Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le Monde.FR. L'Afrique n'attend rien de positif de Macron - Par Yann Gwet

Publié par Yann Gwet sur 9 Mai 2017, 11:05am

Catégories : #INTERNATIONAL, #RACISME


Un terme au soutien des dictatures africaines

Ce « racisme inconscient », qui imprègne en effet les rapports France-Afrique depuis le début, explique en partie pourquoi, à l’instar de celle de ses prédécesseurs, la politique française de M. Macron s’articulera nécessairement autour du triptyque « humanitaire » (aide au développement), « sécurité » (opérations de lutte contre le terrorisme, etc.), et « business ». Plus généralement, il explique pourquoi, peu importe le contexte géopolitique du moment, la vision française de l’Afrique est identique : le continent est perçu comme un problème, un instrument de puissance, une chasse gardée.


Cette dernière dimension s’incarne dans la fameuse Françafrique. Celle-ci obsède les Africains, qui rêvent du jour où arrivera un président français qui mettra un terme au soutien des dictatures africaines, aux réseaux occultes qui alimentent la corruption des Etats, et à toute une série de dispositifs coloniaux – le franc CFA par exemple – qu’ils exècrent. Cela n’arrivera pas, car la Françafrique est une bénédiction pour la France. Elle garantit son emprise sur les pays d’Afrique francophone.
De ce point de vue, en tant que rouages essentiels de la machine françafricaine, les autocrates africains sont les meilleurs alliés des intérêts français en Afrique. Si jamais il est naïf – sait-on jamais –, M. Macron ne tardera pas à s’apercevoir de l’avantage, pour la France, d’avoir à la tête des Etats d’Afrique francophone des dirigeants illégitimes. Il comprendra que la victoire de la démocratie formelle (la succession d’élections inutiles) sur la démocratie réelle (le pouvoir entre les mains des Africains) lui donne une influence inouïe sur les pays du pré carré français.


A la périphérie de l’Histoire

Il se rendra compte que la grande « chance » de la France, c’est que l’Afrique francophone est à la périphérie de l’Histoire : soumise politiquement, soumise économiquement, soumise militairement, soumise intellectuellement. Dans le prolongement de ses prédécesseurs, M. Macron pratiquera donc une politique africaine « réaliste » : il cajolera la grande endormie dans les mots – « partenariat gagnant-gagnant », « relation d’égal à égal », etc. –, pour mieux la dominer dans les faits.


Ce ne sera que l’ordre des choses : en fait de politique étrangère, les grandes puissances n’ont que des politiques de domination. Tout indique que l’Afrique francophone sera de fait sous tutelle pendant encore longtemps. Un signe qui ne trompe pas : dimanche soir, les ministres des affaires étrangères des pays du continent étaient réunis à Kigali pour examiner l’état d’avancement d’un ambitieux projet de réforme de l’Union africaine, dont l’un des objectifs principaux est de rendre cette institution indépendante des grands pays qui la financent. Ce projet est important sur les plans politique et symbolique. Mais c’est peu de dire que la jeunesse d’Afrique francophone a autre chose en tête que le sort de l’Afrique. Dimanche soir, partout dans cette partie du continent, elle célébrait la victoire du nouveau président français. Comme une allégeance au nouveau président de l’Afrique francophone.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents