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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La Première Conférence Nationale - Par Alin Louis Hall

Publié par Alin Louis Hall sur 21 Juillet 2017, 18:16pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #CULTURE

Alors qu’on ne saurait contester que les « Bossales », majoritaires à l’époque à 90%, n’ont pas signé l’Acte fondateur, les chercheurs et historiens s’accordent à reconnaitre qu’ils n’ont pas eu le privilège de gravir non plus le podium le 1er Janvier 1804 aux Gonaïves. En clair, un mauvais début pour présenter la décolonisation sur les fonts baptismaux. Rideau !

Notre problématique de la mémoire a des origines diverses. Prise en tenaille par le déni et la déréliction, la société haïtienne s’est faite même complice de la dilapidation de son patrimoine immatériel. En confiant l’éducation de leurs enfants à certaines institutions où aucune notion avancée d’Histoire d’Haïti n’est enseignée, la classe moyenne et le secteur privé ont opté pour une descendance sans ancrage identitaire. Comme conséquence, une frange de la jeunesse haïtienne, frappée d’une constipation mentale organique, pense que l’histoire d’Haïti a commencé le 7 février 1986. Cette pathologie expliquerait que Jean Claude Duvalier et Jean Bertrand Aristide soient devenus des horizons indépassables. Pour mieux appréhender toutes les dimensions de cet épiphénomène, il est toutefois opportun d’insister sur le manque de repères de cette génération. C’est un sujet de vives préoccupations quand l’Entrevue du Camp-Gérard évoquerait plutôt chez ces jeunes le souvenir d’une réunion quelconque au restaurant « Chez Gérard » à Pétion-Ville, Difficile d’imaginer la tête que feraient Vincent Ogé et Jean-Baptiste Chavannes auxquels on peut tout reprocher sauf de s’être retournés contre leurs propres pères.

Comme l’a démontré Noam Chomsky, la subtilité fondamentale de la pesanteur du statu quo réside dans la stratégie de distraction des masses qui accompagne la perte de l’âme haïtienne. C’est précisément ce qu’avaient compris les dépositaires de la zombification des masses qui ont fait du divertissement musical la meilleure technique d’abrutissement de notre jeunesse. On connaît les résultats de l’« ensauvagement makout » qui a dépolitisé la société haïtienne et a ainsi porté la jeunesse haïtienne à préférer les instruments de musique aux livres. Dans la peur qui s’installa, les notes de musique remplacèrent les mots. 1957, un mauvais tournant ! Pour émousser le sentiment d’appartenance et amplifier la déconnection, les thuriféraires de l’absurde ont vidé tous les symboles de leur substance. On s’explique ainsi cette ombre sur la mort subite du général Nicolas Geffrard le 31 mai 1806, quatre mois avant l’assassinat de Dessalines, qui pèse lourd sur l’anosognosie collective. A la vérité, la disparition subite non élucidée de l’architecte de l’unique conférence nationale doit être vue comme une victoire des germes de la nocivité et des divisions absurdes qui marquent la société haïtienne depuis lors. Or, John Garrigus l’a accentué, « les racines principales de la conscience révolutionnaire d’Haïti se trouvent dans la province du Sud, où le commerce interne aux Caraïbes et une longue histoire de mixité dans les familles – aux origines européennes, africaines, indiennes – ont créé le sentiment profond d’une identité locale, américaine ». (1)

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