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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


A propos de l'identité des citoyens, par Arnold Talleyrand

Publié par Elsie HAAS sur 10 Août 2009, 09:39am

Catégories : #A.TALLEYRAND chroniques

 Les habitants de l'île d'Haïti, avant 1492, avaient appris à vivre leur humanité à partir d'une tradition orale basée sur la mémoire. Ils avaient transmis leur croyance et leur cultrure de génération en génération sans aucun souci d les enregistrer et de les archiver. Ils n'avaient donc aucun besoin d'immortaliser leurs leaders dans des livres.Ce groupe ethnique ne dépendait pas non plus d'un salaire ni de banques de données statistiques pour son épanouissement. C'était leur façon de vivre.

Quand les Européens avaient traversé l'Atlantique, ils avaient introduit en Amérique leurs idées et leur façon d'interpréter les évènements qu'ils avaient provoqués. Ils avaient transporté avec eux leur système métaphysique et leur culture. Ils avaient subjugué d'autres êtres humains avec des idées établies comme des concepts absolus. Ils avaient revendiqué un droit qu'ils avaient eux-même inventé : celui de posséder et de terroriser un autre être humain. Ils avaient, avec arrogance, promulgué leurs lois écrites comme les Lois de Burgos publiées en 1512 et le Code de Jean-Baptiste Colbert paru en 1685 après sa mort pour sanctionner l'institution esclavagiste et valider l'explotation sauvage d'êtres humains. Ils avaient documenté toutes les activités qui paraissaient nécessaires à leur système économique et politique.

Les conquérants européens avaient refusé d'accepter la civilisation des populations rencontrées sur les territoires qu'ils avaient conquis. Ils avaient volontairement et avec méchanceté endommagé l'environnement pour éliminer toute source de vie indigène. Ils avaient défriché les terres pour introduire de nouvelles cultures comme la canne à sucre. Ils avaient tué et décimé des populations entières et s'étonnaient, peu de temps après de leur disparition.

Pendant cette époque d'épouvante, depuis leur arrivée avec la croix et l'épée, les envahisseurs espagnols avaient employé une violence inouïe pour imposer leur façon de vivre. Ils avaient inventé des mots et ils avaient influencé leur signification suivant leur besoin. Pour empêcher toute résistance à leur conquête, ils avaient réduit la main d'oeuvre indigène à une déprimante dégradation morale et sociale. Pour eux ,le salut de tout être humain dépendait de ses rapports avec un passé écrit, accessible grâce à la conservation.

Et à partir de cette absence d'une écriture semblable à celle des civilisés de l'Ouest, les conquérants chrétiens avaient insisté sur la barbarie et la sauvagerie des ces gens qui circulent nus et qui n'ont pas d'armes selon les mots de Christophe Colomb dans sa lettre écrite aux souverains d'Espagne (1). En fait ils avaient déjà planifié, depuis 1485, (Antonio de Nebrija l'avait annoncé avant même de publier la première grammaire espagnole) de ne pas reconnaître le droit de toutes populations non chrétiennes et non européennes de vivre leur humanité à leur façon.

Avec le prétexte des croisades et de la propagation de la foi chrétienne, les papes comme instigateurs de guerre équipaient d'armes sophistiquées les fidèles pour combattre et terroriser les païens, les musulmans, les juifs et toute ethnie non chrétienne. Persécution, torture, tourment, mépris et massacre s'ajustaient au mode de pensée des civilisés de l'Ouest pour agrandir leur royaume et s'approprier les ressources des territoires soumis à leur pouvoir.

Les chefs politiques de la conquête de l'île d'Haïti, Ferdinand et Isabelle, avaient mis en application les théories exprimées dans la bulle pontificale Dum Diversas du pape Nicholas V publiée le 18 juin 1452. Pour justifier leur mainmise sur les ressources d'autrui, ils avaient décidé que tout individu, ignorant le Christ et refusant de l'accepter, devait subir la loi des chrétiens (2)

Notes
1-Lettre de Colomb écrite aux îles Canaries le 15 février 1493, siglée El Almirâte.
2- Davenport Frances Gardiner : European Treaties on the History of the US and its Depe,de,cies 1648. vol.1, P. 12. Voir aussi la Diplomatie au temps de Machiavel, 1892, tome 1,chap 2 sur le pouvoir international des papes.


Extraits de : A propos de l'Identité des Citoyens
, Arnold C. Talleyrand,Pour Cahier d'Histoire N°1,
pages 1,2,3

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