Un extrait qui me paraît assez significatif de la problématique actuelle de l'Occident. J'aime beaucoup la fin : " En attendant, la figure de l'odieux taliban, terroriste international et barbare sanguinaire, comme celui de l'ours russe, mal élevé, imprévisible et brutal sont deux
bénédictions pour les dirigeants occidentaux."
Ca ne vous rappelle rien ?
Cherchez un peu...
Faut se réveiller...
Si je vous dis : "la figure de l'odieuse chimère, futur terroriste international et barbare sanguinaire.."
Vous avez trouvé.Bravo.
Ca s'appelle "manufacture of consent"
Noam Chomsky, La manufacture du consentement ...
video.google.fr/videoplay?docid=-8506025126009141326
qui donne d'un côté les nobles, généreux, cultivés et repris épris de justice
grenn-nanbounda,
de l'autre les démoniaques lavalassiens, sanguinaires, barbares et tout le reste.
C'est une recette "made in néocon" qui a permis à Bush et Cheney et toute la joyeuse bande des "civilisés" de cautionner la guerre en Irak, la destruction du musée de Bagdad, la mort de
millions de civils innocents;
et qui oppose d'un côté,
la Kulturrrre, forcément occidentale, pardi ce sont eux qui ont les armes,
à la Barrrrbarie, forcément du Sud, pardi ce sont eux qui ont les matières premières et énergétiques.
Déshumaniser, l'autre, l'ennemi, le présenter comme une bête féroce de manière à pouvoir lui tirer dessus, quand il faut, comme il faut et avec applaudissements du public s'il vous plaït.
Quant au déclin économique qui touche également Haïti qui se trouve de facto dans le bloc occidental, on peut dire que le " Aristide est le problème" cri de ralliement lancé par le "chercheur du CNRS" en 2004, correspond à "Les gouvernants
cherchent par-dessus tout à éviter le tête à tête avec leur opinion publique, qui pourrait les conduire devant le tribunal de l'histoire. Pour cela, rien de mieux que de s'inventer des ennemis et
de livrer des guerres."
Probablement que dans 10, 20 ans, comme cela se passe aujourd'hui dans l'ensemble de l'Amérique Latine, la population haïtienne qui
aura évolué et pris ses distances avec la clique aux commandes du pays depuis 1957, demandera des comptes à ces dirigeants qui de 1957 à aujourd'hui se sont employés d'une dictature à un
coup d'Etat, d'un Fort-Dimanche à un massacre de Raboteau à les plonger dans la plus profonde misère.
Extraits :
Réinvestir le terrain des valeurs
L'Occident est confronté à une crise profonde qui le laisse désemparé. Son système économique produit toujours plus d'inégalités, sans plus créer de richesses. Le
niveau de vie se dégrade. La crise systémique menace, sans que quiconque puisse l'éviter faute d'être en mesure d'imaginer des solutions alternatives. L'Horizon est bouché et le déclin est
inexorable.
C'est pourquoi l'occident panique. Les gouvernants cherchent par-dessus tout à éviter le tête à tête avec leur opinion publique, qui pourrait les conduire devant le
tribunal de l'histoire. Pour cela, rien de mieux que de s'inventer des ennemis et de livrer des guerres. Plus symboliques d'ailleurs que militaires car l'Ouest n'a plus les moyens de ses
ambitions et plus guère de moyens de pressions sur ses nouveaux ennemis. La mondialisation qu'il a mis en place pour ses multinationales, fonctionne désormais au bénéfice exclusif des pays à bas
coûts de main d'œuvre et des exportateurs d'hydrocarbures. Aujourd'hui, c'est eux qui ont l'argent. L'occident n'a plus que des dettes et des besoins non satisfaits.
Puisque la guerre économique est perdue et qu'elle fera des dégâts que l'on fera tout pour cacher, il faut réinvestir le terrain des valeurs, le seul qui puisse
encore accréditer l'idée de la supériorité intrinsèque de l'Occident. Le clash des civilisations, voilà la solution pour demeurer, dans l'esprit de tous, le camp du progrès, de la liberté, des
droits de l'homme et de la démocratie.
Medevdev n'y trompe pas lorsqu'il appelle les américains à s'occuper d'avantage de leur économie et moins de politique internationale « parce que l'économie
américaine est au cœur de très nombreux problèmes »
En attendant, la figure de l'odieux taliban, terroriste international et barbare sanguinaire, comme celui de l'ours russe, mal élevé, imprévisible et brutal sont
deux bénédictions pour les dirigeants occidentaux.
L'Article :
http://www.marianne2.fr/Ce-curieux-besoin-de-s-inventer-des-ennemis_a90601.html
Par Elsie HAAS
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Publié dans : INTERNATIONAL
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