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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Haiti a besoin de nouvelles élites pour éduquer et outiller le management politique afin de le préparer à l'exercice de nouvelles responsabilités - Par Erno Renoncourt

Publié par Erno Renoncourt sur 9 Août 2015, 09:12am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Martelly, lors de son meeting à Miragoane

Martelly, lors de son meeting à Miragoane

Et si Martelly n’était que l’expression politique ponctuelle des intérêts des élites délinquantes haïtiennes

L’actualité a été dominé par ce qu’on peut  désormais appeler « l’agression de Miragoane », et force est de reconnaitre que cela a suscité une vague d’indignation, sincère ou fausse, qui témoigne d’un changement de tonalité par rapport au pouvoir « têt kalé ».

Évidemment., les mauvaises langues diront que,  fin de règne oblige,  il n’est pas étonnant de voir certains sinon beaucoup afficher un courage qui a cruellement fait défaut au plus fort des indécences et des scandales qui ont ponctué la vie publique haïtienne , ces 4 dernières années. Du reste, ayant eu l’opportunité de réagir publiquement sur ce dossier, nous n’allons pas en rajouter, mais nous ne pouvons ne pas relever les fondamentaux qui reviennent dans les discours et dans les positions exprimés pour la circonstance. Car tout problème mal posé conduit à la formulation de solutions inadaptées.  Et devant l’indigence de l’offre politique révélée au cours de cette campagne électorale, il faut craindre que ce ne soit pas demain la veille que nous allons sortir de l’auberge. Et loin s’en faut, tant les « élites haïtiennes »  se montrent irresponsables et désinvoltes dans l’exercice de leurs responsabilités citoyennes et politiques.

Deux postulats pour occulter une  réalité objectivement indécente

La majeure partie des indignations exprimées, par rapport à l’indécence et l’incivilité dont le président a fait montre vis-à-vis de cette femme courageuse de Miragoane, reprennent deux postulats qu’il convient d’analyser lucidement et de  récuser objectivement afin de mieux situer les enjeux de la lutte pour la démocratie et pour l’émergence en Haïti d’un management éthique et responsable.  

Ces deux postulats, cités par les uns et  repris par  les autres, sinon par les mêmes, consciemment ou inconsciemment, avec duplicité ou naïveté, laissent penser :

  1. « qu’Haïti méritait mieux (que Martelly), et que  comme d’habitude nous n’avons pas eu ce que nous méritions ».
  2. Qu’à Miragoane, comme ailleurs pendant son mandat,  « le Président  aurait pu faire mieux au lieu de verser dans l’insulte ».

Nous allons tenter de prouver avec force évidence que ces deux postulats ne sont qu’une occultation d’une réalité objectivement indécente et affreusement morose.

Le pouvoir et les institutions politiques sont la cristallisation de la vision des élites d’un pays.

Il n’est pas nécessaire d’être érudit  pour récuser le premier postulat. Il suffit de rappeler à l’évidence la pensée politique de Montesquieu qui stipulait, il y a quelque 4 siècles déjà, que «tous  les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent». Evidemment, je m’empresserai de contextualiser,  en disant qu’à un moment donné,  les élites  économiques, sociales et culturelles d’un pays  façonnent  les institutions politiques  et se donnent les hommes politiques qui sont en harmonie avec leur vision et en adéquation avec leurs intérêts.

Objectivement, pour soutenir cette idée, je me réfère volontiers à la pensée du scientifique (et humaniste) Albert Einstein qui, plus près de nous, précisait «que ceux qui ont le privilège du savoir et du pouvoir ont le devoir d’agir conséquemment.»…Une façon toute pédagogique de revisiter l’évangile qui disait déjà « il faut demander  beaucoup à ceux à qui il a beaucoup été donné ».

Bien évidemment, on m’objectera volontiers que ce pouvoir « têt kalé » nous a été imposé par les tuteurs internationaux. Mais à cela, j’opposerai la pensée  du philosophe Emile-Auguste Chartier, plus connu sous le nom  d’Alain, pour  rappeler que « les deux vertus du citoyen sont l’obéissance et la résistance ». Autrement dit, si ce choix, imposé soi-disant, n’était pas conforme à notre vision, à notre culture et à nos mœurs, nous aurions dû le rejeter par les moyens que proposent la légalité et l’histoire, comme d’autres peuples avant nous l’ont fait. Et comme nos élites l’ont systématiquement fait par le passé et notamment avec le président Jean Bertrand Aristide en 1991 et en 2004.

Bien évidemment, on m’objectera volontiers que ce pouvoir « têt kalé » nous a été imposé par les tuteurs internationaux. Mais à cela, j’opposerai la pensée du philosophe Emile-Auguste Chartier, plus connu sous le nom d’Alain, pour rappeler que « les deux vertus du citoyen sont l’obéissance et la résistance ».

Martelly et Mme Manigat au moment de la campagne électorale. Martelly et Evans Paul , son Premier ministre. Martelly et Manigat, son ministre de l'Education nationalel.Martelly et Mme Manigat au moment de la campagne électorale. Martelly et Evans Paul , son Premier ministre. Martelly et Manigat, son ministre de l'Education nationalel.Martelly et Mme Manigat au moment de la campagne électorale. Martelly et Evans Paul , son Premier ministre. Martelly et Manigat, son ministre de l'Education nationalel.

Martelly et Mme Manigat au moment de la campagne électorale. Martelly et Evans Paul , son Premier ministre. Martelly et Manigat, son ministre de l'Education nationalel.

 Et je m’appuierais aussi sur des comportements naturels et des observations empiriques pour justifier que si nous avons accepté, avec cette complaisance et cette désinvolture, les indécences et les mégalomanies de Martelly pendant  4 ans, c’est tout simplement, parce que  nous ne méritons pas mieux. Car Il suffit de voir la réaction d’un enfant à qui l’on essaie de faire avaler de force une médecine ou toute autre chose qu’il répugne : même si vous parvenez  à la lui entrer dans la bouche, il finira, et presque immédiatement, par la rejeter et la vomir.

En cela, la chose nous semble jugée et entendue : Martelly est bien la cristallisation politique  de la vision et de la stratégie des élites haïtiennes du moment. Pour ceux et celles qui trouveront ce constat sévère, disons, à tout le moins, qu’il est évident que c’est la faillite d’un modèle de management et la dérogation systématique à des responsabilités éthiques qui ont conduit au dysfonctionnement institutionnel haïtien rendant possible la forfaiture électorale organisée par le CEP de l’innommable Gaillot Dorsainvil.

Evidemment, Il ne s’agit pas ici de considérations morales, mais d’évidences «éminemment politiques ».  Pourtant, sans être moral, le fait politique est assujetti à une éthique qui impose une mission,  des responsabilités et des choix aux élites. ….Mais plus grave encore, au-delà des faits politiques qui jalonnent notre histoire, et qui prouvent que Martelly n’est pas un hasard,  nous pouvons trouver dans les pratiques quotidiennes mises en œuvre par nos élites  l’expression de cette irresponsabilité et de cette déliquescence. En effet, il suffit de regarder et de voir les pratiques commerciales et professionnelles qui sont imposées à la population et qui sont à la limite de la légalité.

« L’exercice de la démocratie exige et réclame des démocrates » et des pratiques démocratiques.

Il y a bien un éditorialiste haïtien,  qui a dit un jour que « l’exercice de  la démocratie réclame et exige des démocrates. Or  le drame est qu’en Haïti, il n’y a pas de démocrates, il n’y a pas d’école de la démocratie et il n’y a pas de pratiques démocratiques ». Alors comment faire vivre la démocratie quand chacun va dans le sens de ses intérêts personnels ?

Presque tous les commerçants haitiens, adoptent des pratiques commerciales douteuses : Il y a dans ce pays autant de taux de change que de commerçants. Mais pire encore : Pouvons compter les produits avariés et recyclés sur les étalages de nos supermarchés ?  Pouvons-nous recenser les stations d’essence qui ne trafiquent pas et qui ne vendent pas impunément des produits pétroliers non conformes, au grand désespoir des consommateurs et des propriétaires d’automobiles? Pouvons-nous dénombrer les affiches et les clauses scélérates de certains de nos commerçants qui stipulent, en toute indécence, « qu’une fois la porte de la caisse franchie, aucun article ne sera repris ni échangé » ? Alors, qu’ailleurs, en tout cas partout où l’exercice démocratique a réussi, tout au moins dans son expression libérale,  on reconnait aux consommateurs des droits  et en particulier celui de retourner les marchandises, sous un délai légal, après achat s’ils les jugent non conformes à leurs besoins.

Remarquons qu’au demeurant ces principes élémentaires que nos élites refusent d’appliquer ne sont pas des principes révolutionnaires prônés par les Maoïstes et les Marxistes Léninistes. Il s’agit simplement  de principe basique de libre concurrence et d’éthique professionnelle qui  protège le consommateur et  régule le marché. Des principes adoptés depuis plus d’un siècle par d’autres pays…..Et C’est pour empêcher, entre autres, l’avènement  de ces principes que ces élites ont financé les nombreux massacres et coup d’états qui ont jalonné l’histoire récente d’Haiti. …..Ainsi, de cause à effet,  peut-on objectivement penser  qu’il n’y ait pas de liens entre ces attitudes « mafieuses »  et notre incapacité à réussir la transition démocratique ?

De nouvelles élites pour promouvoir en Haïti  un management éthique et responsable.

Pouvons-nous aussi passer sous silence, et prendre pour pur hasard le fait que des noms de puissants hommes d’affaires et d’hommes politiques haïtiens soient de plus en plus associés à la grande criminalité, tandis que d’autres sont en prison ou recherchés,  ici ou ailleurs, pour toute sorte de  trafic avéré ou supposé ?

Pouvons-nous penser  que l’impunité dont jouissent ceux et celles qui violent les lois, qui pillent les caisses de l’état, qui insultent et bafouent les droits des personnes et la dignité humaine, et qui,  pourtant, continuent d’occuper et de prétendre aux plus hautes responsabilités du pays soit un simple dysfonctionnement  judiciaire ? 

Combien de fois avons-nous vu en Haïti des organisations professionnelles, libérales et patronales sanctionner leurs membres pour des comportements ou pratiques douteux ? Et combien de fois avons-nous vu un cadre haïtien démissionner parce que n’acceptant pas de se faire marcher dessus ou de s’adapter à des pratiques managériales abêtissantes et injustes ? A ce propos,  il faut  saluer le courage du magistrat Paul Eronce Villard qui n’a pas peur de la précarité et a préféré résister en démissionnant plutôt que de se soumettre à la bêtise et l’injustice d’un management indécent.

Comme l’a dit le magistrat Villard dans sa lettre de démission, « La justice a besoin d’hommes dignes », et le management politique haïtien a impérativement besoin de nouvelles élites sociales, économiques et culturelles…pour le préparer à l’exercice de nouvelles responsabilités et d’une nouvelle mission. Et c’est fort de ces exigences qu’il faut récuser la thèse prônée par certains économistes qui disent que ce sont les politiciens qui ont échoué : c’est le management économique, culturel et social qui façonne et fabrique le bras politique…l’échec du politique n’est que l’expression de l’indigence managériale de l’économique, du social et du culturel.

Et c’est fort de ces exigences qu’il faut récuser la thèse prônée par certains économistes qui disent que ce sont les politiciens qui ont échoué : c’est le management économique, culturel et social qui façonne et fabrique le bras politique…l’échec du politique n’est que l’expression de l’indigence managériale de l’économique, du social et du culturel.

Des intellectuels qui vivent avant tout pour échapper à la précarité sans idéaux de noblesse

Et c’est cette indigence transformée en précarité qui oblige certains de nos  intellectuels à s’agenouiller devant l’indécence portée au pouvoir et à s’humilier et se faire humilier pour sauvegarder un poste officiel……En effet, dans quel pays, doté d’élites imbues d’une mission éthique,  aurait-on vu un ancien vice-recteur des affaires académiques d’une université,  tout ministre qu’il pourrait être,  applaudir chaudement un président qui insulte un journaliste qui ne fait que lui poser une question avec insistance ? Dans quel pays, avec des élites dignes de ce nom, aurait-on vu des Ministres et des officiels  applaudir  et accepter de travailler  et de se faire humilier en conseil des ministres par un  président qui prône le « pétadord » comme expression culturelle ?

 Croyons-nous  vraiment  qu’Haïti mérite mieux quand un responsable d’Église s’est laissé aller jusqu’ à conseiller à Monsieur Michel  Martelly, fraichement installé dans ses habits de  nouveau président, de diriger le pays avec ses accoutrements de  « Sweet Micky» ? Alors que tout un chacun sait que les accoutrements de  Sweet Micky ne sont que  l’indécence et la vulgarité.

Croyons-nous vraiment  qu’Haïti mérite mieux quand de tous les scandales à répétition qui ont rendu dysfonctionnels nos institutions, particulièrement ces 4 dernières années, aucun  n’a jamais été dénoncé par les associations socio-professionnelles du pays et que  tous ont  été vécus dans la plus grande désinvolture  par les élites sociales, culturelles et économiques de ce  pays ?

Comment peut-on croire qu’Haïti mérite mieux quand toute éthique et tout  idéal ont déserté notre esprit et nos pensées pour laisser la place uniquement à une âpre lutte pour le profit ou pour échapper à la précarité…..C’est là, dans nos agissements quotidiens et nos pratiques scélérates  qu’il faut chercher les causes de cette grande forfaiture qu’est la présidence de Monsieur Michel Martelly et non dans des considérations moralisantes. Ce sont ces petites responsabilités que nous dédaignons tous les jours et ces petites infamies que nous pratiquons quotidiennement et systématiquement qui modélisent nos institutions et façonnent notre façon de vivre et d’accepter la vie….

Haïti une terre pleine de talents individuels qui fourmillent dans un gâchis collectif 

Pourtant il faut reconnaitre qu’Haïti a du talent. Il suffit de voir les nombreuses distinctions culturelles et littéraires que  remportent certains d’entre nous qu’ils ou qu’elles soient  haitiens  ou  haïtiennes de nationalité ou d’origine. Mais empressons nous de reconnaitre que ces réussites individuelles ne suffisent pas pour prétendre mériter des institutions solides et respectables Ou des hommes et des femmes politiques  capables de se transcender  et de se comporter dignement?  

Pourtant Haïti est une terre de  dignité, Une dignité qui prend tantôt le visage du courage  : comme celui de cette femme de Miragoane qui a voulu exercé son droit citoyen en exigeant des mesures politiques plus conformes aux besoins des habitants de sa commune. Et si Haïti n’était pas une terre d’imposture, cette femme aurait du être l’invitée d’honneur des principales émissions médiatiques de la capitale  pour lui permettre d’exprimer la frustration qu’elle a dû taire face à l’agression du président . Ce serait une certaine  manière de faire vivre la démocratie…en faisant un pied de nez au président …

 

Et si Haïti n’était pas une terre d’imposture, cette femme aurait du être l’invitée d’honneur des principales émissions médiatiques de la capitale pour lui permettre d’exprimer la frustration qu’elle a dû taire face à l’agression du président . Ce serait une certaine manière de faire vivre la démocratie…en faisant un pied de nez au président …

La démocratie et l’état de droit ne sont pas des slogans. Ce sont des constructions qui nécessitent des outils, des méthodes, des pratiques,  une éthique, et certainement des élites imbues de leur responsabilité. De ce fait, il est manifeste qu’il ne peut y avoir de rapport entre les succès individuels et le mode d’organisation économique, sociale et politique d’une nation, surtout si ces succès ne sont pas  mis à contribution pour dénoncer les pratiques inacceptables, participer au débat citoyen, promouvoir  les responsabilités éthiques et valoriser la dignité humaine.

C’est bien Jean Paul Sartre qui disait que la mission l’intellectuel était de Vivre pour dénoncer l’injustice et pour s’indigner éternellement. Car c’est de « sa lutte et de son implication dans le devenir de sa société qu’une nation peut revendiquer dignité et  fierté ». Au regard de la passivité de nos élites et de nos intellectuels, au regard de l’opportunisme de nos classes moyennes qui ne cherchent qu’à échapper à la précarité en s’accommodant de tout, même de l’imposture et de la forfaiture,  il est permis  douter qu’Haïti méritait mieux que Martelly et mieux que tous les autres avant lui d’ailleurs.. Et loin s’en faut, car  s’il faut célébrer quelques talents haitiens et quelque réussite haïtienne  sur le plan de la culture, ici et ailleurs, il faut avoir aussi le courage de reconnaitre que nous fourmillons dans un véritable gâchis collectif.

 

Martelly, le chanteur.

Martelly, le chanteur.

Et le président dans tout cela ?  Faut-il le blâmer ? Faut-il exiger de lui une posture qu’il n’a jamais revendiquée Je crois que c’est encore une erreur d’appréciation très grave. Car, nous savons tous que la plus belle femme du monde ne peut jamais donner ce qu’elle n’a pas. Et en cela le président est cohérent avec lui-même, et on ne peut pas  lui reprocher d’être ce qu’il est profondément... De même qu’on ne peut pas lui demander de se verser avec dignité et pédagogie dans l’exercice d’une responsabilité pour laquelle il n’a jamais été préparé.

Ce sont ceux et celles qui se sont prêtés à ce jeu macabre qui doivent être blâmés. Car il ne faut pas perdre de vue que ce sont les élites qui  façonnent les institutions d’un pays et qui se donnent les outils pour  éduquer et former  à l’exercice des responsabilités. Et  en acceptant que l’exercice des plus hautes responsabilités d’un pays soit confié à un éternel roi de carnaval, les élites de ce pays ont montré qu’elles n’avaient aucun état d’âme…et qu’elles s’accommoderont de tout pour garder leur monopole économique…..quitte à s’offrir, et pourquoi pas un autre « Sweet Micky » ….Etant donné que c’est la première fois que le pays va si bien dans le sens de leurs intérêts.

Pour finir, osons reconnaitre que, malgré tout le président a toujours fait preuve d’un grand exercice pédagogique, car, chaque fois qu’il en a l’occasion, il ne cesse de fouetter cet orgueil que nous avons perdu. Et inlassablement, il  répète qu’il n’a pas fait de brillantes études et qu’il n’a fait que profiter du vide laissé par nos élites dans l’exercice flagrant de leur irresponsabilité. On ne peut donc pas lui demander d’être autre chose que « 100% Sweet Micky ».

Pourtant le vrai constat de ces années Martelly c’est de reconnaitre qu’Haïti a basculé dans l’indignité la plus complète avec deux constantes qui structurent et qui modélisent notre échec fait d’imposture, d’irresponsabilité et d’impunité : les élites économiques qui ne pensent qu’à leur profit en créant les conditions objectives pour  maintenir  et perpétuer leur monopole économique et  les élites intellectuelles qui ne pensent qu’à échapper à la précarité sociale en produisant pour la plupart des œuvres  littéraires et artistiques qui ne revendiquent point les luttes pour la dignité humaine  et qui ne participent guère des préoccupations sociales de leur époque.

 

Martelly montrant un de ses passeports haïtiens pour preuve de sa nationalité haïtienne

Martelly montrant un de ses passeports haïtiens pour preuve de sa nationalité haïtienne

(...) la grande vérité de ces années de pouvoir « têt kalé », c’est aussi de nous rappeler qu’en nous imposant Martelly aux élections de 2010,( ...) nos tuteurs et nos élites nous ont envoyé un message facilement décodable : si les conditions économiques le permettent et le rendent nécessaires, ils seraient prêts à rétablir l‘esclavage pour maintenir la stabilité de cet échec qui va si bien dans le sens de leurs intérêts…..

Enfin, par-delà ces déterminants sociaux et économiques,  toute chose étant par ailleurs égale, la grande vérité de ces années de pouvoir « têt kalé », c’est aussi de nous rappeler qu’en nous imposant Martelly aux élections de 2010,  et le fait d’accepter et de cautionner cette forfaiture, respectivement, nos tuteurs et nos élites nous ont envoyé un message facilement décodable : si les conditions économiques le permettent et le rendent nécessaires, ils seraient prêts à rétablir l‘esclavage  pour maintenir la stabilité de cet échec qui va si bien dans le sens de leurs intérêts…..Et en cela tuteurs internationaux et élites sociales délinquantes  restent dans la tonalité de la musique de Sweet Micky : « 100% C.C. »

Erno Renoncourt, le 6 aout 2015.

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