Lundi 15 décembre 2008
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Je me suis rendue aux 2 rencontres, celle de l'Assoc des médecins haïtiens et celle de l'association de défense des droits de l'Homme en Haïti.
Les 2 manifestaions étaient une complète réussite
1-
L'assoc des médecins
Convocation de l'assoc. des médecins haïtiens en France
Même si la plupart des membres de l'assoc. des médecins ne sont pas venus à la réunion.
Le président, le docteur Jean-Marie Bernard, a présenté le bilan financier de l'assoc ainsi que celui de ses actions.
Ce qui est remarquable pour une si jeune association c'est son efficacité, la rigueur avec laquelle les actions ont été réalisées : la récolte et l'envoi de matériel médical en Haïti qui a été
bien récupéré sur place, dédouané et distribué à qui de droit.
Point par point avec persévérance et constance, sans emballement émotionnel, l'association fait son petit bonhomme de chemin.
Dunque, c'était un plaisir d'être comblé -et non frustré- par la qualité et le sérieux du travail réalisé par ces médecins haïtiens de France.
J'ai eu le temps de prendre un punch offert par La Maison d'Haïti, avant de filer à l'autre réunion.
2-
L'association des droits de l'Homme
Invitation au Centre Anacaona le 13 décembre à 19h
Mario Joseph, l'avocat appellé, "l'avocat des rat pa kaka" par les "braves gens" que vous connaissez était l'invité du centre Anacaona.
La salle était pleine d'un public composé d'Haïtiens et d'étrangers.
L'avocat invité a fait un exposé de la situation des droits de l'Homme en Haïti, surtout depuis le coup d'Etat de 2004.
Les arrestations injustifiées, les détenus maintenus en prison depuis 4 ans sans être jamais passés devant un juge, les prisons surchargées, la criminalisation
des pauvres,etc.
Mario Joseph a mis l'accent sur le retour d'une notion, qui paraît-il sous les Duvalier permettait d'envoyer n'importe qui à Fort-Dimanche, "association de
malfaiteurs".
Grâce à cette définition vague, n'importe qui, n'importe quand peut être arrêté et jeté en prison comme auau temps paradisiaque du "bon docteur " de l'éditorialiste
en chef du journal "Le Matin de Boulos".
Bref, Mario Joseph nous a présenté l'état des lieux d'une justice à deux vitesses et extrèmement polarisée, d'un côté les riches jamais inquiétés
et de l'autre les pauvres toujours inquiétés.
La représentante d'Amnesty internationale pour Haïti en France a présenté le travail d'Amnesty orienté, comme mentionné sur ce blog,
http://thereport.amnesty.org/fra/regions/americas/haiti
sur les violences faites aux femmes, les adolescentes et les enfants, en augmentation constantes depuis le coup d'Etat 2004 et la présence des "soldats
de la paix" sur le territoire haïtien.
Au cours du débat qui a suivi, l'avocat a répondu aux questions concernant l'enquête sur le meurtre de Jean Dominique, qui malgré la volonté du chef de l'Etat,
un ami intime de feu Jean Dominique, piétine.
Sur le cas d'Yvon Neptune, à l'inverse, c'est le chef d'Etat qui ne se montre pas enclin à suivre les injonctions du tribunal international, lui
recommendant d'apporter les réparations à Yvon Neptune, pour sa détention abusive pendant 2 ans et la fabrication de fausses accusations. Là, Préval cale et reste totalement
impuissant.
Face à l'impuissance du chef de l'Etat, pris dans un réseau de pressions et de contradictions, Mario Joseph a mis l'accent sur le rôle actif que pourrait jouer
la diaspora en constituant des lobby pour appuyer les mouvements progressistes en Haïti, pour dénoncer les fausses informations divulguées par ceux qui ont le monopole des média en Haïti,
pour apporter sa solidarité à ceux qui malgré les risques réels et quotidiens continuent à lutter pour l'avènement d'une société haïtienne juste et respectueuse des citoyens.
La rencontre s'est terminée autour de délicieux accras et patés, avec punchs et jus de fruits; tout ça dans une ambiance détentue, amicale et intelligente. Je me
suis régalée en sage et agréable compagnie.