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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Dimanche Orwell time. Nous sommes tous PRISmés.

Publié par siel sur 9 Juin 2013, 12:17pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

 

 

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The color scheme ranges from green (least subjected to surveillance) through yellow and orange to red (most surveillance). Note the '2007' date in the image relates to the document from which the interactive map derives its top secret classification, not to the map itself.link

 

Vous avez entendu les révélations de ces derniers jours sur le réseau étatsunien de surveillance  des mail, des tweet, dee facebook de leurs citoyens et des étrangers.


La nouvelle est arrivée via le Guardianlink


D'autres média l'ont reprise : link

 

En français vous avez, entre autres, ceci : link

 

Ce qui pose un souci dans cette collecte de données privées, c'est la possibilité d'utiliser le chantage pour faire taire les voix critiques.

 

Vous savez que chacun, homme, femme politiques, homme d'affaires ou simple quidam,  a des secrets qu'il partage parfois avec des intimes, à tort ou à raison, sur les réseaux sociaux.

 

Un enfant qui ne va pas bien, des ennuis financiers,  une liaison extraconjugale,  une homosexualité... etc  Toutes ces infos privées pourraient être utilisées pour faire pression sur quelqu'un qui gêne. Cela peut concerner un journaliste trop fouineur, mais aussi bien un concurrent en affaires ou un simple syndicaliste, ou une personne impliquée dans un combat contre les multinationales, les OGM, la vente des armes...


Bref, tout ce qui peut s'apparenter de près ou de loin à une pensée critique sur les gouvernants, la finance internationale et les abus perpétrés par ceux qui ont l'argent, les armes et les média, peut intéresser Big Brother.

 

A mes yeux, cet aspect de possiblité de blackmail, de chantage est le plus grave dans cette opération d'espionnage des personnes. C'est ainsi que des militants, on en a vu pas mal, peuvent être achetés, soudoyés ou même parfois disparus (Lovinsky Pierre Antoine )ou bien mourir dans des accidents de voiture qui tombent à point nommé.


Il me vient à l'esprit le cas du Dr Mathurin, un Haïtien qui pendant des années s'est évertué à alerter la population sur l'existence de pétrole et de mines dans le sous-sol haïtien.

 

Le Dr Mathurin est décédé dans un accident de voiture en RD dont aucune enquête n'est venue nous dire comment cela s'est passé. Etait-il au volant ? Seul dans la voiture ? A-t-il perdu le contrôle de son véhicule suite à une défaillance physique ? Son véhicule avait-il des problèmes techniques ? Le virage était-il dangereux ? Que faisait-il en RD ? Allait-il à un RDV ? Niente. Motus à mort et à vie.

 

Encore une fois, le Dr Mathurin travaillait depuis des décennies sur les ressources du sous-sol haïtien, linkannées pendant lesquelles il avait accumulé une grande somme de données, aujourd'hui passées, elles également, à l'infinitif du silence. (Passer à l'infinitif est une expression haïtienne pour dire mourir)


Pendant toutes ces années, le Dr Mathurin et son épouse ont été moqués par des intellectuels (en service ?) haïtiens les présentant comme des illuminés affabulateurs; et ignorés par la presse étrangère, alors même que Eurasian Mineralslink proclamait sur son site que ces recheches sur l'or haïtien étaient plus que prometteuses.


Le sujet était tabou.


Aussi tabou que le blanchiment d'argent de la drogue et d l'implicatiion des hommes d'affaires haïtiens dans cette opération.link


Ou bien que l'affaire Clifford Brandt et son réseau de kidnapping.

 

Ou bien que l'identité des véritables financiers des gangs qu'une récente énquête internationale  sur le terrrain, à l'intérieur même des gangs, vient de montrer.link


Sur ce blog, nous avons relayé  les infos sur ce sujet et créé à cet effet une rubrique" Haïti sous-sol". AYITI SOUS-SOL


C'est le séisme de 2010 qui va changer la donne.


En effet, certains signes, comme le débarquement en force des troupes étatzuniennes, ont attiré l'attention de pas mal de gens dans le monde.


Pourquoi un déploiement militaire d'une telle envergure ?


Pourquoi le silence de Préval et de son gouvernement, les premiers jours après le séisme? 


A partir de cela, il est devenu difficile de nier cette richesse du sous-sol haïtien, dont dans son Livre Blanc  intitulé "Investir dans l'humain" le parti Fanmi Lavalas avait fait un inventaire assez serré.link

 

Mal leur en a pris.. . Il y avait là  des informations auxquelles ne devaient pas accéder le peuple haïtien (qui heureusement ne lit pas). Ni les vrais patriotes ( qui heureusement n'ont aucun pouvoir).


En tous les cas, l'affaire avait été promptement réglée par un Coup, celui de 2004.  Et tout ce beau monde qui l'avait commandité se réjouissait du silence international sur les crimes des paramilitaires et des Ninja de Pétion Ville et de la Montagne Noire, de Latortue et de son équipe de bras casés, des milliards qui devaient pleuvoir sur "la nouvelle Haïti" du groupe 184, de la chasse aux chimères et autres leurres.


Tout était bien dans le meilleur des mondes, comme dirait Orwell, jusqu'au séisme où soudain on a commençé à voir apparaître timidement, sur la pointe des pieds quelques articles autour de la richesse présumée du sous-sol haïtien.


Avant, nous n'étions que des mendiants miséreux, de la pire race des restaveks. Un pays qui n'avait rien et que, par grandeur d'âme, l'international finançait.

 

Grandeur d'âme de la Communauté internationale. Les Haïtiens y on crû, comme ils aiment croire aux contes à dormir debout.

 

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Sauf qu'ils ont dû déchanter  (certains pas tous) en voyant de quelle manière la dite aide est retournée, fissa, aux bienfaiteurs de l'humanité .


L'arrivée d'un certain nombre de vedettes sur le terrain, telles que Clinton, dont on dit dans les milieux autorisés, qu'il possède pratiquement aujourd'hui toute la ville du Cap Haïtien et qu'il serait le deuxième, après l'Etat, plus gand propriétaire terrien en Haïti, a provoqué la curiosité de quelques rares internautes.


Rares, parce que sujet miné à toucher avec des pincetttes, peut vous envoyer faire un tour à l'infinitif.


Donnant raison au dicton haïtien "sa ou pa konnen, pi gran pase-w." En traduction non littérale : "Ne met pas ton nez dans ce qui te dépasse (et qui pourrait t'apporter des problèmes)


Dicton utilisé ad nauseam (comme l'Union fait la force) pour maintenir la population, surtout les classes dites lettrées, éloignées des intérêts fondamentaux et de la politique économique de leur pays.


D'où le manque d'intérêt pour ce domaine et la "spécialisation" des intellectuels sur la littérature et l'histoire événementielle, à base de  "un tel m'a dit que...",  tel  que le fait le Dr Gilot, brassant moult anecdotes superficielles,  tout en se gardant de toucher au fond.


Cette construction, d'un récit, d'une "narrative" comme le disent les Anglosaxons, à l'intention des classes moyennes, permet de les distraire et de les écarter des questions à même réellement de transformer la société haïtienne.

 

Ce contrôle est d'autant plus efficace, que  les éléments appartenant à l'appareil de l'Etat peuvent être soumis à toutes sortes de chantages, allant de la non-obtention de visas, jusqu'à des révélations embarassantes sur leurs vies privées.

 

De plus, en Haïti, on a vu le développement des téléphones cellulaires et la prise de contrôle des télécommunications et de l'internet par une société étrangère. Laquelle a montré son savoir faire intrusif lors des dernières élections pour la présidence et, plus récemment, au moment du "carnaval du 14 mai" fête d'autocongratulation de Martelly et du pouvoir Tèt Kale. Propagande de Digicel pour Martelly et bus affrétés pour fêter les 2 années de Martelly

 

De là, à penser que les communications et les mails de l'ensemble des acteurs politiques, de la société civile et des hommes d'affaires soient surveillés, il n'y a qu'un pas.


Il ne s'agit pas de paranoïa, mais de faits plausibles en regard de l'affaire PRISM

 

Il serait bon qu'ils prennent conscience que nous sommes tous, quel que puisse être notre niveau d'engagement,  de potentielles cibles de PRISM.


Héritage du "faire noir" duvaliériste, les Haïtiens (je parle des lettrés) continuent à se penser et à se comporter comme s'ils étaient encore dans un pays fermé  et isolé de la période de la dictature et de la guerre froide. Comme si il n'y avait d'interconnection avec le monde qu'à travers le commerce d'importation et les "littérateurs".


Pourtant, le séisme de 2010  aurait dû les alerter sur le fait qu'Haïti, "Etat marron" ou pas (vous savez ce que je pense de cette formule aux relents colonialistes, qui insulte les Marrons de la Liberté en amalgamant marronage à irresponsabilité) est bel et bien dans l'oeil du cyclone, comme le montre la carte des pays ( la Caraïbe en vert foncé) visés par cette surveillance étatsunienne.

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