Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Conditions carcérales en France, les plus mauvaises de toute l'Europe occidentale. Haïti a de qui tenir... Mais pourquoi prendre ce qui a de plus mauvais chez les autres ?

Publié par siel sur 14 Mars 2017, 20:53pm

Catégories : #INTERNATIONAL, #REFLEXIONS perso, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE


Si l’on se compare aux pays d’Europe occidentale, la France recourt davantage à la prison que l’Allemagne (77 détenus pour 100 000 habitants), les Pays-Bas (53) ou même l’Italie (86) mais moins que la Belgique (113), l’Espagne (137) et surtout le Royaume-Uni (147). Dans ce groupe de sept pays aux traditions carcérales différentes, seule la France connaît ces dernières années une tendance régulière à la hausse du nombre de personnes détenues.
Paris est régulièrement pointé du doigt par l’institution de Strasbourg pour son incapacité à résoudre les problèmes de surpopulation carcérale. Avec une densité carcérale de 113,4 détenus pour 100 places, la France est un des quinze pays à ne pas respecter la règle de base sur la condition carcérale. Le programme pour l’encellulement individuel annoncé en septembre par le gouvernement ne pourra pas, dans la meilleure des hypothèses, être achevé avant dix ans.

Comme constaté dans les réseaux sociaux et sur les radio, les Haïtiens, pour nulle raison autre que l'ignorance - non-information, désinformation et absence de lecture sont un drame en Haïti - sont persuadés que rétablir la peine de mort permettrait de réduire la criminalité.

Le problème avec ce type  d'affirmation est que les gens qui les tiennent parlent dans les radio et ont parfois une large écoute - ce qui fait que comme des moutons les gens répètent leurs propos et après  que la pawòl soit " gayé ", elle devient paroles d'`évangile.

On ne peut pas demander à un journaliste de se documenter sur tous les sujets, mais on doit exiger qu'il s'abstienne de propager des convictions personnelles non étayées par les faits.

Mais on peut lui demander d'inviter des experts - s'il en existe en Haïti - susceptibles à partir d'analyses et de comparaisons entre  le niveau de criminalité  dans les pays qui ont aboli la peine de mort et ceux qui l'ont conservée. C'est le genre de documentation qu'on est en droit d'attendre d'un journaliste.

Passe encore, quand il s'agit d'élaborer sur les raisons pour lesquelles Aristide n'était pas présent aux funérailles de René Préval,  fait qui n'a aucune importance dans la marche du pays, simplement utilisé pour faire le buzz et  remettre la "démonisation" d'Aristide au goût du jour. Encore une "roulib" prise sur l'enterrement de Préval...

Par contre, des questions comme celles de la peine de mort sont graves et concernent l'ensemble des citoyens amenés à définir la nature de la société dans laquelle ils veulent vivre.

Décider qu'on va enlever la vie à un homme , n'est pas anecdotique, compte tenu de l'état du système judiciaire et des conditions où  est rendue la justice en Haïti. Ou rien n'empêcherait un quidam fortuné de payer un juge pour qu'il envoie à la mort un innocent.

On a vu le cas d'Amaral Duclona jugé en France, et libéré de toutes peines après l'appel de ses avocats.

Amaral Duclona est un cas qui m'avait particulièrement intéressée. J'avais suivi son procès  et lu l'acte d'accusation qui s'appuyait uniquement sur le fait que son téléphone avait été retrouvé sur la scène du crime et que dans ce téléphone existait le numéro de téléphone d'une personne qui travaillait au palais. A partir de ces deux informations insignifiantes - l'accusation avait édifié un conte qui menait à Aristide, supposé être le donneur d'ordre de l'assassinat.

Négligeant les autres pistes, notamment l'entourage de la victime dont un des membres aurait pu monter un coup pour bénéficier de la fortune de l'homme d'affaires.

Amaral Duclona aurait été jugé en Haïti qu'il aurait été emprisonnée et peut-être bien éliminé  à l'intérieur de la prison.
Et si la peine de mort réclamée par certains secteurs de la société, avait existé, un innocent - comme on le voit souvent aux USA - aurait payé pour les véritables coupables.

La justice française est ce qu'elle est,  avec énormément de failles constamment dénoncées par la Cour Européenne de Justice, néanmoins on n' achète pas les juges comme en Haïti.

Le verdict de non coupable dans le cas d'Amaral Duclona est particulièrement exemplaire dans la mesure où il avait en facede  lui - pas n'importe qui - l'ancien ambassadeur de France en Haïti  en 2003-2004 qui orientait l'enquête vers Aristide.

Compte tenu du fait qu'en France la diabolisation d' d'Aristide était présente dans tous les secteurs et milieux politiques, et avait battu tous les records,  il est assez remarquable que la Justice de ce pays ne se soit pas laissée manipuler et qu'elle ait jugé sur les faits et non sur les convictions personnelles, les on -dit, les ragots et zen dont vous avez un exemple dans la citation ci-après

 

 

Thierry Burkard, a décrit les horreurs de la fin du régime Aristide, soutenu par des gangs armés [les chimères], qui semaient la terreur, les comparant aux milices « Tontons macoutes » du régime Duvalier, expliquant à la cour que « Les chimères [...] armés par le régime [Aristide], avaient leurs entrées au Palais présidentiel où ils prenaient leurs consignes et recevaient de l'argent » décrivant les actions répressives des chimères contre les opposants au régime.

Dans son témoignage, Marie-Louise Michelle a déclaré à la cour « J'ai l'intime conviction que l'enlèvement de mon mari a été télécommandé par Jean-Bertrand Aristide et exécuté par Amaral Duclona »,

Rappelant que son mari, avait choisi peu avant son enlèvement de s'engager auprès des opposants de Jean-Bertand Aristide, dans le groupe des 184 « Il disait, si la classe aisée ne s'engage pas pour changer le contrat social à Haïti, rien ne changera jamais dans ce pays. Et, quand il s'est engagé contre les dérives du pouvoir d'Aristide, beaucoup se sont dit, on va le suivre »

Elle a raconté les tentatives du Gouvernement Aristide pour « séduire » son mari en lui proposant des postes au Gouvernement [Ministère des Travaux publics, Directeur Général de l’EDH...]. Ayant échoué dans ces tentatives, les menaces ont commencé, évoquant des tirs sur sa voiture, les intimidations téléphoniques jusqu'à l'enlèvement et la mort de son mari « En portant plainte, je savais que je passais un pont [...] Qu'il n'y aurait plus de retour en Haïti pour moi, tant qu'Aristide sera vivant. »

http://www.haitilibre.com/article-11195-haiti-justice-deuxieme-jour-du-proces-d-amaral-duclona.html

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents