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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le centre-ville n'est plus déclaré d'utilité publique.Il est désormais "ouvert aux affaires"

Publié par siel sur 9 Juin 2012, 10:08am

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

J'ai lu ça sur le net:

 

"En éliminant le décret désignant le Centre-Ville de Port-au-Prince comme zone réservée, Le Gouvernement "affairiste" de Martelly-Lamothe a liquidé le futur de l'urbanisation haitienne aux intérêts speciaux de la spéculation foncière en Haïti. 1ere Partie 

 

 

Le 29 Mai 2012, le gouvernement de Michel Martelly a annulé le décret émis par le gouvernement de Rene Preval le 2 Septembre 2010 declarant le centre-ville d'utilite publique après sa destruction par le seisme du 12 Janvier. Cet arrete du 2 Septembre 2010 fut remplace par 5 autres arretes de Martelly-Lamothe qui, malgre le rapport de 5 a 1 en nombre de feuilles de verbiage, ont, en fait, reduit l'espace les 200 ha d'espace urbain reserve a la reammenagement par le decret de Preval en un minable corridor insignifiant a tout projet  de revivification urbaine.
 
Sans clameur publique, sans outrage, le Centre-Ville de Port-au-Prince a été liquidé aux intérêts spéciaux de la spéculation foncière. Face à l'apathie de l'opinion publique, les requins des chambres de commerce, les avocats tortueux, les notaires connus comme étant les plus grands voleurs de terre de la nation, les détenteurs de baux à fermes se sont organisés et ont forcé le gouvernement à leur concéder le centre-ville de Port-au-Prince qu'ils avaient laissé pour d'autres quartiers de la ville qui ne s'étaient pas encore détériorés comme le centre-ville avant le 12 janvier même.

 
Tout le monde s'est tu face à ces intérets puissants qui se sont, une fois de plus, accaparés de l'espace du centre-ville de Port-au-Prince qu'ils avaient abandonné à la ruine bien longtemps avant le 12 janvier 2010.

 
"Le président Martelly libere le Centre-ville" fut le titre pompeux et dégoutant du Nouvelliste. L'on  attendait mieux de ce vieux quotidien. Cependant les intérêts particuliers, les connivences, les filiations et la survie prennent souvent le dessus sur le bon sens élémentaire. Pendant ce temps, l'intérêt général, soit par manque d'enthousiasme, soit découragé par les meurtrissures criminelles qui ont décimé leurs rangs, soit par manque d'identification d'intérêts objectifs, ne s'est pas fait entendre assez pour être pris en compte. Les media, controlés par ces mêmes requins auxquels  l'espace urbain est livré en pature comme terrains stockés pour la spéculation. Ces spéculateurs ne vont rien construire de serieux sur cet espace. Ils ne font que le prendre en otage pour se faire de l'argent. Nos journalistes ne sont que des employés de ces gens et doivent contrôler leurs bouches s'ils veulent garder leurs emplois.
 
La liquidation du centre-ville de Port-au-Prince afin de satisfaire les intérêts particuliers de moins de 0.1 % de la population de cette ville qui ne vivent même pas dans la ville de Port-au-Prince est l'insulte ajoutée aux dommages du 12 Janvier 2010. Que ce gouvernement sache qu'en liquidant ainsi la chance a l'urbanisation rationnelle de la ville de Port-au-Prince, et d'Haiti en général, il ne fait que préparer les nouvelles catastrophes qui se produisent chaque jour, que ce soit sous forme de maladies causées par les eaux polluées, les effluves infectes, les accidents routiers, les inondations, et enfin, le prochain grand tremblement de terre, ou même une catastrophe volcanique.
 
Il est curieux que même ceux qui ont discuté et écrit extensivement sur l'histoire, la géographie, la sociologie de la ville de Port-au-Prince ne se sont pas fait entendre publiquement sur cette décision catastrophique d'un gouvernement dont le moto semble être "les affaires" pures et dures. Le gouvernement des affaires suit son chemin infernal, même quand ces affaires enrichissent un minorité infime: l'historien Georges Convington, les architectes, les urbanistes, les ecologistes, les environnementalistes urbains,  les ingénieurs, sociologues, les membres de l'Ispan, de l'academia, etc.
Le gouvernement de Michel Martelly et de Laurent Lamothe a bien testé l'eau afin de s'y engager. Après son retour de sa convalescence en Floride, Michel Martelly avait annoncé son intention obtuse de livrer le centre-ville de Port-au-Prince aux intérêts qui probablement pressuraient le gouvernement. Ces gens-la s'étaient organisés en groupe de pression dont le plus connu était le "SOS centre-ville". Les groupes d'intérêts generaux, mieux intéressés à leur survie, ou peu motivés par ce qui parait être très loin d'eux, ne se sont pas organisés pour présenter un front uni dans le but d'éviter ce forfait urbain. Les officiels de la ville comme le maire ou les représentants de cette jurisdiction au parlement ont longtemps été neutralises.
                            
Ceux qui se sont accaparés du centre-ville de Port-au-Prince n'y mettent les pieds que pour compter leurs mètres carré de terrain.
 
Les cris d'alerte n'ont pas été entendus et suivis sur ces forums. D'autres dossiers plus sensationnels ou plus grivois avaient pris le dessus. Personne sur ces forums ne s'était interessé à faire écho aux cris d'alarme. Les flatteurs et propagandistes du gouvernement ont detourné les attentions du public par leurs  bassesses, savantes et parfois violentes.
 
Ce qui s'est passe au centre-ville doit constituer un avertissement général de ce qui va se passer en Haiti dans les années à venir. Ce "gouvernement des affaires" se fout complement de l'intérêt général. Sa version des affaires est ce qu'elle est: l'intérêt des gens d'affaires, un petit groupe restreint d'individus représentés par les hommes et femmes d'affaires de notre société. L'intérêt général n'est representé que par la distribution de la menue monnaie à Cité-Soleil et des demi-sac de riz par la première dame, et non par des actions larges et concrètes dans le sens de l'intérêt général, telles que la création des structures physiques, sociales, économiques et politiques durables.
 
Ce schéma qui consiste à sauvegarder les intérêts d'une infime minorité de gens des affaires s'appliquera sans aucun doute àcette question d'exploitation minérale qui fait la fièvre dans le pays actuellement. Les gisements d'or et de cuivre suivront le même chemin que celui suivi par le centre-ville de Port-au-Prince: celui de l'accaparation des espaces, dividendes, profits et bénéfices liés à l'or, le cuivre et l'iridium d'Haiti par une infime minorité, au détriment de la vaste majorité de la population. Le cas de l'exploitation minière est encore plus dangereux par la magnitude des forces mises en action sur l'echiquier haitien: de super riches compagnies transnationales qui ont assez de leviers pour forcer les Regimes Internationaux a maintenir des armées extra-nationales en Haiti, à commencer par les mercenaires haitiano-etrangers qui avaient envahi Haiti a partir de la Dominicanie en 2003, pour etre remplacés par la suite, pour arriver aux militaires extra-nationaux de la Minustah.
Les forums représentent l'espace publique que les "fat cats" de la spéculation foncière haitienne ne contrôlent pas. C'est pourquoi les forums sont cruciaux a l'activisme nécessaire pour contrecarrer le pillage de la nation par les intér^ts speciaux."
 
L. Sept
3 juin 2012

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