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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le Monde.fr. Etre libérien, vivre pauvre et mourir empoisonné à côté d'une montagne d'or

Publié par siel sur 22 Mars 2017, 14:14pm

Catégories : #INTERNATIONAL, #REFLEXIONS perso, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #PEUPLE sans mémoire...

Il n'aura pas échappé à ceux qui lisent ce blog, que les informations qui y sont diffusées au niveau international, sont toujours en relation avec Haïti - d'une manière ou d'une autre.

Il ne s'agit pas de donner de l'information pour remplir la tête des gens - ou faire du buzz comme ça se dit - mais de susciter réflexions et analyses à partir de situations parallèles existant dans d'autres nations.

Pourquoi ?

Pour combler le vide entretenu par la presse haïtienne, notamment le plus vieux quotidien du pays, qui évite scrupuleusement de se rendre dans les eaux ex-territoriales, comme si elles étaient pleines de requins qui pourraient attaquer cruellement le statu quo, lui arracher une jambe par ci, un bras par là et mettre en danger la paix des cimetières.

Pour sortir la tête de cette affreuse culture des élites qui instrumentalisent, une soi-disant spécificité d'Haïti : "se Ayiti ou konnen" Ayisyen se konsa yo ye". qui s'appelle de l'essentialisme. C'est-à-dire, prétendre qu'il existerait un "être haïtien" immuable, incapable de changements,  - à quoi bon, hein,  perdre son temps à l' éduquer, le soigner ? - enfermé de la naissance à la mort dans une bulle. La résignation - ce qu'ils appellent à tort mais avec leurs raisons, la résilience.

Evidemment, tout ceci est du bullshit, en continuité avec les idéologies racialistes  attribuant  à chaque "race", groupe humain des caractéristiques bien précises, lesquelles définiraient pour toujours leurs manières de voir le monde, hier, aujourd'hui et demain.

C'est grâce à cette arnaque ethno/socio/philosophico élaborée par les peuples occidentaux, dit supérieurs - et repris par les élites qui les ont remplacés-   que génocide, esclavage, colonisation, exploitation des peuples dit inférieurs et le vol de leurs ressources matérielles et humaines ont été légitimés.

"Se pa fòt nou yo te telman sovaj nou te oblije touye yo pou yo sa tounen moun pou tout vre nan paradi bondyeblan nou an"

Nombre de journalistes et d'intellectuels haïtiens cautionnent cette idéologie - pour des raisons trop longues ici à développer mais qui ne tiennent pas uniquement au domaine du vénal, l'ignorance y a sa part.

Et qu'a t-on trouvé de mieux pour maintenir une population dans l'ignorance ?

- Absence d'éducation ou éducation pèpè. C'est-à-dire sans salles de classe, sans livres, sans matériel, sans enseignants.

- Absence d'information sur le monde et sur des sujets, expériences et situations qui sont communs et qui pourraient servir d'exemple ou de contre-exemple.

- Isoler la population dans ce mythe de l'immuabilité, comme si les Haïtiens n'étaient pas sensibles à des influences venues de l'extérieur - souvent les moins intéressantes  : pèpè, bredjèn, kilòt tanga, jouw moun, bagouses et chaînes en or, faux cheveux dégeu, blanchiment de la peau, poulets au chlore. Etc. - ce type d' influences on le  leur laisse, volontiers. Ca fait marcher le commerce des importateurs et renforce la bêtise des consommateurs.

Donc, ici on a choisi de faire l'inverse. De proposer au lecteur haïtien de sortir de l'enfermement mortifère, d'ouvrir les yeux sur  les réponses données à certains problèmes auxquels il sont confrontés et auxquels d'autres, tout comme eux, font face.

Ici la question du logement vu d'Espagne.

Là la question de la Justice vu de France

Celle posée par l'éthique en politique avec la démission du ministre de l'Intérieur, visé par une enquête.

Celle posée par le droit en démocratie d'être informé sur les personnalités qui sont amenées à occuper des postes ministériels, totalement bafoué en Haïti.

Ce pourquoi, nous suivons également avec attention ce qui se passe avec la corruption chez les voisins de la RD, comment la société civile, les intellectuels appréhendent le phénomène et les initiatives prises pour le contrecarrer.

De même, comme on parle pas mal des mines d'or en Haïti comme ici, et que j'ai vu que le Premier ministre, celui allergique à payer ses impôts, a l'intention de proposer une nouvelle loi minière - ce qui fait très peur -  vu le profil  des sénateurs et députés et des woz/rakèt en général,  qui derrière des slogans  : Haïti ap dekole, Viktoi pou pèp la, Haït ouverte aux affaires, eau, soleil, terre, bananent la population façon Agitrans tout en menant derrière la scène ( courtoisie Boulos)  une politique orientée vers le gaspillage et la prédation.

Même s'il est vrai qu'avec l'installation d'un inculpé pour suspicion de blanchiment d'argent à la tête de l'Etat, d'un Premier ministre, un médecin qui a l'audace de parler d'élargir l'assiette fiscale, tout en lui-même ne payant ses impôts - il va l'élargir comment ? En faisant payer plus de taxes aux pauvres ?- Haïti  qui se trouve tout à fait dans le dernier contingent, en bas, en bas, de l'échelle de ce que l'on pourrait appeler un Etat  de droit, semble se préparer  à s'enfoncer encore plus dans le trou de l'obscurantisme duvaliérien. Il n'y a pas de raisons de désespérer, ni d'espérer d'ailleurs. L'espoir ne fait pas vivre. Il fait mal-vivre.

Chaque personne éveillée, chaque poète, chaque professionnel, chaque artiste et artisan  a pour devoir de maintenir sa flamme allumée, son indignation, sa colère,  à s'organiser de manière à  construire dans un premier temps un anti-dote au poison, puis de l'éliminer.

Il ne faut pas cesser de dialoguer, de créer des clubs de réflexion, des journaux, trouver des formes inédites de manifestations, car l'arme  préférée de ces gens-là demeure la baboukèt.

Coups d'états et insécurité - mais il n'y a pas plus grand  facteur d'insécurité que de placer à la tête d'un pays un inculpé pour suspicion de blanchiment d'argent - sont de la partie pour installer cette baboukèt, fermer la bouche des gens, les empêcher de respirer, de regarder, de penser, de rêver, de construire, d'être heureux.

Un exemple très simple : si au lieu d'encourager Martelly dans ses dérives et d'applaudir à ses insanités, telles que les paroles salaces proférées contre cette femme à l'un de ses meetings,comme ses "pete, pete", la société civile avait réagi, si elle avait organisé des manifestations pour soutenir cette femme, comme cela se fait partout au monde, Martelly n'aurait pas fait son carnaval des Cayes. Mais au lieu de manifestations, il y a eu le silence. Et les Cayes. Et Jovenel Moïse. Et Lafontant....

L'un de mes amis afro-colombien, un artiste peintre, m'a dit, il y a de cela des années,  cette parole qui est restée ancrée  dans mon coeur : " Le silence nous tue"

Donc, pour toutes ces raisons, il est important de lire cet article sur l'exploitation des mines d'or au Libéria, sur le rôle joué par le FMI ( dont des experts ont rédigé une loi minière pour Haïti) et la situation de misère dans laquelle se trouve la population, suite à cette exploitation.

 


Pour faire place à la mine, les habitants de Kinjor ont dû abandonner leurs maisons, leurs fermes et les petites mines d’or qui leur fournissaient quelques revenus. En contrepartie, le projet New Liberty Gold était supposé améliorer leur vie, avec des emplois, de nouvelles maisons, une école et une clinique, où le petit Joseph aurait pu être soigné.
En 2014, le projet minier a obtenu un investissement de 19 millions de dollars (17,57 millions d’euros) de la Société financière internationale (IFC, filiale de la Banque mondiale spécialisée dans les prêts au secteur privé) dans le but d’améliorer la vie des Libériens. Mais les promesses de développement sont tombées à plat. Pour le moment, ces fonds n’ont bénéficié qu’aux actionnaires de l’entreprise, lesquels sont dissimulés par de complexes montages offshore. Parmi les actionnaires historiques, certains ont été liés à Charles Taylor, seigneur de la guerre devenu président et condamné en 2012 à cinquante ans de prison pour « crimes de guerre ».
Lire aussi : Quand la Banque mondiale trahit les pauvres

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