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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Avantages Comparatifs par Oscar Germain

Publié par siel sur 1 Juillet 2010, 09:00am

Catégories : #O.GERMAIN chronique


« Je ne m'étonne jamais de voir des hommes mauvais, mais je m'étonne souvent de ne pas les voir honteux. »

B.Saurin
J'’imagine, chers lecteurs, qu’à la lecture du titre, vous allez sûrement penser aux potentialités quí’Haïti peut offrir aux possibles intéressés. Il y en a toujours de ceux qui croient (j'en fais aussi partie) que notre « Ayiti Toma » regorge de possibilités, non seulement pour attirer l’investisseur étranger mais aussi pour inciter lí’investisseur haïtien (généralement plus récalcitrant que lí’étranger, malgré les apparences) à prendre des risques dans le pays, au niveau environnemental, dans le secteur culturel, dans la production agroalimentaire. Des domaines dí’intérêt stratégique pour le pays et dont la rentabilité économique est à ne pas négliger. Mais loin de là. On ne fait rien. À part « l’aide humanitaire » généreusement reçue, à part « l’aide à la Reconstruction » généreusement promise (et qui tarde à arriver), nous n'avons rien de concret.


J’imagine que penser à nos avantages comparatifs pourrait nous faire saliver, dans lí’attente des plats appétissants promis. Jusqu’à présent, des « manifestations dí’intérêt » qui ní’arrivent toujours pas à se concrétiser malgré la multiplication de rencontres.
Bon, au fond, chers lecteurs, je ne voulais pas parler de ces avantages, je voulais de préférence parler de ces « situations anormales », de ces « positions privilégiées » qui accordent un avantage énorme à certains individus par rapport à la majorité. C ’est comme si, pour suivre le « langage footballistique », un individu tirait profit de sa position antiréglementaire de hors-jeu, pour marquer un but. Pas un seul sinon plusieurs. L’un après lí’autre. L’avarice est toujours démesurée. Cela ne fait qu'alimenter nos contradictions. Sans elles, nous ní’en serions pas là. À ce point. Aussi pauvres. Aussi abrutis. La peur nous tient par le cou. La peur de l’échec qui nous couardise au point de nous empêcher, par lâcheté, d’assumer la responsabilité de notre dégradation et d’y apporter « remédiation ».


En effet chers amis lecteurs, je voulais surtout parler de nos contradictions qui ne font que profiter à une petite
minorité tout en pénalisant sévèrement la majorité. Les « Malice » en profitent. Ils sont tellement « saf », « Aloufa », que je me demande si le reste, le « peu » qu’ils vont vouloir laisser, va pouvoir servir au grand nombre restant. Je ne sais pas si vous avez suivi le « dossier de Ganthier ». Un individu, et un seul, et le nom m'échappe, « dit disposer » de 3.000 carreaux de terre dans la commune de Ganthier. 3.877,8 hectares de terre. Quasiment 39 kilomètres carrés. 0,14% du territoire haïtien. Un Petit État Insulaire de la Caraïbe. À lui tout seul. Le Roi de la Caraïbe. Je me demande comment quelqu’un peut arriver à accumuler une si grande quantité de terres dans un si petit pays. À peine vingt-huit mille kilomètres carrés.


Cela ferait du bien au pays de pouvoir lire la honte sur le visage de certains individus. « ...Prenez garde à vous, nègres et mulâtres ! Nous avons combattu contre les blancs. Les biens que nous avons conquis en versant notre sang appartiennent à tous. Jí'entends quí’ils soient partagés avec équité. » L’Empereur avait raison, mais, comme il se passe toujours chez nous, le temps fuit trop rapidement et la mémoire collective est de « courte portée ».


Chères amies lectrices, chers amis lecteurs, je ne sais plus à quel saint me vouer, ni sous quel « mur de lamentations » me posterner, ni à quelles « divinités » adresser mes demandes, pour réduire mon angoisse pour ce pays. J’observe, impuissant, que dans notre société, de plus en plus complexe, s’entremêlent les « irrationalités autochtones », les « contradictions individuelles », les « intérêts personnels », la « mesquinerie », pour interagir, dans un cadre de « désintérêt » à la « chose publique » et produire une « réalité objective » de « défaite sociale » qui ne permettra jamais la reconstruction du pays.


Alors, dans ce contexte de dégradation quasiment absolue, il résulte étrange dí’entendre dire qu’il y a « un plan pour le pays », que « nous savons où nous allons » et que « personne ne saura nous faire aller plus vite ou dans une direction qui ne sera pas bénéfique pour le peuple haïtien ». Je comprends maintenant pourquoi un ami physicien me disait que pour comprendre la politique en Haïti il fallait avoir des connaissances de physique car tout est question du « référentiel » utilisé. Deux individus peuvent donner deux interprétations différentes dí’une même action et les deux prétendre avoir raison. Pour nous entendre, il faudra que l’on se mette dí’accord, sur des choix de base, afin de se doter d’un « Référentiel » commun. Pour nous entendre, il faudra que l’on arrive dí’abord à un consensus. Réel ou Virtuel.Peu importe. D'autres pays ont eu à le faire avant nous.


Définitivement chers amis, il nous faut une nouvelle pédagogie, ou, pour mieux me faire comprendre, il nous faut établir une façon différente de concevoir ce « Nous le Peuple », que les Américains ont su développer jusqu’à la limite, au point de faire de leur pays le plus grand pays au monde. Sommes-nous réellement si différents ?
Oscar Germain
germanor2005@yahoo.fr
Juin 2010
Mercredi 30 Juin 2010
Haïti en Marche ï• Vol XXIV ï• N° 23

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