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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Quelles leçons tirer des élections du 20 novembre 2016 ? - Par Erno Renoncourt

Publié par Erno Renoncourt sur 23 Novembre 2016, 17:02pm

Catégories : #E.Renoncourt chroniques

L'indigence

L'indigence

Bonjour,
 
Je soumets un nouveau papier à votre réflexion et n’hésitez pas à le partager dans votre réseau si vous trouvez le contenu pertinent. Il tend à analyser les leçons de l’abstention électorale et les risques induits pour la stabilité institutionnelle.   Dans la logique de notre pensée qui se veut critique et insoumise, nous croyons que des règles indigentes, des documents d’entrée indigents ne peuvent conduire qu’à un processus indigent aboutissant à des résultats indigents. Il
 
Qu’importe le vainqueur, ces élections ne sont qu’un couche d’instabilité supplémentaire dans un quotidien institutionnel et même humain peuplé d’indigences. Il est intolérable que la société  haïtienne dans son ensemble  ait accepté que l’organisme électoral n’ait eu accès au centre de tabulation que 48 heures avant le scrutin. S’enorgueillir de l’organisation satisfaisante d’une journée de vote et laisser le contrôle stratégique opérationnel et décisionnel des élections entre les mains d’entité externe est une indigence manifeste. Nous n’aurons de cesse de le répéter, ce n’est pas le déroulement du vote, le jour du scrutin,  qui détermine l’issue d’une élection comme honnête et intègre. Un élection est un processus dont chaque étape représente une transaction cruciale qui doit être maitrisée et sécurisée. Perdre le contrôle d’une étape même pendant un court laps de temps hypothèque l’intégrité de tout le processus. C’est ce que nous apprend le management du risque.
 
On a le droit de se révolter contre l’indigence…Seuls des indigents s’accommodent de l’indigence et de la démocratie de rabais, tremplin pour l’état minimum et indigent...  De toute évidence, les injustices et les indigences n’existent que parce qu’il n’y a pas de révolte collective et qu’il manque d’indignation individuelle contre ceux et celles qui les mettent en œuvre. Les mauvaises accointances, les soumissions et les renoncements à l’éthique et à l’intégrité conduiront toujours à l’indigence.
 
Sans illusion sur les risques que j’encours, je continuerai d’alimenter la réflexion pour jeter les bases d’un observatoire critique et technologique sur le management du service public haïtien. Dans un contexte évident où la presse , par autocensure et par dépravation, se laisse asservir et dominer par le pouvoir de l’argent, nous avons besoin de pensée critique et insoumise pour continuer à rêver et à trouver des pistes pour construire l’utopie intelligente et collective qui nous apportera la vraie stabilité.
 
Du reste,  L’avenir appartient à ceux qui ont des mots, à ceux qui croient au pouvoir des idées. C’est avec des idées issues de la pensée critique et insoumise qu’on peut construire des utopies, jeter des ponts sur l’indigence  et réunir ceux et celles qui ont des solutions pour penser l’avenir afin de combler les fractures sociales qui se creusent dans le sillon des élections indigentes.
 

Votre texte est ici :  « Quelles leçons tirer des élections du 20 novembre 2016 ? »
 

Et le marathon électoral touche à sa fin
Ils étaient quelque vingt candidats. Certes, moins nombreux que d’habitude. Mais parés de leurs atours présidentiels et frémissant d’impatience pour concourir à la course de la magistrature suprême d’Haïti. Le marathon électoral entamé depuis 2015, a été long et épuisant. Mais, en ce 20 novembre 2016, il touche à sa fin. Ce dernier sprint doit permettre de désigner, entre autres, le grand vainqueur. Celui qui devra continuer l’œuvre que le réseau PME, constitué d’hommes politiques, de certains médias et de nombreux experts,
appelle le pari de la stabilité.


Pour réussir ce pari, il a fallu sortir le grand jeu et délier les cordons de la bourse nationale. Car, pour sanctionner la fierté nationale qui avait recommandé l’annulation du simulacre du 25 octobre 2015 et la reprise du processus électoral, les tuteurs n’ont pas voulu passer à la caisse. Toutefois, devant la détermination et l’engagement des autorités haïtiennes à organiser ces élections, tous ceux qui avaient promis de bouder le processus électoral ont fini par rejoindre le marathon du 20 novembre 2016. Ne voulant pas être en reste, toute honte bue, les tuteurs se sont repris et ont retourné leur veste, car décidés à participer à l’ivresse de la fête. Cela procède d’une logique d’affaires immuables : ne jamais rater la photo de souvenir qui célèbre la victoire ! Surtout si cela promet d’être celle pour laquelle on a tant milité. Surtout si ça promet d’aller dans le sens de la continuité.


Même chez les candidats essoufflés et esseulés par la durée de la campagne, on a sorti l’artillerie lourde. Naturellement, les dépenses ont été plus dispendieuses et excessives chez ceux qui n’ont pas quitté le pouvoir trop longtemps ; et aussi chez ceux qui, de par leurs accointances, ne sont jamais loin du pouvoir. Tout le menu outillage folklorique et démagogique a été mis à contribution : Fanfares, tambours et trompettes, panneaux, bilboards, spots publicitaires et meetings populaires. Tout a laissé retentir l’écho assourdissant de l’extase électorales. Promesses remplies de vide et de surchenrères qui seront vite oubliées, une fois les résultats proclamés. Bains de foule, gestuels populistes de circonstance, posture paternaliste, tout était réglé sur mesure. Mais il a fallu aussi mettre le prix et battre la grande caisse : 50 millions de dollars investis ! De même qu’il a fallu aussi activer le miroir aux alouettes pour attirer la foule des électeurs laissant augurer la promesse d’une participation massive : 6.2 millions d'électeurs sont appelés !


Autant de vibrations qui résonnent avec allégresse et dévotion, dans le cœur des candidats, éternels marathoniens ou coureurs de fond. Vibrations qui sont comme en tout rituel autant de carillons conviant les fidèles à la grande messe électorale. Vibrations cycliques qui structurent les enjeux d’un pari indigent.


Le pari de la continuité pour stabiliser l'indigence
Certes, ils étaient un peu moins nombreux qu’au départ. Mais ils étaient là. Quelque vingt, attendant le signal. Le décor était planté. Mis en place dans un contexte hautement précaire, ce pari révèle un choix délibéré de poursuivre l’indigence. Car on sait pertinemment qu’aucune semence ne peut germer dans une terre infertile.

De même, aucune stabilité ne peut émerger d’une élection tenue dans des conditions précaires où une bonne partie de l’électorat vit dans l’indigence et est constituée de sinistrés, d’affamés et déplacés. Ainsi ce pari parait bien risqué sinon truqué. Après les saignées de PetroCaribe, il a fallu saigner à nouveau ce qu’il reste du trésor public pour financer ce pari. Juste pour créer le décor et paver la route au nouvel élu. Et tout cela malgré les urgences induites par l'ouragan Matthew. Malgré un environnement présentant d’immenses failles susceptibles de fragiliser encore plus l’écosystème politique, économique et social haïtien.


Pourtant, après le passage de l’ouragan Matthew, la raison commandait de mesurer la gravité et l'urgence du moment pour faire des choix intelligents et courageux. Il est dit dans « La République » de Platon que ce sont les crises qui révèlent les leaders. En effet, c'est dans les moments de détresse et d'angoisse collectives que des leaders émergent pour provoquer la rupture, susciter et conduire le changement. La posture de leadership interdit de célébrer la continuité quand elle n’ouvre la voie qu’à la facilité et à l’indigence.


Le leader surgit de l’existence de défis que le commun des mortels ne parvient pas à affronter dans le cours d’une vie, car sa vocation n’est pas d’être dans la gestion courante. Elle est dans la rupture. Celle qui permet de passer du management de la continuité au leadership de la transformation. Au regard du menu qu’on nous propose, il est évident qu’Haïti est en panne de leadership. Les dirigeants haïtiens ont toujours été incapables de s’élever à la dimension de l’histoire. Tous se sont laissés rattraper par la petitesse et l’impuissance qui permettent de sombrer soit dans l’arrogance, dans la perfidie, dans la duplicité ou dans la mégalomanie. C’est alors le culte de l’exaltation et la célébration d’un « je » tout dépouillé de grandeur, de dignité et de solennité.


Il est en ce sens affligeant de constater combien, de plus en plus, les gestes et les discours des officiels haïtiens ne font que désacraliser la fonction présidentielle et rabaisser la stature du Chef de l’État ? Pour faire court, laissons de côté les gaffes passées et récentes pleines d’anecdotes, de folies urbaines et d’indigences. Restons dans le contexte électoral avec le risque qu’il charrie d’induire une plus grande surenchère de l’indigence au sommet de l’état.


Pourquoi célébrer la continuité quand depuis ces cinq dernières décennies tous les indicateurs de progrès et de développement du pays sont au rouge et ne cessent de décroitre ? Pourquoi prôner la stabilité quand elle ne fait que renforcer l’auberge de nos indigences ? Pourquoi laisser à l’indigence le soin de continuer de modeler nos institutions ? Pourquoi permettre à des précaires et à des gens de moralité publique et de compétence douteuses de profiter de la précarité générale pour accéder au sommet de la fonction publique ? Voilà 5 décennies au moins depuis que l’indigence nous rabaisse jusqu’au cou dans la fange. Il y a comme un parfum d’indécence et d’impuissance à célébrer la continuité et la stabilité quand tout porte la marque de l’indigence et de la déchéance.


Aucun bilan flatteur à célébrer quand tout porte la marque de l’indigence
Là où la collectivité attendait des choix courageux et des réponses intelligentes, le Chef de l’État a préféré le rituel exercice du tribun dithyrambique. De fait, en toute impuissance, il a présenté son bilan de quarante ans de service dans la fonction publique comme gage de son amour charnel pour Haïti. Mais, empressons-nous de demander, pour quel résultat, Monsieur le Président ?


Évidemment, sur le plan personnel, Le Chef de l’État a raison de s’enorgueillir de ses 40 années de service dans la fonction publique. Car quarante ans, c’est long et épuisant ! L’apprentissage aidant, cela conduit à développer des réflexes et des souplesses qui finissent par forger le caractère. Cependant, sur le plan collectif, ce bilan n’est nullement flatteur. Car si l’on en croit les statistiques et si l’on regarde bien tous les indicateurs, au-delà de la satisfaction personnelle du carriériste, ce bilan met mal à l’aise. Car il coïncide aussi, malheureusement, avec 40 années de dysfonctionnements institutionnels et d’indigence politique, économique et sociale. Sans vouloir en attribuer la responsabilité de cette indigence institutionnelle au Président de la République, on ne peut néanmoins s’empêcher de relier son bilan de service au résultat global du fonctionnement de l’administration publique.

Juste pour montrer qu’être satisfait de ses choix et de sa carrière n’est pas un indicateur de succès et de bien-être collectif. Surtout quand il n’y a aucune valeur ajoutée, aucune innovation apportée dans le service public pendant cette si longue carrière. Quand l’heure est grave, l’attitude du dirigeant responsable et du leader n’est pas de présenter le bilan de sa petite réussite personnelle.


Dans ce contexte, la collectivité eut préféré, que dans ses fonctions actuelles, le Président prenne des décisions courageuses, intelligentes et assorties de sacrifices pour permettre à la nation de voir un peu plus clair dans les lendemains qui couvent dans les nuits électorales et les bilans qu’on célèbre. Cela aurait fait émerger le profil d’un leader en phase avec les exigences de l’histoire et de son temps.
Il serait alors revenu à « la Cité, l’honneur de consacrer à son leader des monuments » et de célébrer des louanges et des hymnes à sa carrière. Car, n’en déplaisent à ceux qui jubilent d’avoir réalisé ces élections, disons haut et fort, qu’on ne passe pas à la postérité parce qu’on a réussi une journée électorale. C’est de préférence le bilan global, qui résultera du choix d’avoir fait ces élections en ce moment et dans ce contexte, qui forcera le jugement de la postérité et étincellera ou ombragera les noms des responsables dans la mémoire collective.


C’est du reste ce que révèle la figure hégélienne des « grands hommes » qui marquent l’Histoire. Ce sont des « hommes qui ne puisent pas leur satisfaction et leur vocation » dans le bilan de leur petite carrière, ils ne s’accommodent pas du cours de la continuité. Leur justification est dans la rupture qui suscite le changement et conduit à la transformation sociale.


A partir de ce postulat hégélien, il nous est permis de regretter que, comme certains de ses prédécesseurs, le Président de la République ait fait des choix simples et faciles qui sont dans la continuité du système. Des choix qui vont lui permettre de continuer à jouir paisiblement des honneurs de sa fonction et d’être satisfait de sa carrière. Des choix qui lui ont permis de répondre à l'attente de ceux qui ne cherchent qu'à accéder au pouvoir pour continuer la saignée publique de ces 40 dernières années. Des choix qui laissent à l’escroquerie internationale, à notre chevet depuis au moins 40 ans, le soin de stabiliser l’indigence globale dont elle profite si bien.


Alors qu’il nous fallait un brin d’audace pour rompre d’avec le cycle de l’indigence, le Président nous a indignement surpris en nous annonçant qu’il a voté pour la continuité et la stabilité. Oui, le Président a voté et a misé sur la stabilité. Celle qui va permettre à l’indigence de continuer de creuser un peu plus la fange dans laquelle s’enfoncent tous les Haïtiens quel que soit leur succès individuel.


12 ans déjà que la MINUSTAH stabilise nos institutions ! Et pour quels résultats ? Trente ans déjà que nous organisons des élections qui nous coûtent la peau des fesses ! Et pour quelle stabilité ? A force de continuer à stabiliser l’indigence, même la fonction présidentielle est devenue indigente. Au point que l’estrade d’honneur réservé aux hommes d’état est devenu, en Haïti, quelque chose de banal et de plat, marchepieds,    d’une    répugnante    indigence institutionnelle, que piétine le plus petit des fonctionnaires internationaux en mission en Haïti.

C’est si révoltant qu’on se demande ce qu’il reste de l’éclat de dignité rattaché à la fonction d’état en Haïti ? Au vrai, quand tous les postes officiels sont occupés par des précaires et des imposteurs, il ne reste plus qu’une lueur pâle qui éclaire la fange où tout s’enterre et où se mélangent opulence et indigence.

Le verdict de la participation ou le rejet de la démocratie indigente
Et c’est ce que le peuple haïtien, malgré ses privations, a compris par son intelligence. En effet, depuis longtemps il sait que les dés avaient été jetés et il a fait le choix de l’abstention une fois de plus. Car cela fait quelque temps déjà qu’il déserte ces joutes électorales qui mettent face à face des minables, des précaires, des dealers et des imposteurs qui ne cherchent qu'à profiter de sa précarité pour accéder à l'immunité tout en se mettant au service des puissants d’ici et d’ailleurs...... voie royale de l'impunité et de la réussite individuelle.
Evidemment, on reconnait que sur certains points, il y a des efforts qui ont été faits et qui permettent de démasquer l’escroquerie internationale. Car avec trois fois moins d’argent qu’en 2015 et en moins de temps, les organisateurs ont fait montre d’un sérieux, sur le plan de la logistique et de l’organisation, qui prouve, s’il en était encore besoin, qu’en 2015, il y avait une double escroquerie :
    Financière venant des acteurs internationaux qui nous ont fourni une logistique indigente au cout exorbitant
    Et politique venant du pouvoir et du CEP sur le plan de l’organisation.
Notre lucidité critique ne saurait nous empêcher de reconnaitre qu’il y a eu une logistique plus décente et une présence policière plus responsable. Cela démontre au-demeurant que le chaos électoral, quand il est présent, est toujours voulu et que des élections décentes peuvent ne pas toujours coûter une fortune. Cependant il est significatif de noter que la population des électeurs a préféré s'atteler à ses occupations de toujours.
Ainsi, malgré le satisfecit des organisateurs pour ce scrutin satisfaisant, du moins, dans l’organisation et le déroulement du vote, ces élections résonnent comme un échec pour la démocratie indigente. Le verdict est cinglant puisque le peuple a boudé ces joutes. Plutôt que d’aller faire la queue pour choisir des précaires, elle a préféré vaquer à ses occupations pour panser les plaies béantes que l'indigence et la faim lui infligent. Plutôt que d’aller faire la queue pour choisir des imposteurs, elle a choisi de se cloitrer chez elle pour couvrir sa nudité et protéger
sa pudeur et sa dignité.
Sachant que son vote n'est qu'un tremplin pour la continuité, la population des électeurs n’a pas répondu à l’appel. Par son abstention, elle oppose à l’expertise indigente un verdict cinglant qui mérite d’être médité. Par son refus de se prêter au jeu, elle rejette les règles de cette démocratie tronquée et indigente par
laquelle les consensus et les huis clos structurent son indigence tout en faisant l'opulence de la minorité qui lui refuse la plus petite dignité.
Voilà les leçons à tirer du scrutin du 20 novembre 2016 : la mort de la démocratie représentative indigente ! Il faut à présent trouver l’intelligence pour faire émerger une alternative crédible. Car les candidats et les prétendants étant de plus en plus indigents, ils ne peuvent plus assumer la représentation de la population. Car, en aucun cas, il ne peut y avoir de légitimité, de représentativité et de stabilité dans une élection quand moins de 15% de la population en âge de voter sur 6.2 millions d’électeurs, selon les chiffres officiels, participent au vote.
Au vrai, loin d’apporter de la stabilité, ces élections ne viennent qu’ajouter une couche supplémentaire à l’indigence institutionnelle qui structure nos crises et mine notre écosystème. D’ailleurs, on a vu que les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Ceux qui défendent les couleurs de l’indigence peuvent violer le décret électoral autant qu’ils le souhaitent. Rien ne leur sera reproché par les juges électoraux. Ceux qui sont dans la course pour défendre le statu quo et les intérêts des tenants des mauvais arrangements ont de fait acquis une immunité électorale et sont au-dessus des lois. Cela révèle une justice électorale partisane et indigente qui renforce notre conviction. Le modèle d’affaires économiques qui règne sur Haiti, du fait de sa nature et de ses accointances internationales douteuses, ne peut tolérer qu’une démocratie de rabais pour continuer à célébrer l’indigence.
Cela n’augure rien de bon pour l’avenir. De toute évidence, la démocratie ne sera qu’un rituel indigent si elle ne doit servir qu’à célébrer l’impunité par un cycle d’élections illégitimes et sans valeur ajoutée. Et qu’importe le nom de celui qui sortira vainqueur de ces indigences, qu’importe la bannière politique qu’il représente, rose de l’indigence et rouge de l’opulence, cela n’augure rien de bon pour Haïti. Le seul vrai résultat de ces élections est le rejet par le peuple haïtien d’une démocratie indigente promue par des experts de l’indigence et de l’escroquerie internationale. Il est donc temps de laisser mourir cette démocratie indigente célébrée par des médias asservis et portée par des représentants indigents au service d’une improbable et indigente élite.
Honnêtement, ceux qui n’ont pas voté ce 20 novembre 2016 ne sont pas des partisans du chaos et de l’anarchie. Ce sont bien au contraire, des partisans de la vraie stabilité. Car la démocratie de rabais qu’on nous propose n’est qu’un jeu de duplicité, d’exclusion et d’inégalité aux règles troubles. Elle est la source de l’instabilité institutionnelle qui n’est profitable qu’aux élus, à l’expertise qui les coache et à ce qui sert dans ce milieu d’«improbable élite ». Dans ces conditions, il est salutaire de s’abstenir tout en militant pour une transformation profonde capable d’apporter une vraie stabilité.
C’est comme en commun exercice culinaire : Quand vous allez à un restaurant et que le menu n’offre qu’un choix indigeste, vous avez le droit de jeûner, au nom de la santé publique. Et bien au nom de la décence publique, le peuple haïtien, par son abstention, rejette l’offre politique présentée au menu électoral.
Evidemment, cela pose une vraie problématique pour l’avenir......Et c’est là que le leadership doit surgir pour enflammer et susciter l’intelligence collective afin de faire émerger sur les ruines fumantes de cette démocratie indigente une nouvelle utopie collective. Celle qui nous permettra de nous approprier de notre destin pour lancer enfin le projet haïtien.
Erno Renoncourt, 23 novembre 2016.

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