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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le "dechouke" d'Aristide monté en épingle et instrumentalisé par les partisans de "la paix des cimetières"... (mis à jour)

Publié par siel sur 16 Novembre 2016, 21:00pm

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE, #LU SUR LE NET, #REFLEXIONS perso, #AYITI ACTUALITES

Tout d'abord deux mots pour situer "les partisans de la paix des cimetières".

Pour les repérer :  le mantra "depuis 1986" se retrouve invariablement dans leurs papiers. Selon eux, Haïti se porterait mal à partir de la chute de la dictature ( avant c'était le paradis où les macoutes au contraire des chimère obéissaient à une hiérarchie. Courtoisie L. Trouilot)

Autre repère : le mépris pour la population  haïtienne qualifiée  de manière répétitiive , quasi-obsessionnelle de sauvage, de barbare, de ratpakaka, de kongo, de mawon.

 Troisième repère : les injures à base de kaka/bounda. Les masses haïtiennes descendantes des esclaves déportés d'Afrique et dont seul le travail et le génie - malgré maltraitances et abus de toutes sortes, ont  maintenu vivant ce pays  vandalisé par les élites, sont copieusement insultées dans l'objectif de les "maintenir à leur place", de les inférioriser de faire obstacle à leurs revendications. Ca, c'est la guerre psychologique consistant à faire admettre à "l'autre" qu'il ne vaut rien, à transformer la victime en bourreau. Et que toutes ses tentatives en vue de se se sortir de la macoute sont vouées à l'échec...Parce que, nous avons de quoi vous y remettre.

Dernier repère : les partisans de "la paix des cimetières", jurent leur grand dieu qu'ils militent pour la paix. Bien qu'ils soient ceux qui à travers leurs injures, leurs kaka/bounda, leurs kaka aran, leur pornographie et leur soutien aux paramilitaires entretiennent un climat de violence.

Ceci dit. Revenons à notre sujet.

J'ai lu dans je ne sais quel journal, signé par je ne sais qui, une analyse comportant certains points assez révélateurs de la relation entre les "moun de byen"  : macouto/militaro/duvaliéristes, et leurs héritiers grenn-nanbounda. avec la population, les masses analphabètes, non civilisées comme ils les dénomment.

L'auteur fait le bla, bla, bla habituel sur  "l'exception haïtienne" avec les élections qui selon lui, se passeraient en Haïti, de manière tout à fait différente qu'ailleurs.

Il énonce que "les élections ne sont pas la guerre". A croire qu'il n'a pas suivi celle récente des USA.

Les élections bien au contraire, sont une joute, un combat. Un affrontement qui oppose des camps adverses et  qui n'est autre qu'une lutte pour gagner le pouvoir et appliquer sa vision politique.

Il ne faut pas se raconter d'histoire. Et dans tous les pays du monde ça se passe ainsi.

Il s'agit d'une "guerre" symbolique qui utilise l'argent, les moyens de communication, le langage, les coups-bas (voir Wikileaks et le sort fait à Sanders par ses copains démocrates) ; parfois même les  échanges d'insultes auxquels on a vu Démocrates et Républicains  aux USA s'adonner sans états d'âme.

Ce n'est pas seulement la déclaration de Trump d'incarcérer Mme Clinton quand il serait  président, ce sont aussi celles la qualifiant d'escroc et son mari de pervers sexuel. Etc.

De l'autre côté pas mieux. Trump d'après Obama n'était tout simplement pas digne d'être président des USA. Son  épouse,  Michèle, n'a pas ménagé sa peine non plus dans cette direction.

Comme dit plus haut, il s'agit d'une guerre symbolique dans laquelle les armes à feu n'entrent pas.

En principe.

Mais qu'a t-on vu lors des élections annulées depuis ?

 

Le "dechouke" d'Aristide monté en épingle et instrumentalisé par les partisans de "la paix des cimetières"... (mis à jour)

Ne sont-ce pas là des partisans de Tèt Kale exhibant leurs armes de guerre ?

Ici, il ne s'agit pas de mots.

Les "moun de byen" ont-ils réagi face à cette démonstration de force ?

Niet.

Le candidat du Parti des Haïtiens à la tèt kale ( PHTK) le nèg bannann nan aux 14 comptes en banque, a t-il été convoqué par le CEP pour expliquer pourquoi certains de ses partisans se baladaient avec des armes ?

Niet.

Et d'après vous pourquoi ?

Parce que ces membres des escadrons de la mort sont employés pour garantir "la paix des cimetières": Foutre la trouille à la majorité  pour que la minorité puisse profiter et abuser en paix.

La déclaration d'Aristide est perçue comme violente en ce qu'elle menace "la paix des cimetières".

Celle-là même dont ils sont nostalgiques et qu'ils veulent - quels que puisse  être le nombre de tués et de torturés - restaurer.

L'hécatombe ne les effraie pas plus qu'elle n'effrayait les génocidaires des Taïnos et les esclavagistes, ni Léopold roi des Belges avec ses mains et pieds coupés au Congo. Il faut ce qu'il faut pour lutter contre la barbarie des indigènes.

 

Martelly et Lamothe  avec, d'un côté leur peinturlurage du bidonville de Jalouzi , leur "Haïti est ouverte aux affaires" et d'un autre côté leurs per diem de 20 000$ et leurs achats d'armes de guerre  Galil à Israël, ont  été adulés par les partisans de "la paix des cimetières."

Ils pouvaient "péter, péter", déclarer que le choléra n'existait plus, faire 2, 3 carnavals par an,  insulter la mémoire des victimes de l'Occupation américaine en faisant de la date de cette occupation un jour de bamboches, avoir pour conseillers 1, 2, 3 assassins, traficoter avec les intérêts étrangers pour vendre les hommes et les ressources du pays...Etc.

Il suffisait  de bracelets roses, d'une "rout an lè", d'un hôtel Oasis et d'un Marriot, pour que ce secteur de la classe moyenne qui se satisfait d'apparences se sente conforté dans la restauration de "la paix des cimetières", protégé par la Minustha qu'il avait conviée à venir le garder des aspirations des "ratpakaka" à la justice.

 

Un autre truc qui en dit long sur l'état d'esprit de l'auteur, c'est sa description d'un Aristide maté par 2004 que la classe moyenne "avait fini par oublier." Comme si la classe moyenne aurait eu un quelconque pouvoir de décision et ne serait pas un simple exécutant...Les mecs prennent leurs rêves de grandeur pour des réalités.

Or, voici que ce renégat, ce criminel pire qu'Hitler, cet Attila, ce Moloch tropical, ce "pilonneur de bébé", malgré le coup d'Etat de 1991, en dépit de ses multiples déboires et humiliations au cours des années de son deuxième mandat écourté une nouvelle fois par un second coup d'Etat en 2004, malgré sa déportation chez les "zoulou" ( une variante des "kongo" dans le vocabulaire aliéné et raciste des fachos haïtiens), n'abandonne pas son discours, celui qu'il tenait lorsqu'il était le curé de Saint Jean Bosco. A savoir que le système injuste qui maintient la majorité de la population dans une misère ignoble devrait être "dechouke".

 

Damnation ! Le voici illico  et à nouveau "luciféré"

Le CEP, Danton Léger, les éditorialistes sont appelés à l'aide pour museler l'homme qui tient ce discours qui risque de réveiller un peuple que l'on croyait - depuis 2004, de Latortue en passant par Péval pour finir par Martelly en espérant Jovenel Moïse - avoir définitivement renvoyé dans ses cases insalubres.

Peuple auquel on prêchait subtilement que son seul salut résidait dans l'exil, puisqu'il serait trop sauvage pour vivre dans un Etat de droit, que lui-même refuserait pour cause de tares génétiques liées à l'esclavage.

Parce que les mecs, sociologues, politologues, leaders d'opinion auto-proclamés montent leur propre scénario pour justifier leur irresponsabilité et leur indifférence au bien commun. Ils écrivent thèses sur thèses, tout comme les idéologues  et scientifiques racistes fabriquaient des théories pour justifier l'esclavage.

Cette salade bien composée par ceux  en veille "derrière la scène" (courtoisie R. Boulos), qui a été diffusée non stop par l'ensemble de leurs marionnettes des media, de la classe politique, des clercs et de la fachosphère qui sévit sur les réseaux sociaux,  était, selon eux et d'après leurs sondages, un fait acquis.

O rage, o désespoir !

Voici que "la paix des cimetières"  est à nouveau menacée par un simple mot lancé : " dechouke".

 

Oui, Aristide est tout à fait dans son droit, comme n'importe quel citoyen haïtien d'appeler au déchoukaj d'un système mis en place par des prédateurs.

Il est d'autant plus dans son droit qu'il est un leader politique.

Et si son "dechouke " a été assimilé à un appel à la violence et non pas un appel à ne pas voter pour les représentants du statu quo, c'est d'abord parce que ses opposants, commanditaires et opérateurs de coups d'Etat, ne fonctionnent qu'à partir de la violence physique et de la violence structurelle.

Parce que, chacun sait qui possède les finances, les armes et les réseaux d'escadrons de la mort en Haïti. Chacun sait qui refuse un salaire minimum  décent aux ouvriers. Chacun sait également le prix payé par la population désarmée à chaque fois qu'elle eut à s'affronter à ces forces du "faire noir".

En fait, ce que ce "dechouke" d'Aristide à révélé, c'est que la population n'était pas encore,  en dépit du  rouleau  compresseur de la propagande duvaliéro/gnbiste et des massacres, totalement soumise. Tous n'avaient pas été mis à genoux ( comme ce fameux député prêt à baiser les pieds de son "excellence" Martelly) pour remercier le bon dieu, le bon papa blan, l'oligarchie des commerçants, la Minustha, la CI de leurs bienfaits.

Voici ce qui a choqué les partisans de la paix des cimetières .

Eux qui croyaient en avoir fini avec ce peuple, avec cette engeance, avec ses laissés pour compte qui auraient du en avoir définitivement pour leur compte avec les catastrophes naturelles et la catastrophe Martelly/Clinton.

 

 

 

 

 

 

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