Photo D. Barbier
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BUREAU : 2000, BOUL. SAINT-JOSEPH-EST, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2H 1E4, TÉL. (514) 802 0546 / 514 750-8800, kepkaa@videotron.ca 1
MÉRÈS WECHE,
artiste peintre et écrivain, vous INVITE à la VENTE SIGNATURE de son nouveau roman
« Le songe d’une nuit de carnage (ou les vêpres de Jérémie) »
Invité spécial : Josaphat Robert Large, poète, romancier
Dimanche 20 mai, de 15 h à 18h, à la Librairie KEPKAA
2000, boul. Saint-Joseph-E, porte B, Montréal, (Québec), H2H 1E4
Le songe d’une nuit de carnage (ou les vêpres de Jérémie) est le cinquième titre publié par Mérès Weche.
Devoir de mémoire du bain de sang qu’a connu la ville de Jérémie (Haiti) sous le règne de terreur de Papa Doc, ce roman est une œuvre de fiction, à portée essentiellement imaginaire.
Le 3 mai 1808 à Madrid : Les exécutions sur la colline Principe Pio. Huile sur toile 268 x 347 cm, de Francisco de Goya (1814).
En empruntant la toile ci-contre de Francisco de Goya pour la page couverture de son roman, l’auteur a voulu
clairement démontrer qu’il n’a pas pu résister d’associer la brutalité des méthodes d’exécution de Papa Doc à celle des
soldats français après l’occupation de l’Espagne par l’armée de Joseph Bonaparte et les mercenaires égyptiens (les mamelouks), ses alliés, en mai
1808.
Ce lancement sera aussi pour vous une opportunité d’admirer des toiles de Mérès Weche rendant hommage notamment à Jacques
Stéphen Alexis à l'occasion du 90e anniversaire de naissance de l'écrivain décédé, et au général Alexandre Dumas à l’occasion du 250e anniversaire de
naissance de ce dernier solennellement célébré à Jérémie, sa ville natale.
Ne ratez pas ce rendez-vous à la Librairie KEPKAA ! Venez rencontrer la nouvelle équipe des rencontres littéraires
et artistiques du KEPKAA, composée de :
Frédéric Jean-Mathieu, B. ès Sc., BÉD, MAPI, enseignant, animateur culturel
Sandra Youte, BEPEP, enseignante, Lancie Cadet, étudiante, Sheila Paquin, étudiante.
Renseignements : 514 802-0546 / Prix du livre : 20$
Visitez la librairie KEPKAA : www.kepkaa.com ou écrivez-nous : kepkaa@videotron.ca
PAR L'INTERMÉDIAIRE DE LA COMMISSION FÉDÉRALE DES BOURSES ÉTRANGÈRES
(CFBE-SUISSE) , LE SECRÉTARIAT D'ÉTAT
A L'ÉTUDE ET A LA RECHERCHE DE LA CONFÉDÉRATION LANCE UN APPEL A LA CANDIDATURE
POUR 500 BOURSES D'ÉTUDES
SUISSES AU TITRE DE L'ANNÉE ACADÉMIQUE 2012-2013.
CES BOURSES SONT DESTINÉES AUX RESSORTISSANTS DES PAYS
DE LA CATÉGORIE A
(pays industrialisés européens, et extra-européens)
ET CEUX DES PAYS DE LA CATÉGORIE B
( pays en développement, du tiers monde et extra - européens).
ELLES DOIVENT LEUR PERMETTRE DE POURSUIVRE LEURS ÉTUDES, DE PARFAIRE LEURS
CONNAISSANCES POUR LES TRAVAUX DE
RECHERCHES DANS LES DOMAINES AUXQUELS LES UNIVERSITÉS SUISSES ACCORDENT UNE ATTENTION PARTICULIÈRE.
SPÉCIFICITÉ DE LA BOURSE
- PAR L'OCTROI DES 500 BOURSES ÉTUDES EMPLOIS, LA CONFÉDÉRATION SUISSE ENTEND
FACILITER L'IMMIGRATION AUX
PERSONNES DÉSIREUSES DE POURSUIVRE LEURS ÉTUDES ET D'OBTENIR DES DIPLÔMES D'ÉTAT
SUISSE.
- LES CANDIDATS RETENUS AU TERME DE LA SÉLECTION DE CANDIDATURES SERONT INSÉRÉS
OUTRE LEUR ÉTUDE DANS LES
SECTEURS SENSIBLES DE LA VIE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DE LA SUISSE :
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CETTE OPTION DE LA CONFÉDÉRATION SUISSE VISE A DONNER UNE APTITUDE
PROFESSIONNELLE AUX BOURSIERS POUR POUVOIR
TRAVAILLER S'ILS LE DÉSIRENT EN SUISSE A LA FIN DE LEUR FORMATION.
DURÉE DE LA BOURSE
LES BOURSES COUVRENT LA PÉRIODE D'UN CYCLE DE FORMATION OU AU MAXIMUM SIX (06)
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FRAIS DE VOYAGE
LES BILLETS D'AVION ALLER-RETOUR ( PAYS DE PROVENANCE -GENÈVE) , SONT PRIS EN
CHARGE PAR LA COMMISSION
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CONDITIONS PRÉALABLES A LA CANDIDATURE EN RÈGLE GÉNÉRALE, LES CANDIDATS AUX
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CEPENDANT, LA COMMISSION FÉDÉRALE DES BOURSES ÉTRANGÈRES SUISSES (CFBES)
SE RÉSERVE LE DROIT DE CLÔTURER
L'OCTROI DES BOURSES A CONCURRENCE DES BOURSES DISPONIBLES.
LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION FÉDÉRALE
Les élites haïtiennes se targuent de ne
pas avoir de mémoire mais internet en a pour elles.
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1. « La première nation libre d’hommes libres »« Plus que la deuxième plus ancienne république du Nouveau Monde, fait remarquer l’anthropologue Ira Lowenthal, plus même que la première république noire du monde moderne, Haïti fut la première nation libre d’hommes libres à apparaître dans la constellation naissante des colonies européennes d’Occident, tout en leur résistant. » Les deux siècles de relations entre les deux plus vieilles républiques du Nouveau Monde illustrent à nouveau la persistance des thèmes politiques fondamentaux, de leurs racines institutionnelles et des éléments culturels qui les accompagnent.
La république d’Haïti fut proclamée le premier janvier 1804, après qu’une révolte d’esclaves eut chassé les dirigeants coloniaux français et leurs alliés. Les chefs révolutionnaires abandonnèrent l’appellation française de « Saint-Domingue » en faveur du nom utilisé par le peuple qui avait accueilli Colomb en 1492, au moment où il arrivait pour créer la première colonie européenne du Nouveau Monde. Les descendants des premiers habitants ne purent pas fêter la libération. En moins de 50 ans, leur nombre avait été réduit à quelques centaines, à partir d’une population précolombienne dont l’évaluation varie de quelques centaines de milliers à huit millions d’âmes, selon la source. Il n’en restait plus un seul, d’après les savants français contemporains, lorsqu’en 1697, la France enleva à l’Espagne le tiers occidental d’Hispaniola, qui s’appelle à présent Haïti.
Le chef de la révolte, Toussaint Louverture, ne put pas célébrer la victoire non plus. Il avait été capturé par fourberie et envoyé dans une prison française où il mourut « de mort lente de froid et de misère », pour reprendre les termes d’un historien français du XIXe siècle. L’anthropologue médical Paul Farmer fait remarquer qu’à notre époque, les écoliers haïtiens connaissent encore par cœur les dernières paroles qu’il prononça alors qu’on l’emmenait en prison : « En me renversant, vous n’avez fait qu’abattre l’arbre de la liberté à Saint-Domingue. Il repoussera grâce à ses racines, car elles sont nombreuses et profondes (1). »
L’arbre de la liberté perça à nouveau le sol en 1985, alors que la population se révolta contre la dictature meurtrière de Duvalier. Après beaucoup de luttes acharnées, la révolution populaire amena la victoire écrasante du premier président d’Haïti librement élu, le prêtre populiste Jean-Bertrand Aristide. Sept mois après son investiture en février 1991, il fut chassé du pouvoir par l’armée et par l’élite commerciale qui avaient dirigé le pays depuis 200 ans, et qui ne voulaient pas tolérer la perte de leurs droits traditionnels au terrorisme et à l’exploitation.
« Dès que le dernier Duvalier se fut enfui d’Haïti », raconte l’historien et ethnologue portoricain Jalil Sued-Badillo, « une foule en colère renversa la statue de Christophe Colomb à Port-au-Prince et la jeta dans la mer »: elle voulait ainsi protester contre « les ravages du colonialisme » sous « une longue lignée de despotes » qui va de Colomb à Duvalier et qui continue avec les dirigeants d’aujourd’hui qui ont rétabli la barbarie de Duvalier.
Il y eut des scènes semblables dans le pays voisin, la République Dominicaine, soumise à un régime de terreur imposé par les États-Unis, après une autre invasion des Marines en 1965, et victime de l’intégrisme du FMI depuis le début des années 1980. En février 1992, le président Balaguer « lâcha ses policiers pour qu’ils battent des manifestants pacifiques qui protestaient contre les dépenses exorbitantes consacrées à la commémoration du cinq centième anniversaire, alors que le Dominicain moyen meurt de faim », signala le Conseil des affaires hémisphériques. La pièce maîtresse est une croix couchée de 30 mètres de haut par 800 mètres de long, qui a coûté plusieurs millions de dollars et qui est éclairée par de puissants projecteurs. « Elle s’élève au-dessus de quartiers misérables de cabanes infestées de rats où des enfants mal nourris et analphabètes pataugeant dans l’eau fétide qui dévale dans les rues lors des pluies tropicales torrentielles », rapportent les agences de presse. On a démoli des taudis pour installer les jardins suspendus qui s’étendent autour d’elle et un mur de pierre cache « la pauvreté abominable que les rayons des projecteurs illumineront bientôt ».
Les dépenses énormes « coïncident avec l’une des plus graves crises économiques depuis les années 1930 », souligna l’ancien président de la Banque centrale. Après dix années d’ajustements structurels, les soins de santé et l’enseignement ont diminué de façon radicale, on rationne l’électricité en coupant le courant parfois durant 24 heures, le taux de chômage dépasse 25 % et la pauvreté sévit. « Les gros poissons mangent les petits », dit une vieille femme dans un taudis des environs (2).
Colomb décrivit le peuple qu’il avait découvert comme étant « très sympathique, accommodant, paisible, aimable, digne » et son pays riche et accueillant. Hispaniola était « peut-être l’endroit au monde où la densité de la population était la plus élevée », écrivait Las Casas, « une ruche de gens », qui, « de l’infinité de variétés humaines de tout l’univers [...], sont les plus dépourvus de fourberie, de méchanceté et de fausseté ». Poussés par « leur avidité et leur ambition insatiables », les Espagnols s’abattirent sur eux « avec la voracité des bêtes sauvages, [...] tuant, terrorisant, faisant souffrir, torturant et détruisant les peuples indigènes » avec « de nouvelles méthodes de cruauté les plus insolites et les plus variées, des méthodes que l’on n’avait jamais vues ou dont on n’avait jamais entendu parler auparavant , et à un point tel » que la population ne comprend plus qu’environ 200 personnes, écrivait-il en 1552, « d’après la connaissance que j’ai des actes dont j’ai été témoin ». « Il était de règle chez les Espagnols d’être cruels », poursuivait-il : «pas simplement cruels, mais extraordinairement cruels afin que les traitements durs et sévères qu’ils infligeaient aux autochtones les empêchent d’oser se considérer comme des êtres humains ». « Se voyant mourir à chaque jour par suite des traitements cruels et inhumains que leur infligeaient les Espagnols, piétinés par les chevaux, passés au fil de l’épée, mordus et déchirés par les chiens et, pour beaucoup, enterrés vifs après avoir dû subir toutes sortes de tortures raffinées [...], [ils] décidèrent de s’abandonner à leur triste sort sans lutter davantage, se livrant à leurs ennemis pour qu’ils fassent d’eux ce qu’ils voulaient ».
Au fur et à mesure que tournaient les usines à propagande, le tableau fut corrigé pour justifier rétrospectivement ce qui avait été fait.
En 1776, la version était que Colomb n’avait trouvé « rien d’autre qu’un pays entièrement couvert de forêts, non cultivé et peuplé uniquement de quelques tribus de sauvages nus et misérables » (Adam Smith). Comme nous l’avons fait remarquer précédemment, il fallut attendre les années 1960 pour que la vérité commence à poindre, provoquant mépris et protestations de la part des loyalistes outragés (3).
Les tentatives espagnoles de piller les richesses de l’île en réduisant en esclavage son doux peuple échouèrent ; ils mouraient trop vite, quand ils n’étaient pas tués par les « bêtes sauvages » ou ne commettaient pas de suicide collectif. Dès le début du XVIe siècle, on envoya des esclaves africains, en grand nombre par la suite, lorsque s’instaura l’économie de plantation.
« Saint-Domingue était la plus riche possession coloniale européenne dans les Amériques », écrit Hans Schmidt ; en 1789, elle produisait les trois quarts du sucre du monde et elle était le plus grand producteur de café, de coton, d’indigo et de rhum. Les esclavagistes fournissaient à la France une richesse énorme, grâce au travail de 450 000 esclaves, autant que dans les colonies antillaises britanniques. La population blanche, y compris les contremaîtres et les artisans, s’élevait à 40 000 personnes.
Quelque 30 000 mulâtres et Nègres affranchis jouissaient de privilèges économiques, mais pas de l’égalité sociale et politique : voilà l’origine des différences de classes qui conduisirent à une répression sévère après l’indépendance, avec de nouvelles violences aujourd’hui.
Les Cubains ont pu paraître « d’un blanc douteux », mais les rebelles qui renversèrent la domination coloniale étaient loin du compte. La révolte des esclaves, qui avait atteint des proportions sérieuses à la fin de 1791, épouvanta aussi bien l’Europe que l’avant-poste européen qui venait à peine de proclamer son indépendance.
En 1793, la GrandeBretagne envahit l’île ; une victoire lui procurerait « un monopole du sucre, de l’indigo, du coton et du café » et cette île « fournirait à l’industrie une aide et une force qui aurait pendant des siècles les effets les plus heureux dans toutes les parties de l’empire », écrivit un officier britannique au premier ministre Pitt. Les États-Unis, qui avaient des liens commerciaux actifs avec la colonie française, envoyèrent aux dirigeants français 750 000 dollars d’aide militaire ainsi que des troupes pour aider à réprimer la révolte.
La France epédia une armée énorme, comprenant des troupes polonaises, néerlandaises, allemandes et suisses. Son commandant écrivit finalement à Napoléon qu’il serait nécessaire d’anéantir pratiquement toute la population noire si on voulait imposer la domination française. Sa campagne fut un échec et Haïti devint le seul exemple dans l’Histoire « d’un peuple asservi qui brise ses chaînes et contraint par les armes une grande puissance coloniale à battre en retraite » (Farmer).
La révolte eut des conséquences importantes. Elle établit la domination de la Grande-Bretagne sur les Caraïbes et fit faire à ses anciennes colonies nord-américaines un grand pas vers l’Ouest, puisque Napoléon, abandonnant l’espoir d’un empire dans le Nouveau Monde, vendit la Louisiane aux États-Unis. La victoire fut acquise à très grands frais.
Une grande partie de la richesse agricole du pays fut détruite, ainsi qu’un tiers peut-être de la population. La victoire horrifia les voisins esclavagistes d’Haïti qui appuyèrent les revendications françaises d’énormes réparations, finalement acceptées en 1825 par l’élite au pouvoir en Haïti, qui reconnut qu’elles constituaient une condition préalable à l’entrée de l’île dans le marché mondial.
Le résultat se traduisit par « des décennies de domination française sur les finances d’Haïti », avec « un effet catastrophique sur l’économie fragile de la nouvelle nation », fait observer Farmer.
La France reconnut alors Haïti, suivie de la Grande-Bretagne en 1833. La suite :link |
Ainsi étaient désignés les députés sous les 2 Duvalier:
"députés pour assis-contre debout, adopté."
Ce qui signifie que, qu'ils soient pour ou contre le projet de loi présenté, celui-ci était automatiquement adopté.
C'est le titre que j'ai choisi pour l'article intitulé "Pour un Plat de Lentilles
écrit par :Edner Paillère
paru sur le site : Haïti Reconstruction
Ici :link
Que vous soyez un allié défenseur ou un adversaire déclaré de Laurent Lamothe, il
vous sera très difficile de faire l'impasse sur les graves accusations de corruption portées par certains députés qui, en pleine séance, ont affirmé avoir assisté avec certains de leurs
collègues à des rencontres où deux millions de gourdes (USD 50.000 dollars) étaient proposés à chacun d’eux pour leur vote en faveur de la ratification du premier ministre désigné. Un
sénateur avait, lui aussi, déclaré publiquement que pour les inciter à voter en sa faveur, plusieurs parmi ses pairs avaient été grassement monnayés par Laurent Lamothe. Ce qui, paraît-il,
avait bien réussi au premier ministre désigné lors de son passage devant la chambre haute. Alors pourquoi pas avec les députés?
Haïti n'a certes pas le monopole de la corruption. C'est un phénomène mondial. Mais il y a un barème de la corruption. Il y a des niveaux. Un pays où la corruption règne à tous les paliers de l'administration, où la justice est gangrenée par la corruption, où les parlementaires sont perçus comme des corrompus, où un premier ministre est, sur le plan international, associé à des pratiques entachées de corruption et d'escroquerie, où le chef de l'État est englué dans des scandales de corruption qui déborde les frontières nationales, où les contrats de l'État passés avec des entreprises privées sont entachés de corruption : un tel pays perd toute crédibilité, toute respectabilité. Son développement économique est compromis. Car, ainsi que pour le développement démocratique, la corruption généralisée à ce point et le développement économique s'excluent mutuellement.
Qu'il s'agisse de productions universitaires, de rapports d'organisations politiques
internationales ou d’institutions financières, d'organisations non gouvernementales ou d'agences gouvernementales, de chercheurs indépendants, le constat est accablant : les études
économétriques démontrent que lorsqu'on croise l'indice de perception de la corruption établi par Transparency International avec l'indice de développement humain établi par le Programme pour
le développement des Nations unies (PNUD), il apparaît que les pays présentant un faible niveau de corruption sont les pays ayant les niveaux de développement humain les plus élevés, et où
les structures démocratiques sont solides et fonctionnelles. Tandis que les pays qui affichent de hauts niveaux de corruption sont des pays où les niveaux de développement humain sont les
plus bas et où les institutions démocratiques sont instables et défaillantes.
La corruption est donc effectivement un fléau. Elle exerce une influence néfaste sur
le développement démocratique, le développement économique et le développement humain. Elle sape les institutions, desservit l'investissement privé, amplifie les déficits budgétaires, freine
la croissance économique et conduit à la diminution de l'aide publique au développement. La corruption élimine la transparence des marchés publics. Et sans cette dimension, on ne saurait
parler de bonne gouvernance économique. Le président de Transparency International a décrit le phénomène en ces termes : « la corruption est une cause majeure de la pauvreté ainsi qu'un
obstacle pour la contrer.... Il ajoute que ces deux fléaux s'alimentent réciproquement enfermant les populations dans le cycle de la misère ». Résultats : des crises et des convulsions
politiques et sociales à n'en plus finir.
Retour sur une ratification
Entre le rejet radical et l'acceptation inconditionnelle de M. Lamothe au poste de premier
ministre il existe une troisième voie : celle de l'éthique qui répugne de souscrire à l'idée même de trafiquer une aussi haute fonction contre espèces sonnantes et trébuchantes, voire
cargaisons de riz, caissons de lait et boîtes de spaghettis. Écœurant ! Tout simplement. Il y a des choses qui n'ont pas de valeur marchande, qui ne se vendent ni ne s'achètent.
Un premier fait attirait déjà fortement la suspicion avant la séance de ratification de la
chambre des députés: les membres de la commission chargée d'étudier le dossier du premier ministre désigné n'avaient mis que 48 heures pour analyser les cinquante-huit pièces déposées,
rédiger leur rapport et le remettre au secrétariat du bureau de la Chambre basse. Le président de M. Levaillant Louis Jeune, flairant le coup fourré en préparation, avait tenté de dénoncer le
méfait. Il avait prévenu que cela n’allait « pas favoriser le Parlement dans la quête d'une meilleure image dans l'opinion publique … Mais selon un député membre de ladite commission de
ratification, celle-ci « s'était fait aider par un groupe d'experts ».
Bien qu'il ne soit pas interdit à une commission parlementaire de faire appel à des experts, ici,
il ne serait peut-être pas inutile de s'interroger d'une part sur l'identité de ces experts : qui étaient-ils ? Étaient-ils des bénévoles ? S'agissait-il d'experts indépendants ou d'hommes de
paille à la solde de… ? Quid de la provenance des moyens financiers servant à payer la facture d'autre part. Qui les avait engagés ? Qui a réglé leurs honoraires ? S'il s'avère que c'était un
rapport préparé par des experts proches de M.Laurent Lamothe, alors ce document serait vicié à la base.
Au fond, la commission de ratification la Chambre des députés n'a, semble-t-il, fait que
régurgiter les arguties juridiques de la commission sénatoriale qui seront reprises tout au long des débats par les députés pro-Lamothe. Ces arguties se résument ainsi: « La commission a
certainement observé des irrégularités dans le dossier du premier ministre désigné. Cependant elle n'est pas en mesure d'imputer les erreurs constatées à l'intéressé lui-même ni de se
prononcer sur la validité des pièces versées à son dossier. Ceci est d'autant plus fondamental que leur authenticité fut confirmée par les autorités qui les ont émises suite à la vérification
des sous-commissions formées à cet effet. Il en ressort donc que sur le plan strictement juridique la commission ne peut que les considérer comme valides pour être émises soit par des
autorités administratives compétentes soit par des officiers ministériels assermentés dont les mentions insérées dans les actes font foi jusqu'à inscription de faux. Mais à chaque fois que la
partie adverse tentait d'introduire une procédure d’inscription de faux, elle se heurtait à un mur de barrage des membres de la commission qui ne voulaient en aucune façon prendre en
considération les faits contradictoires qui étaient exposés arguant que leur mission consistait seulement à vérifier l'authenticité des pièces déposées. Quant aux accusations de corruption
publiquement dénoncée, elles étaient tout bonnement ignorées. Et les conclusions du rapport favorable à la ratification de M. Lamothe ont finalement été adoptées par une écrasante majorité
des députés présents.
Ainsi donc, à la cécité complaisante du Sénat se sera rajoutée la surdité de la Chambre des
députés dont certains attendaient sans grand espoir, il faut l'avouer, un sursaut de dignité.
Si ces accusations de corruption s'avéraient exactes, pour accéder à la primature M. Lamothe
aurait utilisé une arme qui avait déjà fait ses preuves et qui lui avait donné de bons résultats dans ses affaires en Afrique : la corruption. En effet, sur le continent africain,
journalistes, syndicalistes, hommes politiques et hommes de loi le dépeignent comme étant «l’escroc parfait »,d’autres comme le corrupteur par excellence. « … Il a corrompu des autorités
avec des sommes d’argent, des voyages en Afrique du Sud pris en charge par lui… Plusieurs personnes dont un ministre, un conseiller du président, une femme sénatrice, un directeur général
devaient gagner 29 millions de dollars sur le dos du contribuable sénégalais.» Jusqu’au président du Sénégal M. Adoulaye Wade, lui-même, qui a avoué s'être laissé corrompre pour une
somme de 2 milliards de francs CFA. (Le GRIOT du 11 novembre 2010, Steven Addamah)
Il en aura donc fallu beaucoup moins pour acheter le vote de ratification des sénateurs et
députés haïtiens. Deux millions de gourdes, tel est le prix du vote négocié en réunion privée et dénoncé en pleine séance de ratification par des députés qui se balançaient les accusations de
corruption. Une broutille, nous dira-t-on, en comparaison des millions que rapportent à sa société les produits de la surtaxe sur les appels entrants en Haïti, suite au contrat passé avec le
Conatel et qui s'exécute dans la plus parfaite opacité (1). Oui et cela semble donner raison à certains journaux, dont Haïti Observateur, qui avaient annoncé, des semaines à l'avance, que
pour accéder à la primature M. Lamothe disposait d'une petite enveloppe de USD 10 millions de dollars pour passer les étapes de la ratification.
Un immigré clandestin à Cape Town en Afrique du Sud
Sans être grand clerc, une simple petite enquête aurait conduit rapidement à
l'évidence que M. Lamothe ne peut pas satisfaire aux exigences d'éligibilité au terme de l'article 157 de la constitution de 1987. Car, comme chacun sait, Laurent Lamothe était, jusqu'à sa
nomination au poste de ministre des Affaires étrangères au mois d'octobre 2011, le patron de la société Global Voice Group. Si l'on se fie à l'historique de sa société que n'importe qui
pourra vérifier sur leur site « Cette société a été fondée en 1998… le Centre administratif est situé à Cape Town, en Afrique du Sud, y proclame-t-on. » (http://www.globalvoicegroup.com/historique/)
C'est effectivement de là que Laurent Lamothe dirigeait ses affaires jusqu'en
2010.
C’est sans nul doute un élément qui aurait dû être versé dans l'examen du dossier
du premier ministre désigné. Nous sommes quasiment persuadés qu'aucune mention de ce fait n’apparaît dans les 58 ou 59 pièces qu’il a remises à la Chambre des Députés.
Depuis la circulation sur Internet de l’intéressant reportage du magazine « Top
Billing » de mars 2008 sur la villa de Laurent Lamothe à Cape Town nul ne peut prétendre aujourd'hui ignorer que Laurent Lamothe a vécu au moins pendant trois ans consécutifs en Afrique du
Sud, plus particulièrement à Cape Town, de 2007 à 2010.
Ainsi, quand on sait que l'Afrique du Sud est la première puissance économique du
continent africain, qu'elle fait partie des pays émergents, du groupe des Basic qui rassemble le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine et du groupe des BRICs qui réunit le Brésil, la
Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud autour de certaines causes communes sur le plan international et qu'en raison de sa position de leader dans son espace économique régional elle
apparaît comme un eldorado, un pôle d'attraction pour les habitants des pays les plus pauvres alentours cherchant un meilleur niveau de vie, on comprend qu’elle se devait de mettre en place
une politique d'immigration établissant des règles très strictes . (Loi mise à jour le 25 mai 2009) http://www.acts.co.za/immigration_act_2002.htm
« Pour des séjours supérieurs à 90 jours, même les titulaires d'un passeport
diplomatique ou de service sont dans l'obligation d'obtenir un visa délivré par une ambassade d'Afrique du Sud avec l'autorisation préalable du ministère des Affaires étrangères à Pretoria.
Tout voyageur qui quitte le pays après la date d'expiration de son visa, encourt arrestation et détention puis comparution devant le juge et paiement d'une forte amende. »
Donc, comment Laurent Lamothe a-t-il pu s'établir à Cape Town pendant plus de trois ans consécutifs sans avoir régularisé son statut. Était-il un immigré clandestin? Non. Laurent Lamothe était assurément détenteur d'un permis de résidence permanente délivré par le ministère des Affaires intérieures (Home Affairs) auquel d’ailleurs, en tant que créateur d'entreprise, il avait d'emblée droit, lui et sa famille, au terme de la loi sur l'immigration. Aussi, la durée de séjour de M. Lamothe en Afrique du Sud devait être entre autres choses un des points sur lequel auraient dû se pencher les commissions de ratification du Sénat et de la chambre des députés si vraiment ils avaient l'intention de produire un rapport objectif, les faits rapportés par le magazine Top Billing établissant au-delà de tout doute raisonnable, que Laurent Lamothe a vécu de 2007 à 2010 en Afrique du Sud et qu'il n'a pas cinq ans de résidence en Haïti. Laurent Lamothe n'a pas le don d'ubiquité. Il ne pourrait pas être en même temps en Afrique du Sud et en Haïti.
Difficile donc d'admettre dans ce cas que les critères d'éligibilité au regard de la constitution soient respectés. Aussi, utiliser comme argument en sa faveur des certificats de résidence fournis par des mairies ou des procès-verbaux délivrés par un juge de paix (section est de Port-au-Prince) ou un autre de Pétion-Ville pour prouver qu'il ait effectivement résidé dans le pays relève de l'imposture et n’est que la face cachée de la vérité. Enfin, de quels moyens dispose une municipalité pour déterminer que quelqu'un a effectivement vécu dans la commune pendant un certain nombre de temps ?
A la vérité, Laurent Lamothe n'a pas acheté ces parlementaires, ces derniers se seront vendus, eux et le prestige de leurs fonctions, pour un plat de lentilles. Il en va de même pour certains journalistes-mercenaires et certains pseudo-intellectuels à qui Laurent Lamothe laisse tomber quelques miettes. On peut comprendre sans pour autant la partager la démarche cynique, mais pragmatique aux yeux des sénateurs sortants de s'aligner sur l'exécutif sachant que, pour être sélectionnés lors des prochaines élections frauduleuses, qui d'ailleurs auraient dû déjà avoir lieu, il faudra d'abord faire preuve de loyauté et de fidélité envers le pouvoir en place. Cependant, l’on comprendrait moins bien le vote des députés s'il y avait défaillance de contrepartie. La présence de deux ex-sénateurs (anciens présidents du Sénat et membres de la commission spéciale chargée d'analyser les pièces du premier ministre désigné) passant, sans transition aucune, au gouvernement de ce dernier est très éloquente en ce qu'elle confirme qu’il y a bien eu des prix pour certains et des primes versées à d'autres pour services rendus. Et cela nous permet d’entrevoir comment la corruption peut parvenir à neutraliser le travail parlementaire, finira probablement jusqu'à dompter le parlement lui-même et à le transformer en un Parlement Croupion « pour assis - contre debout, adopté ». La corruption affaiblit certainement les institutions politiques, il n'y a pas de doute.
Requiem pour la démocratie
M. Lamothe a certes des qualités pour être premier ministre. C'est un homme intelligent, moderne,
méthodique, appliqué, habile, fonceur, déterminé. Ce n'est pas non plus un pédant, un m'as-tu-vu, un imbu de lui-même, un arriviste dédaigneux. Mais, à première vue, ce ne sont certainement
pas ces qualités qui ont mis à genoux le parlement. Il y avait, dans le temps, d'autres premiers ministres désignés, hommes de talents, hommes de dossiers qui sont passés devant le parlement
et qui ont pourtant échoué. M. Laurent Lamothe a les défauts de ses qualités : c'est un homme dissimulé, un affairiste combinard et madré, un corrupteur de première classe. Son plus grave
défaut, à nos yeux, c'est cette fascination pour l'argent. Le pouvoir pour lui n'est pas une fin mais un moyen pour engranger plus d'argent. C'est sa réputation en tout cas, c'est ce que
révèle son vécu, son passage en Afrique et c'est ce que révèle les premières actions qu'il a posées un mois seulement après l'accession de M. Martelly à la présidence avec la mise sur pied de
la surtaxe sur les appels internationaux entrants qui a déjà rapporté a son entreprise un joli pactole de plusieurs millions de dollars réalisés en Haïti en moins de dix mois et dont il se
sert pour « arroser » certains parlementaires comme l'ont laissé entendre publiquement sénateurs et députés.
Gagner honnêtement de l'argent n'est pas un mal. Mais dans un pays aux maigres ressources comme
Haïti, vouloir gagner des millions en utilisant l'appareil étatique à son profit, ce n'est plus un défaut, c'est un crime… Nous avions déjà fait l'expérience de ces sordides aigrefins au
pouvoir.
N'est pas corrupteur qui veut. Pour l’être, il faut disposer de moyens. Est-ce pourquoi la corruption profite davantage au corrupteur qu’au corrompu. Ce dernier certes en profite, car il participe des retombées de la corruption. Toutefois, il ne peut bénéficier que dans les limites et les conditions imposées par le corrupteur, lequel est le principal bénéficiaire. Quand la corruption atteint des grands corps de l'État, Parlement, Conseil électoral par exemple, elle modifie certainement les règles du jeu démocratique, profite qu'au seul corrupteur et met acquis et institutions démocratiques en péril.
Il y a eu une accumulation de faits curieux, vérifiés et vérifiables qui suscitent une suspicion légitime. Nous retiendrons les plus importants. En plus de l'empressement mis par la commission de ratification de la chambre des députés, les accusations de corruption venant de parlementaires eux-mêmes, c’est ce fait ahurissant où le président du Sénat M. Simon Dieuseul Desras incite ses collègues à violer la constitution en leur soumettant une proposition visant a prolonger le mandat des sénateurs sortants, au mépris de l'article 111 - 8 de cette Constitution stipulant qu’ « en aucun cas la chambre des députés ou le Sénat ne peut être dissous, ni le mandat de leurs membres prorogé.. » Ce, dans le but évident de permettre à ces derniers, sachant qu'ils étaient acquis à la cause du premier ministre, l'occasion de pouvoir mettre tout leur poids dans la balance au moment du vote. Cette proposition ayant été rejeté et le mandat de ces sénateurs prenants fin en ce jour du 8 mai, il y a eu alors, toujours avec les mêmes motivations à la base, cette précipitation de procéder à l'examen de la déclaration de politique générale quitte cette fois-ci à violer les règlements intérieurs du Sénat prévoyant le dépôt du document 48 heures avant la séance. Là encore, du cirque, mais peu cocasse. Il y a des limites qu'on s'impose lorsqu'on occupe ou lorsqu'on est appelé à exercer une haute fonction officielle. Le pays a besoin, pour s'en sortir, d’institutions démocratiques solides.
En effet, que sert-il à une population d'élire un parlement s’il ne parvient plus à remplir son rôle principal qui est de contrôler l'activité gouvernementale ; que lui sert-il d'aller voter si en bout de piste la majorité de ceux qu’elle a contribué à faire élire ne veille que sur leurs propres petits intérêts mesquins, changent sans vergogne leur fusil d'épaule et s’alignent sur les desiderata de l’exécutif. Ne disposant alors plus de choix véritables, on assistera à une désaffection de la participation populaire pour tout ce qui concerne les affaires politiques de son pays (groupements, associations, organisations politiques) une démobilisation apparente qui se manifeste surtout lors des joutes électorales. L'existence de groupes de pression et de partis politiques structurés, la compétition entre ces derniers et la participation populaire sont des éléments indissociables de la construction démocratique. Dès lors qu'ils disparaissent du paysage politique, la tentation est alors grande pour le pouvoir de combler ce vide, en constituant un parti unique et en en profitant pour éliminer toute forme de concurrence politique qui justement aurait pu servir à limiter les effets de cette corruption. Ce n'est pas compliqué : tout parti ou tout homme politique qui a des adversaires en face de lui est continuellement sur ses gardes sachant qu'il peut se faire pincer pour n'importe quel petit écart, verbal ou autre. Il sait que les erreurs, tôt ou tard, se payent en politique. Donc qu’il risque d'être pénalisé soit par un échec aux urnes, soit par la prison, l'exil ou la mort. Tout dépend du pays dans lequel il se trouve. Si c'est un pays aux structures démocratiques, solides, ce sera comme dans bien des cas un échec aux urnes, rarement la prison, mais cela arrive. Si c'est dans un pays où les structures démocratiques sont faibles, le choix est difficile : c'est souvent la prison, l'exil ou la mort. Mais ce qui est certain, c’est que la perte du pouvoir dans ces conditions est souvent définitive. Alors que dans un système démocratique structuré, non seulement le retour aux affaires est possible (pas obligatoirement en la personne du seul et unique chef), mais on y travaille, dans les limites des prescrits constitutionnels, que dans ce but. C’est l’alternance politique: un ferment pour la construction d’un état de droit, un levain pour le développement économique et humain.
Nous conclurons en reprenant ce que nous avions déjà dit dans un article précédent à son sujet: «
Derrière un dirigeant corrompu, ce sont les règles de passation des marchés publics, les conditions de négociation des contrats publics, ou encore l’octroi des concessions d’exploitation des
sous-sols qui sont corrompus, au sens premier du terme. Ces actes de corruption annihilent toute possibilité de développement démocratique et de construction d’un État de droit. Les régimes
ayant pratiqué la corruption et les détournements à grande échelle ont bâti leur domination sur le clientélisme, l’achat du silence, l’asservissement du système judiciaire et/ou l’oppression
des opposants et des médias, réduisant à néant l’espace du débat public. »
Si le paysage politique haïtien devait épouser ces nouveaux contours, alors il faudrait se
préparer à entamer un requiem pour la démocratie en Haïti.
Dans cette nouvelle conjoncture, une chose retient pourtant notre attention, c'est l'inertie, peut-être due à la morosité ambiante (traumatismes post séisme, insécurité, averses, inondations, glissements de terrain, maisons éventrées, insalubrité, etc) avec laquelle les secteurs dynamiques de la société réagissent face à cette nouvelle donne.
Les leaders des organisations de la société civile, les leaders des partis politiques et des
organisations religieuses gagneraient pourtant à se réveiller. Si nous étions dépourvus d’informations relatives aux exploits de M. Lamothe en Afrique, nous serions quittes de l'obligation de
ne pas être vigilants, mais puisque nous en disposons, nous sommes bien obligés d'être sur nos gardes... Quel homme d'affaires investit à fonds perdu ? Tous ces millions décaissés, tous ces
efforts déployés avec une si féroce détermination pour forcer les portes du destin visent peut-être un objectif supérieur dont on ne peut deviner les contours et que, pour le moment, seul
connaît M. Lamothe.
Une chose est sûre. Aucun président ne pourrait accepter trop longtemps que son premier ministre
lui fasse de l'ombre. Or M. Lamothe, le bicolore toujours en arrière-plan dans ses photos, est en train de voler la vedette au président Martelly. Pendant combien de temps celui-ci, avec son
ego surdimensionné, pourra-t-il encore fermer les yeux ?
Edner Paillère
9 Mai 2012
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