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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Quelques réflexions à propos du film brésilien «Tropa de elite».

Publié par Elsie HAAS sur 18 Octobre 2007, 17:20pm

Catégories : #REALITES DU BRESIL

Comme "Ghosts of cité Soleil" du babyDanois, dont je refuse de me rappeler le nom et dont le papaDanois à Jacmel, etc..., vous voyez de qui et de quoi je parle; ce type de film peut être rangé dans la catégorie blackexploitation.

Le premier but, clair, net, sans compromis, sans ambiguïtés est de ramasser beaucoup de fric,  de faire un bon coup. La stratégie est connue de tous les colonisateurs et autres prédateurs.

Puis vient le politique. Les mercenaires intellectuels et/ou artistes, ceux qui sont  très liés au pouvoir dominant qui sait les récompenser (prix, bourses, conférences, voyages, fonctions, commissions, etc.) pour services rendus, ont pour rôle d’aider au musellement des pauvres et tuer dans l’œuf d’éventuelles révoltes.

 Ces intellectuels/artistes dissimulent leur sale boulot derrière la liberté d’expression, la défense des droits de l'Homme ou bien évoquent la dimension artistique de leur travail pour  faire passer leurs basses attaques contre les populations des pays du sud.

Un film comme celui de Najman : «Royal  Bonbon » titre qui annonce clairement la couleur, réminiscence  d' un « ya bon banania »,  qui dénigre allègrement, mutile sans pudeur, ridiculise passionnément, l’histoire du Roi Christophe est salué comme une œuvre artistique (sic) et, bien évidemment, remporte un prix .

Imaginez un instant les réactions de violence, si un réalisateur Noir  haïtien, s’aventurait à peindre de la sorte un personnage historique appartenant  à un autre pays, pour ne pas le nommer ! Le pauvre n’aurait plus qu’à mettre sa carrière aux oubliettes, changer de métier, voire de pays ou bien à se confondre en  excuses et en mea culpa pour « sauver sa peau ».

Passer en dérision, l’histoire de l’autre, de préférence celle du  Noir africain, antillais ou sud-américain parce que sans défense, faire en sorte que ceux-ci applaudissent  des deux mains à  leur propre avilissement est une arme dont les effets  redoutables  ont été  décrits  par un Fanon, ou un Albert Memmi, entre autres auteurs qui ont travaillé sur l’intériorisation du sentiment d’infériorité et ses conséquences sur l’individu et sa société. "Royal Bonbon" maîtrise parfaitement cette technique d’intimidation et vise droit dans la cible, puisque celui qui accepte de se prêter, corps et âme, à cette mascarade, Dominique Batraville, est un écrivain/poète/journaliste  estimé pour son travail.

Mais,  il ne s’agit pas simplement de pousser à intérioriser l’infériorité,  il faut  encore habituer à accepter la cruauté,  la torture et toutes les formes de violences commises sur ceux qui pourraient être les propres enfants, la propre famille du spectateur dans le cas d'un film. Comme du temps de l’esclavage, quand le marron recouvert de sucre,  attendait au vu de tous ses  frères impuissants à le secourir, que les fourmis terminent de lui bouffer le visage. Peut-être que, à cette époque aussi, certains esclaves de maison, passaient en rigolant à côté du condamné. Qui sait !

Il faut désinhiber les Occidentaux. A Paris les " nouveaux-néocons" _ex-nouveaux-philosophes_, utilisent le mot décomplexé. C'est- à-dire s’autoriser à insulter en public, mais attention, exclusivement les Noirs,  tantôt ce sont les Antillais français, tantôt les Haïtiens, tantôt les Africains. L'ensemble de la communauté est ainsi visée mais en ordre dispersé en utilisant les divisions internes et la peur. Le discours du président français à Dakar, une illustration de ce style décomplexé, vient à la suite d'une longue série inaugurée par l’animateur d’une émission du samedi matin sur France culture, pour ne pas le nommer.

 De même que  certains affirment que  la colonisation a des aspects positifs, que c’est pour son bien que le maître punit l’esclave, de même les méthodes barbares utilisées par la police à l’encontre  9 fois sur 10 de jeunes Noirs sont censées protéger des barbares (en Haïti des chimères). De même, le gouvernement étatsunien est censé protéger "le monde libre" des "terroristes"  en utilisant des méthodes similaires. Aux USA, les chiffres disent que la majorité des emprisonnés sont des jeunes hommes Noirs.

Il s'agit de duper la classe moyenne toujours prête,  pour maintenir ces quelques  privilèges, à applaudir  au massacre des plus pauvres qu'elle et à courber l'échine face aux plus riches. En réalité, ce système de nettoyage permet surtout de liquider des "petits" trafiquants devenus trop puissants, trop riches, trop armés, trop indépendants, parfois trop populaires et à les remplacer par d'autres. Car, il est clair que les gros pontes ont besoin de ces intermédaires pour vendre leur marchandise. Comment pourraient-ils s'en passer ? Et qui oserait chercher noise à ces gros pontes qui financent l'économie  et la politique avec l'argent blanchi ? Pour preuve d'après les dernières statistiques le trafic de la drogue se porte de mieux en mieux.

 Un autre objectif très important de cette chasse aux délinquants des favelas, est de construire un mur de haine entre les classes moyennes et les pauvres de manière à empêcher un front commun contre la pauvreté, l'injustice et les disparités effrayantes de niveau de vie qui grèvent ces sociétés, brésiliennes, colombiennes, boliviennnes, mexicaines, honduriennes et...haïtiennes.

Si les objectifs du gouvernement brésilien étaient autres que d’exercer un total contrôle sur la population pauvre, noire et métisse et masculine, il se serait attaqué aux causes réelles de la délinquance : exploitation, injustice et pauvreté.

Il suffirait de programmes sociaux adéquats qui permettraient  à ces gens des favelas de vivre pauvrement mais dans la dignité. Mais  :
" People of privilege will always risk their complete destruction rather than surrender any material part of their advantage.”John Kenneth Galbraith
Traduction: Les privilégiés préfèreront risquer leur complète destruction plutôt que d’abandonner  une petite part de leurs avantages. John Kenneth Galb

On a dit que le Brésil a  désiré prendre la tête des troupes de l'ONU en Haïti pour se voir octroyer une place  au Conseil de sécurité de cette organisation. Mais, est-ce qu'on ne pourrait pas penser que cette place  lui a été donnée,  à cause de,  comme on dit,   sa grande et longue "expertise" en matière de répression et précisément des jeunes hommes Noirs dans les favelas ?

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