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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


UNE REPUBLIQUE EN DEROUTE ! QUE VEUT-ON FAIRE D’HAITI ? - Par Sergo Alexis

Publié par Sergo Alexis sur 31 Janvier 2017, 10:57am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

UNE REPUBLIQUE EN DEROUTE !  QUE VEUT-ON FAIRE D’HAITI ? - Par Sergo Alexis

Peuple haïtien, notre pays traverse une passe incertaine et dangereuse. Sans doute la plus problématique de l’histoire. On peut être anti Aristide ou anti Lavalas et pro Jovenel Moïse, ou tout simplement citoyen patriote, nous devons au moins saisir l’historiographie des faits pour que chacun puisse avoir sa conception ; même si la construction de la réalité est difficile à réaliser. Tant la situation se transforme en un fait social total où tout le corps social semble plongé dans la déviance.

 Et ce que démontrent les faits ? Qu’il ne s’agit pas seulement d’une histoire de lutte du social contre l’ultralibéral ; comme je l’ai souvent évoqué dans mes écrits. Ni même qu’Haïti est une république bananière. Ce qui est confirmé avec la sélection par la communauté internationale de Sweet Micky à la présidence. Il a tellement fait de tenten, dit-il, quand il était président, qu’il lui faudrait écrire plusieurs livres pour tout raconter.

Depuis 2010, nous assistons à une monté en force des duvaliéristes. Même s’ils n’ont jamais été en dehors du pouvoir depuis la période post 1986 ; ni même durant tous les gouvernements successifs. D’ailleurs en tant que citoyens haïtiens, ils en ont tout-à-fait le droit politique et démocratique. Mais ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est que l’Etat et le Parlement d’Haïti sont en phase d’être dirigés en très grande majorité par des individus douteux de cette formation, issus de la mafia, des dealers de drogue, des blanchisseurs d’argent sale et de la criminalité. Les services des douanes et de la brigade anti-drogue interceptent de nombreuses cargaisons mais rarement les coupables.  Quant à la justice et la police, elles sont complètement impuissantes ou corrompues jusqu’aux os.

Est-ce une volonté de la communauté internationale ou des Etats-Unis de faciliter l’accession au pouvoir de ce type de personnalités, pour mieux s’emparer de nos richesses ? Même si l’on vu que Michel Martelly était toujours prêt à tout offrir aux financiers internationaux voire même à céder une partie du territoire national. (Voir le blog d’Elsie News, rubrique rose/racket), je n’ai pas de preuves évidentes pour le confirmer. Car il y aura quand même une contradiction quand tout le monde sait que la grande majorité de la drogue est destinée aux marchés américains et canadiens. Autre fait marquant du gouvernement PHTK : un contrat avait été aussi signé avec la société privé de sécurité israélienne HLSI) et le gouvernement haïtien pour surveiller une partie du territoire national. Qui a décidé de ce contrat, Haïti ou la CI et dans quel but ?

Que des choses invraisemblables pour une nation !

Dans ce jeux macabre, j’ai l’impression, c’est seulement une perception toujours faute de preuves flagrantes, que quasiment tous les dirigeants politiques, une bonne partie des hommes d’affaires et intellectuels haïtiens sont au moins complices quand ils ne sont pas directement des acteurs de la déroute.

La dernière chose à m’avoir intrigué, c’est le vote des sénateurs du courant lavalassien auquel j’adhère pour faciliter l’élection à la présidence du Sénat de M. Youri Latortue. Sommes-nous sur une autre planète ou la science politique est étudiée autrement. J’attends que quelqu’un me donne des explications sur les raisons de ce choix.

Décidément, en Haïti, les politiques vont plus loin, vraiment plus loin, que la pensée de Nicolas Machiavel.

Car, chacun sait les conditions dans lesquelles ont été réalisées les élections législatives du 9 aout 2015 en Haïti : par les armes et l’intimidation du PHTK et de ses alliés pour constituer une forte majorité dans les deux Chambres. Ce soutien de ces sénateurs à Youri Latortue est incontestablement contre nature. En aucune manière, cela faciliterait au courant dit lavalassien d’accéder au pouvoir. Personne n’est dupe.  Chacun sait que Youri Latortue ne roule que pour lui. Dans cette alliance, il pourrait lui-même se targuer d’être machiavélique.

La deuxième chose qui m’intrigue profondément : c’est pourquoi et maintenant l’opposition s’intéresse à l’homme banane  et non avant les élections présidentielles ? Alors que, quoiqu’il arrive,  à mon avis, M. Jovenel Moise prêtera serment le 7 février et restera un présumé blanchisseur d’argent sale, pris dans les mailles de ceux qui ont financé sa campagne et l’ont sélectionné. Les grands perdants seront toujours la République d’Haïti et le peuple haïtien.

D’ailleurs tout commence très mal. Il suffit de voir les hommes qui composent l’équipe de transition de Jovenel Moïse et aussi de celle de Jocélerme Privert. Pratiquement que des gens douteux, corrompus ou ayant un dossier de criminel financier dans les tiroirs des juges d’instruction. Voir aussi que le futur président, Jovenel Moise, se fait accompagner pour son premier voyage par l’homme du bateau de sucre transformé en bateau de cocaïne. Et qui n’a toujours pas donné d’explications convaincantes à la justice pour la cargaison de cocaïne retrouvée dans son bateau. Après la décision de Michel Martelly de lui donner l’immunité avec un passeport diplomatique, voilà que Jovenel Moise en fait une personnalité politique de premier rang au sein de sa cour. Une application du principe de redevance ? Mais au profit de qui ?  De l’intéressé Marc-Antoine Acra ou de la communauté internationale ? On pourrait aussi se demander quel lien que Jovenel Moise avait-il avec cette cargaison de drogue dans le bateau de Marc-Antoine Acra ?

 D’autant plus que durant sa campagne Jovenel Moise n’avait aucune gêne à s’afficher constamment en public avec des hommes comme Guy Philippe, Jodel Chamblain, Roro Nelson, etc. qui ont chacun des dossiers de criminels à résoudre avec la justice haïtienne.

Cette situation désastreuse post 1986, s’est empirée en 2004. Quand des intellectuels de la classe moyenne, des dirigeants politiques dans l’espoir d’être sélectionnés par le Core Group, ont été payés, pour boycotter la commémoration du Bicentenaire,  en déstabilisant le gouvernement de Lavalas sous prétexte d’élections frauduleuses. Ce qui a abouti à l’occupation du territoire par  l’ONU, en 2006, sous la gouvernance transitoire de Gérard Latortue, l’oncle  du sénateur Youri Latortue, lui-même aussi soupçonné de trafiques illicites. Or, pendant toute la gouvernance de Martelly et ses élections frauduleuses, tous ces écrivains putassiers, qui ont reçu de l’argent de l’Union européenne et de l’USAID, des prix littéraires des pays européens, pour descendre leurs culottes, n’ont pas ouvert leurs grandes gueules pour dénoncer le régime des bandi legal, qui réduisait la fonction de l’Etat en un théâtre du ridicule. Ils ont tous eu peur de remonter leurs slips. Car intellectuel ou pas, quand on a mangé lajan shango, fô w peye shango ! Sinon, on ressort les dossiers et/ou l’on annule les visas !

Des dirigeants politiques haïtiens, pas seulement Martelly et des intellectuels de la classe moyenne, font tellement de tenten pour soumettre leur pays à la criée publique nationale et internationale, que le peuple haïtien, la grande masse des sans voix, ne sait plus à quel saint se vouer et préfère s’abstenir de participer  aux scrutins. Même Fanmi Lavalas ne fait plus recettes. Et d’ailleurs pourquoi Fanmi Lavalas en ferait-elle, puisque le parti manque cruellement de cadres capables d’offrir une alternative avec des idées nouvelles pour entrer en modernité ? Le mieux qu’il a trouvé à faire dans ce moment incertain, c’est d’aider Youri Latortue. Contre quoi ? On n’en sait rien ! D’ailleurs dans l’espace politique haïtien où les rumeurs circulent bon train, personne ne peut vraiment faire le tri entre des gens intègres, complices ou collabos !

A mon humble avis, des indices portent à croire qu’il n’est pas impossible que la communauté internationale, pourtant complice et responsable en même temps, décrète qu’Haïti n’est pas seulement un Etat failli mais aussi un Etat dealer et corrompu et qu’elle le mette sous protectorat. C’est peut-être même l’objectif recherché du capitalisme financier américain.  

Une seule décision pourrait peut-être nous sauver : l’unité haïtienne. Mais comment créer cette unité quand tout le corps social est gangrené par la corruption et des trafiques illicites ?

Peut-être que ceux qui ont été désignés récemment  comme  appartenant au courant Lavalas, -  les quatre sénateurs de l’opposition qui ont facilité l’élection de Youri Latortue à la tête du grand corps, et qui réclament que la lumière soi faite sur le rapport de l'UCREF avant l'homologation de Jovenel Moïse comme président -  vont-ils s’unir pour créer un seul parti politique face à l’installation des duvaliéristes au pouvoir.

Rien n’est moins sûr. Chacun ayant tendance à considérer un parti politique comme une affaire de clan, de boutique et de famille. Or il devrait-être un lieu de dialogue, de réflexions et de débats au sein des des divers courants. Je crains que la démocratie ne soit pas pour demain en Haïti !

 

 

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