haïtien et à sa population. Les Zintellectuels dont la queue frétillait d’enthousiasme et d’allégresse lors de l’expulsion d’Arsitide d’Haïti- direction la Centre Afrique sont revenus à l’état de zombification dans lequel ils se trouvaient avant 1986. Et d’ailleurs n’ a- t-on pas vu lors du 18 mai,( fête du drapeau) le fils d’Aubelin Jolicoeur, personnage cynique et sans scrupules, chroniqueur-délateur-vendeurd’art- et amuseur des Duvalier, chanter un sorte de credo à l’humanité : « Je crois » au Palais National. C’est quand même curieux que le père était quasiment le griot officiel des Duvaleir et que le fils chante sous Préval !
Les Haïtiens victimes du régime des Duvalier père et fils laisseront-ils faire sans porter plainte ? Le gouvernement haïtien qui rembourse encore aujourd’hui les dettes du couple des Duvalier, va t-il renoncer à une procédure judiciaire à l’encontre de l’ancien dictateur et fils de dictateur ? L’argent remboursé par l’Etat haïtien, on le sait, représente des sommes d’argent qui n’ont jamais été utilisées pour développer le pays mais qui sont allées tout droit dans les comptes en banque de toute la bande des prédateurs encore et toujours à l’affût, les Berouett, Benett, and co.
Cette réhabilitation en cours des maîtres dictateurs François et Jean-Claude Duvalier avait été initiée par les zintellectuels qui s’étaient délectés, repoussant au plus loin les limites de l’ ignominie, en comparant Aristide avec Duvalier, les chimères avec les Makouts avant de finir par lancer le refrain que « Aristide est pire que Duvalier » . Ce sont ces « sans aveu », ces sans honte qui en même temps qu’ils comparaient stupidement Aristide à Attila, ne craignaient rien, ni la prison, ni l’exil, se faisaient passer pour des piliers de la démocratie, et engrangeaient reconnaissances diverses et financements de l’UE, du Canada et des USA, ce sont eux ces fantoches des Collectif non et autres Collectif 2004 qui ont donné le feu vert au « blanchiment » des Duvalier.
8- Le dernier épisode à venir (Ecoutez-bien) est la candidature à la présidence dans cinq ou 10 ans du fils Duvalier. Ce fils Duvalier sera backé par les USA, la France, le Canada et les Apaid, Acra, Baker, Boulos, Brandt , grands financiers de coups d’Etat et qui en d’autres temps (les temps de bombance anti-démocratique) ont profité des largesses du père et du grand-père Duvalier. Ne dit-on pas que ces familles duvaliéristes possèderaient presque la totalité des bonnes terres du pays aujourd’hui ? Avec les 5 millions récoltés par papa et la manne venant de la « communauté internationale » , sans compter les sondages bidons, les articles de presse bidon et les émissions de radio et de télévision bidon, le fils de Jean Claude Duvalier risque de l’emporter haut la main et … comme le purgatoire aura été long…. enfin ouvrir grand la porte aux privatisations des ports, aéroports, plages, eau, d’Ayiti Tomas. Enfin, pourra voir le jour, le projet amorcé dans les années 80, sous Jean Claude Duvalier, de zones franches, d’usines de sous traitance à gogo, et interrompu par ce que la bande de prédateurs et leurs complices appellent « la bamboche démocratique » qui n’est autre qu’une tentative des masses pour accéder à la citoyenneté.
Depuis 1986 jusqu’à aujourd’hui, en 2007, les luttes populaires ont été sauvagement réprimées pour maintenir la majorité des habitants de ce pays dans l’état de sous-homme dans lequel elle se trouve encore aujourd’hui. Avec l’intronisation qui se prépare d’un troisième Duvalier, il faudra défintivement faire une croix sur les « Gouverneurs de la Rosée » projet encore à réaliser de l’écrivain haïtien Jacques Roumain. Les cyniques, les coquins, les chimères cravatés, la racaille en col blanc, les Zintellectuels sans foi ni loi, se verront récompenser pour le violent et ininterrompu travail de boycottage de la démocratie en Haïti en oeuvre depuis 1986, depuis 20 ans.
Gad figi misye! Gade djòl long li!
Lol Negnwe,
Machwe-l sanble li ka pran kek bon souflet!!!
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Ann mete Ayiti premye.
Cette intervention d'un "bloggueur" et la réponse m'ont paru très représentatives de l'humour haïtien qui quand il trouve la liberté de s'exprimer peut-être vraiment très, très
savoureux.
Pour celles et ceux qui ne seraient pas au courant, il s'agit d'une photo récente du fils du dictateur François Duvalier dit Papa Doc, surnommé par
l'establishment étatsunien et ses amis: Baby Doc.
Lu sur le Net . Pour les nostalgiques de la bamboche dictatoriale, du pardis perdu
duvaliériste, là où tout était money ,torture and konpa direk
Posté: 2007 Jul 03 - 07:09
• Washington, le 1er juillet 2007 (AHP)- Le fils cadet du général dictateur, Rafael Leonidas Trujillo y Molina, Radhames
trujillo a offert en 1966 une aide financière au dictateur haïtien François Duvalier pour qu'il collabore alors au renversement du président fraichement installé, Joaquin Balaguer, révèle un des
documents déclassifié par la CIA.
Dans un rapport daté du 13 juillet 1966, la CIA a informé que Duvalier rejeta la proposition de Radhames, estimant qu'elle affecterait ses bonnes relations avec Balaguer. Le rapport indique encore que Duvalier ne souhaitait pas discuter avec Trujillo, par ce qu'il attendait des bénéfices économiques de ses relations avec Balaguer.
Toutefois, le dictateur haïtien n'excluait pas de collaborer par la suite avec Trujillo si le dirigeant dominicain devenait hostile.
Dans le second paragraphe, de ce rapport de deux pages, l'agence de renseignement américain informa que François Duvalier reçut de Balaguer une demande de 45.000 coupeurs de canne pour la zafra doiminicaine.
En échange, Duvalier recevrait sur son compte perrsonnel 20 dollars US pour chaque bracero, soit un total de 900,000 dollars, moyennant qu'il garantisse le retour des haïtiens dans leur pays à la fin du contrat.
L'historien dominicain Bernardo Vega qui a confirmé l'information, signala que lorsque le FMI consulta les finances de la banque haïtienne en question, il constata l'évidence des dépots faits par la corporation sucrière dominicaine sur le compte de Duvalier.
Vega precisa par ailleurs que Balaguer nomma, ni plus ni moins, le chauffeur de Trujillo, Zacarias de la Cruz, commme responsable du transport des Haïtiens jusqu'en territoire dominicain dans la nuit du 30 mai 1961.
Dans les camions qui transportaient les braceros haïtiens, Duvalier fit installer aussi des "tontons macoutes" pour avoir la garantie que les braceros se portent bien et retournent dans leur pays (officiellement) mais en réalité, pour s'assurer qu'ils ne conspireraient pas depuis la Republique Dominicaine pour renverser sa dictature.
Un ex ambassadeur dominicain de l'époque à Washington a rappelé que pour maintenir ses bonnes relations avec Duvalier, Balaguer fit interdire la projection dans les cinémas dominicains du film " Les comédiens", un film extrêmement critique pour la dictature duvaliériste.
AHP 1er juillet 2007 11 : 00 AM
Voici un article clair et bien documenté censé apporté quelques lumières sur les vols de la
famille Duvalier aux fanatiques et nostalgiques de la bamboche dictatoriale, de la refondation de l'armée, de la refondation des makouts (pardon des Volontaires de la sécurité nationale- VSN), de
la reconstruction de Fort-Dimanche etc.
Duvalier fils, son épouse
et d'autres que je ne saurais identifier
06/08/2007
Le compte à rebours a donc démarré : les avocats ont jusqu’au 3 septembre pour prouver l’origine frauduleuse de ces 7,6 millions de francs suisse afin de les restituer aux requérants haïtiens. Mais la procédure suisse de l’entraide judiciaire rend difficile la restitution de ces fonds. Le secret bancaire est le deuxième obstacle juridique (et surtout politique) à la restitution des biens mal acquis à la population haïtienne.
Historique de la procédure judiciaire en Suisse
Le 4 avril 1986, Haïti formula une demande d’entraide judiciaire pour que la Suisse saisisse tous les biens et fonds appartenant à la famille Duvalier. Après avoir bloqué les fonds dès 1986, la Suisse a tenté d’obtenir de la part des autorités haïtiennes les preuves que les fonds avaient bien été détournés. La transmission des preuves par Haïti est indispensable pour permettre de lui restituer l’argent détourné. Mais cette procédure d’entraide judiciaire prend fin en 2002 car l’appareil judiciaire déficient de l’île n’a pu fournir ces preuves. Le Conseil fédéral décide de prolonger le gel des fonds, une première fois en 2002 et une deuxième fois en juin 2005, pour une durée maximale de deux ans afin que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) parvienne à un accord à l’amiable avec la famille Duvalier. A quelques jours de l’expiration de ce délai, le gouvernement suisse a prolongé une nouvelle fois le gel des fonds jusqu’au 3 septembre 2007 pour permettre une dernière action judiciaire en restitution. Mais les dispositions de la loi fédérale sur l’entraide judiciaire en matière pénale de 1996 qui régissent la restitution des biens mal acquis comportent «une lacune juridique choquante», selon l’ambassadeur Paul Seger qui est à la tête de la direction du droit international public du département fédéral des affaires étrangères.
La nécessité de réviser la loi fédérale sur l’entraide judiciaire en matière pénale
Le principe posé par cette loi est que l’entraide judiciaire en matière pénale n’est possible que lorsque les autorités compétentes d’un Etat (l’Etat requérant) décident de prendre des mesures concrètes en vue d’une procédure pénale et demandent officiellement à un autre Etat (l’Etat requis) leur coopération. Autrement dit, si l’Etat requérant ne parvient pas à prouver l’origine frauduleuse des biens ou des fonds qui se trouvent dans l’Etat requis, alors l’Etat requis ne peut accepter la demande d’entraide judiciaire de l’Etat requérant.
Dans les faits, cette loi revient donc à récompenser celui qui, comme Duvalier, a affaibli l’autorité judiciaire de son pays incapable de déposer la demande d’entraide judiciaire. Cette absence de coopération ne doit alors pas être interprétée comme un manque d’intérêt de la part d’Haïti. Par conséquent, une révision de la loi s’impose pour restituer l’argent détourné aux pays spoliés lorsque le dysfonctionnement de leur système judiciaire est la conséquence directe de la politique d’un dictateur. Soulignons que le même cas de figure risque de se renouveler en 2008 avec l’expiration du délai de blocage des fonds de l’ex-dictateur zaïrois Mobutu puisque la République démocratique du Congo n’a pas transmis de demande d’entraide judiciaire pour récupérer ces avoirs.
Enfin, la demande d’entraide judiciaire ne peut pas porter sur des actes qui seraient qualifiés d’ «évasion fiscale». En effet, la législation helvétique fait encore la différence entre la fraude fiscale qui est une infraction et donc condamnable pénalement et l’évasion fiscale qui n’est que condamnable administrativement. Cette distinction doit être purement et simplement abrogée pour lutter efficacement contre l’impunité des auteurs de ces agissements.
La nécessité de lever le secret bancaire
En réalité, les fonds de Duvalier en Suisse sont bien supérieurs à 7,5 millions de francs suisses. Philippe Madelin, dans L’or des dictatures |1|, estime que plus d’une centaine de millions de dollars seraient sur des comptes suisses, argent qui aurait transité dans des banques en France, à Jersey et au Luxembourg. Duvalier détiendrait deux autres comptes en Suisse à Lausanne et à Zurich mais les sommes déposées restent inconnues, secret bancaire oblige ! Pour Maître Henzelin, Il suffirait de lever le secret bancaire sur les comptes gelés afin que les victimes puissent être dédommagées. C’est seulement si personne ne s’est manifesté que les fonds peuvent être débloqués. Cette décision de lever le secret bancaire appartient au Conseil fédéral, tout comme la prolongation du blocage des millions des Duvalier. Mais le Conseil fédéral refuse de toucher au secret bancaire et s’obstine à vouloir trouver un accord à l’amiable entre Haïti et la famille Duvalier. Il faut donc profiter de cette médiatisation de l’ « affaire » Duvalier pour faire en même temps pression sur le gouvernement suisse pour qu’il lève ce secret bancaire qui viole le droit des peuples à obtenir réparation de leur préjudice résultant du détournement de l’argent public.
Rappelons que l’article 47 de la loi fédérale suisse sur la banque considère la rupture du secret bancaire comme un crime passible de prison. Cette hyperprotection a permis d’attirer de nombreuses fortunes du monde entier. Au moins 50 % des avoirs déposés en Suisse par des étrangers - soit quelques 800 milliards de dollars - n’auraient pas été déclarés dans leur pays |2|.
La fortune de Duvalier placée sur des comptes à l’étranger
Le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) a publié une étude sur les biens mal acquis des dictateurs en mars 2007 dans laquelle figurent deux estimations sur la valeur des avoirs détournés par «Bébé Doc». Transparency International chiffre les détournements entre 300 et 800 millions de dollars tandis que l’Office des Nations-unies contre la drogue et le crime les évalue entre 500 millions et 2 milliards de dollars. L’étude du CCFD décrit ensuite le système de détournement utilisé par la famille Duvalier. Ces derniers ordonnaient à la Banque centrale le virement d’importantes sommes vers des prétendues œuvres sociales qu’ils contrôlaient étroitement. Ils auraient également taxé des sacs de farine envoyés par les pays riches à la population haïtienne pour ensuite transférer ces revenus sur leurs comptes en banques.
Bien que les 7,6 millions de francs suisses représentent une somme modeste par rapport à la fortune totale de Duvalier, l’issue de cette affaire en Suisse pourrait avoir un effet d’entraînement dans les autres pays où se trouvent des avoirs illicites du dictateur.
Le rôle de la France pour la réparation du préjudice subi par le peuple haïtien
Dès la fuite de Jean-Claude Duvalier vers la France en 1986, des procédures judiciaires sont également déclenchées aux Etats-Unis, en Royaume Uni et en France mais sans succès. Dans le cas de la France, le ministère de la justice reçoit en 1986 une demande d’entraide judiciaire pour récupérer 120 millions de dollars. Une action en justice est donc engagée au nom de la République d’Haïti. Dans son arrêt du 25 avril 1988, la Cour d’appel d’Aix en Provence se déclare compétente pour statuer sur l’affaire. Mais la famille Duvalier se pourvoit en cassation et obtient que l’arrêt soit cassé sans être renvoyé, au motif que le code pénal français interdit toutes poursuites pénales ou civiles contre un chef d’Etat étranger devant un tribunal français pour des actes commis hors de France.
Aujourd’hui, la situation juridique n’est plus la même qu’en 1988 car la France est désormais partie à toutes les conventions régionales et internationales de lutte contre la corruption et le blanchiment2. La dernière en date et la plus importante est la Convention des Nations-Unies contre la corruption de 2003 ratifiée par la France le 5 juillet 2005. En effet, l’article 51 de cet instrument érige en principe fondamental du droit international la restitution des biens mal acquis et des avoirs illicites aux victimes. Soulignons également que Duvalier est un « sans-papier de luxe » en France puisqu’il n’a pas répondu à la convocation dans le cadre d’une citation directe pour séjour irrégulier en 1999. Une action judiciaire devrait donc être déclenchée en France pour à la fois questionner les autorités politiques sur la protection qu’ils accordent à l’ancien dictateur et mettre en lumière ses avoirs illicites et autres biens mal acquis dans l’Hexagone. Rappelons qu’une enquête judiciaire a été ouverte le 18 juin 2007 contre les dictateurs africains Sassou N’Guesso et Omar Bongo suite à une plainte déposée par l’association de juristes Sherpa, la Fédération des Congolais de la diaspora et l’association Survie pour recel et détournement de biens publics. Duvalier a lui aussi possédé de luxueuses propriétés en France : le château de Théméricourt (Val d’Oise), un appartement au 56 avenue Foch à Paris, deux appartements à Neuilly, un 240m² dans le 16ème à Paris (appartenant à la veuve du Papa Doc)3. On peut donc penser qu’une plainte contre Duvalier déposée par une association d’Haïtiens enregistrée en France et qui reprendrait le même fondement juridique aurait de grandes chances d’être déclarée recevable par les juges français.
|1| MADELIN, Philippe, L’or des dictatures, 1993, p 54-55.
|2| DULIN, Antoine, La fortune des dictateurs et les complaisances occidentales (document de travail placé sous la direction de Jean Merckaert, direction des études et du plaidoyer CCFD), mars 2007, p. 84
Source : CADT, 17 juillet 2007. http://www.cadtm.org/
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«O |
n a comparé François Duvalier à un cyclone. Salnave évoque peut-être un incendie de brousse. S’il fallait trouver un désastre naturel pour peindre les effets de l’occupation américaine sur Haïti, il faudrait évoquer un tremblement de terre, un séisme sous-terrain qui aurait sapé les faibles fondations d’une maison déjà branlante exposée aux coups de l’ouragan dont il préparait la route.
Je ne parle pas ici des intentions: elles n’étaient pas nobles, sans doute. Pourtant, l’impact de l’occupation ne doit point être apprécié en fonction de ces intentions, mais en fonction de ses effets sur la structure qu’on a décrite plus haut**. Lue dans cette perspective, l’occupation prend les proportions d’un désastre.
Un nombre croissant d’auteurs continue d’exposer au jugement du public les actes de l’occupation (Castor 1971; Schmidt 1971; Millet 1978; Gaillard 1978–84; Nicholas, s.d; Langley 1980; Corvington 1984). Le tableau empirique est loin d’être complet. Mais on peut suggérer sans grand risque que l’occupation stabilisa la monnaie nationale et réduisit momentanément la corruption de l’administration publique qui, depuis Domingue, ne connaissait plus de bornes. Ces deux réalisations, à leur tour, continuèrent à réduire la dette étrangère—mais non sans priver la nation des capitaux autrement nécessaires. (Nul n’a encore fait le compte des mouvements de capitaux pendant l’occupation, mais je maintiendrai jusqu’à preuve empirique du contraire que le mythe d’un influx massif de capital pendant ces vingt-neuf ans, n’est…qu’un mythe). Il faut ajouter aussi à l’actif de l’occupation que la présence des Marines rompit la série de coups d’État militaires, parfois sanglants, qui marquaient jusque-là les successions présidentielles.
Au-délà de ces réalisations sans doute notables, l’occupation exacerba les contradictions fondamentales de la structure socio-économique et élargit les dimensions de la crise. Et vu les effets de ce renforcement, vu la délicatesse de la balance du dix-neuvième siècle, on peut aisément passer sur ces actifs: le jeu ne valait pas la chandelle. Au niveau des rapports fondamentaux, l’occupation n’améliora rien et compliqua presque tout, et dans des proportions désastreuses. Désastre, parce qu’elle renforça les contradictions de base inhérentes à la structure socio-économique. Désastre, parce qu’elle renforça des conflits historiques, comme le préjugé de couleur. Désastre surtout, parce qu’elle détruisit les maigres garde-fous du système et renforçait la centralisation fiscale, marchande et militaire.
On étudiera ici, à tour de rôle, le renforcement de la centralisation fiscale et marchande et le nouveau militarisme» (…)
Il est des mythes plus tenaces que d’autres. Et s’il fallait accorder des primes, l’une irait sans doute à cette tradition qui veut que l’occupation ait tant soit peu modernisé et/ou diversifié l’économie de ce pays. Rien n’est plus faux. En fait, l’occupation américaine renforça les vieux mécanismes économiques du dix-neuvième siècle. On démontrera que:
1. L’occupation accrut notre dépendance économique en renforçant le rôle du café dans nos exportations.
2. L’occupation accrut l’injustice de base inhérente au système fiscal en renforçant la contribution des impôts douaniers au maintien de l’État.
Sur ces deux points, au moins, nous tombons d’accord avec les officiels de Washington. Moins d’un an à peine avant le départ des Marines, le conseiller économique nord-américain admettait lui-même l’échec économique de l’occupation. Son rapport de 1933 reconnaissait qu’il n’y avait eu aucun progrès tangible dans les deux domaines les plus cruciaux: la diversification des exportations et le déplacement de la principale source des revenus de l’État des impôts douaniers aux taxes internes (De la Rue 1933: 76). En fait, les propres statistiques du conseiller révélaient que la situation était pire en 1933 que dans les premiers jours de l’occupation.
De 1916–21 à 1932–33, l’apport du café aux exportations passait de 67% à 78%, augmentant ainsi la dépendance inhérente à la monoculture, malgré la création de diverses enclaves de plantation. Pendant toute la durée de l’occupation, le café représenta environ 74% de la valeur totale des exportations. Le déficit de notre balance commerciale favorisa surtout les États-Unis qui se maintenaient toujours en tête de liste des vendeurs dont nous achetions, mais passaient au sixième rang des acheteurs de produits haïtiens, après la France, la Grande Bretagne, le Danemark, la Belgique et l’Italie.
Dans les dernières années de l’occupation, les impôts de douane représentaient 80 à 83% des recettes totales de l’État (De la Rue et al. 1930–1933), augmentant le fardeau déjà lourd des petites gens. Les impôts à l’importation augmentèrent pendant l’occupation, passant de 23% de la valeur des marchandises en 1916–1917, à 46% de leur valeur en 1932–1933. Pendant la même période, les impôts à l’exportation passaient de 19% de la valeur des marchandises à 28% de leur valeur. Autrement dit, les impôts de l’Occupation grevaient encore plus la paysannerie et les petites gens que les impôts du dix-neuvième siècle. Cette paysannerie qu’on avait forcée à subventionner l’État pendant tout le dix-neuvième siècle, était maintenant au pressoir des termes d’échange encore plus injustes imposés par l’occupant. L’occupant imposa de force des augmentations de prix sur des articles aussi communs que le sel ou les allumettes, vivifiant des pratiques qui avaient alimenté la corruption du dix-neuvième siècle, et indiquant aux futurs gouvernements du vingtième, des méthodes de plus en plus efficaces d’extraction.
(…) L’occupation renforça donc les problèmes économiques les plus importants: la dépendance et l’extraction d’un surplus massif de la paysannerie par les non-producteurs. Mais ce n’était pas tout. L’occupation accéléra la centralisation politique et militaire en systématisant l’arbitraire et en faisant de la seconde armée d’Haïti l’instrument idéal de la violence d’État exercée contre la Nation.
L’occupation américaine marqua le commencement de la fin pour les pyramides régionales. Dans l’année fiscale 1932–1933, Port-au-Prince fournit 47% des reçus de douanes (69% des importations et 23% des exportations). Cette centralisation contribua à l’homogénéisation des marchands et des politiciens à la capitale, au renforcement de leur puissance, et à la croissance des groupes de parasites urbains qui se taillent des places de choix, toujours de plus en plus coûteuses dans l’appareil d’État. Cette croissance des groupes parasitaires eut, et continue d’avoir un impact énorme sur la politique haïtienne.
La centralisation économique se doublait d’une centralisation administrative et militaire, et même avec le recul du temps, il n’est pas facile de déterminer lequel de ces processus causa le plus de tort. Ce n’est pas sans raison que des observateurs aussi éloignés que James Leyburn et Paul Moral situent tous deux la nouvelle balance militaire parmi les conséquences les plus importantes de l’occupation. On insistera ici sur l’impact fondamental du remaniement militaire sur la balance des forces au sein de l’État et sur l’usage de la violence d’État contre la Nation.
Le prétexte officiel de l’occupation était l’établissement de la démocratie et des libertés civiles qu’elle impliquait. Ironie des ironies, l’occupation renforça au fait la conviction de l’oligarchie politique que le pouvoir était au bout du fusil; sauf que, dans ce cas-là, le fusil se trouvait dans des mains étrangères. Toutes les pratiques absolutistes pour lesquelles les généraux haïtiens avaient été critiqués—et à juste titre—furent à nouveau légitimés par le militarisme américain. La liste est longue et imposante. Elle inclut, entre autres, l’imposition de la loi martiale (3 septembre 1915), la conduite de procès civils par des tribunaux militaires (191 cas en 1920), l’intimidation ou l’emprisonnement illégal de journalistes, la dissolution des Chambres, les massacres de paysans (Chabert-Cayes-Marchaterre), la nomination d’un nombre exagéré de militaires aux plus hauts sommets de l’administration civile. Aux États-Unis, le New York Times, l’Atlantic Monthly, le New Republic, l’Indépendent et la Nation se firent l’écho des controverses que soulevaient ces pratiques (Blassingame 1969; Schmidt 1971).
Le nouveau militarisme imposé sur l’appareil d’État par les Marines comprenait aussi la formation d’une gendarmerie haïtienne (plus tard, La Garde), prédécesseur de l’armée actuelle. Après un démarrage hésitant ses effectifs grossirent rapidement et, en 1937, le nouveau réseau militaire, contrôlé de Port-au-Prince, comptait déjà 4653 membres, remplissant les fonctions d’armée et de police (Calixte 1939; McCrocklin 1956). Le désarmement total de la paysannerie par cette Garde à la solde des occupants, le renforcement du pouvoir de la police rurale, et la centralisation militaire elle-même impliquaient la concentration du pouvoir politique à Port-au-Prince, d’autant plus que les Marines avaient, dès le départ, empêché le développement des solidarités régionales au sein de la Garde Hans Schmidt (1971: 235) soutient, avec raison, qu’à partir de ce moment les «hommes forts de Port-au-Prince seraient plus que jamais capables de contrôler effectivement le pays tout entier».
Cette concentration de pouvoir était d’autant plus dangereuse qu’elle dépendait finalement d’hommes qui partageaient un sens étroit de la Nation. On ne peut pas manquer d’insister sur cette différence politique fondamentale entre la Garde et la première armée d’Haïti démantelée par les Marines. En dépit de tous ses péchés, en dépit même du fait qu’elle avait tué autant d’Haïtiens dans la seconde moitié d’une histoire longue de 122 ans qu’elle avait tué de Français dans la guerre de l’Indépendance, la première armée d’Haïti avait raison de se voir comme la fille de la lutte contre l’esclavage et le colonialisme. Elle avait pris ses premières armes contre les troupes françaises et les propriétaires d’esclaves. Bien après l’indépendance, elle comprenait encore des vétérans des dernières victoires contre les forces de Rochambeau tel que le Président Philippe Guerrier (1844–1845). Elle intégrait dans ses rangs des immigrants et des fils d’immigrants de toutes les nuances, témoin un Harmerton Killick. Quelqu’étrange que fût le patriotisme de ses enrôlés, quelqu’étrange que furent les conditions de leur enrôlement, ce patriotisme lui-même ne fut jamais en question. Quelque fâcheuses que furent ses attaques contre la République Dominicaine, elles demeuraient, sans aucun doute, ses plus importantes campagnes. À cause de ses origines, à cause de la position d’Haïti dans le monde du dix-neuvième siècle, la première armée haïtienne pouvait donc prétendre assumer une mission patriotique, quand bien même l’histoire lui prouverait le contraire.
La Garde haïtienne, par contre, avait été montée pour combattre des Haïtiens. Elle essuya son baptême de feu en combattant des Haïtiens. Et tant elle que l’armée qu’elle devait engendrer, n’ont combattu que des Haïtiens. La première campagne de la Garde, la plus importante sans doute de la seconde armée d’Haïti, fut sa participation, à côté des Marines, dans la guerre contre les paysans nationalistes que guidaient Charlemagne M. Péralte et Benoît Batraville. La Garde et les Marines tuèrent ensemble, au moins, 6.000 paysans haïtiens. Quelque 5.500 cultivateurs (au moins) moururent de même dans les camps de travaux forcés que la Garde contrôlait pour l’occupant (Moral 1961; Millet 1978; Schmidt 1971).
La Garde ne tourna pas ses armes seulement contre les paysans: la nouvelle violence d’État qu’elle incarnait, s’appliquait aussi contre les villes, et ce dès les premiers jours de l’occupation (e.g. Corvington 1984: 52–54). Mais son rôle répressif dans les villes, s’intensifia dans les dernières années de l’occupation. Les campagnes avaient été «pacifiées», les classes moyennes urbaines se remuaient de plus en plus (sans pour autant se résoudre à la résistance violente des Cacos); et surtout l’occupant trouvait parmi ses classes moyennes elles-mêmes—dont on n’oubliera pas la fonction parasitaire—un nombre croissant d’individus décidés à faire ce travail répressif.
Il faut insister sur ce point: ceux qui joignaient la Garde ne pouvaient avoir aucun doute sur le rôle qu’on attendait d’eux. Pas après les émeutes de décembre 1929. Or, si le 14 décembre 1929, la Garde arrêtait en moins de sept heures, une centaine d’étudiants et de manifestants—établissant sans doute lors, un record de répression urbaine, l’occupant n’avait aucune peine à trouver, quelque mois plus tard, la première promotion «américaine» de la nouvelle École Militaire (réouverte en 1930).
Il n’est donc pas étonnant qu’on retrouve dans cette promotion de 1930–1931, les cadets Paul E. Magloire, Léon Cantave, et Antonio Th. Kébreau, les trois premiers hommes qui, plus tard, tour à tour, en tant que Commandant en Chef des forces militaires devaient lever le spectre de l’armée sur les masses de Port-au-Prince. Les trois premiers hommes qui tournèrent cette armée en outil malléable d’un Exécutif Tout-Puissant. Le remaniement américain devait porter ses fruits: Paul Magloire fut, en fait, le premier général haïtien depuis Dessalines à exercer un contrôle sans limites sur une armée nouvellement centralisée. Elis Lescot qui l’aimait bien pour sa tenue et pour sa prestance, aimait à répéter à ses confidents que la promotion de Paul Magloire, fut l’une de ses plus grandes erreurs politiques, en accusant l’ex-général, d’ingratitude. Mais ce jugement individuel demeurait (et pour cause) en deça des structures, en deça des effets de la centralisation militaire imposée par l’Américain sur les formules de pouvoir héritées du dix-neuvième siècle. C’est un peu s’en prendre à Magloire sur le plan personnel: or. là n’est pas l’enjeu. La réalité, c’est que quiconque joignait l’École Militaire de ce temps-là avait le goût des décisions musclées. Et ce goût-là, l’américain se fit promesse de le systématiser, comme il systématisa, à l’avantage de Lescot, les effets du préjugé de couleur.
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Nous ne connaissons l’auteur que par ses ouvrages tels Ti Dife Boule sou Istwa dAyiti et Les Racines Historiques de l’État
Duvaliérien. Nous aimerions pourtant connaître sa position actuellement tout en espérant que Michel ne suive pas la même courbe que Roger Gaillard, qui aujourd’hui renie sa position
d’hier face à l’occupant…
** La structure décrite, dont parle l’auteur, n’est pas de toute importance en ce qui nous intéresse présentement. Toutefois, si vous y êtes intéressé, lisez les quatre premiers chapitres du livre.
Sources Tanbou: http://www.tanbou.com/1994/Histoireactualite.htm
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L' argent volé par François Duvalier et son bébé restera gelé pour une année supplémentaire d'après une décision prise par le gouvernement suisse. Il s'agit d'une
somme de 7.6 Millions de francs suisses, soit 6.3 miliions de dollars US. Ces fonds pour certains, ont été volés dans les caisses de l'Etat avant que Duvalier ne parte en exil en France
en 1986. (une remarque qui me vient à l'esprit au moment où j'écris: Duvalier l'ami des riches a été envoyé en France; Aristide l'ami des pauvres en Afrique et plus
précisément en République Centreafricaine. Tout un symbole!) Duvalier l'a toujours nié. Le porte parole du Ministre des Affraires étrangères de Suisse
Jean-Philippe Jeannerat, a déclaré que la prolongation suit l'assurance donnée par Haïti que que le pays intentera " très prochaînement" une action en justice. Une démarche sans laquelle,
la Suisse ne pourrait pas conserver les millions dans ses coffre forts.
BERN, Switzerland (AP) -- The Swiss government has extended a freeze on bank accounts linked to former Haitian dictator Jean-Claude "Baby Doc" Duvalier, an official said Wednesday.
La suit à:http://www.windowsonhaiti;com/windowsonhaiti/news.html |
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