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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La vérité sur Lula - Par Ricardo Amaral

Publié par siel sur 15 Août 2017, 14:34pm

Catégories : #NUESTRA AMERICA, #REFLEXIONS perso, #PEUPLE sans mémoire...

La vérité  sur Lula - Par Ricardo Amaral

"Marcher sur la queue du tigre sans s'être donné les moyens de le blesser à mort, c'est s'exposer à être dévoré. "

La citation est un extrait d'un commentaire à l'article.

Je l'ai choisie parce que, dès le départ, la politique d'équilibriste de Lula me semblait devoir se retourner contre lui.  Qu'il serait "mangé" pour employer le désormais célèbre mot du maire des Cayes, M.F.

Une photo de Lula, celle où il se love dans les bras de G. Bush comme un enfant qui demande protection à son papa - vous savez combien j'aime décrypter les images en essayant de comprendre le message qu'elles envoient- m'avait alertée.

Ajouter à cela, la politique du Brésil, à la tête de la Minustha en Haïti qui, selon moi, servait de monnaie d'échanges avec les USA : je fais le sale boulot en Haïti, vous me laissez tranquille.

J'avais dit à plusieurs reprises sur ce blog que faire les yeux doux aux Américains ne les empêcheraient pas d'attaquer Lula quand ils le jugeraient nécessaire. Et de manière indirecte comme c'est le cas en laissant les oligarchies du pays régler le problème,  pour en finir définitivement avec les  programmes sociaux - même si timides - de l'ancien syndicaliste Lula, et de l'ancienne militante active contre la dictature, Dilma Rousseff. 

Les oligarchies ont la rancune tenace. Autant, les peuples peuvent oublier leurs bourreaux et se jeter dans leurs bras comme en Haïti par exemple, avec la restauration du secteur militaro/macouto/duvaliériste.

Les peuples oublient d'autant plus facilement que les media s'occupent à blanchir les criminels, banaliser leurs actes " c'est humain" pour paraphraser V. Numa de Vision 2000.

En passant, et c'est une parenthèse qui ne devrait pas être mise entre parenthèses,  je me souviens  comment ce dernier avec son coéquipier de l'époque M. D. Valet, s'étaient attelés à "vendre" à l'opinion, le fait qu'il n'y avait rien, vraiment rien d'anormal qu'Evans Paul "grigne ses dents" avec le militrao/macouto/duvaliériste qui l'avait fait torturer et exhiber son visage tuméfié à la télévision nationale. Exhibition héritée des méthodes étatsuniennes : lynchage public de Noirs auxquels les citoyens sont invités à venir assister en famille, exposition du corps de Charlemagne Péralte...

Et par la suite, l'ensemble des exhibitions : corps de kamoken laissés à pourrir dans les rues, tuerie des militaires, dont le "mal aimé" de M. Gilot - lui-même un amant inconditionnel de la violence d'Etat - s'était fait une spécialité, jusqu'à en devenir un expert hors catégories,  afin de terroriser et paralyser les âmes et les corps.

Pour revenir à Lula, je vous livre quelques commentaires des lecteurs de Mediapart qui montrent que dans ce lectorat, personne n'est vraiment dupe.

Ce qui, évidement, tranche terriblement avec les directeurs d'opinion d'Haïti, tous, de quelque bord qui soit, qui, yeux fermés, bouches ouvertes, avalent le discours des media dominants et le retransmettent à leurs pauvres - pauvres parce qu'à la merci de ces gens-là - auditeurs haïtiens qui n'ont aucune idée des dessous géopolitiques de l'affaire.

Et qui, disons les choses comme elles le sont, n'ont pas droit à les connaître. Pas plus ni moins qu'ils n'ont droit à l'éducation, à la santé, à la justice, au respect et à la dignité. Interdiction absolue de penser. A la place fourniture à gogo de zen, de cris, de platitudes : "notre dignité ancienne sera retrouvée quand nous verrons notre armée défiler au pas devant le palais national comme avant."

Comme si la dignité, la souveraineté  d'une nation se mesurait non pas à son indice de développement (ID) mais à sa capacité de faire défiler au pas des hommes en uniforme.

Les journalistes haïtiens ceux qui hurlent sur les radio et ceux qui adoptent un ton plus respectueux, à quelques rares exceptions près, sont tous engagés dans cette stratégie de diversion qui consiste à faire semblant de dénoncer les abus tout en offrant à leurs auditeurs - par le truc d'ouvrir leurs micros - la possibilité de crier leurs frustrations.

Ouverture des micros aux auditeurs qui permet de canaliser leurs frustrations :"pa di sa, pa fè sa" - et qui, à force  de répétition en deviennent banales  : le cortège du président tue un enfant de 6 ans, le journaliste prend en charge pour les autorités ce crime, lesquelles autorités ne ressentent nullement la nécessité de faire sortir un communiqué officiel pour s'excuser de ce drame, sans qu'aucun avocat n'assiste cette femme.

Le journaliste aura fait son boulot de maquiller la responsabilité de l'Etat en faisant passer cette "malheureuse" à l'antenne et en demandant aux âmes de bonne volonté de l'aider en lui donnant quelques adoken pour qu'elle aille enterrer son enfant aux Cayes. Case Close. Au suivant.

Le message de ces journalistes c'est : "Oui, c'est vrai, vous avez raison, les zotorite commettent beaucoup d'abus, mais c'est ainsi, faut vous résigner et boire le calice jusqu'à la lie, ou bien fuir. " An tou lè ka nap mande oditè nou yo pou yo fè an ti jest pou ede ou"

C'est grosso modo ce à quoi se résume le  boulot de ces journalistes, servir de para tonnerre aux dirigeants et à ceux du secteur privé.

Ils doivent orchestrer les cris des citoyens mais s'assurer de ne pas leur donner les moyens intellectuels de penser et d'agir pour dépasser le stade du cri.

Lula, ce n'est pas le monsieur qui a tenté de soulager la misère de plusieurs millions de Brésiliens au détriment des "rentiers". On peut ne pas être d'accord avec la politique économique que Lula a mené mais j'ai l'impression que des forces obscures lui font regretter sévèrement ce détournement d'argent vers les pauvres plutôt que d'enrichir les rentiers.

Tout ce qui est dans cet article est juste. On pourrait ajouter beaucoup de choses dont la mort de Marisa Lula, la femme de l'ex-président, dans laquelle le juge Moro porte une lourde responsabilité (1). On pourrait ajouter également que le juge Moro est -d'après Wikileaks- un honorable correspondant des USA, qu'il y passe la moitié de sa vie et qu'il a annoncé s'y retirer après le procès. On pourrait ajouter également que le juge Moro et sont équipe sont à l'origine d'un film (2) qui doit passer dans les salles de 26 pays, et dont la scène phare est la reconstitution de l'arrestation spectaculaire de Lula. On sait que ce film est coûteux et financé par une source non-brésilienne inconnue.

(1)http://vue.du.sud.blog.free.fr/index.php?post/2017/02/06/Mort-de-Marisa%2C-l-%C3%A9pouse-de-Lula (2) http://vue.du.sud.blog.free.fr/index.php?post/2017/05/08/

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