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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


L'insécurité une institution de l'Etat réactionnaire haïtien ? Une réflexion perso à partir d'une émission de radio (mis à jour)

Publié par siel sur 7 Juin 2017, 11:16am

Catégories : #REFLEXIONS perso, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Pourquoi cette question ?

Depuis la tentative de démocratisation - boycottée par les  zélites, leurs zélés collaborateurs de la classe moyenne et la CI - Haïti vit un climat d'insécurité qui a permis - action voulue - la déliquescence totale/capitale de l'Etat de droit - jusqu'à en arriver à avoir comme présidents, un bandi legal amateur de  baisser de pantalon et de bracelets roses et un inculpé  porté sur la multiplication des comptes en banque et de fric-frac variés et divers.

Dès le départ de Duvalier J-Cl, le défunt Gérard Bathélemy avait écrit un livre prémonitoire : Haïti après les Duvalier, qui décrivait en partie le pourquoi de l'échec prévisible de la tentative de démocratisation. Et la restauration du duvaliérisme, à savoir du temps du "faire noir", signifiant le temps de l'obscurantisme et de la peur.

M. Barthélemy n'était pas un prophète. Il avait une connaissance de l'histoire d'Haïti, de la réalité des forces sur le terrain qui lui ont permis d'arriver à cette conclusion. Alors que dans le même temps le secteur démocratique s'aveuglait de ses espoirs, certitudes et rêves qui, même avec la meilleure volonté du monde, sans une vrai chambardement dans la structure de l'Etat, ne pouvaient pas aboutir.

Du fait, rien d'étonnant qu'on en soit arrivé en 2004 à des déclarations des zentellectuels  aussi criminelles  sur les media français telles que " les chimères sont pires que les macoutes."

L'émission de Monard illustre parfaitement comment l'idéologie duvaliériste  joue sur l'haïtianisme :" Je ne suis ni de gauche ni de droite mais je suis Haïtien"  avance un des invités.

Ce qui veut dire ?

Pour l'homme de droite, un certain Monel,  la démocratie ne peut être universelle. Elle est culturelle. Ca c'est typiquement une production d'idées de la droite : l'héritage africain, l'Egypte, la Nubie et les imbécilités de "reformater " l'homme haïtien des 2 Duvalier.

Comme si le droit d'ainesse, évoqué par ce Monel comme une particularité culturelle haïtienne,  n'existait pas en Occident. Comme si par exemple, le fils ainé n'héritait pas des biens en Europe comme en Afrique, avant que des lois n'aient changé la donne afin de distribuer l'héritage à parts égales entre les enfants. Comme si dans les villages en Europe, à l'époque de la ruralité, avant l'industrialisation les enfants n'étaient pas sous la surveillance de tous les adultes de la communauté.

Comme si être haïtien était une sorte de valeur transcendantale qui surplombait les rapports de classe, de couleur actifs dans la société. " Etre haïtien" devenant non pas une flèche de lumière, mais un éteignoir à bougie.

Monard qui est issu du courant Grenn-nanbounda, un courant  formé d'éléments de "la classe" comme ils disent, qui s'est associé  en 2003 - 2004 au mouvement de Guy Philippe, lui-même piloté par la CIA, pour faire tomber un président élu et introduire la Minustha, une occupation de forces étrangères qui dure encore.

Un mouvement qui, à partir de 1986 a boycotté cette transition à la démocratie pour maintenir la population dans l'état d'inhumanité dans lequel elle a vécu au cours des années de la dictature : 1957-1991, participe activement au discours de la dégradation  de l'Etat, survenu  soit-disant à partir de la chute du duvaliérisme.

Bien évidemment ni Monard, ni son invité Monel, ne peuvent appuyer leurs sentiments, impressions par des faits, des images, des témoignages et des chiffres pouvant prouver clairement  la qualité exceptionnelle des conditions de vie de la population sous le régime dictatorial.

Considérations, vous aurez remarqué, qui n'interviennent jamais dans ce type de débat afro-nationaliste- fasciste-duvaliérien. Il leur suffit de vous dire que tout était merveilleux avant. Et il faut les croire sur parole. Et il faut éviter de leur expliquer qu'entre temps la population a doublé, et qu'il y a eu de grands bouleversements géo-politiques dans le monde. Ni qu'il suffirait qu'ils aillent faire un tour en Grèce pour comprendre comment il est possible d'imposer des mesures néo-libérales à un gouvernement de gauche ( fausse gauche diront-ils). Et quelles sont les conséquences sur les les conditions de vie des Grecs.

Haïti, suite à la fin de la guerre froide et à la montée en puissance du néo-libéralisme, privatisations incontournables si tu veux que les bailleurs te prêtent, est sorti de l'isoloir confortable pour les néo-duvaliéristes dans lequel l'Occident avait fait la faveur aux Duvalier - remparts contre le castrisme -  de laisser croupir le pays. Et c'est de cet état de non-droit  dont ils sont nostalgiques.

Quel Etat était  la nature de l'Etat duvaliérien ?

Comme vous le savez, ces néo-duvaliéristes  - il faut appeler un chat un chat - qui ont boycotté la transition démocratique - rappelez-vous le massacre des élections de 1988 - avancent toujours que Duvalier François a du faire face à une telle opposition, ce qui l'aurait empêché de développer le pays.

Or, Duvalier François a joui d'une situation qui lui offrait toutes les possibilités : la guerre froide qui lui  assurait le soutien des USA, la chasse aux opposants intellectuels, la vente des paysans à la RD, un corps de miliciens féroces avec lesquels il aurait pu mettre en place de grands travaux dans l'infrastructure, l'agriculture, etc. suivre l'exemple d'Estimé dont il avait été le ministre de la Santé.

Or, au départ du fils du papa, les structures de l'Etat évoquées par ces néo-duvaliéristes étaient dans une situation d'hibernation. En apparence des ministères, des super-ministres, des lois, les quartiers de la classe moyenne dans la capitale étaient propres, avec quelques heures d'électricité, il était possible de circuler dans les rues - sauf pour les opposants qui pouvaient être ramassés par une voiture noire et disparaître à tout jamais dans le silence le plus total - la peur et le stress étant partout bien que habilement camouflés puisque pour le régime dictatorial avoir peur signifiait être coupable.  Une mascarade. Pas trop différente de celles que Martelly et Jovenel Moïse donnent à voir.

Un château de cartes qui s'écroule en 1986 aussitôt que ceux qui étaient en charge de maintenir les apparences - les zotorite macouto/duvaliéristes experts en carnavals, mascarades et duperies diverses - s'envolent vers d'autres cieux.

Laissant une population dans quel état ? Un environnement dans quel état ? Des infrastructures dans quel état ? Oh, bien sûr, les néo-duvaliéristes avancent comme réalisations de  l'électrifcateur des âmes, la construction d'un aéroport à son nom - bagay pam - avec l'argent de la trahison de Cuba, une cité pour les ouvriers au nom de son épouse - bagay pam. 29 ans de pouvoir absolu pour ça !

Et avec les conditions économiques, politiques et sociétales déplorables connues de tous  :  une population en majorité analphabète, enfermée dans la peur et les pratiques magico-mystiques comme avant même le Moyen-âge en Europe,  avec une classe moyenne - à l'exception de la minorité qui avait les faveurs du régime- vivotant tant bien que mal pour arriver à donner une éducation, à manger et des vêtements à leurs enfants et, s'exilant au fur et à mesure aux USA, au Canada, en Afrique, en Europe. Aubelin Jolicoeur, témoin à l'intérieur du système et duvaliériste de son état, le décrit fort bien. Un régime de prédateurs qui laisse en partant, les caisses de l'Etat vides - allant jusqu'à emporter l'argent versé par la RD pour les travailleurs des bateyes de la  coupe de canne de 1986.

Voici quelques-unes des caractéristiques de ce régime dont ont hérité les acteurs de la transition démocratique.

Mais l'héritage le plus lourd a été la culture duvaliérienne, style gwo ponyèt et corruption - foncièrement anti-démocratique - a été les hommes et femmes issus de ce régime. De par leur culture et leurs mentalités, ces hommes et femmes, employés de l'Etat, commerçants, gwo peyizan, ex-gwo makout, ex-militaires, oligarchie alliée au régime des Duvalier étaient carrément hostiles à la démocratie - que portés par la même haine, ils qualifient maintenant de "démocratie à l'occidentale".

Notez bien en passant que s'ils rejètent la démocratie à l'occidentale, par contre, le compte en banque, le costume, les voitures luxueuses et les grosses baraques à l'occidental n'ont pas droit à ce rejet de "l'occidental". A croire que de l'Occident seule la démocratie serait méprisable.

Bref, tout ce monde réac, main dans la main,  boycottant jour après jour 365/jrs par an ce désir de changement porté par la population. Vous connaissez l'histoire de ces coups de boutoir successifs qui iront  jusqu'à faire sauter la fragile digue en 2004. Et en arrivera à imposer à la population leurs présidents, leurs parlementaires, leurs juges, leurs journalistes, leur politique.

Les erreurs des acteurs de la transition démocratique - comme si face à cette armada armée, criminelle et friquée, le boycott à l'intérieur même de l'Etat, les trahisons et la corruption -  il était possible d'éviter de commettre des erreurs - sont instrumentalisées par les néo-duvaliéristes pour expliquer la situation actuelle.

Or, ce sont ces mêmes personnes - et l'on le voit bien avec les 2 gouvernements tèt kale - qui sont à l'origine de cette situation et qui la font perdurer.

On dirait que ce petit monde n'a jamais lu les livres de Mme Marie Vieux Chauvet. Qu'ils ignorent ce qu'étaient les cagoulards. Qu'ils ne savent pas le traitement fait à Mme Hakim-Rimpel, simple journaliste opposée au duvaliérisme dès le début de ce régime.

Ce pourquoi nous posions la question est-ce que l'insécurité est une institution de l'Etat réactionnaire haïtien. Existerait-il un ministère de l'Insécurité caché au public ?

Et, à partir de ce que nous venons de décrire, l'insécurité doit être prise au sens large du terme, l'accès aux droits fondamentaux.

Ce à quoi on assiste aujourd'hui est une lutte entre les différents courants du néo-duvaliérisme : les partisans du père, ceux du fils, et ceux qui louchent sur une possible entrée dans le jeu du petit-fils.

Ils ont bataillé ferme pour exclure les courants progressistes et les stigmatiser - comme si être de gauche  - comme être communiste du temps du régime dictatorial qu'il n'ont cesse de voye monte avec une indécence à nulle autre pareille,  -  équivalait à être un suppôt du diable.

C'est pourquoi, comme vous pouvez le constater dans la discussion, ils sont tous d'accord pour dire que la gauche n'existe pas en Haïti. Car - voulant se partager le pouvoir -  ils sont unis pour l'évacuer du champ de la politique haïtienne, pour lui donner des définitions les unes plus farfelues que les autres, ramenant ses membres à des rêveurs - comme si le rêve n'est pas ce qui fait avancer l'humanité - à des arrivistes - c'est vrai qu'il y en a pas mal comme dans tous les partis - à des idéologues de salon, genre intellectuels déconnectés de la réalité - déconnectés de la réalité, mais pourtant assassinés par leurs régimes pour être trop connecté .

Et les voici, nous expliquant que la droite n'est pas du  tout, du tout ce que l'on peut penser. Et par un habile retour de situation - le coupable se faisant passer pour la victime, le genre à soutenir  que c'est la faute à la gauche si Izmery a été assassiné - la décrivant, cette droite, comme stigmatisée, victime  d'un mauvais procès, fait bien évidemment par cette gauche qui n'existe pas sauf quand il s'agit de mal faire.

Ceci, prolongeant une opération de guerre psychologique, propagande contre la gauche montée par les mêmes en 2004, dont les écrivains Gnbistes, Trouillot et Gary Victor, entre autres, étaient les chantres. Et dont j'ai fait état sur ce blog.

On voudrait demander à ce groupe de néo-duvaliéristes réunis dans le studio, qu'ils nous disent quelles ont été les participations des mouvements de droite dans l'amélioration des conditions de vie des populations dans le monde.
Et en particulier en Haïti, où ils ont dominé pendant deux siècles la scène politique.

Et, jusqu'à présent ces mouvements qui se positionnent toujours et systématiquement contre les revendications populaires, enferment la population dans une camisole de force, l'empêchant de respirer, la plaçant dans un camp de concentration à ciel ouvert, l'arrosant régulièrement pas seulement de gaz  mais d'idées rétrogrades à base d'un essentialisme - comme si la culture haïtienne était dans une boite de conserve, hermétiquement fermée aux apports du monde - idéologie duvaliériste par excellence dont le but est de maintenir la population dans l'obscurantisme, dans un nationalisme trivial et grivois à la Martelly, pour la soumettre. 

Mais, ils vous diront que pas du tout du tout, ils sont pour les revendications mais contre la violence. Violence qu'ils génèrent eux-mêmes par le traitement inhumain qu'ils infligent aux gens. Et ils le savent fort bien, d'où leur posture de faire semblant de se positionner à côté du peuple, tout en prenant bien soin de diaboliser, d'éliminer, de tuer leurs leaders.

Ils sont pour les revendications populaires - parce qu'à moins de prendre le risque de passer pour un monstre il est difficile de déclarer que 300 gourdes est un juste salaire -  mais généralement ils se prononcent à haute voix contre leurs porte-paroles, les leaders syndicaux et politiques - sachant qu'en les dénigrant c'est la dynamique du mouvement qu'ils s'emploient à saper.

C'est un peu la même stratégie de masques, mais en sens inverse, dont ils ont usé avec Martelly et qu'ils pratiquent avec Jovenel Moïse. Ils ont fait semblant de les combattre - alors que ces deux présidents choisis par la CI, sont tous deux issus de leur même camp néo-duvaliériste - tout en les laissant prendre le pouvoir et le gérer à leur guise. Win, win, Martelly a fait ça, win, win Jovenel Moïse a dit ça...Et puis...Rien d'autres que des arguties à base de : il faut changer le pays, faut changer les mentalités, il faut, il faut, il faut, etc.

Or, un pays ça se change quotidiennement.

Jamais, on ne le a entendu s'opposer directement aux agissements néfastes de Martelly, comme on le voit faire par les journalistes de la RD contre leur gouvernement. Carnavals à gogo, per diem à 20 000$ par jour, PSUGO, taxes sur les appels téléphoniques et les transferts, argent du Trésor public donné à gérer à la femme et au fils du "bandi legal",  Calixte Valentin un assassin au Palais promu conseiller du résident, gaspillage des fonds petrocaribe, non élections des maires remplacés par des agents intérimaires de l'exécutif, saccage de l'environnement fragile de l'Ile-à-Vache, arrêtés sur l'Arcahaie, répression féroce de leurs habitants par les BOID, disparition d'E Daniel, mort du juge Joseph, les 14 comptes en banque de l'inculpé fait-président, ses chèques " à qui vous savez", les enquêtes enterrées, des Galil de Lamothe, des armes saisies  à Saint-Marc, du bateau sucré à la cocaïne d'Acra, du riz avarié déversé à Tabarre ...Etc.Etc. Un déluge d'insanités, de violences, de prédation.

Tout cet ensemble de turpitudes perpétrées par les néo-duvaliéristes tètkale/bannnan est mis au compte de l'héritage de la transition démocratique. C'est la faute à lavalas qui aurait déçu le peuple, qui après se serait jeté dans les bras" d'hommes venus de nulle part" (sic)

La seule personnalité issue de ce milieu que j'ai entendu faire une déclaration plus ou moins honnête, assumer la filiation des tèt kale avec les militaro/macouto/duvaliéristes, c'est l'ancien chef des Léopards Himmler Rebu " c'est mon régime" disait-il, en parlant de celui de Lamothe/Martelly.

Voici donc ceux qui diabolisent la gauche, cassent la tête des gens, en accentuant leurs paroles  comme autant de coups de marteaux assénés, déversant - des tombereaux d'idées fausses, afin de les démobiliser, de les piétiner, pour avoir le champ libre et se partager le pouvoir... Tout en prétendant défendre la cause des galériens du pays. Comme dit l'autre : avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis.

Dès 1986, avant même que les partisans de la démocratie viennent avec ce slogan" makout pa ladanl", les militaro/macouto/duvaliéristes avaient déjà mis en action leur opération "la goch pa ladanl"

Les comédiens de Graham Green qui ont changé de masques comme de chemises depuis 1986, ont repris maintenant du service.

 

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