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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Panacea. AMOUR DE LA TERRE NATALE par JOE N. PIERRE

Publié par siel sur 17 Septembre 2012, 12:05pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES

 

 

EN GUISE D’INTRODUCTION

L’un des arguments des constituants et des adhérents de sociétés secrètes c’est d’éviter d’exposer des vérités qui risquent de blesser des gens qui ne sont pas suffisamment préparés pour les absorber. Beaucoup de visionnaires tels que Socrate, Jésus, Galileo, Martin Luther King, etc. sont sacrifiés pour avoir essayé d’exposer ce qu ’ils croyaient être des vérités. Le mensonge, au début, peut ne pas être aussi tranchant que la vérité, mais, à la longue, ses blessures pourraient être mortelles. Je suis désolé si je vous offense en essayant de dire ce que ma conscience perçoit comme vrai.

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EXTRAITS :

PUREMENT ET SIMPLEMENT: AGRICULTURE ET REFORESTATION


Parce qu’au su et au vu de tous, l’environnement du pays a depuis belle lurette dépassé son point le plus bas, parce que l’agriculture haïtienne n’arrive pas à nourrir 40% de la population du pays, tous les philanthropes qui éprouvent de la pitié pour leur pays voudraient foncer tête baissée et yeux fermés dans l’agriculture et le reboisement. Votre volonté de déchiffonner ou de ressusciter l’agriculture de votre pays fait partir de vos responsabilités, devoirs, droits, privilèges, etc. Personne n’a le droit de vous en dissuader ! Mais avant de vous aventurer dans l’agriculture et la reforestation, votre serviteur vous conseille de vous arrêter un instant !!!! Arrêtez-vous s.v.p. !!! Réfléchissez un peu !!! Partir des années 1920 (date de l’établissement de la première Ecole Centrale d’Agriculture d’Haïti) pour arriver à nos jours, Haïti a formé des centaines d’agro professionnels (ingénieurs-agronomes dotés de toutes sortes de spécialités). Seraient-ils donc tous des oisifs et des stupides qui ont laissé l’environnement et l’agriculture du pays se détériorer ? Des intellectuels, visionnaires et activistes de renom comme Schiller Nicolas, Anthony Lespès, Emile Roumer, Emile Saint-Lot, Louis Déjoie, Georges Cadet, Jean Dominique, Edouard Francisque, Jean André Victor, François Severin, Michel William et beaucoup d’autres sont formés ou recyclés à Damien. Mais comme votre serviteur l’avait déjà mentionné, si vous êtes déterminé (e) à initier (ou devenir un leader dans) un ou des projets de développement communautaire rural et agricole, vous voudrez (je présume) que vos projets réussissent et dépassent la durée de votre vie. Votre serviteur entend vous assister en vous rappelant qu’il y a des chiffres et des faits que vous devez d’abord connaitre parce qu’ils pourront vous aider à prendre des décisions salutaires pour vous-même et les vôtres. Sachez en tout premier lieu que LES PLANS ET OBJECTIFS DE TOUS VOS PROJETS DOIVENT ETRE CLAIRS COMME CRYSTAL. Dans les limites de ce texte, le serviteur ne peut pas vous donner tous les chiffres qui pourront vous être nécessaires. Pour plus d’édification, jetez un coup d’œil sur les deux textes (AGRICULTURE DE PAUVRETE ET REFORME AGRAIRE) qui vous seront attachés si vous avez du temps ou si vous ne les avez pas encore lus. Les parents du serviteur étaient des cultivateurs, mais personne ne les avaient jamais appelés « petits paysans », un terme aussi péjoratif que celui de « l’agriculture de grappillage » (Paul Moral) ou de subsistance (les jongleurs de la politicaillerie). Alors, si vous voulez aider à transformer le « petit paysan haïtien » en entrepreneur agricole, et changer « l’agriculture de grappillage et de subsistance haïtienne» en agriculture intensive et industrielle, vous devez au moins connaitre les chiffres approximatifs qui suivent.



LES CHIFFRES ET LES FAITS QUE LE BON SAMARITAIN DOIT CONNAITRE AVANT DE S’AVENTURER BENEVOLEMENT DANS L’AGRICULTURE ET LA REFORESTATION EN HAITI


Haïti a une superficie totale d’environ 2 millions 725 mille hectares. Selon la CIA World Fact Book, la superficie cultivable est estimée à environ 400,000 hectares. Le gouvernement haïtien, de son coté, a estimé la superficie agricole à environ 700, 000 hectares. Admettons, selon les données du gouvernement, que le pays a environ 700,000 hectares de terres cultivées ou cultivables. Presque tout le monde est d’accord que le pays contient aussi plus de 3 millions individus (ou environ 700,000 familles si l’on accepte une moyenne de 5 personnes par famille) dans le milieu agricole.

Avec ces chiffres à l’esprit, l’on dirait que le pays dispose d’un hectare par famille. Mais la situation est en réalité chaotique parce que, il y a des familles qui possèdent plus qu’un hectare de terre et même des dizaines d’hectares. Ce qui signifie que la majorité des familles essaient de survivre sur des parcelles de moins d’un tiers d’hectare. Haïti est passé maitresse dans le morcellement foncier à outrance. Toujours en accord avec les discours officiels, de la totalité des 700, 000 hectares, 400,000 sont localisées dans les pentes en état d’érosion plus ou moins avancée et ces terres sont situées pour la plupart dans des zones arides (à faible pluviosité).

Les 300,000 hectares restants sont des terrains plats (plaines, plateaux, fonds de vallées). Environ 80,000 hectares ou 26% de ces terres plates sont irriguées, mais cette portion irriguée n’est pas utilisée de façon intensive. (Dans un système d’agriculture intensive, les activités sont planifiées de sorte que les agriculteurs aient régulièrement du boulot à accomplir du premier janvier au trente-et-un décembre).

Sous la présidence de René Préval, le premier ministre Jacques Edouard Alexis avait échoué dans ses démarches qui visaient à faire passer le salaire quotidien du travailleur de factorerie à Port-au-Prince de 75 gourdes (moins de US$2.00) à 150 gourdes (US$3.75). En toute équité, quel serait alors le salaire des campagnards? Selon les données publiées par le gouvernement, plus de 75% de la population rurale vit en dessous du seuil de pauvreté (moins d’US$1.00/jour).

 

Dans un système agricole tel que le nôtre, sortant de la diaspora, qui allez-vous aider et où allez-vous transplanter les plantules de vos pépinières? Les ONG de la reforestation d’Haïti ne sont bonnes qu’à l’établissement des pépinières !!! (elles sont des Pyrams et des Polidors de Perlin tèt… epi après les pépinières… aprè : ANYEN !!!) Quelles espèces d’arbres allez-vous planter? Des espèces fruitières (manguiers, avocatiers, corossoliers, arbres-à-pain, agrumes, etc.) ou des espèces précieuses (chêne, acajou, cèdre, etc.)? Notez que les espèces précieuses prennent beaucoup de temps (plus que 20 années) avant de donner un peu d’argent à leurs propriétaires. Des espèces forestières comme les conifères? Espérez-vous revenir avec les caféiers et les cacaoyers? Allez-vous planter des espèces comme les acacias ou les gaïacs pour faire du charbon ou les nîmes pour décorer ou ombrager les boulevards et les places publiques? N’oubliez pas que la majorité des cultures vivrières comme le pois, le mais, le riz, le sorgho et la patate etc. sont des plantes héliophiles (elles ne vivent et ne produisent pas bien à l’ombre). C’est l’une des raisons pour les quelles les agriculteurs ébranchent ou coupent des arbres. Espérez-vous établir des pâturages et redéfinir le système d’élevage archaïque d’Haïti? Voulez-vous essayer les bambous pour l’exportation des meubles et d’autres produits artisanaux ou industriels?

Dans le domaine légal, depuis belle lurette, les autorités haïtiennes ont perdu le contrôle des soi-disant titres de propriétés. Les misérables du bureau du cadastre ont perdu le cap. Les faux papier-terres pullulent partout, et à ce sujet, ce n’est pas seulement le sang de l’empereur qui avait coulé. Jusqu’à présent, les descendants des descendants des grands dons continuent de temps à autre à déguerpir les occupants des terres des ancêtres de leurs ancêtres. Les machettes d’hier et des armes à feu d’aujourd’hui font souvent partie du menu. L’agronome Jean André Victor l’avait décrit en peu de mots (des terres sans papier-terres et des papier-terres sans terre). Depuis sous Duvalier, l’on a commencé à parler de reforme agraire. Les Constituants de 1987 avaient établi des bases pour la formation d’un « Institut National de la Reforme Agraire » ou « INARA », mais jusqu’à présent il n’y a eu que des mascarades de reforme agraire. 



UNE AGRICULTURE DE SUBSISTANCE ET DEFICITAIRE… MAIS… 


Allez demander aux agronomes et aux économistes de vous dire le nombre d’agriculteurs haïtiens qui ont un revenu ou un salaire décent dans la pure pratique de l’agriculture. La majorité ne pourra pas vous donner une réponse fiable. Si en Haïti, la plupart des agronomes possèdent une maison de quatre chambres à coucher et de quatre toilettes et plusieurs voitures, ce ne sont pas les bénéfices de l’agriculture qui leur ont donné leur argent. Ils reçoivent leur salaire des institutions de l’état, des projets financés par des organismes internationaux, et des ONG. L’agriculture haïtienne de subsistance n’est pas rentable. Le rendement moyen du riz est d’une ou de deux tonnes à l’hectare (comparé à 20 tonnes/ha en moyenne au Vietnam). A l’approche de chaque saison, le MARNDR s’empresse de distribuer des semences et quelques cuillérées de fertilisants aux « petits paysans ».

On a rapporté que plusieurs « petits paysans » mangent les semences qui leur sont distribuées même si ces semences sont au préalable traitées aux produits nocifs. La majorité des agriculteurs haïtiens vivotent dans leur propre univers d’ignorance et ne sont pas considérés comme des entrepreneurs capables de bénéficier des prêts considérables et de se donner un revenu décent. Ils sont simplement utilisés comme des objets de rédactions des plans de développement bidons et de négociations pour obtenir des fonds de développement qui augmenteront la richesse des experts nationaux et étrangers.

Ce ne sont pas les Dominicains, eux-mêmes, qui sont venus recruter leurs esclaves en Haïti. Une partie considérable de cette « traite » est induite et/ou organisée par des Haïtiens. Il y a dans le système agricole haïtien des chefs ou « des parrains » qui sont suffisamment riches pour envoyer la progéniture de leurs concubines dans des universités d’outre mer les plus chères, mais ces sangsues de l’agriculture de subsistance d’Haïti ne tirent pas leur richesse des profits de l’agriculture. Ils se sont enrichis dans la corruption en détournant les fonds de l’état ou en négociant avec les vautours des agences internationales telles que l’USAID, l’ACDI, L’UE, la FAO, etc.

Il y a des observateurs qui croient que ce sont ces vagues de mafiosos qui avaient systématiquement éclaboussé la Ferme Expérimentale de Damien au profit de leurs ONG ou de leurs firmes qui sont dirigés par des managers de doublure. Peut-être qu’à son retour sur la planète, le Galiléen qui prit une roquette pour l’exil, fera un petit tour chez nous pour mettre un terme à l’impunité et châtier ces cyniques. Répétons-le: l’agriculture haïtienne est déficitaire et continue à se détériorer (cote à cote avec l’environnement) en dépit de ces soi-disant plans de développement que les magouilleurs avaient vendus très chers et qui sont exposés sur les sites de l’état et des agences internationales.

Haïti continue à être une jungle où les pratiques de chien mangé chien ou des échanges mutuels de coups de poignards au dos font rage. Les corrupteurs et les corrompus continuent à marquer des points grâce à cette mentalité de prudence et de poltronnerie qui est à la base de l’échec du système de production agricole du pays. Quand votre serviteur était un étudiant en troisième année de la FAMV en 1970, le professeur de l’Agriculture, l’agronome Roland Latortue se plaignait qu’Haïti ne pouvait pas satisfaire son quota de 400 mille sacs de café (60 kilos/sac) sur le marché international. Haïti exportait alors 300 mille sacs. Sur chaque 100 dollars de café vendu à l’époque, les spéculateurs ou exportateurs (Brandt, Madsen, et autres) recevaient plus que 50 dollars, le gouvernement prenait plus que 30 dollars. Il restait alors moins que 20 dollars pour les caféiculteurs. Aujourd’hui, en 2012, Haïti est en train d’exporter moins que 25 mille sacs de café. L’on peut tracer à peu près la même image pour les autres cultures comme le riz ou la canne-à-sucre. 


L’une des causes de cet empirement de la situation, surtout dans l’agriculture, est que la majorité des dirigeants ne sont pas nommés sur la base de leur capacité intellectuelle et professionnelle et leur moralité. Ce sont surtout ceux-là qui se sont fait un nom en s’enrichissant à outrance dans la corruption impunie qui obtiennent les positions les plus élevées et les plus lucratives. Parce que ceux qui ont un peu de capacité professionnelle sont obligés de prostituer ce qui leur reste de moral pour survivre, ils ont peur de parler. Alors, messieurs et dames de la diaspora ou de soi-disant onzième département, si vous voulez retourner à la terre natale pour lutter dans la moralité contre l’immoralité, votre serviteur vous exhorte à vous mettre en selle, mais sachez que la victoire ne sera pas facile, surtout dans le domaine de la protection de l’environnement et de l’amélioration de l’agriculture. 

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JL 17/09/2012 15:00


Merci à notre serviteur de nous avoir gratifiés de cet article

siel 17/09/2012 19:52



C'est vrai que l'article est excellent.


Et il faudrait le faire circuler, tant sont nombreuses les assoications et le gens de la diaspora qui veulent bien faire


mais ignorent les  difficultés pièges qui les attendent.


Après l'échec, c'est la déblacle qui a pour conséquence, parfois, un rejet violent de toute forme de coopération avec Haïti et avec les Haïtiens.



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