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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 11:40

Un excellent article sur cet autre carnaval de Rio, dont j'ignorais totalement l'existence.

RIO DE JANEIRO (BRÉSIL) CORRESPONDANT CORRESPONDANT - Les plumes s'envolent, comme tous les jours depuis plusieurs semaines dans cette petite maison modeste du quartier Guadalupe de la banlieue nord de Rio de Janeiro. Elles flottent dans l'air du soir pour disparaître au fond du jardin. Marcos est debout, torse nu comme tous les autres occupants. La couleur rose du boa en plumes a déteint depuis longtemps sur ses mains. Avec ses épaules de camionneur et ses doigts colorés, il coud avec une application d'orfèvre les costumes posés en pile sur la table. Mâchoire serrée de boxeur impétueux, rien ne le perturbe.

Vigile de nuit, la quarantaine bien remplie, Marcos sait, comme tous ici, qu'il ne lui reste plus que quelques heures. Dimanche 19 février, peu après midi, en ce premier jour de défilé des écoles de samba du carnaval carioca, ils seront 150 à venir se déguiser devant la petite maison. Ensemble, ils formeront à nouveau le noyau dur de la bande des Indios pour aller défiler. Beaucoup plus si l'on compte les enfants, les proches et les curieux qui viendront par leurs propres moyens pour trois jours de processions, de fêtes et de compétitions scéniques, parfois rugueuses et même violentes, autour de cet autre carnaval appelé Bate-Bola, prononcer "batchibola", "frappeur de balle" en portugais.

Un carnaval quasi centenaire issu des quartiers pauvres et dont on ne parle jamais. Un carnaval off, plus populaire, plus audacieux aussi. Celui des zones nord et ouest de Rio. L'autre moitié de la mégapole avec ses trois millions d'habitants, loin, très loin des caméras de télévision venues du monde entier pour filmer les cortèges officiels du centre-ville, dans le mythique "sambodrome", ce bout d'avenue bordé de gigantesques tribunes de béton, aménagé par l'architecte Oscar Niemeyer et réservé aux évolutions carnavalesques traditionnelles.

"Le Bate-Bola est d'une force inexplicable, un moment d'amitié, de solidarité et de confrontations intenses où les gens se retrouvent par le bouche-à-oreille", glisse Marcos, les yeux sur ses travaux de couture. Il ajoute : "Il n'y a que quand je suis dans un bar que je jette un oeil à la télévision pour suivre le carnaval officiel."

Suite à  http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/02/18/le-carnaval-des-gangs_1645261_3222.html

Par siel - Publié dans : NUESTRA AMERICA
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Commentaires

Très intéressant cet article, merci de l'avoir partagé

Commentaire n°1 posté par Swiss Life Mutuelle le 23/02/2012 à 09h42
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