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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Archives 2010.Classes sociales en Haïti - Par Robert Paris

Publié par Robert Paris sur 22 Avril 2017, 20:34pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #DUVALIER, #PEUPLE sans mémoire...

On aurait tendance, vu de loin, à croire qu’il n’y a que des pauvres en Haïti. Quelle erreur ! Il y a une bourgeoisie et même une grande bourgeoisie... Et les inégalités sociales sont plus criantes en Haïti qu’ailleurs entre une bourgeoisie qui vit dans le luxe et des bidonvilles d’une misère record... D’un côté des piscines et de l’autre pas d’eau à boire ! Cette bourgeoisie, du fait de sa diversité (grandes familles, seigneurs grandons (grands propriétaires terriens), anciennement liés ou pas au duvaliérisme, d’origines nationales diverses) et de sa rapacité, a été incapable de s’unir pour garder directement le pouvoir mais tous les pouvoirs issus de l’armée ou de la petite bourgeoisie ont été globalement à son service. Et il est impossible à l’armée, à l’église, à la petite bourgeoisie et ses politiciens ou notables d’être indépendants des intérêts de la grande bourgeoise haïtienne comme étrangère. Avec les politiciens, les notables, les intellectuels, les responsables religieux ou associatifs, des petits potentats locaux, des cadres militaires, bien des gens issus de la petite bourgeoisie ont fait mine d’ouvrir une perspective pour l’ensemble du peuple haïtien mais le "peuple" est divisé en classes et c’est le prolétariat qui a une vraie perspective à offrir...

Voici un reportage :

"Les riches Haïtiens n’ont pas senti passer le séisme Les rayons sont bien remplis au Star Meket de Port-au-Prince.

Les rayons sont bien remplis au Star Meket de Port-au-Prince.

Ils continuent à boire de l’eau de source française et mangent du camembert de Normandie : pour les Haïtiens les plus fortunés, le séisme du 12 janvier et le chaos qui a suivi sont passés inaperçus.

Sur les hauteurs de Port-au-Prince, à Pétion-Ville, un chapelet de supérettes tenues par des Syriens courtise le chaland.

Les rayons sont garnis de produits introuvables ailleurs dans la capitale du pays le plus pauvre du continent américain. Les mets de luxe y côtoient... des revues qui prodiguent des recettes pour maigrir.

"Quand on vend de la nourriture, on ne va jamais mal. Les gens achètent toujours à manger", lance Moussa Aballa Nahra, 70 ans, propriétaire du Royal Market. La devanture de son magasin fait dans la simplicité. Mais à l’intérieur, on trouve tant des bonbons européens que des olives portugaises ou du vin chilien. Les prix affichent une santé américaine...

Cela fait presque 50 ans que M. Nahra est installé en Haïti. "En 1961, ce pays était un paradis, très agréable avec beaucoup de prospérité, d’espoir dans l’avenir", dit-il. Son épouse se tient à ses côtés. Elle aussi est originaire du port syrien de Tartous. Non sans fierté, elle explique que ses trois enfants son "tous haïtiens".

"Mon fils a épousé une Haïtienne", poursuit-elle. Mais, prévient Mme Nahra, "pas une noire, une mulâtre, très belle. Mes deux filles m’ont donné des petits Américains parce qu’elles sont allées dans ce pays afin que leurs enfants naissent à l’extérieur".

Mme Nahra, son mari et une bonne partie de leur clientèle font partie des 5% d’Haïtiens qui forment l’élite économique du pays.

Le 12 janvier, lorsque la terre a tremblé, dans leurs maisons perchées sur les collines qui surplombent la mer des Caraïbes, ils n’ont presque rien senti.

"Moi je ne suis là que pour le commerce", explique Joseph Hanna, 28 ans, un Vénézuélien arrivé en Haïti il y a trois ans, et qui travaille à l’Olympia Market.

"C’est tranquille ici. Les gens sont très gentils", dit-il. On trouve de tout dans l’Olympia Market, même de la nourriture pour chiens. Avoir un animal domestique en Haïti est peut-être le luxe ultime dans un pays dont l’histoire est jalonnée de crises, et où le séisme a mis à terre le peu d’infrastructures qui subsistait.

L’argent facilitant bien des choses, seuls les plus fortunés des Haïtiens ont pu se sauver, en jet privé ou par voie terrestre, après le tremblement de terre qui a tué au moins 217.000 de leurs compatriotes

"Heureusement que mes deux enfants étudient à Bordeaux", soupire Patricia Steed Attié, propriétaire du Papaye, un restaurant à la mode. Le cocktail qu’elle boit, la musique d’ambiance et la clientèle européenne feraient presque oublier qu’à seulement quelques kilomètres, plus d’un million de personnes vivent dans des abris provisoires.

"J’ai fermé près de trois semaines, mais j’ai décidé de rouvrir. Je pense que c’est un moyen de ne pas perdre espoir. Mes employés ont recommencé à travailler, c’est un moyen d’aider, de ne pas renoncer", dit Mme Steed Attié.

Même note d’optimisme dans la bouche de Moussa Aballa Nahra, le propriétaire syrien de Royal Market.

"Rien ne manque ici. Je n’ai pas de problèmes de sécurité et les affaires sont bonnes. Je n’ai jamais songé à quitter Haïti (...) mais maintenant je suis vieux. Mon rêve est d’aller en Syrie, le meilleur pays du monde. Je veux y mourir", lance-t-il."

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