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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Tout s’invente dans le « fab lab » de Lomé, même la ville de demain - Par Morgane Le Cam

Publié par Morgane Le Cam sur 13 Août 2017, 18:33pm

Catégories : #INTERNATIONAL


« Je vous présente Miledoo Gbelonou ! », s’exclame Kossi Koudiago, son créateur, en ouvrant la porte en bois de son invention. Sa start-up, Miledoo, a inventé une poubelle connectée de 1 m3 qui envoie à son équipe un SMS lorsqu’elle est pleine. Une invention togolaise qui entend apporter une réponse locale à un problème local : celui de l’insalubrité sur les marchés. Avec, en ligne de mire, l’objectif de changer le visage de cette capitale que l’on appelle depuis toujours « Lomé la belle », mais que certains surnomment avec malice « Lomé la poubelle ».

Sur le toit-terrasse, un dôme est en pleine construction. Les châssis d’ordinateur ont remplacé les briques. A côté, Norbert et Eugène percent, clouent et soudent des composants. Les deux informaticiens sont en train de donner vie à des imprimantes 3D à partir d’éléments trouvés dans des décharges. Ils font partie de Woebots, la start-up qui a créé la célèbre W.Afate, première imprimante 3D africaine conçue à partir de déchets électroniques.

Lire aussi :   « L’Afrique en villes », notre série d’été en 28 épisodes, 15 reporters et 10 000 km

Nous sommes au Woelab, le tout premier fab lab (contraction de l’anglais « fabrication laboratory », laboratoire de fabrication) togolais, créé à Lomé en 2012 par l’architecte Sénamé Koffé Agbodjinou. Une villa de 600 m2 où toutes les portes ont été enlevées. « C’est un lieu très ouvert. La centaine de jeunes qui viennent ici n’ont pas forcément de culture tech. Il y a des menuisiers, des designers, des ingénieurs… Pendant longtemps, nous avons eu une couturière et un sans-abri. Notre ambition est de montrer que n’importe qui peut devenir un entrepreneur du numérique », explique Sénamé Koffé Agbodjinou en s’approchant du dôme informatique.
« Ces imprimantes-là vont être mises dans le dôme. Ensuite, elles pourront produire des pièces qui vont servir à agrandir la structure », explique Eugène, en pleine fabrication de sa machine. L’œuvre, commandée par l’école de design de Pforzheim, en Allemagne, est conceptuelle. L’idée sous-jacente de ce dôme vivant, autogénéré, résume assez bien la philosophie de cette maison de quartier 2.0 : faire du low tech, c’est-à-dire des projets conçus à partir de technologies simples, avec les moyens du bord, tout en s’insérant dans une démarche durable.
Potagers collaboratifs

Deux étages plus bas, Ossara est concentré. Dans la petite salle où il est installé, il y a beaucoup de passage et de bruit. On parle de modèle économique, de start-up, de ville, de développement… Lui ne lève pas les yeux de son ordinateur. Ce modeste espace meublé avec des palettes de bois est l’incubateur du Woelab. Depuis 2013, dix « jeunes pousses » y sont couvées. Comme les autres, Ossara travaille sur une problématique urbaine. « Ça, c’est la plateforme d’Urbanatic, une start-up qui s’attaque au problème de l’alimentation durable en ville », explique-t-il en levant les yeux de son clavier.

Cette jeune entreprise de deux ans entend créer des potagers urbains collaboratifs sur des terrains de Lomé laissés à l’abandon et y adosser un grenier où les récoltes seront stockées, ainsi qu’une cuisine collaborative. Sur la plateforme en ligne, les utilisateurs peuvent proposer leur force de travail ou leur terrain. « En ville, dès qu’un espace est inoccupé, le réflexe du citadin est d’y jeter ses ordures. L’idée est d’arrêter de transformer la ville en dépotoir sauvage », explique Ossara.

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