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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Quand les mots des voyageurs désertent nos maux, il reste la puissance de l'image - Par Erno Renoncourt (mis à jour)

Publié par Erno Renoncourt sur 4 Décembre 2016, 14:17pm

Catégories : #E.Renoncourt chroniques

Quand les mots des voyageurs désertent nos maux, il reste la puissance de l'image - Par Erno Renoncourt (mis à jour)

Quand les mots des voyageurs désertent nos maux !
 
Entendez-vous le silence
Par-delà le bruit qui résonne l’insolence?
Un silence à dessein ponctué d’errances
Qu’on laisse couler à flots
Pour noyer nos maux
Dans le fleuve en crue de l’indigence.
 
Oui, je vous parle de ce silence
Qui dénote le consensus
Celui qui dit que l’on est passé
De l’indigence à la normalité
Celui qui accentue le hiatus
Entre l’action démocratique
Et la pensée « merdiatique ».
 
Ah, j’oubliais, c’est la saison des fêtes
Il ne faut pas gâcher la moisson
Au mieux noyons le poisson
Par l’éternelle pirouette
Des éloquences de nos poètes
Chut ! …Sur les douteux procès-verbaux
Il ne faut pas piper mot
Il faut crédibiliser les élections.
 
Le mot d’ordre est donné
La ligne éditoriale est trouvée
Il faut amplifier l’écho de ces spectacles
Qui parlent de voyage
Pour bousculer les obstacles
Et forcer le passage.
 
Alors parlons d’ambivalence
De jouissance et d’errance
Voyage subtil entre les abysses
Voyage furtif dans les coulisses
Là où se tissent les plis de la toile
Qui ombrage, obscurcit et voile.
 
De la qualité, rien à faire
Disons, rien à parfaire
Ici on est en transit
De la clarté on peut s’en passer
D’ailleurs on ne fait que passer…et vite !
On est des gens de voyage….
On n’aura pas le temps
De s’habituer à ce paysage
Peuplé de tourments.
 
Ah ! Etonnant voyageur
Vivant entre des mondes ambigus
Où le talent consiste uniquement à exister,
Pour donner écho des légendes d’ailleurs
Pour s’imprégner de rêves exigus
Qu’importe si rien n’est cohérent
Qu’importe si tout est désarticulé
Qu’importe si tout est ambivalent
L’urgence est dans les mots
L’existence est dans le faux.
 
Et je me suis rappelé
Que c’était déjà jour de festival !
Et ce sera bientôt le carnaval
Immense folklore bariolé
Qui amplifiera le bruit
Qui dissipera l’ennui.
 
Mais et le bruit de nos colères ? L’entendez-vous ?
Mais non, pas sûr, car Il est tout faux
Il a mauvaise presse, c’est le cri des badauds
Il respire l’insolence
Il faut le couvrir de silence.
Ce silence peuplé de mots creux
De verbes douteux, de vers boiteux.
 
Ce silence qui bégaie les mots
Qui étouffent la pensée critique
Ce silence qui charrie par flots
Les maux d’où émergent nos malheurs
Ces maux qui fructifient la boutique,
L’auberge où vivent les voyageurs.
 
Mais qu’il est fatigant le trajet !
Celui qui va du bruit au silence
De la normalité à l’indigence
Etonnant voyageur qui se contente
Pour tout projet
De descendre la pente indigente
D’où fleurissent les mots
Qui désertent nos maux
Etonnant voyageur dont la posture
Ne cesse de dénuder l’imposture.
 
Ainsi coule sur le fleuve l’indigence
En un trajet furtif, ce voyage subtil,
Entre des mondes qui puent l’indigence.
Ici, on ne tolère pas l’insolence,
Ici in redoute la constance
Tout est dans le volatil
Ici on vit de références
Et d’accointances.
 
Et comme les maux qui nous rongent
Sont ici bannis et interdits
Alors proposons une image
Pour faire passer le message,
Qui débusquera le mensonge
De ces voyages inédits.
 

Erno Renoncourt, 4 décembre 2016
 
 

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