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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Il n'y a qu'en Haïti, en 2017 qu'un intellectuel croit qu'il faut dire "président Jovenel" et non pas comme partout ailleurs dans le monde démocratisé on dit M. Hollande,M. Poutine ou carrément Trump, Poutine, Hollande,Sarkozy, Obama, Chirac...Lui évoque une histoire de respect...

Publié par siel sur 1 Avril 2017, 11:45am

Catégories : #VIDEOS, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #REFLEXIONS perso, #PEUPLE sans mémoire...

J'ai écouté avec plus ou moins d'attention -mais sans doute pas avec toute l'attention qu'il aurait fallu - les propos de Raymond Dumas, ex-chroniqueur au Nouvelliste, ex-ministre de la Culture de Martelly et ami de Jovenel Moïse, selon ses propres dires, 'homme aux 14 comptes en banque, fait-président par la grâce de la CI et de son manager l'Espagnol Antonio Solà

L'ensemble est assez accablant. Le mot juste serait réfrigérant tendance morbide chambre froide - ou morgue.

Je l'ai donc entendu se plaindre de ce que ces intellectuels non-marxistes dénomment la médiocrité. Alors qu'il s'agit ni plus ni moins de fascisme. C'est-à-dire de développer et entretenir  sciemment une politique  basée uniquement sur les rapports de force entre ceux qui ont l'argent et les armes et ceux qui ne les ont pas. La corruption jouant un rôle central dans ce mécanisme. Car il s'agit  de faire en sorte que la corruption domine dans l'ensemble du pays et dans toutes les couches sociales. Les plus récalcitrants ayant droit à un aller sans retour au pays sans chapeau, les autres à l'exil.

C'est ce système - qui n'a rien à voir avec la médiocrité individuelle qui existe bien sûr dans tous les pays du monde - et qui érige en norme : soumission, collusion et corruption, que l'intellectuel haïtien, ici M. Raymond Dumas, se refuse de confronter.

M. Dumas nous dit qu'il revient à ses anciennes amours du temps de Duvalier J-Cl où il ne s'occupait que de littérature - parce que, précise t-il, à cette époque "paradisiaque" (ça c'est moi) il était impossible de s'occuper de politique.

Sans même s'en rendre compte, M. Dumas  en nous disant son abandon de la chose politique, nous fait l'aveu de la restauration de ce duvaliérisme.

Mais il n'ose pas s'aventurer vers ce constat. Il a trouvé une parade : l'homme étant selon lui toujours perfectible. Le fascisme est-il perfectible ? C'est la question qu'on aurait envie de lui poser, parce qu'il ne s'agit pas d'hommes mais d'un système qui broie tous ceux qui auraient la velléité de sortir Haïti de cette culture.

J'ai été également étonnée par l'infantilisme d'un intellectuel qui juge des compétences d'un homme, Jovenel Moïse,  à gouverner à sa gentillesse, à sa courtoisie, à sa bonne volonté.

Vous avez déjà vu un arnaqueur qui ne serait ni courtois, ni affable, ni gentil ?

C'est le b-a-ba de la profession.

D'ailleurs  les contes du monde entier qui se veulent leçon de sagesse mettent en garde contre  ces apparences trompeuses. Le petit chaperon rouge et le loup si aimable, et autre exemple les Bouki et Malice dans lesquels on voit un Bouki conquis par la  "gentillesse" d'un Malice,  immanquablement se faire "bananer" ou autrement dit toujours selon l'expression scabreuse "se la faire mettre bien profond" à tous les coups. Et le comble, c'est qu'il recommence à tous les coups.

Ce n'est pas que Bouki soit maso. C'est parce que son grand problème c'est que n'ayant pas de mémoire, les expériences passées d'échec ne lui servent à rien. Cette absence de mémoire est une conséquence d'une absence d'éducation basée sur la réflexion et l'ouverture au monde.

Depuis quand a-t'on vu un poisson se faire attraper avec pour tout appât un morceau de ferraille ?

Depuis quand a-t'on vu une mouche se faire attraper avec du vinaigre ?

En écoutant Raymond Dumas - même d'une oreille distraite - on mesure par ses tours et détours, ses tôles rouges, routes barrées et impasses de la pensée, à quel point cette génération des enfants des Duvalier a intériorisé  volens nolens l'idéologie dominante, celle de leur enfance, celle avec laquelle ils ont grandi, qui, en quelque sorte les a nourris, les a formatés.

De sorte que, malgré le constat qu'il fait lui-même d'une société qui en tourne en rond depuis plus de 50 ans, Raymond Dumas parie  à nouveau, non pas sur un changement de système, mais, à la Duvalier, c'est lui-même qui s'en inspire  sur l'émergence d' un Homme Nouveau - une constante du fascisme-  dont l'obsession par tous les cieux est de transformer l'être humain en robot, en zombi, soumis à la prédation des "chefs".

Homme Nouveau, qui, jaillissant de l'eau Culligan ou du Rotary Club, sans expériences en politique, économie, administration publique - danserait  une sorte de carnaval d'improvisations qui mènerait la population, comme le Moïse de la bible, hors des dix plaies d'Égypte, vers un état ou l'eau, le soleil, la terre  se marieraient - toujours comme dans la bible - pour créer ad nihilum, cet homme nouveau. Un fantasme des Duvalier, Hitler, Franco, Trujillo et toute la bande de frappadingues qui au cours de l'histoire de l'humanité se sont, dans leur mégalomanie, pris pour dieu en personne.

Peut-être que comme bon nombre d'Haïtiens, Dumas est imbibé de ces légendes judéo-chrétiennes, lesquelles, malheureusement,  si on devait les tenir pour réalité, auraient à  l'inverse plonger les descendants de Cham (les Noirs)  dans l'esclavage et la misère pendant des millénaires. Ceci Jusqu'à aujourd'hui.

Aussi, pour l'intellectuel Dumas qui a été Ministre de Martelly, est ami de Jovenel Moïse, peu lui chaut que l'un ait avec son équipe gaspillé les fonds petorcaribe, que l'autre soit inculpé et qu'avec plus ou moins la même équipe  de nuls que son mentor il dirige aujourd'hui le pays.

Son raisonnement ne va pas plus loin que ses rapports amicaux avec ces deux hommes. Le type fait allégeance à ses seigneurs et maîtres comme au temps du Moyen-âge.

J'ai souvent évoqué l'infantilisme des zentellectuels haïtiens, de ceux ayant participé au mouvement grenn-nanbounda. J'ai souvent fait remarquer que leur dénonciation de la barbarie, de la sauvagerie, de la médiocrité de la population haïtienne renvoyait à leur propre sauvagerie, barbarie et médiocrité. Et qu'ils étaient les premiers responsables de la stagnation,de l'état du pareil au même dans lequel se trouve actuellement le pays, du fait de leur soumission.

Servitude volontaire qui s'est étalée au grand jour pendant les cinq années de Martelly par leur silence et/ou collaboration à ce régime de prédateurs - dans leur jeunesse, ils avaient agi pareillement avec les Duvalier, fermant oreilles et yeux, bouchant leurs bouches, face aux crimes, disparitions et aux atrocités des militaires, de Fort-Dimanche, de Mme Adolphe et des macoutes.

De même, dans cet entretien, l'intellectuel se gardera d'évoquer l'inculpation de son ami,  passé de Jovenel à "président Jovenel Moïse". De même le journaliste se gardera - question de ne pas embarrasser un ami - de lui poser une question sur ce dossier. D'autant plus que M. Dumas est également l'ami du tout puissant M. Laleau, lequel est ou était un protégé de M. Clinton, le "roi d'Haïti."

Personnellement, comme je le faisais remarquer à propos des kwen, kwen  des cortèges des "chefs" il n'y a qu'en Haïti - même en Afrique - ou c'était la norme, c'est de moins en moins le cas,- où l'on peut constater des intellectuels aussi englués dans leurs amitiés particulières avec les gens au pouvoir.

Les zentellectuels haïtiens sont bien plus rétrogrades avec leurs "excellence", leurs "honorables", leurs "première dame", leur "président Jovenel" leurs témoignages de respect à des individus qui ne le méritent aucunement ,et tout ce que cela charrie comme lâchetés, stupidités, bassesses, corruption - que la population qu'ils dénigrent et qui est à mille lieux de leur terrain de jeu. sordide.

Donc, voilà,. Résultat des courses, M. Dumas  prend sa retraite de la politique et revient à ses amours littéraires du temps de la dictature. La boucle est bouclée.

Retour  à l'enfance, après une velléité d'entrer dans l'âge adulte, d'être majeur au sens kantien du terme opposé à mineur : dépendant. Et refuge vers l'aliénation de sa liberté contre un plat de lentilles.

Ca, c'est sûr, il est bien plus facile, ça ne mange pas de pain,  d'écrire des textes sur les oeuvres de Trouillot, Frankétienne, Yannick Lahens, Kettly Mars et toute la bande, que de s'interroger sur pourquoi et comment on est devenu ministre de la Culture de Martelly, pourquoi et comment on ne cherche pas à savoir en quoi le rapport de l'UCREF incrimine ou pas son "gentil ami", l'homme aux chèques " à qui vous savez" fait-président.

Ceci dit, il est préférable que cette génération d'enfants des Duvalier, nostalgiques de leur enfance, toujours prêts à citer les Duvalier en référence et non pas Jacques Stephen Alexis par exemple,   ( ça aussi c'est un truc assez spécifique aux  zentellectuels haïtiens. Nulle part ailleurs dans le monde, on ne voit des intellectuels citer en  références de sagesse les propos abscons d'un cruel dictateur) préoccupés de leurs amitiés plutôt que du bien collectif, retourne à leurs amours de jeunesse et laisse tomber la politique. Ils ont fait assez de dégâts comme cela.

 

 

 

 

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Yva Unel 01/04/2017 21:35

Long time ago, Haiti had many intellectuals such as, Osvald Durand, Celie Diaquoi Deslandes. Massillon Coicou, Carl Boire, Rene Despestre. Marie Therese Colimon, Justin Lherisson, Rose Marie Perrie, to name a few. Haiti was full of intellectuals speaking French at home and at work whether they were native Haitians or foreigners. They were professional writers, teachers or journalists, composers, musicians, etc. Now, that the Haitians want to speak creole, la literature is disappearing slowly in Haiti. Haiti needs library in every town and commune to develop literature, language arts and reading in Haiti.

siel 01/04/2017 21:54

M. Unel. Selon votre commentaire, il semblerait que le fait que les Haïtiens valorisent le créole ait eu un impact négatif sur leurs relations avec lea littérature. A mon avis, ce raisonnement ne tient pas debout. Puisque jusqu'à aujourd'hui où je vous parle, la majorité des intellectuels haïtiens écrivent en français et sont lus majoritairement par les francophones locaux et étrangers.
La littérature ne disparait pas d'Haïti. Les écrivains disparaissent d'Haïti. Pensez-vous que Martelly ou son clone Jovenel Moïse ait jamais ouvert un livre de Dany Laferrière, de Kettly Mars, entre autres ?
Et puis, n'est ce pas un peu bizarre, que vous exprimiez en anglais pour déplorer la disparition de la littérature haïtienne francophone ?
Je vous laisse réfléchir à ce paradoxe

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