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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 07 2009 10:12

 

Il y a un entêtement à creuser le trou dans la classe moyenne haïtienne qui tient du délire.

C’est à ne rien y comprendre.

Hughes Saint-Fort, linguiste de profession, s’escrime à leur faire part de son savoir,

tout ceci gratuitement et chaleureusement

Au lieu d’en profiter pour poser des questions et enrichir leurs réflexions,

ils s’enferrent sur leurs " connaissances"  qui ont plus à voir avec des impressions, des ressentis vieillots qu’autre chose.

Ils disent, moi c'est comme ça  que je l'ai écrit et je continuerai à l'écrire ainsi, Na !

C'est totalement puéril mais révélateur  de cette force d'inanition qui plombe tous les secteurs du pays.

Au moins, quand le paysan s'entête à faire du charbon de bois, c'est pour des raisons économiques.

Alors que là, il s'agit uniquement d'une question d'idéologie.


Le Saint-Fort, il est patient (et saint et fort) , il marche sur des oeufs leur fait forpolitesses

Mais néanmoins, ne lache pas le morceau et continue sans relâche.

Pour ma part, étant à 100% francophone au départ,

je n’ai aucun mal maintenant à lire l’ayisyen avec sa graphie, soit disant  « proche de l’anglosaxon » que Saint-Fort s’échigne à leur expliquer que phonétique elle est.

Bon, peut-être qu’il faudrait qu’il explique également ce que c’est que le phonème et que cela à voir avec les sons et non avec l’anglosaxon.

En tous les cas, je prends un plaisir lire les commentaires  en ayisyen sur le web,

le plaisir est  moindre quand il s’agit de textes plus longs.

Mais ceci relève de la pratique comme pour n’importe quelle langue.


Bref, cet entêtement phénoménal, se retrouve dans tous les domaines,

c’est comme quand ils te disent "Marchand Dessalines".

Tu as beau leur dire que la ville s’appelle Dessalines, mais ils te disent « oui, mais on a l’habitude".

Nom de Dieu ! les habitudes, c'est comme les vêtements, on en change, c’est pas à vie.


 Alors que, déjà, dans son livre " Le paysan haïtien" , M. Paul  Moral , publié en  en 1961 chez Maisonneuve et Larose, emploie le nom Dessalines tout court, amputé de son Marchand, pour désigner la ville.

EN 2009, dans la presse haïtienne comme  Le Nouvelliste" vous retrouverez sous la plume
 des journalistes, comme si de rien n'était "Marchand Dessalines".

 

Du coup, entêtement et absence de curiosité  = blablabla, radotes, stagnation, engorgement des neurones, et en définitive « pénurie de la pensée » ( copyright leslie Péan) qui maintient le statu quo.

On aura tout dit et en même temps rien dit.

ll y a quelque chose de  pathétique, de presque  nauséeux dans cette façon de s'accrocher aux restes de la colonisation et de l'esclavage.

Comme la  répétition  en boucles  de "  Haïti ancienne Perle des Antilles";

Faudrait quand même penser à avancer et si les artères rouillées ne le permettent plus

laisser la jeunesse vivre, 

écrire correctement sa langue maternelle de manière à ce qu’elle puisse  maîtriser correctement le français

et non "baragouiner"  le  français "bannann" qu'elle parle actuellement,

laisser cette jeunesse se développer, réfléchir dans sa langue,

rêver et monter des projets dans sa langue.

Et elle parlera plus vite qu'on ne le pense le français, l'anglais et l'espagnol


Il faudrait  essayer de comprendre.

L’étymologie de com/ prendre c’est  du latin  pre cum (« avec ») + prehendere (« saisir »).

C’est –à-dire « saisir avec l’autre » et donc poser des questions

et donc entendre  qui veut dire « diriger son esprit vers » vers le sujet dont on parle

et non pas vers soi et ses petites habitudes, ses « moi je » et ses peurs et ses propres frustrations.

Avoir de l'empathie.

Allez, ça ne demande qu'un peu de courage et de générosité.

Comme pour les 200 gourdes par jour.

 

Par Elsie HAAS - Publié dans : Réflexions perso
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