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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


S'ils le font au Cambodge nous pouvons aussi le faire en Haïti. N'acceptons pas comme incontournable, la privatisation de l'eau qui doit rester un bien collectif.

Publié par Elsie HAAS sur 24 Janvier 2009, 10:15am

Catégories : #DLO- L'EAU

Bon voila, je remets cet  article présenté en 2007 sur le blog .
Comme il me parvient que 
certaines personnes bienveillantes m'accablent d'insultes, me traitent d'intellectuelle à l'éducation  française jaquottante sans propositions, et j'en passe et des meilleures.
Pour cause de mes écrits contre la privatisation des biens communs à une nation et à l'ensemble de la population
biens qui ont été financés par cette population et dont la cession à un secteur privé
 s'apparente tout simplement à du vol.
Et des 5 documentaires montrés sur ce blog qui passent
en revue les dégâts de la privatisation en Bolivie, en Angleterre, en Afrique du Sud et  aux Philippines.
Ces documentaires au contenu clair et bien documenté, ce ne sont pas des zen,
montrent les répercussions négatives des privatisations de l'eau,
de l'électricité, de la santé
 et des chemins de fer
sur les populations de ces pays.
Le succès de la lutte contre la privatisation de l'eau par les Indiens boliviens
pour lesquels il s'agit d'un élément non seulement vitale mais sacré (comme ça l'était d'ailleurs auparavant en Haïti) montre que des solutions sont possibles.
C'est exactement ce que se refusent de voir les apologistes de la privatisation.
pour lesquels il s'agit d'un phénomène inéluctable
une loi divine
une sorte de destin fatal
auquel chacun devrait se plier sans discussions aucunes
c'est "femen djol ou"
Discussions terminées !
On sent que si on insiste trop
on risquerait de se prendre un bon coup de  baton makak

Comme quoi dans certains cénacles, il ne fait pas bon de s'en prendre au dogme
de la privatisation
à cet espèce
d'évangile
qui veut nous faire accroire que l'Etat c'est zéro et le secteur privé c'est le paradis
un credo véritable lavage de cerveau
pour nias
qui permet aux pauvres de dire merci  Digicel quand ils se font plumer.
ce crédo est
tous les jours questionné  par des gens -comme le prix Nobel, M.J Stiglitz, ancien  directeur de la BM.
quand même un expert en la matière et pour son malheur un brillant  intellectuel,  de surcroit étatsunien
Born in the USA !
Pas du tout avec une mauvaise éducation à la française !
Et qu'est ce qu'il dit  ce Monsieur Stiglitz ?

"Pour de nombreux observateurs africains, l’importance accordée désormais à l’intervention de l’Etat pour remédier aux carences des marchés semble marquer un nouveau recul des doctrines du FMI, de la Banque mondiale et des bailleurs de fonds. Au cours des dernières décennies, ces institutions ont contraint de nombreux gouvernements africains à libéraliser leurs marchés et à opérer des coupes sombres dans les dépenses publiques.
L’éminent économiste international Joseph Stiglitz juge que les conséquences de ces politiques ont été le plus souvent catastrophiques. Dans les pays en développement, «la libéralisation des capitaux et des marchés financiers n’a que rarement débouché sur la hausse de la croissance escomptée, mais a au contraire aggravé l’instabilité», a-t-il affirmé..;"

http://www.latribune-online.com/crise_08/10802.html

On me somme  impérativement de trouver des solutions techniques
Ce qui me fait doucement rigoler.
comme si j'avais la science infuse
comme s'il n'existait pas des professionnels  haïtiens capables d'apporter des réponses
à la fois financières et techniques
à la restructuration d'une entreprise publique.
 Par contre Il en existerait pour une entreprise privée.
Bizarrement dans le secteur privé, il y aurait des génies, scupuleux pas corrompus, efficaces et tout ça.
Des petits anges quoi !
C'est particulièrement étrange parce qu'en Haïti où pratiquement tout- hélas! -
a été privatisé : santé, éducation, transports, communication  notamment,
on a du mal  jusqu'à aujourd'hui
à constater les bienfaits du secteur privé et les retombées magnifiques
sur la population.
De ce que j'ai pu observer sur place, ce secteur privé donne
plutôt l'impression d'un parasite installé
comme une mouche tsé tsé  (mouche que l'on retrouve en Afrique subsaharienne)
sur le dos d'un boeuf
qui vit de son sang.
Ceci dit, je ne suis pas une experte
Peut-être que je me trompe
 et que ces billionnaires  les plus riches de la Caraïbes
ont travaillé à la sueur de leur  front
pour tirer quelque chose
de  ce pays de misère

D'aucuns même déclarent que la minoterie serait  un succès.
C'est une blague ?
Succès financier peut-être pour une minorité.
Sinon pourquoi le prix de la farine serait si élevé?
A mon avis le succès de cette entreprise tient surtout
au fait qu'elle soit subventionnée par l'Etat
qui  n'est même pas capable en échange d'imposer
un prix fixe comme cela se fait ailleurs dans les partenariats privé/public.

De toutes les façons, il est  impossible de convaincre quelqu'un
qui part d'un principe faux  à la base :
à savoir qu'une entreprise doit être privatisée parce qu'elle fonctionne mal.
C'est totalement aberrant économiquement mais le raisonnement
est de peu de valeur face à la foi inébranlable dans les vertus du libre marché.
Et de plus je ne suis pas missionnaire !

Néanmoins, pour ceux qui  désireraient continuer pas à pas
cette réflexion au coeur même des choix d'orientation économique du pays,
voici donc l'article publié en 2007
qui montre comment la Régie publique des  Eaux cambodgienne,
véritable "cadavre" pour reprendre les mots
d'un internaute, "un champ de ruines "
pour reprendre les termes de l'auteur
est devenue  une réussite.
 Réussite due, entre autres,  à la conviction, au courage et au savoir faire d'un homme
 qui a su mobiliser une équipe.
Pourtant la corruption n'est pas mondre au Cambodge qu'en Haïti.

Parce que s'il y a un argument que je déteste, c'est celui  qui consite à présenter Haïti,
 comme un "singulier peiit pays"
une sorte de monstre qui aurait pour particularité de ne pas être capable d'évoluer,
de s'intégrer, de s'ouvrir au monde, d'échanger
Une vision à la papadoquisme, un enfermement, dont j'ai horreur
et qui fait le bonheur de ceux qui veulent  encore et toujours  plus s'enrichir
sur la zombification
Parce qu'à l'inverse de ce que dit un  autre internaute farouchement pro-privatisation
c'est chez les pauvres
que l'on fait le + d'argent.
Ils dépensent le peu qu'ils ont pour consommer.
Il n'y a pas d'investissement lourd à faire.
Tout est bénéfice.
Comme disait Coluche (un comédien français, oui, oui français)
"C'est l'enfer des pauvres qui fait le paradis des riches"

Mes commentaires de l'époque à la fin de l'article  montrent que
les articles ne sont jamais gratuits
ce sont des outils de réflexion pour l'action.

Par ailleurs, cher Guy Cétoute, je trouve que tu as bien du courage
 de vouloir dialoguer  avec   de si grands personnages.
Mais n'est-ce pas un peu vain ?


L'ARTICLE :

21/11/2007
Sources : http://aventure.blogs.liberation.fr/eautour_du_monde/2007/11/a-phnom-penh-la.html

A Phnom Penh la Régie fend les eaux

On nous l'a répété plusieurs fois le long du Mékong, il y a à Phnom Penh un service d´eau à la qualité exceptionnelle. Et il y a un homme, à la tête de l’établissement public qui en a la charge, dont on vient chercher les conseils de toute la région. Arrivés dans la capitale cambodgienne, nous nous empressons d’entrer en contact avec le président de la Régie des Eaux, Ek Sonn Chan, pour découvrir ce qui se cache derrière cette impressionnante renommée.
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L’histoire de la Régie des Eaux commence pourtant sur un champ de ruines, celui du Cambodge. En 1990, quand la souveraineté du Cambodge est rétablie, 7 ans d´abandon lors de l´occupation de la capitale par le régime des Khmers Rouges (1975-1979) et plus de 20 ans d’une gestion approximative à cause du manque de moyen et de la corruption ont rendu l´entreprise et ses infrastructures moribondes : centres de traitement hors service, fuites dans les canalisations, détournements… 70 % de l´eau sortant des usines de traitement n´arrive pas chez les clients.

Malgré de premiers efforts les progrès tardent encore à se faire sentir quand en 1992 Ek Sonn Chan prend la tête de la compagnie. Cette dernière entreprend alors ce long travail de reconstruction et de développement dont le succès est aujourd’hui cité en exemple. Pour juger de la qualité d´un service d'approvisionnement en eau, on utilise souvent des indicateurs chiffrés. A leur aune, la Régie de Phnom Penh en remontre à ses cousines occidentales. Moins de 10 % de pertes techniques (les fuites), des factures réglées à plus de 99%, 85 % de la population couverte, soit 150 000 clients, et un service assuré 24h/24. Ses comptes suivent même les normes occidentales et sont audités par un cabinet international.

Derrière cette renaissance, il y a pour partie les 113 millions d´euros qui ont été apportés à la Régie des Eaux, entre 1993 et 2005, sous forme de prêts (30%) ou de subventions (70%). Cette somme ne représente pas moins de 40 % de toute l´aide attribuée au Cambodge dans le domaine de l’eau et de l´assainissement ! Mais dans un pays où la corruption est endémique, l’aide financière est une arme difficile à manier… cette manne n´aurait pu porter ses fruits, et n´aurait pas été si importante, sans la reconnaissance de la qualité du travail des équipes de la Régie.

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    Sur les bords du lac Boeng Kak à Phnom Penh, lors de la livraison d'eau en bouteille aux hôtels de routards.

Ek Sonn Chan nous le rappelle en nous racontant les premiers temps de sa prise de fonction. Après quelques premiers mois où il prit notamment le temps de rencontrer l´ensemble de ses employés, il décida d’une série de mesures visant à augmenter drastiquement l’efficacité et le professionnalisme des équipes. En premier lieu il éloigna ceux qui se rendaient coupables de détournement et de revente d’eau, une activité annexe lucrative pour certains employés peu scrupuleux. Puis il augmenta les salaires, encouragea la prise de responsabilités par les jeunes ingénieurs méritants et imposa une stricte discipline tant sur les horaires de travail que sur l’habillement. Nous l´avions remarqué en arrivant, ici, tous les employés sont en uniforme.

Mais après la reconstruction, les employés de la Régie sont confrontés au défi du développement de l’entreprise. La croissance rapide de Phnom Penh et la qualité du service ont en effet pour conséquence de faire augmenter le nombre de clients et leur demande en eau. Il s’agit donc à présent pour la compagnie de mettre en place de nouvelles usines de traitement et des extensions de réseau. Ek Sonn Chan et ses équipes n’ont pas le temps de se reposer sur leurs lauriers.

Les ministres et hauts fonctionnaires haïtiens qui vont et viennent de colloques en réunions, de séminaires en conférences seraient fort avisés de se construire un agenda de visites  d'expériences réussies existant dans le monde  du Sud (où les conditions se rapprochent de celles d'Haïti) en relation avec les besoins du pays.
Je suis convaincue que M. Ek Sonn Chann, le patron de la régie d'eau cambodgienne, les accueillerait à bras ouvert et partagerait volontiers son savoir faire. Tout un chacun aimant voir son travail reconnu.
Ce petit pays d'Haïti, avec sa population travailleuse et intelligente, saurait n'en doutons pas tirer profit des réussites des autres. Le ministre pourrait aussi être accompagné, de cadres, d'ingénieurs et de simples travailleurs qui pourraient eux-mêmes constater de leurs yeux et de retour au pays en faire le récit à leurs camarades. Utopique ? Non totalement pragmatique.

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