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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Pour que les « larmes de la pauvreté » changent de visage ! - Par Robert Lodimus. Avec mes commentaires

Publié par Robert Lodimus sur 18 Juillet 2017, 10:55am

Catégories : #REFLEXIONS perso, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Les textes de M.Lodimus sont en général excellent. Celui-ci ne faillit pas à la règle.

Mes larmes à moi, celles que je verse à la lecture de ce texte sont celles de voir un si grand talent ignoré. Et surtout à la pensée que le trou dans lequel s'enfonce Haïti - et que cette nouvelle imbécilité de re-fondation de l'armée soutenue et appuyée au nom du respect de la constitution - la constitution autorise -t-elle des coups d'Etat ? Question à laquelle les dingos de l'armée n'auront jamais l'audace et l'honnêteté de se poser.

" Patriotism-Virtue of the Vicious." . Le patriotisme Vertu des Vicieux a dit Oscar Wilde.

Et ce sont ces "vicieux" qui reviennent à la charge avec ce programme mortifère.

Un peuple sans mémoire est un peuple sans âme.

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.

La mémoire des Haïtiens a été rongée comme les rats, souris et ravets, cafards bouffent les manuscrits.

Le parallèle entre le destin d'Haïti osant braver l'ordre colonial esclavagiste avec celui  de Sorel personnage du  roman "Le Rouge et le Noir" de Stendhal est magnifique :

 

Julien Sorel le crie lui-même dans l’enceinte du tribunal, devant ses juges iniques, aux yeux des nobles, des aristocrates corrompus et aux oreilles des bourreaux du système :

« Je ne demande aucune grâce! Surtout pas à vous Messieurs! Mon crime est atroce. J’ai tiré deux coups de pistolet sur la plus noble et la plus adorable des femmes, sur Madame de Réal qui a été pour moi comme une mère. J’ai mérité la mort. Mais ce n’est pas pour ce crime là que vous allez me condamner. Mon vrai crime pour vous, c’est d’être né dans une classe inférieure. Et, surtout, d’avoir voulu en sortir. En me faisant couper la tête, vous punirez ces jeunes gens qui sont nés dans la pauvreté, qui ont eu la chance ou le malheur de recevoir une bonne éducation, une insolence de se mêler à ce que l’orgueil des riches appelle la société. Nous nous sommes déjà rencontrés cent fois dans la rue. Vous et vos parents, je vous connais tous par vos noms. Mon père a travaillé pour vous, et cela, vous ne pouvez pas me le pardonner. Mais regardez-vous : pas un seul ouvrier parmi vous, pas un seul paysan, rien que des bourgeois indignés… Et il y a de quoi… Oui, j’ai voulu être l’un des vôtres, moi un fils d’ouvrier ! »

Bien que M. Lodimus achève son texte sur une note d'optimisme, le constat est accablant.

D'autant plus que les intellectuels ont été remplacés par des directeurs d'opinion dont la tâche est de remplir la tête  des "pauvres" de zen, de fausses informations,  d'émotions,d'analyses bancales, de beaucoup de bruit .

Beaucoup de bruit mais pas pour rien. Parce qu'à entendre  attentivement les émissions de radio des stations les plus écoutées, on se rend compte que ceux qui sont au micro distillent de manière subtile, an ba chal, une haine des Haïtiens contre les Haïtiens, contre la majorité pauvre de la population.

Je prends pour exemple le cas de ce directeur des Travaux publics dans la Grand'Anse qui a payé pour faire assassiner son épouse. Quand l'information a été relayée sur Caraïbes FM, il a été dit  par ce Bob C, l'homme qui dégaine  une arme sur un de ses collègues, que le corps de la victime a été retrouvé à Cité Soleil, sans préciser qu'il y a été déposé..

Il aura fallu l'intervention du maire de Cité Soleil pour préciser que le cadavre de la victime a été déposé à Cité Soleil.

Il n'empêche que l'assimilation entre Cité Soleil et ce crime a été faite. Et que plus d'un n'aura pas fait attention au rectificatif du maire. D'autant plus que les journalistes en question, qui auraient dû faire un focus sur cette instrumentalisation de cette commune par les bandits eux-même afin de tromper l'opinion publique et ce que cela pouvait signifier d'une manière générale sur le regard porté dans la société haïtienne sur Cité Soleil, ne l'ont pas fait.

Ce travail de sape,  de diabolisation des plus démunis, c'est tous les jours qu'il est fait par les radiomen et ceux de la presse écrite.

Un autre exemple est celui de l'assassinat du bouquiniste de Pétion-Ville et le traitement qu'il est fait de cette info par Le Nouvelliste, en comparaison avec celui d'un journal, de droite pourtant, français.

La violence insensée de cet assaut "san pran souf" permanent  et continu des "directeurs d'opinion" contre la population et contre l'installation d'un Etat démocratique, - ajoutée à celle des dirigeants, un Canadien disait n'est-ce pas que les chiens chez eux étaient mieux traités que les Haïtiens par leurs dirigeants-  m'aura permis de mieux comprendre pourquoi de jour en jour les Haïtiens plongent, marinent et se complaisent dans le mépris de leurs compatriotes et d'eux-mêmes.

On assiste à une sorte d'empoisonnement par petites doses quotidiennes. Les cris, les accentuations de ces radiomen sont d'une agressivité redoutable. Le but - en dehors de faire de l'audimat - étant de conditionner les auditeurs à accepter cette forme de communication comme étant "normale", c'est haïtien, c'est "natif-natal". Et à les préparer à avaler le contenu, le fond : en général un salmigondis axé sur l'émotionnel et le scandale.

Et le plus accablant dans tout ça, c'est qu'ils se positionnent pour ou contre le régime tèt kale, ces "directeurs d'opinion" ont exactement la même approche discriminante de la majorité de la population, et distillent la même pensée unique : les pauvres sont des salauds, les riches des "élus de dieu".

Nulle part ailleurs qu'en Haïti, on entend les journalistes exposer à l'antenne, sans aucun complexe, sans aucun souci de déontologie, leurs zanmitay, leurs amitiés avec les membres de la classe politique - pas économique bien entendu : pas de mon ami Boulos, Apaid, Acra-. 

A les entendre on a l'impression que ces journalistes forment un club des amis des dirigeants : mon frère Don Kato, mon ami Fortuné, nèg pam Doré, Hériveaux mon ami, Youri Latortue  mon frère,  j'ai dit à Jovenel Moïse, etc...

Nauséabond.

Haïti a la classe politique et les media qui lui correspondent, lesquels  main dans la main oeuvrent à fouiller toujours plus profondément le trou dans lequel elle se trouve.

 

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