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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le Monde.fr Docteur Mukwege : « Mon combat et ma franchise dérangent » ou le viol comme arme de guerre en RDC de même qu'en Haïti sous les FRAPH (mis à jour)

Publié par siel sur 7 Novembre 2016, 13:56pm

Catégories : #INTERNATIONAL, #REFLEXIONS perso


Rien à voir avec des pulsions sexuelles débridées ou le butin de guerre exigé par les vainqueurs depuis la nuit des temps ?
Non. Les viols dont nous parlons sont prémédités et méthodiques. Ils se déroulent en public, devant les pères, les maris, les voisins, les enfants. Ce qui démultiplie l’ampleur du traumatisme, empoisonne les familles, désintègre toute une communauté. Ils sont collectifs (c’est-à-dire qu’une personne peut être violée par plusieurs hommes à tour de rôle), massifs (200 femmes d’un village violées en une nuit), systématiques (les bébés comme les aînées de plus de 80 ans). Ils sont suivis de tortures : une baïonnette, une fois le viol achevé, est introduite dans le vagin, un bâton couvert de plastique ou de caoutchouc brûlant, de l’acide corrosif ou du fioul auquel on met le feu. Chaque groupe a sa méthode, et je reconnais la signature aux lésions occasionnées. En s’attaquant à l’appareil génital, on détruit la matrice, la porte d’entrée à la vie. Rien n’est laissé au hasard.

Lire le témoignage de ce médecin est carrément une épreuve. D'autant plus que son discours est sobre, sans sentimentalisme dégoulinant, sans "voye monte".

" En s’attaquant à l’appareil génital, on détruit la matrice, la porte d’entrée à la vie. Rien n’est laissé au hasard."

Eh bien, ça m'a tout l'air d'un génocide.

Décidément,  les pays du Sud avec leurs sous-sols riches dont les minéraux, coltan, les pierres précieuses, diamants,  sont convoités par les multinationales deviennent plus encore qu'avant de véritables enfers pour leurs  populations.


Peu de pays recèlent autant de ressources naturelles que le Congo. Et 80 % des réserves mondiales de coltan se trouvent dans la zone où les femmes sont attaquées. Faire main basse sur les richesses de notre sous-sol est donc la grande affaire. De même qu’en contrôler les cours pour ne pas provoquer une hausse des prix de nos smartphones, auxquels le coltan est essentiel. Les armées et d’innombrables milices se sont emparées de ces eldorados. La mondialisation a des conséquences inattendues. Et si elle n’est pas animée par une éthique, une morale…

Raison pour laquelle, les Haïtiens qui s'enthousiasment à la pensée que l'exploitation des mines pourrait apporter un bien-être à la population, devraient y repenser à deux fois.

A l'inverse de bien-être, ça peut-être carrément l'horreur.

D'autant plus qu'il existe déjà en Haïti, une bande de criminels qui ont déjà fait leurs preuves, le FRAPH, qui a utilisé exactement les mêmes méthodes de viol telles que décrites par le Dr  Mukwege. Et dans le même objectif de déconstruire la famille et le milieu social.

"Ils se déroulent en public, devant les pères, les maris, les voisins, les enfants. Ce qui démultiplie l’ampleur du traumatisme, empoisonne les familles, désintègre toute une communauté."

Paul Farmer, qui dit avoir montré à M. Bill Clinton des photos et des documents des actes criminels des escadrons de la mort du FRAPH, pourrait en parler.

Les Etats-Uniens ayant confisqué les  dossiers du FRAHP, les Haïtiens sont ainsi non seulement privés de justice mais, de plus, amenés à côtoyer dans  leur vie de tous les jours, des assassins qui forment une milice dormante, toute parée à recommencer.

J'ai attiré votre attention à plusieurs reprises sur cette loi passée sous Martelly, quelques temps avant son départ dans laquelle était inscrite le projet d'empêcher les Haïtiens de "franchir les frontières intérieures" en même temps que son gouvernement signait un accord avec la firme israélienne HLSI pour soit-disant faire la surveillance des frontières extérieures.

Cette histoire de "surveillance des frontières extérieures" par HLSI n'est à mon avis qu'un camouflage, une "tôle rouge", une arnaque du style du PSUGO.

Il s'agirait comme pour les taxes prélevées sur les appels et transferts de la diaspora- qui répondaient au désir des Haïtiens de participer à l'éducation de leurs frères et soeurs défavorisés - de faire appel au besoin légitime de sécurité des Haïtiens

Pourquoi Haïti aurait-elle besoin d'une entreprise israélienne, dont ce n'est même pas le boulot, pour contrôler ses frontières ?

Les USA avec leurs satellites, leurs radars  et leurs drones font ça très bien. Rien de ce qui se passe dans la mer et  le ciel des Caraïbes ne leur échappe.

Cette firme israélienne HLSI, n'aurait-elle pas de préférence pour mission de sécuriser les terrains d'exploitation des mines ?

J'espère que le gouvernement actuel aura pris des mesures pour mettre fin à ce deal. Et que celui qui lui succédera aura le courage de s'opposer au projet de cannibaliser la population haïtienne.

Les Taïnos ont été génocidés pour les mêmes raisons : l'appât de l'or.

Encore faudrait-il que la population soit mobilisée et qu'elle comprenne les enjeux.

C'est mal parti avec des zentellectuels qui ne s'intéressent principalement qu'a faire l'apologie de la dictature, à propager des zen et à diaboliser la population, qualifiée de "kokorat". Et à faire fonctionner leurs boutiques.

Avec des églises qui n'en ont cure du bien commun et font dans les gesticulations et le bruit. A croire que leur dieu est sourd.

Et avec un secteur de la classe moyenne fascho comme le diable qui fait du kaka/bounda  et de la violence verbale ( et physique) son unique mode d'expression. Leur mot d'ordre pour résoudre les problèmes étant : "mache pran yo Divalye, mache pran yo pè Siko, mache pran yo Fourcand, mache pran yo Jojo"

Nous en sommes là, hélas, à marcher à reculons vers le gouffre.

Car, attention, Jovenel Moïse, le nèg bannann nan aux 14 comptes en banque, n'a pas été sélectionné par la CI pour devenir président d'Haïti par hasard.

Comme dit le docteur : " Rien n’est laissé au hasard."

Le nèg bannann nan, Jovenel Moïse, fait partie d'un package qui comprend : l'exploitation des mines, leur surveillance par les Israéliens de HLSI, la récupération d'une partie de La Gonâve pour en faire un paradis fiscal,  de l'Ilesà-Vache pour en faire un lieu de transplantation d'organes, la formation d'un corps de miliciens dénommés agents techniques  militaires, la soumission totale/capitale de l'appareil d'Etat haïtien aux intérêts étrangers, l'exploitation et l'acculturation de la majorité pauvre de la population. Le job de nèg banann nan étant de "bananer" la population.

Cette majorité de la population est tenue éloignée de ce programme mortifère par une volonté de leur refuser l'accès à l'éducation, par le travail de propaande des "radiomen" et autres directeurs d'opinion auto-proclamés qui privilégient les zen pour les raisons que l'on connaît - qui sont principalement d'ordre financier, l'éthique ils s'en foutent - par l'absence notoire d'associations, de syndicats, de groupes de pression dans une société qui s'est à nouveau, et à coeur joie, enfoncée dans l'obscurantisme duvaliérien.

Quant à la diaspora, elle est le reflet de la société haïtienne. La minorité agissante que l'on a vue à l'oeuvre dans les cas du choléra, de la loi inique de dénationalisation des Dominicains d'ascendance haïtienne, et qui se bat également sur la question de l'exploitation minière,  ne fait pas le poids face aux opportunistes, aux indifférents, aux "ki mele m" qui font dans le silence complice.

Pour rappel ces mots prémonitoires de notre regretté Georges Anglade qui mettent en garde les Haïtiens contre ce que le futur pourrait leur apporter :

 

 

 

 

Le temps du retour au travail sérieux de reconstruction doit partout commencer, car on peut se dire pour la première fois que ce pays est mortel, que son destin peut nous échapper définitivement, que d'autres peuvent nous ravaler à pire situation que celle que brisèrent nos pères et mères. A quoi bon cet héritage des 18 mai s'il faut qu'il soit autant dévoyé ?
Georges Anglade

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