Il y a quelques jours de celà, je lisais avec un certain et relatif étonnement, très relatif -vu que d'après les experts diplômés es-Haïti, Haïti serait un pays extrêmement es-spécial-
que le film de M. Peck avait été tourné dans un lieu abandonné, la Citadelle, et que M. Peck en personne avait réussi cet exploit insensé de faire venir dans ce
lieu abandonné, je ne sais combien de repas par jour pour son équipe,etc. Voir: Raoul Peck : Retour en Haïti
http://www.telecablesat.fr/article/2009/06/23/Les-News-Raoul-Peck-Retour-en-Haiti-5278.php
En même temps, je me souvenais que -dans sa verte et virile réplique à la Sénatrice qui se plaignait de voir un monument
historique, classé par l'Unesco, transformé en hôtel pendant un tournage par un ex-ministre de la Culture de ce pays "de "nadie",Haïti, - que M. Peck avait noté, dans sa magnifique mise au point, l'incorrection d'un groupes de visiteurs du milieu scolaire qui auraient laissé trainer les papiers de leurs bonbons et friandises par
terre ; ce qui fait que son héroïque équipe avait dû nettoyer derrière ces jeunes barbares.
Donc, manifestement la Citadelle à cette époque-là n'était pas un lieu abandonné. Elle le serait devenue par la suite, s'il faut en croire l'article.
De même, quelle ne fut ma surprise de lire que le film narrait l'histoire d'un "roi (noir)" devenu Président. Je pensais qu'à l'inverse Christophe avait été président puis roi.
Mais peut-être, me suis-je dit, s'agissait-il là d'une autre version de l'histoire que nous ignorions jusqu'à présent et que l'auteur se proposait de nous faire
découvrir.
Mais, voici qu' à peine quelques jours plus tard, je lis que, en fait, ce n'était pas du tout, mais pas du tout ça.
Certes le lieu, la Citadelle était toujours considéré comme abandonné - pas de rectificatif à ce sujet- mais que M. Peck ne faisait pas du tout un film sur le roi Christophe mais sur la situation
contemporraine.
Christophe pa ladanl !
Exit le Roi Christophe.
Le "Moloch tropical" serait donc, maintenant, un Président avec une femme qui était avocate à New York, qui a crû en lui, elle qui ne connaissait rien
d'Haïti, et qui a découvert que le Président était un monstre bouffeur de bébés.
Il paraîtrait même qu'il y aurait des chimères qui portent des boucles d'oreilles, signe distinctif des dites chimères étudiées de près par d'autres réalisateurs, notamment dans "La fin des
chimères" et "Ghosts of Cité Soleil", "GNB contre Attila", films - n'en doutons pas- qui s'appuient sur une profonde connaissance des moeurs, us et coutumes de cette espèce connue
uniquement en Haïti.
Plusieurs auteurs de la même mouvance ont écrit des oeuvres grandioses - la preuve, elles ont été primées- dans lesquelles ils offrent un portrait fin et précis de la chimère qui, en général,
porte des locks, des dreads, est rasta, aime Bob Marley, le reggae, coupe les têtes des passants et habite Cité Soleil.
M. Peck vient d'ajouter à ce portrait, le port de boucles d'oreilles.
Finalement, d'après ce que l'on devine, il semblerait que M. Peck fasse allusion à M. Aristide, Président déporté en Afrique du Sud, suite à un
coup d'Etat.
Ou alors, il pourrait s'agir de l'actuel Président, M. Préval, puisqu’il est dit sur le blog consacré à son film, que le
réalisateur se serait inspiré de son activité de ministre de la Culture sous le premier gouvernement de Préval pour nourrir son scénario.
Moi, ce qui m'amuse là-dedans, c'est qu'il me paraîtrait bien plus simple, efficace et moins couteux, que M. Peck fasse un film autobiographique pour parler
du Pouvoir et de ses dérives. Comme, par exemple, celle (de dérive) d'utiliser un monument historique pour servir d'hôtel à une équipe de tournage. Ceci, grâce à l'absence de régulation, et au laisser-faire -pour ne pas dire abus de pouvoir-, toutes choses que l'auteur, par ailleurs, semblent vouloir dénoncer
dans son film. Une "occupation" de monument historique, qui aurait été totalement impossible dans n'importe quel pays démocratique au monde. Même en RD à côté de nous, où le gouvernement prend bien soin de son patrimoine historique, et ne laisserait jamais une quelconque équipe de film, fusse-t-elle
française, dormir, manger et travailler dans un lieu classé patrimoine universel par l'Unesco, comme c'est le cas pour la Citadelle. Mais M. Peck a sans doute raison, puisque les gogos lui disent bravo. C'est ça le Pouvoir !
Vient de sortir ...
Un document inédit sur la mémoire haïtienne
Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
En vente au restaurant haïtien:
Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40