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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lu sur le net : "En 1804 l'économie d'Haiti était égale à l'économie des États-Unis, et Haiti était un partenaire commercial des États-Unis. " Ce qui est évidemment faux mais qui fait recette sur les réseaux sociaux...

Publié par siel sur 21 Février 2017, 18:39pm

Catégories : #LU SUR LE NET, #AYITI ROSE RAKET, #AYITI EXTREME DROITE, #REFLEXIONS perso

Les fondateurs de la nation ont légué un pays économiquement fort et militairement puissant. En 1804 l'économie d'Haiti était égale à l'économie des États-Unis, et Haiti était un partenaire commercial des États-Unis.

Question :

- Comment se fait-il que certains Haïtiens aiment à affabuler sur l'histoire de leur pays... ?

Par conséquent induisant en erreur ceux qui les lisent.

Réponses :

- Parce qu'ils n'ont ni profs, ni manuels, ni bibliothèques.

- Qu'ils ne font pas de recherche.

-Que l'habitude à  été prise de répéter et rabâcher des contre-vérités de génération en génération, par des enseignants totalement acquis aux  versions des historiens et essayistes occidentaux.

Il leur suffirait pourtant d'un clic sur le net pour apprendre que les USA n'ont reconnu l'indépendance d'Haïti qu'en 1862.

Quant à l'assertion d'une économie forte laissée par les fondateurs de la nation, il faut vraiment être totalement idiot pour parler d'économie forte, alors  qu'après la guerre d'indépendance - qui comme toute guerre ravage un pays-  avec le départ des colons, les abandons ou incendies de leurs plantations, ce ne  pouvait être le cas.

Rose-Mie Léonard, une Haïtienne jeune et  talentueuse, docteur en philosophie,  a publié dans la revue Outre-Mers, un excellent papier sur ce sujet des relations entre Haïti,  la nouvelle république indépendante,  et les pays occidentaux, dans lequel  elle consacre toute une partie sur celles avec les USA. Notamment au niveau des échanges commerciaux . Je cite :

" Les rapports entre les Etats-Unis et Haïti sous les premiers gouvernements haïtiens restèrent donc essentiellement commerciaux, sans aucune reconnaissance diplomatique, avec  par surcroît une dose de mépris. Ainsi les échanges commerciaux déjà inégaux entre les deux pays et les intrigues politiques françaises visant à les interdire, affaiblirent l'économie du nouvel Etat nègre. Si la menace d'une reconquête et l'exigence d'une indemnité financière de la part de la France ont incité les gouvernants haïtiens à s'appuyer sur les Etats-Unis via des relations commerciales, cela n'a pas suffi à ouvrir la voie à des relations diplomatiques officielles. En revanche le commerce des armes et des munitions et l'échange de "poisson de mauvaise qualité contre de la mélasse à bon marché " a permis aux marchands américains de bâtir de grosses fortunes."

Ces faits historiques, réécrits par n'importe qui et diffusés par n'importe qui, ont pour conséquence directe et logique l'auto- dénigrement. Le syndrome du cerveau lent à base de "Se fòt nou. Nou tou koupab".

Comme je l'ai déjà dit, cet aspect quasiment chrétien de percevoir l'histoire d'Haïti, avec d'un côté les mauvais : les Haïtiens  et le démon noir et de l'autre les bons :  leblan et le bon dieu blanc -cela va sans dire- est l'arme number one dans l'arsenal utilisée  pour mener la guerre psychologique contre Haïti, son indépendance, son projet de société, sa population - dont ils sont arrivés finalement à faire des paria dans toute la région qui, quand ils ne gouyadent pas hurlent les louanges du bondyeblanbon. Bravo  ! - son développement économique.

Quoi de plus efficace que de persuader  les gens qu'ils ne sont que des moins que rien, des sauvages, des barbares, des incompétents, etc; des inférieurs qui finalement méritent d'être dominés par des  autres de race supérieure ! Joli lavage de cerveaux.

La sélection de Martelly, le gouyadeur  puis de Jovenel le blanchisseur,  par notamment les Clinton et leur aide de camp l'Espagnol Antonio Solà,  pour les placer à la tête de la première République Noire, fait  partie de cette stratégie qui dès l'indépendance, comme noté dans la citation tirée du texte de Rose-Mie Léonard,  utilise humiliation et mépris envers les nationaux, mais mieux encore leur font intégrer ce mépris d'eux-mêmes qui ouvre les portes à ce que l'ont voit s'exprimer clairement aujourd'hui l'absence de dignité et de respect de soi et de ses concitoyens par un ex-président.

Encore une fois, bravo ! l'opération dechoukaj de la dignité a parfaitement réussie.

L'intoxication aura mis deux siècles à envahir le corps social tout entier, de haut en bas des villes aux campagnes, des jeunes au vieux. En 2004 avec le boycott de la commémoration du bicentenaire des élites alliées à des mercenaires, à des commerçants et bien entendu la CI, la porte était largement ouverte pour qu'un Martelly fasse son entrée sur scène. Un Martelly qui en bon" Nèg banania, grignen dan" tels que les Occidentaux racistes les adorent, déclarait que la chose qu'il détestait le plus au monde était la lecture.

Or, comme vous le savez un des griefs que ces mêmes occidentaux racistes avaient et ont contre cette nation qui s'est libérée de l'esclavage, c'est la prétention, selon eux, de ces nègres à vouloir être instruits. Selon eux, quand on a un corps noir, la seule ambition devrait être de savoir l'utiliser  pour servir de bêtes de somme et les jours fériés pour gouyader. Le contraire frisant l'hérésie,  car c'est le bondyeblanbon en personne du haut des cieux qui l'a voulu ainsi.

Georges Anglade, malheureusement décédé lors du séisme de 2010, disait que le seul parti auquel il appartiendrait en Haïti, s'il existait, serait celui de la lecture. Une boutade qui touche le fond du problème.

 Les hommes de lettres haïtiens ont fait beaucoup d'efforts, à l'inverse de ce qui se dit, pour réfléchir, penser et agir sur les  réalités haïtiennes, leur courage s'est heurté d'une manière générale et constante aux menées de la CI alliée à ceux que les Haïtiens dénomment les "Konze"  en référence à celui qui a donné Charlemagne Péralte aux marines américains lors de l'occupation du pays.

Cette alliance entre l'étranger et les locaux que les Haïtiens expriment avec ce proverbe "Si pa gen sitirè pa ka gen vòlè." Dont l'équivalent pourrait être ce proverbe français :   "Quand le voleur pactise avec le serviteur de la maison, il peut faire sortir un boeuf par la cheminée."

Sujet traité ici par M. Décembre, un parmi ceux qui font partie de la petite réserve de cerveaux non lents, non "blanchis", non "neuronnkloroxé", réserve qui tend à s'amenuiser et à fondre comme peau de chagrin dans la nouvelle Haïti gérée par les "bandi legal" et les "Nèg bannann nan" et les media à la solde de la CI, en charge de faire la promotion de la vulgarité et de la bêtise.

L'échange  qui suit illustre de manière plus qu'explicite les effets pervers d'une mauvaise éducation à base de mensonges  et de l'intériorisation de l'auto-dénigrement.

mikou pierre • il y a 7 heures
mw renmen fraz sa ampil (Les fondateurs de la nation ont légué un pays économiquement fort et militairement puissant) , En effet , nous sommes les seuls a blamer , rien que nous , arretons de dire que c'est la faute des autres
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pierre mikou • il y a 6 heures
Nous sommes les seuls à blâmer.
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mikou pierre • il y a 5 heures
en effet
• Répo

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Angelilie 22/02/2017 14:07

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.

siel 22/02/2017 22:52

Merci beaucoup. Votre appréciation me procure un grand plaisir.

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