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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


In Memoriam, Michel-Rolph Trouillot, 1949-2012

Publié par siel sur 8 Août 2012, 10:00am

Catégories : #CULTURE

J'ai trouvé sur ce blog :

Anthropology Report REAL ANTHROPOLOGY. REAL ANTHROPOLOGISTS.

 

une page dédiée à Michel-Rolph Trouillot, avec hommages

et  informations. Une autre page est consacrée à sa bibliographie.


 Michel-Rolph Trouillot–brilliant anthropologist, historian, inspiring thinker–passed away 5 July 2012. Devastating loss for anthropology, history, Haiti, all of us.

This page links to tributes, memorials, and news (refresh browser for updates). A separate page is dedicated to Michel-Rolph Trouillot’s bibliography.

 

 

http://anthropologyreport.com/in-memoriam-michel-rolph-trouillot-1949-2012

 

C'est vraiment un travail de recollection précieux, parce que les écrits de Michel-Rolph Trouillot, en dehors de ses propres livres, se retrouvent dans différentess oeuvres collectives.

Le fait de les avoir ici répertoriées, permet d'avoir une vue plus globale de son travail et de suivre lle parcours de sa réflexion au cours des années.

Il y aurait tout un travail de traduction à faire afin de rendre accessible ces analyses aux étudiants haïtiens, qui fort souvent, manquent cruelllement de cadres de références sérieux produits par des intellectuels et chercheurs haïtiens.

D'où répétitions, amnésies, hérésies et  sentimentalismes divers...

 

Dans la bibliographie, il y a ce texte, en anglais, sur le pouvoir qui s'intitule: La vulgarité du pouvoir.

Je m'y suis intéressé, non pas  par rapport à l'actualité d'Haïti, mais au slogan de Hollande, président de France :"Un président normal"

qui m'avait conduit à me demander si la normalité pouvait être un attribut du pouvoir.

Je me disais que vu les privilèges liés à la charge, vu le phénomène de cour,  vu la nécessité de donner à rêver à la populace,  les limites de cette normalité revendiquée  ne pouvaient être que relatives à l'exhibitionisme revendiqué par le pouvoir antérieur.

Tant que les structures mêmes du pouvoir n'étaient pas repensées, réorganisées, réformées, le "président normall" n'avait de normal que l'utilisation en forme de slogan publicitaire de ce terme.Un masque. pour s'adapter aux demandes des électeurs.

Une question à laquelle je réfléchissais hier encore.

Et puis,  je suis tombée sur ce texte de Michel-Rolph Trouillot qui apporte du grain à moudre à ma réflexion.

 

The Vulgarity of Power (Comments on A.Mbembe), Michel-Rolph Trouillot
Power is always grotesque: Ubu is always vulgar. To parody Montaigne, however high the throne, it’s never higher than the king’s ass. And indeed, from Rabelais to Montaigne, to the noblemen who competed to hold Louis XIV’s chamberpot, to the contemporary British fascination with the sexual frolics of Buckingham, or the U.S . media’s obsessive search for candidates in flagrante delicto, the titillation with the orifices and protuberances of the mighty may be as old as state power itself. . . .
Vulgarity is inherent in power–unless power denies itself. To say this is not to pass moral judgment on the actors but to understand the semiotics at work. From pharaohs to popes, from armadas to stealth bombers, power feeds on exorbitance: a higher horse, a majestic panache, a tiara, a lavish banquet, golden faucets in the bathroom. The imagery of power is excess. Excess, in turn, breeds vulgarity. To be sure, power sometimes attaches a mask onto the vulgarity it generates. If the mask is half successful, power glows, the populace applauds, and vulgarity lies dormant. Yet vulgarity is always there, for power cannot live without its imagery and that imagery begs for exuberance. The king needs a throne, and it is the tension between that need and the meaning of the throne, their actual proximity and fetishized distance, that generate the potential for grotesque that Montaigne picked up. (78)

 

Le pouvoir est toujours grotesque : Ubu est toujours vulgaire. Pour parodier Montaigne, quel que soit la hauteur du trône, il n'est jamais plus haut que le derrière du roi. En effet, de Rabelais à Montaigne, des aristocrates qui se battaient pour tenir le pot de chambre de Louis XIV, à la fascination contemporaine des Britanniques pour les tribulations sexuelles de Buckingam, ou l'obssesion des média US à la recherche du candidat pris en flagrant délit, le goût  pour ce qu concerne les orifices et les protubérances des dominants doit être aussi vieux que le pouvoir d'Etat lui-même...

La vulgarité est inhérente au pouvoir - à moins que le pouvoir ne se dénie lui-même. Cette énonciation n'est pas un jugement  moral par rapport aux aux acteurs, mais permet de comprendre les sémiotiques à l'oeuvre. Des pharaons aux papes, des armadas aux bombardements, le pouvoir se nourrit de l'exorbitance : un cheval plus grand, un panache majestueux, une tiare, un banquet luxueux, des robinets en or dans la salle de bains. L'image que donne le pouvoir est l'excès. L'excès à son tour, donne la vulgarité. Bien sûr, le pouvoir met parfois un masque à la vulgarité qu'il génére. Si le masque est à moitié réussi, le pouvoir brille, la populace applaudit, et la vulgarité se fait dormante. Cependant, la vulgarité est toujours là, car le pouvoir ne peut pas vivre sans son imagerie et cette imagerie demande de l'exhubérance. Le roi a besoin d'un trône, et c'est la tension entre ce besoin et la signification de ce trône, leur actuelle proximité et leur distance fétichisée, qui générère le potentiel de grotesque relevé par Montaigne.

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