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Vient de sortir ...
Un document inédit sur la mémoire haïtienne
Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
 sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
En vente au restaurant  haïtien:
Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40

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OCHAN

Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 11:05

 

Ochan. Honneur  et Respect pour  la famille Izmery.

 

Un  jour vendra où tes soeurs  et  frères haïtiens sauront   vous marquer le  respect qui vous

est dû  pour

avoir sacrifié  deux de  vos enfants.

Comme la  famille  Jumelle.

 

 

 

Un 26 mai...l'homme d'affaires Georges Izmery traversait un large  carrefour au bas de la ville, quand il a été abattu par des coups de feu après avoir été insulté par son assassin. Brusquement, des soldats surgissent et empêchent Antoine Izmery de s'approcher de son jeune frère, lui enjoignant de quitter les lieux immédiatement "s'il ne veut pas finir de la même façon""

Les soldats transportent directement Georges Izmery à la morgue de l'hopital général terrorisant les médecins qui essaient de l'évacuer. La réalité était que Georges Izmery n'était pas encore mort à ce moment-là. Dans un rapport intitulé " Jours noirs à l'Hopital Général" les médecins résidents et les internes relatent que le pouls d'Izmery battait encore quand il fut transféré à la morgue. Ils ont aussi mentionné que d'autres exécutions sommaires ont eu lieu à l'intérieur de l'hopital.
Extrait de " The uses of Haïti" par Paul Farmer

 

Louis Jodel Chamblain a été jugé et condamné pour l'assassinat d'Antoine Izmery. Il a été un des leaders du groupe de "rebelles "qui sont entrés en Haïti en 2004 en provenance de la République Dominicaine pour forcer le président Aristide à se retirer ou bien faire face à leur genre de justice. Lui et son acolyte, Jackson Joanis ont été acquittés , conséquence directe de l'impunité qui a suivie le Coup de 2004. 

http://elsie-news.over-blog.com/article-21925399.html

 

Mes amis, j'ai failli oublier.

Toutes mes excuses.

 

Notre devoir est de nous souvenir de  tous nos frères et soeurs

tombés depuis 1986  dans  la  "guerre sale " menée contre le  peuple haïtien.

 

Je  vous parlais  de guerre sale menée en Haïti

à  partir de 1986 par les militaro/macouto/duvaliériste

pour  éliminer  :les personnalités, chefs de partis, syndicalistes

qui  s'étaient engagés dans la lutte contre la dictature

et ses alliés  de l'étranger.

 

Guerre sale,

dont le moteur en Italie

portait le  nom de  P2- propagande 2

voici  selon  wikipedia quels étaient les buts poursuivis

par les membres de  P2

 

 

"La P2 a été accusée d'avoir participé, aux côtés du réseau Gladio, à la « stratégie de la tension » visant à « empêcher », selon les termes d'un rapport parlementaire rédigé en 2000 par la coalition de L'Ulivo, « le Parti communiste italien et, dans une moindre mesure, le Parti socialiste italien, d'accéder au pouvoir exécutif ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Propaganda_Due


 

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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 11:51

Ce poème je l’ai dédié à Sonia, grande dame, amie et camarade de tant d’amies communes. Aujourd ‘hui, toutes endeuillées, je veux citer, Lily, Ninaj, Jocelyne, Tequila, Gina et tant d’autres…

Ce poème ne fut rien d’autre qu’un hommage à cette dame à la tête altière et sereine devant tant d’attention. Sourire éclatant, elle avait la tête ailleurs, elle réfléchissait toujours et déjà à la prochaine bataille. Nous étions le 17 octobre 2006, au RFK Center à Washington, D.C.
Elle reçut son prix avec humilité, avec la fermeté de vouloir encore et toujours mériter de cet hommage, de continuer dans le sillage de ses prédécesseurs-res. Un visage résolu, un langage ferme, une lutte inachevée…C’était la grande Sonia….
 
Dans la marge
(pour Sonia Pierre)
Toi,
Insoumise, obstinée à vouloir tout comprendre
Exigeante et rebelle, pour refus d’abdication, refus de complaisance
Tu te pares bien de ne rien compromettre,
Et surtout d’être vierge, sans tâche, sans reproche.
Oui, toi, ma belle,
Mon icône non altérée,
Par l’usure du temps, du verbiage et de la racaille,
Tu restes pareille.
Pareille et autre, dans la marge du temps.
De ce piédestal, où tu t’abrites,
Tu parcours les couloirs, besace en main.
Mille idées bienveillantes et bienvenues, dans la tête,
Acculée de ne pas vouloir entrer dans la mêlée.
Obsédée et refoulée,
Dans l’intimité recluse de tes choix,
Tu te gardes de tout excès.
De bifurquer. De dériver. De déranger.
Là, où tu te tiens,
L’angle de vue invite
Au recul et au confort de cette marge construite,
Entretenue
De leurs soins.
Loin de la foule, plus près, mais bien plus près de ceux qui délient les cordons,
Et étranglent.
Par projets, gloires et servitudes.
Comme ta foi, indélébile à l’encre verte,
Tu jures
D’ensemencer l’aurore,
De refaire les lendemains de rosée.
D’offrir encore l’utopie de nos folles années.
Ta mémoire n’étant point lasse,
Elle se souvient encore
Quand il fallait être du bon côté des choses,
Toujours en marge
D’une bataille, d’une cause, d’une quête
Incessante.
Icône, Intouchable, Imperturbable
Tu sièges au toit du monde.
 
A l’occasion de la mort subite et suspecte de Sonia Pierre, militante, infatigable, je veux par ma voix, mêlée à des milliers d’autres, demander qu’une autopsie de son cadavre soit faite avant sa mise en terre, et qu’une enquête internationale soit conduite pour faire toute la lumière sur sa mort. Femme de justice, de droit, elle mérite un tel traitement, elle y a droit. J’en appelle à GARR-Haïti, RNDDH-Haïti, Amnesty International, la CIDH et tous les organismes qui se sentent concernés, d’y prêter main forte. Nous  le devons :
 à Sonia, à sa famille proche, et élargie, celle des bateys…
 
Lucie Carmel Paul-Austin
Brooklyn, le 4 décembre 20011
 
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 15:38

Décès de la militante de droits humains Sonia Pierre

 

http://haiticheriemaguym.blogspot.com/2011/12/edition-du-decembre-2011-lemission-dune.html

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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 11:00

 

 

Mwen mande ki sam fè moun yo, yo pa vle wem.

Je me demande ce que je leur ai fait et pourquoi ils me haïssent.

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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 10:48

Voici  le témoignage de Bernac CELESTIN donné au cours du Festival Jacques Stephen ALEXIS , organisé par l'Association des Ecrivains Haitiens à l'Etranger ( A.E.H.E ) , en Mars 1991 , a Montreal ( Quebec ) , pour célébrer le 30eme Anniversaire de son assassinat a Fort Dimanche ( Haiti ) .

Ce témoignage est extrait du N°3 de la Revue "RENCONTRE" ( 1992 ) , Numéro prepare par Paul LARAQUE , ex-Secrétaire General de l'A.E.H.E

  C'était le 17 ou 18 Avril je crois , un événement aussi grave que l'assassinat de Che GUEVARA - son "alter ego" Argentin-Cubain : Tous deux Medecins , Ecrivains , Guerilleros , Humanistes et Utopistes , Assassinés au même âge de 39 ans...

 Le CHE est connu sur toute la Terre , Jacques ALEXIS est ignoré de presque tous les Haitiens ...

Puisse ce mois d'Avril - "Cinquantenaire" de sa mort - réveiller les consciences endormies et le souvenir du
"Compère Général Soleil" : l'Honneur et le Respect d' HAITI !...

                                                 Avec ma profonde reconnaissance ,     Michel Cusenier

 

Témoignage de Bernard Célestin

 

Mesdames
Mesdemoiselles
Messieurs

Bonsoir : je m’appelle Bernad Célestin. Je viens ici ce soir vous raconter l’histoire d’un homme dont la vie demeure un véhément exemple de courage et de patriotisme.
Avant de rendre ce témoignage, qu’il me soit permis de présenter mes remerciements à l’Association des écrivains haïtiens à l’étranger et plus particulièrement au secrétaire général de l’association, M. Paul Laraque qui m’a offert cette unique opportunité de témoigner en public, de mon respect et de mon admiration pour feu Jacques Stepen Alexis.

S’il m’était demandé de choisir, de la lignée des hommes d’élite qui ont occupé la scène de notre histoire comptemporaine, une figure de proue pour servirde symbole et de guide pour la jeunesse et aux patriotes haïtiens, je désignerais sans ambage, Jacques Alexis. Que ses émules, s’il en est, pardonnent mon aveuglement. Mais très heureusement le caractère exemplaire de sa vie, la grande valeur de son œuvre littéraire épargnent à quiconque la responsabilité de le présenter ou de le choisir. Il s’est lui-même imposé de droit. Je lui en rends grâce.

Il lutta pendant toute sa vie d’homme à aider au changement de la condition de son peuple. Il mourut sans voir l’accomplissement de ce rêve cher. Mais les circonstances tragiques de cette mort constituent une leçon de bravoure et de sacrifice de soi dont s’instruiront les générations à venir.

La mort d’Alexis est une perte irréparable que nous ressentons tous. Ceux qui durant sa vie savaient le coudoyer dans les cercles littéraires et  admiraient ses talents d’écrivain. Et surtout ceux-là qui, durant ce fléau qui s’est abattu sur notre pays depuis plus d’un quart de siècle, ont consenti le sacrifice d’une grande partie de leur existence et de leur jeunesse pour voir, un jour, Haïti libérée pour de bon.

Jacques n’était pas un saint, mais c’était un homme de qualité. Il en avait peut-être, plus que son lot, en un temps si démuni de morale ou d’éthique si riche pourtant en médiocrité. Il est mort. Laissez-moi vous dire comment.

C’était à peu près au milieu de l’année 1960, un peu avant la grève des étudiants. Jacques décida de quitter Haîti clandestinement, parce qu’un visa de sortie, sollicité légalement du gouvernement haïtien lui avait été refusé. Selon mes informations, avant son dépat il s’était arrangé avec ses amis pour venir le rencontrer à son retour dans le pays. Car il devait y retourner. Il y serait resté incognito afin de continuer à aider à la formation d’une avant garde révolutionnaire dont la fonction serait de guider le peuple haïtien dans sa lutte contre la dictature terroriste et inhumaine de François Duvalier. Mais malheureusement le plan ainsi conçu échoua et pour deux cause :

1. Depuis son départ, parents et amis restés en Haïti avaient perdu tout contact avec lui. Seules les informations reçues des journaux étrangers tels que Hoy le journal d’un parti politique mexicain, renseignaient sur ses différents itinéraires.

2. Quand le gouvernement apprit qu’à son insu Jacques avait quitté le pays, la police fit une descente de lieux chez les membres du parit « Entente Populaire », parti politique dont Jacques Roumain fut le fondateur. Certains eurent le temps de prendre la fuite, d’autres furent arrêtés. Parmi ceux-là citons : Joseph Verna et Emile Olivier.

Comment le gouvernement en fut-il instruit ?

Il nous est difficile de répondre à cette question. Mais selon certaine rumeur non confirmée, le service d’intelligence américain s’était rendu compte de la présence de Jacques en Europe. L’information avait été passée à l’Ambassade américaine en Haïti qui à son tour alerta le gouvernement haïtien. Cette nouvelle fut bientôt confirmée par la publication dans un journal français d’une déclaration faite par Jacques lui-même de son passage à Paris. C’était alors dit-on que les bourreaux du régime entrèrent en action. Et celui qui, à ce tournant, devait jouer un rôle important, c’était Jean Tassy. Il s’était déjà recommandé à l’affection de son chef par son remarquable talent à imaginer les moyens les plus horribles pour torturer les opposants du régime. On racontait que jeune officier affecté au département de la  police du Cap, il avait crevé l’œil à un ancien député du Nord.

Mais, ironie de l’histoire ! Ce jean Tassy devait plus tard durant les vèpres des 19 officiers en 1967, prendre refuge dans une ambassade étrangère pour éviter d’être broyé lui-même, par les forces aveugles de cette révolution qu’il avait si bien défendue au prix de tant de crimes.

Dans cette nouvelle besogne, une parmi tant d’autres, il fut aidé par son ami ou parent Fritz Hippolite. Un étrange personnage ! Une amie me confessa une fois, qu’elle le détestait avec passion. C’était un homme sans caractère, me disait-elle, un opportuniste de bas étage ; il servirait Dieu et Satan avec la même dévotion, pourvu qu’il puisse tirer son épingle du jeu. Je partageais cette opinion. Car je ne pouvais oublier, que ce même Hippolite, devenu le bras droit du secrétaire-général du Parti Entente Populaire, il n’y avait pas longtemps était connu dans un certain milieu de la jeunesse progressiste comme membre d’une organisation fantôme dont le but non avoué était de contrecarrer le développement des idées révolutionnaires parmi les ouvriers. Cette organisation avait pris le nom grandiloquent de Confédération des Travailleurs Haïtiens. Rallié plus tard au Parti Entente Populaire, Hippolite montra tant de zèle à défendre cette cause que certains camarades, au courant pourtant de ses activités antérieures ne firent aucune opposition à son admission comme membre de l’organisation. On le déclarait récupérable. En effet, en utilisant ses relations dans la zone des Cabarets, il y recueillait, en grand nombre, de nouvelles adhésions au parti. C’était justement à ce titre que Jean Tassy, avec qui il entretenait de vieilles relations, et était loin sans doute d’ignorer ses nouvelles activités politiques, l’approcha. De gré ou de force, il accepta de jouer son rôle de mouchard. Couvert, dit-on, d’une teinture rouge pour feindre d’avoir été torturé, il conduisit les sbires du gouvernement chez certains responsables du parti. Il alla de nuit frapper à leur porte, les conviant en pleurant à se rendre à la police pour lui sauver la vie. Ah ! le traîte. Il fallait connaître l’homme ! Tout en lui respirait le faux. Il parlait d’une voix double. Tantôt rauque, tantôt efféminée.

On peut comprendre maintenant pourquoi revenu dans le pays à la mi-avril 1961, Jacques ne trouva personne sur le terrain pour l’aider à se diriger en lieu sûr, hors de danger. Le parti était dans le plus grand désarroi. Ses dirigeants étant en prison, ou dans le maquis.

Ainsi donc, environ deux jours après son débarquement à Bombardopolis avec quatre de ses compagnons, fut-il saisi par les tontons macoutes, battu et torturé ; on le conduisit à Port-au-prince où il fut déposé à la prison Fort-Dimanche.

Dans cet enfer, je le précédais de deux mois. Par hasard, sans doute, on l’enferma dans une cellule contigüe à la mienne. Le lendemain de son arrivée, j’appris par l’un des trois camarades qui partageaient mon infortune, qu’un nouveau détenu était dans la cellule d’à côté. Il y avait été emmené la veille. Coupé du reste du monde l’interné de Fort-Dimanche est un homme avide de nouvelles. Il ne perd aucune occasion de questionner les nouveaux venus. Il les interroge sur leur identité, le lieu et la cause de leur arrestation.


Jacques et moi à notre insu, devinmes vosiins pour une durée peut-être de vingt quatre heures. Les deux cellules que nous occupions se trouvaient placées à l’arrière plan d’une galerie qui servait à la fois de tribunal pour des jugements préliminaires et sommaires des détenus de droit commun avant leur acheminenement vers leur juge naturel et chambre de tortures, dans certains cas de petits délits politiques. Le va-et-vient incessant des tortionnaires, des bourreaux et le cri des victimes emplissaient cette galerie de 8 heures jusqu’à 11heures 30 du matin.

Pendant l’exécution de cette parodie de justice, nous, emmurés dans notre cellule , avions choisi de garder le silence de peur qu’il ne nous arrivât du mal.

A midi, officiers, sergents et caporaux ayant terminé leur opération au dehors, et notre repas de famine étant pris, l’heure était venue pour communiquer avec le nouveau venu. Nous nous assurâmes d’abord que la sentilelle s’était déplacée, qu’elle s’était écartée de son poste pour trouver ailleurs, loin des yeux du commandant ou de l’officier de service, un petit coin d’ombre pour faire la sieste. Et surtout encouragé par le plus jeune des trois compagnons avec qui je partageais la cellule, je grimpai le mur qui nous séparait de notre voisin. Je n’eus le temps ni de lui parler ni de voir son visage. Mes compagnons pris de panique, craignaient peut-être que la sentinelle n’entrât dans la cellule et ne me trouvât perché sur le mur, s’empressèrent de m’en faire descendre. Mais toujours aiguilloné par la curiosité et surtout incité par les propos de mon compagnon qui insistait avoir entendu le nouveau venu, en entrant dans la cellule, s’identifier au geôlier sous le nom de Jacques Stephen Alexis. J’ai pris alors le risque de monter une seconde fois malgré les véhémentes protestations de mes camarades qui tremblaient de peur. Cette fois penché sur le mur, j’osai proférer un mot ; je dis tout bas : Soleil ! Soleil ! C’était ainsi que le nommaient sa femme et ses camarades. L’homme torunal lentement la tête vers la voix qui l’appelait ; l’avait-ilreconnue ? Qui sait ? il regarda vers le haut. Je pus alors voir son visage. Ce que je vis c’était un masque monstrueux ; il n’avait rien d’humain. Ce que je vis c’était une masse de chair molle d’un noir carbonisé, gonflée jusqu’à ne pas être reconnaissable. Il pouvait ouvrir un œil mais l’autre restait complètement fermé. Ce nom de Soleil prononcé par une voix familière devait  avoir une résonnance profonde dans le cœur de cet homme. Romancier, médecin, humaniste, révolutionnaire, si sensible à la souffrance humaine et qui se voyait là abandonné seul avec sa douleur. Il était vêtu d’étoffe grossière, pantalon et chemise bleu demin, paril à l’habit de nos paysans. Il était assis à même le sol de ciment, les mains attachées derrière le dos par une paire de menottes. En dépit du constant danger qui m’entourait et l’imminente menace de mort, que la présence même de cet homme faisait planer sur moi, j’oubliai pour un instant ma propre condition. Je me laissai toucher par sa souffrance. Mon cœur se serra au spectacle de tant de douleur. Une angoisse profonde me saisit. Je descendis du mur mais je continuai à chercher mille noms, à inventer mille stratagèmes pour communiquer avec lui et lui faire savoir qu’il n’était pas seul, qu’un autre camarade fauché dans la lutte, se trouvait près de lui. Je citai les noms des personnages de ses romans : Hilarion, El Gaucho. Je frappai de mon poing le mur qui séparait nos deux cellules, mais par intervalles ne me parvinrent que des gémissements sourds et des cris désespérés appelant « sergent de garde ! sergent de garde ! ». Personne ne répondit à cet appel.

Plus tard dans la soirée, vers les 10 heures, l’officier de service accompagné du geôlier, entra dans sa cellule et se mit à l’interroger.

On lui demanda de décliner son nom, et ceux des pays qu’il avait visités avant de retourner en Haïti. Il s’identifia sous le nom de Jacque Stephen Alexis et informa qu’il s’était rendu en Union Soviétique, en Chine et à Cuba. L’officier voulut savoir qui l’avait hébergé, quand il était rentré dans le pays ; il répondit un paysan, mais se garda de citer son nom. Il fut tout aussi bien interrogé sur les moyens qu’il avait utilisés pour sortir du pays. Il avoua qu’il avait utilisé un prête-nom, là encore, aucune précision en fut donnée. Avant de quitter la cellule, l’officier du jour, le lieutenant Victorin, lui demanda s’il avait une demande à faire ; il exprima le désir de voir un médecin, parce que, dit-il, sa jambe droite était cassée. Après quelques minutes, le gardien de la prison, le sergent Lucien, revint avec quatre prisonniers de droit commun. Il leur ordonna d’enlever le détenu de sa cellule et, de l’emporter jusqu’à une camionnette de police stationnée juste en face de la galerie. Grâce à un petit trou laissé par un clou à la porte de notre cellule, nous avons pu à tour de rôle observer ce qui se passait sur la cour. Jacques une fois déposé à l’intérieur, la camionnette s’ébranla vers la sortie ; mais au lieu de prendre le chemin de de la rue, le véhicule arriva juste à la barrière  près de la sentinelle, et tourna à droite. Les yeux collés au trou de la porte, je vis la camionnette prendre le chemin des bayahondes. C’était la fin, pensai-je : on se dirige vers le champ de tir, on va le fusiller. Mon tour peut n’être pas bien loin. L’un de mes camarades comprit mon inquiétude et me tint la main pour me donner du courage. Mais le bruit du moteur, au lieu de continuer de vrombir en direction du lieu de mort, s’arrêta net. Que se passait-il ?

Quelques minutes plus tard la camionnette réapparut dans la cour. Elle vint stationner juste en face de l’infirmerie de la caserne. Le sergent Lucien descendit seul. Il héla « infirmier de service ! » Un sergent du service médical apparut précipitamment, la porte de la camionnete s’ouvrit. Il monta. Le cortère nocturne reprit le chemin de la sortie.
Mais cette fois, on tourna à gauche en direction du boulevard Harry Truman. Bravo ! criai-je, il est sauvé.

 

Mais quelle ne fut ma déception quand libéré moi-même 8 ans plus tard, j’ai appris que Jacques n’avait jamais été mis en liberté. Il mourut, victime de ce long règne de terreur duvaliérienne qui depuis plus d’un quart de siècle, comme un linceul, ensevelit notre pauvre pays. Dans quelle fosse commune est-il enterré ?
A quelle meute infâme donna-t-on sa chair ? Je n’en sais rien. Une seule vérité pour moi demeure constante : on assassine un homme mais pas ses idées. A travers la lutte des masses elles vivront de générations en générations jusqu’à la victoire finale.


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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 10:36

(source : http://www.embacubalebanon.com/)

Par Jorge Berenguer Cala

Traduit par Alain de Cullant

Adrien Sansaricq Laforest vint à Cuba en 1959, attiré par le triomphe de la Révolution ; il suivit Ernesto Che Guevara au Congo et mourut dans son pays natal, Haïti, organisant la lutte contre le dictateur François Duvalier.

En 1962 il arrive à La Havane pour conclure ses études de médecine, et il se diplôma sans grandes difficultés. Ce n'était pas un étudiant dédie complètement à l'enseignement ; s'il avait été ainsi, il lui aurait résulté plus facile d'étudier en France ou au Mexique. Pour le contraire, Adrien fut en ces moments le jeune révolutionnaire en accord avec un processus politique qui lui paraissait prometteur et réel. On le vit au coté des autres étudiants universitaires se mobiliser pour combattre l'impérialisme nord- américain durant les jours de la Crise d'Octobre : euphorique, dans un camion chargé d'étudiant, chantant l'Hymne Bandera Roja (Drapeau Rouge). C'est ainsi que certains de ses compagnons se souviennent de lui.

Une fois diplômé en médecine, il n'était pas dans l'obligation d'accomplir le service social rural, comme ses compagnons cubains. Mais il exigea de le faire et il fut envoyé dans la Sierra Maestra, à Perseverancia et Santo Domingo, à soigner les paysans. A cause des conditions sociales et des séquelles de violence que laissa la guerre contre le tyran Fulgencio Batista, certains paysans de l'endroit étaient accoutumés à résoudre les problèmes de façon violente ; tel est le cas pour le médecin antérieur, ils avaient brûlé ce qui paraissait le cabinet de consultation, et son occupant, qui heureusement n'était pas à l'intérieur, dut fuir précipitamment.
 VOIR http://camarade.over-blog.org/article-32212318.html

Par Elsie HAAS - Publié dans : OCHAN
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 10:13
Par Elsie HAAS - Publié dans : OCHAN
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 10:14
LU sur Media Mosaïque

Nadine Girault, 1ère vice-présidente noire à
la Banque de Montréal
Média Mosaïque, 5/29/2008
Montréal

Nadine Girault, vice-présidente, région centre-ville de Montréal (BMO)
À titre de vice-présidente de BMO 
(région centre-ville de Montréal),
Nadine Girault est la première femme
noire à occuper un tel poste au
Québec dans l’une des cinq plus
grandes banques canadiennes.
Nadine Girault, vice-présidente, région centre-ville de Montréal (BMO)

Titulaire d’un baccalauréat en administration (BAA-HEC) et d’une maîtrise en 
administration des affaires (MBA-UQAM), Mme Girault a rapidement gravi des échelons
au sein du secteur bancaire.

Avant d’être nommée vice-présidente de BMO (région centre-ville de Montréal),
Nadine Girault a occupé des fonctions importantes au cours des 12 dernières années
notamment à la Banque Royale du Canada, à Desjardins Sécurité Financière.

En tant que VP, Mme Girault «supervise toutes les opérations au niveau finances
personnelles de la région du Centre de l’Ile de Montréal, secteur qui constitue un
de celui où la concurrence est la plus forte au Canada et où se concentre
l’ensemble des clients majeurs», lit-on dans une fiche la présentant récemment à
l’occasion du Mois de l’Histoire des Noirs.

Son ascension est digne de mention. Toutefois, elle ne veut pas être la seule de sa
communauté d’origine (haïtienne) à détenir un tel palmarès, même si elle dit noter
que les jeunes noirs sont peu nombreux à postuler dans le secteur bancaire.

Citant notamment le cas de la communauté noire, Mme Girault estime que le cas est
plus frappant. «Je ne sais pas s’il s’agit d’un héritage culturel, parce que mes
parents me poussaient beaucoup plus vers les professions libérales (médecine,
droit)», a-t-elle analysé en entrevue à l'agence de presse «Média Mosaïque».

C’est un paradoxe, a-t-elle toutefois relevé. Car, a observé Nadine Girault, on les
voit à l’université, aux HEC, à l’UQÀM en administration, mais ils vont plus
chercher des diplômes en comptabilité, en finance…»

Mis à part son souci pour sa carrière personnelle Nadine Girault porte aussi un vif
intérêt pour les causes sociales. Elle a siégé, avions-nous appris dans plusieurs
conseils d’administration. Elle a été, entre autres, administratrice de la
Fondation de l’hôpital Jean-Talon et de l’organisme Sports Montréal.



*«Média Mosaïque» a visité Nadine Girault en ses bureaux (IMAGES)

*«BMO: une banque excessivement pro-diversité», dixit Nadine Girault
Par Elsie HAAS - Publié dans : OCHAN
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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 10:14
Ce message nous vient du Canada via le Cidihca

Nous apprenons avec plaisir (et fierté) que l’Académie canadienne du Génie a décidé d’accueillir parmi ses membres notre compatriote l’ingénieur Samuel PIERRE, Ph D, professeur titulaire à l’École Polytechnique de l’université de Montréal.

L’Académie canadienne du Génie fait partie d’un réseau international de vingt quatre associations d’ingénieurs à travers le monde. Ses membres sont cooptés  sur la base de « leurs réalisations exceptionnelles et de leurs longs états de service au sein de la profession d’ingénieur »; ils sont au nombre de trois cents (parmi les 160 000 ingénieurs que compte la profession au Canada).

Rappelons que Samuel Pierre en plus de son enseignement est directeur du Laboratoire de recherches en réseautique et informatique mobile (LARIM); il est aussi l’auteur et le collaborateur de nombreux ouvrages scientifiques. Par ailleurs, il a récemment coordonné la publication d’un livre remarqué qui a pour titre « Les Québécois venus d’Haïti ». Il est parmi les membres fondateurs de la Fondation Québec-Haïti pour une scolarisation universelle de qualité (QHASUQ), fondation dont il vient d’être élu président.

Samuel Pierre mène de front son travail scientifique et ses activités pour la promotion de l’excellence parmi les jeunes de la communauté haïtenne du Québec et de son pays d’origine.

Nos félicitations les plus sincères à Samuel.

Adrien

 

Site de l’Académie canadienne du Génie :

http://www.acad-eng-gen.ca/ACG_fr.html

 

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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 10:29
Beaucoup de gens ne connaissent pas Germaine Tillon.

Normal. Cette femme plus qu'intelligente n'a jamais été médiatique; même du temps de sa jeunesse.

Rien à voir avec les Finkielkraut et cie qui ne ratent pas une occasion pour se propulser dans les média.

Il faut dire aussi que  le parcours de Germaine Tillon est très éloigné  de  celui  donneurs de leçon qui sévissent sur France Culture.

 Générosité, altruisme, engagement, courage  ont été ses choix de vie.

A Germaine Tillon, Honneur et Respect !


Germaine Tillion, dernier combat
Disparition. Déportée à Ravensbrück, connue pour ses engagements politiques lors de la guerre d’Algérie, l’ethnographe est morte samedi à 100 ans.
 Par Claire Devarrieux

http://www.liberation.fr/culture/322261.FR.php
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