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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un juge cravaté de rose arrête 3 journalistes dans l'exercice de leur fonction.

Publié par siel sur 22 Septembre 2012, 11:09am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

Une affaire étonnante, mais qui ne détonne guère dans l'ambiance installée par le pouvoir des cranes rasés (Tèt Kale).

Je l'ai lu sur Tout Haïti :link

Imaginez !

Des journalistes en train de couvrir un fait divers- un accident de la route ayant provoqué la mort de 2 personnes.

 

juge-anel-dimanche-tout-en-rose.jpg

 

Un quidam vêtu d'un costume bleu marine et arborant cravate rose

et pochette rose (rose racket ?) au veston, leur ordonne d'arrêter de filmer.


Les journalistes, qui font leur boulot, ne comprennent pas ce que leur veut cet individu qui ne s'est pas présenté.


L'individu insiste et demande aux journalistes de lui passer leur caméra afin qu'il efface le film.


Or, l'individu s'avère être un juge qui, devant le refus des journalistes de lui passer leur caméra,

ordonne au policier qui l'accompagnait d'arrêter les journalistes.

 

Ce genre d'incident pourrait passé pour de la simple bouffonnerie.

 

Cependant, pour les générations qui n'ont pas connu les moeurs et coutumes des macoutes, il faut savoir que chez eux bouffonnerie, bêtise et cruauté allaient de pair.

 

D'où le titre  du film "Les comédiens" qui narre  la dictature de Duvalier François.

 

Un macoute célèbre qui tenait un restaurant, avait pour habitude de forcer, parfois, ses clients à terminer leur plat. Cela prétait à rire. Les restavek et autres sousous habituels  trouvaient cela charmant, pittoresque. Les Haïtiens sont des comiques, n'est-ce pas !

 

Mais, il n'empêche que les clients en question s'empressaient de ne rien laisser dans leur assiette. Parce que - blague à part- le  restaurateur bouffon et macoute  pouvait, aussi bien, si l'idée lui passait par la tête,  sortir son arme et faire feu sur son client récalcitrant.

 

Un comportement arbitraire  et insensé  comme celui-ci, est  un  signe  qu'il ne faudrait pas prendre à la légère. Quand un type qui porte une cravate rose, juge ou pas, se transforme  dans le cadre d'un banal accident de la route en censeur de la pressse, qu'est-ce que ça pourrait donner si ces journalistes étaient en train de filmer une manifestation ou le tabassage d'un pauvre par un homme vêtu de rose des pieds à la tête?

 

Les zentellectuels , dont  bon nombre d'entre eux se trouvaient  du bon côté de la barrière, celle du pouvoir duvaliériste, ont passé sous silence tout un aspect du militaro/macouto/duvaliérisme, celui de cet arbitraire au quotidien qui pourrissait lentement mais sûrement- comme la peste- la vie des gens.

 

Savez-vous que des paysans ont volontairement arrêté de cultiver leurs terres et ont préféré s'exiler parce que tout simplement, ils en avaient marre, assez, des exactions des macoutes qui venaient sans cesse leur réclamer des produits, de l'argent et leur faisant des menaces ?

 

Cette histoire des paysans d'Haïti sus les Duvalier, on ne la connait pas. Parce que quel est l'inteellectuel qui irait s'intéresser au témoignage des paysans ?

 

Il vaut mieux prévenir que guérir  dit le dicton. Et donc,  commencer par mettre fin à cette mascarade  de rose qui non seulement nous humilie, nous Haïtiens aux yeux du monde entier, - (ah, ah, la première république Noire au monde après avoir fait sa révolution en rouge et noir en 1957 et  foutu à la porte  tous ses gens de bien, nous la rejoue cette fois-ci en rose, ah ah ! quels pitres)

mais  plus grave encore pourrait  s'enkyster- comme jadis le gros bleu des macoutes- comme  un laisser passé à tous les abus.


C'est à la jeune génération, celle qui n'a pas été complice de ce modus operandi, en fait de la   folie dans laquelle un groupe de psychopathes et mégalomanes a entrainé tout un pays, de veiller au grain. 

 

 


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