Il avait bien caché son jeu, ce Chanoine Hollande, à jouer le farceur rubicond et gras-à-lard.
Au point que, même dans son camp, certains (et non des moindres…) s’y étaient laissé prendre.
Et le Fourbe tout autant, qui l’avait traité en baudruche dérisoire, un mollasson subalterne dont il ne ferait qu’une bouchée.
Une baudruche dérisoire, un mollasson subalterne…oui donc…
Au Bourget, le Chanoine avait dévoilé ses batteries avec une aisance et une clarté qu’on ne lui soupçonnait pas.
A n’en plus douter, il avait lu l’ Art
de la Guerre de Zun-Tzu .
Au rebours de L’Art de la Guerre du Fourbe qui était une
synthèse de Pif le chien et d’OSS117.
Même le Figaro-la-voix-de-son-maître reconnaissait une erreur de tactique
Le Fourbe devait de toute urgence modifier son angle d’attaque.
Ce ne serait plus le fromage blanc rougeaud, dont il se gaussait avec condescendance.
Désormais, ce serait l’incendiaire arrogant.
Mais, ce faisant, il le reconnaissait comme le seul à pouvoir le battre….
Ah !Ah ! avait ricané le Fourbe, il ne perd rien pour attendre ! je vais lui dépêcher le Beau Juppé d’Aquitaine, afin qu’il l’écrase d’une chiquenaude, cet arrogant qui ose me défier !
Le Beau Juppé n’avait rien écrasé du tout, et on avait vu, Ô surprise, « le meilleur des Papistes » décomposé, ne maîtrisant même pas ce tic de la paupière – ce qui était chez lui le signe d’un grand désarroi – face à un Chanoine hollande maître du jeu et se révélant un excellent débateur en renvoyant la balle, sans se démonter.
Le procès en arrogance s’était retourné contre l’arrogant d’Aquitaine, qui lui avait lancé, déconfit :
On verra ce que vous ferez ! actant par là même et prémonitoirement la défaite du Fourbe.
Le Figaro-la-voix-de-son-maître en était resté aphone.
Si le Chanoine Hollande avait été battu, il aurait eu droit aux gros titres et en première page.
Mais là, Juste un discret commentaire en bas de page, entre la culture de la fraise à Plougastel et un chien écrasé, rapportait le débat, en termes vagues.
Ce qui était bien reconnaître son avantage.
Les gazetiers ne s’y étaient pas trompés, en attribuant au Chanoine les deux oreilles et la queue
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