Le Groupe de Recherche sur la Relation Enfants/Médias,
en collaboration avec le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir
présente
Fille, garçon, stéréotypes et genre dans la littérature jeunesse,
les encyclopédies et les ouvrages scientifiques
(2° partie)
mercredi 28 mars 2007
Auditorium Laroque
28, place St Georges
75009 Paris
9 h 30 - 17 h
10 h : Comment construit-on le genre à usage des enfants dans la littérature de jeunesse ?
Exemple de la liste de référence de littérature pour le cycle 3 de 2002 proposée par l’Éducation nationale
(Cette intervention annulée lors de notre précédente journée en novembre pour des raisons indépendantes de la volonté de l’intervenante et de nos 2 organismes est reprogrammée.)
Les inégalités homme/femme prennent appui sur des représentations du genre “incorporées” par les individus et qui, comme toute représentation sociale, s’ébranlent lentement. Ainsi, dans les années 1970, les stéréotypes liés au sexe contenus dans les livres de jeunesse et les manuels scolaires avaient été mis en cause comme source de maintien et de renforcement des inégalités homme/femme. De nombreuses recherches avaient alors été consacrées entre 1965 et 1985 à la définition et à l’identification du “sexisme”, ainsi qu’à la préconisation d’actions en vue de son élimination.
Trente ans plus tard, il a semblé important de revisiter dans les livres, au-delà des stéréotypes, les représentations du masculin et du féminin, en se fondant sur les concepts de genre et de représentations sociales et en mettant en œuvre une méthode quantitative. Divers vecteurs socialisateurs ont ainsi été passés au crible : les albums illustrés, la littérature de jeunesse, les manuels scolaires, la presse magazine.
L’auteur a choisi de présenter, dans le cadre de cette journée, quelques résultats du travail mené sur la première liste de référence de 180 œuvres de littérature de jeunesse choisie par l’Education nationale en 2002 pour des élèves du cycle 3. Il a semblé en effet pertinent de comprendre quel « système de genre » fonctionne dans les œuvres classiques et contemporaines choisies. D’une part, les programmes scolaires soulignent avec force que l’enseignement de la littérature à l’école est la voie privilégiée pour comprendre le monde et construire un idéal et la valeur « égalité » est la pierre angulaire de nos sociétés démocratiques ; d’autre part, l’Éducation nationale française, confrontée aux discriminations et aux problèmes de violences sexuelles et sexistes, est signataire depuis février 2000 d’une convention interministérielle pour l’égalité hommes/femmes.
Sylvie Cromer, Maître de conférence, Sociologue, ses travaux portent dans une perspective de genre, d’une part sur la violence faite aux femmes (notamment le harcèlement sexuel) et les représentations sociales sexuées dans les vecteurs de socialisation, albums illustrés, littérature de jeunesse, presse magazine, manuels scolaires. Elle est responsable scientifique du programme de recherche européen Attention Album! sur les représentations du masculin et du féminin dans les albums illustrés de 1996 à 1999. Et co-responsable scientifique avec Carole Brugeilles (Paris X) et Thérèse Locoh (INED) du Réseau International de recherche sur les représentations sexuées dans les manuels scolaires (RIRSS) depuis 2004.
Auteur avec Carole Brugeilles, Analyser les représentations du masculin et du féminin dans les manuels scolaires. Ceped, collection « Les clefs pour… » 2005, 136 p.
11 h 30 :
A partir d'un corpus d'encyclopédies sur le corps destinées aux enfants, il est possible de montrer comment les explications -scientifiques ou déclarées comme telles- du corps, de sa biologie et de son anatomie, sont construites et façonnées par des normes symboliques, et
notamment la différenciation genrée. De façon dialectique, ces explications contribuent à fonder "en nature" les inégalités de genre, et ce dès le plus jeune âge.
Christine Détrez est maître de conférences en sociologie à l'Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines. Elle a publié Et pourtant ils lisent, avec Christian Baudelot et Marie Cartier (Seuil, 1999), La construction sociale du corps (Le Seuil, 2002), Corps et société (avec Muriel Darmon, La documentation française, 2005) et A leur corps défendant (Le Seuil, 2006).
14 h 30 : "Dessine-moi une informaticienne..."
Dans toutes les disciplines relevant des sciences et techniques, on peut constater une progression visible de la part des filles dans ces 30 dernières années, au point qu’elles sont devenues majoritaires en biologie.
Toutefois, les études informatiques échappent à ce progrès. Depuis une quinzaine d’années, le pourcentage des informaticiennes est en régression, à la fois dans les études d’informatique et dans les métiers des Technologies de l’information et de la communication (TIC). Les garçons en revanche sont pris d’un véritable engouement pour ces filières. Alors que les usages des TICs sont très variés et passionnent aussi bien les garçons que par les filles, le stéréotype de l’informaticien reste toujours aussi fort, pesant lourdement sur les représentations des étudiant-e-s. Si l’on se contente des images et histoires racontées dans les livres de diffusion scientifique de la littérature de jeunesse, l’informatique apparaît comme un domaine créé, développé, installé et paramétré par des hommes pour des hommes. Pourtant, il est indispensable de donner une image différente de l’informatique et de présenter des modèles d’identification positive si on désire que cette discipline attire une population d’étudiant-e-s plus mixte. Dans ce but, le projet européen ADA a crée des Cybersodas : des stages d’informatique à destination d’un public adolescent dans lesquels la problématique du genre est présente : d’une part en interviewant des informaticiennes, d’autre part en présentant des activités aux thèmes variées mettant en valeur des compétences que beaucoup de filles mettent déjà en œuvre sur l’ordinateur.
Isabelle Collet, ancienne informaticienne, est chercheuse post-doctorante à l’INT-Management / Télécom-INT et chercheuse associée au Centre de Recherche en Education Formation de l’Université Paris X Nanterre.
Ses recherches portent sur le genre et les techniques, plus spécialement l’informatique : pourquoi tant de garçons et si peu de filles s’engagent-ils dans les études d’informatique ? Comment les stéréotypes de sexes sont-ils à l’œuvre dans les sciences et techniques, de l’école jusqu’au monde de l’entreprise ? Elle a publié sur cette question un ouvrage en octobre dernier : «L’informatique a-t-elle un sexe ? Hackers, mythes et réalités», aux éditions L’Harmattan. Ses recherches actuelles portent sur l’évolution du rapport à la technique des élèves ingénieurs et manageurs.
Isabelle Collet est également membre du CA de l’association femmes et mathématiques.
Site : www.isabelle-collet.net
15 h 45 / 17 h : Discussion
Renseignements , inscriptions :
Tél. : 01 53 32 75 08
grrem@club-internet.fr
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Frais de participation à la journée: Individuels : 10 euros
Etudiants, chômeurs : 5 euros
Adhérents du GRREM et du CASdB : gratuit
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