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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Archives 2014 Guyler Delva et la chasse à Aristide... l'affaire Amaral Duclona et celle de la piste de l'Haïtien extradé d'Argentine qui menaient toutes les deux tout droit à Aristide ... (mis àjour)

Publié par siel sur 15 Mars 2017, 14:33pm

Catégories : #AYITI ROSE RAKET

Guyler Delva est un journaliste haïtien qui nous fait penser aux chasseurs de têtes dans les western us.

Ces chasseurs de têtes, comme vous le savez, parcouraient le territoire des USA à la recherche de criminels en échange d'une récompense - plutôt une prime.

C'était leur boulot; ils vivaient de cette chasse à l'homme.

De même Delva veut ferrer Aristide.

Il s'est lancé sur sa piste en échange de quoi ? Pour sauver sa propre peau ?

Difficile de savoir parce que dans le marigot haïtien impossible de savoir qui est qui et qui tire les ficelles.

En tous les cas comme un limier Delva flaire toutes les pistes susceptibles de mettre Aristde an ba kod, en prison.

Un jour, il nous annonce triomphalement que le procès de Duclona va aboutir directement à l'implication d'Aristide dans le meurtre de M. Lauture.

Le lendemain, il annonce avec le même culot, que l'arrestation d'un Haïtien en Argentine va nous mener directement à l'implication d'Aristide dans le meurtre du journaliste Jean Dominique.

Dans ces deux cas notre fin limier semble avoir fait fausse route.

Le procès de Amaral Duclona à Paris, bien qu'orienté par un ancien ambassadeur de France en Haïti, la femme de la victime et le juge Courroye vers un crime politique commandité par Aristide, n'a pas évolué dans cette direction, en l'absence de témoins et de preuves. Même l'implication directe de ce Duclona, connu pour être un gangster, n'a pas été prouvée. Elle s'est établie sur des on dit et des intimes convictions, un cellulaire trouvé sur le lieu du crime. Rien de concret.

D'ailleurs, un romancier pourrait imaginer un crime passionnel : l'épouse de la victime et son amant voulant se débarrasser de l'époux, hériter de sa fortune en transformant l'affaire en crime politique.

Bon. Il existe de nombreux cas de figures qu'une enquête sérieuse aurait pu explorer.

Mais avec Aristide, le tueur en séries sous la main, à quoi bon se décarcasser ?

Pour ce qu'il est de l'Haïtien extradé de l'Argentine, dont les "révélations" devaient mener directement à l'implication d'Aristide dans le meurtre de Jean Dominique, à partir du moment où la rumeur l'a désigné comme un agent des services de renseignements US, l'enthousiasme de Delva à suivre cette piste est retombé comme un soufflé. Pff... case close.

D'ailleurs ,on n'a plus entendu parler de ce suspect number one, pas plus que de Clifford Brandt dont la police disait qu'il faisait partie d'un réseau international puissant de kidnappeurs.

Maintenant, Guyler Delva annonce qu'Aristide est interdit de quitter le pays. Ce qui est assez drôle quand on sait qu'Aristide est déjà interdit (officieusement) de quitter sa résidence.

A l'inverse de Duvalier J-Cl, Aristide ne peut pas se balader, assister à des commémorations, enterrements, répondre à une invitation des Frères de Saint-Louis de Gonzague... et même pas se déplacer pour se rendre à l'université qu'il a fondée, à deux pas de chez lui, où il n'a jamais mis les pieds depuis son retour de "bannissement" en Afrique du Sud.

Les avocats de M. Aristide ont démenti les déclarations de Delva.

Mais, peu importe, Delva a atteint son but, puisque pas seulement dans les média haïtiens aux bottes mais aussi internationaux, sa "nouvelle" a été reprise.

Mentez, mentez... c'est un style de journalisme à la Fox News dans lequel M. Delva excelle depuis un certain temps.

L'absence de crédibilité de ce journaliste- au vu de ses précédents dérapages- n'empêche pas la presse, qui fait son beurre de ce genre de nouvelles, de les reprendre sans en vérifier la véracité.

Qu'est-ce qui empêcherait Alterpresse, Radio Kiskeya, Radio Télé Caraïbes, Le Nouvelliste,Tout Haïti de passer un coup de fil à l'avocat d'Aristide pour vérification avant publication ?

Ca s'appelle de l'éthique et ça fait partie de la déontologie de la profession de vérifier les sources.

Mais bon. Le métier de journaliste en Haïti reflète le système d'éducation; il s'agit de répéter ce qui est dit, sans faire l'effort de réfléchir pour soi et de faire un minimum de travail d'enquête, à savoir dans ce cas, passer tout simplement un coup de fil.

Maintenant, que va dire Guyler Delva face à ce démenti ?

Comme d'habitude, rien.

Il va garder le silence. L'important étant qu'il ait lancé sa bombe en espérant des retombées positives pour son clan politique.

Car, le Aristide bashing n'est pas nouveau; il a existé dès son arrivée au pouvoir en 1991 en préparation psychologique du bien fondé du coup d'Etat.

Au cours des années, on a eu droit au type fou, au dealer de drogue, à l'assassin, au mec qui s'est enrichi. De combien de millions, de milliards ?

En 2004, le Aristide bashing a atteint son apogée, le mec était devenu un pilonneur de bébé dont il buvait le sang, le plus grand trafiquant de drogue à faire palir d'envie les cartels mexicains, colombiens, dominicains, honduriens et la bande des ex-militaires haïtiens épinglés par la CIA.

Pour le cinéaste haïtien, Raoul Peck, auteur d'un film isipide : Moloch Tropical, il était du genre à regarder des films de séances de tortures de ses opposants sur sa télé pendant qu'il s'adonnait à une fornication intense avec les toutes les femmes de son entourage.

Pour l'ensemble des zentellectuels boycotteurs de la commémoration des 200 ans d'indépendance d'Haïti, - ceux qu'on voit ici en grandes embrassades avec le chef des "bandi legal" - il était pire qu'Hitler. Et sous son gouvernement Haïti vivait une "orgie de violence" où les têtes coupées se ramassaient à la pelle dans les rues de Port-au-Prince, selon les dires d'un des écrivains médiatisé à mort à Paris, au cours de cette faste période  2002-2004 où toute la bande se retrouvait sur les plateaux de télé de l'hexagone et recevait des prix à tire larigo.

Enfin, il faut s'attendre à ce que le Aristide bashing, à savoir l'utilisation de rumeurs malveillantes et mensongères à son encontre, prennent de l'ampleur avec les élections qui se profilent.

Il me semble que le rêve, l'idéal pour ces gens-là, ces duvaliéristes pragmatiques (dixit Rena Préval) seraient de faire lyncher le bonhomme en place publique devant les caméras par le "peuple", à savoir un ramassis de gangsters par eux payés. Un scénario à la Kadhafi qui viendrait montrer au monde entier que que M. Aristide était bel et bien haï par l'ensemble des Haïtiens.

Parce que vous savez, diaboliser quelqu'un en Haïti, c'est hyper facile- vu que la majorité de la population par manque d'éducation, à cause de la misère se trouve disponible pour toutes les grandes messes exutoires genre carnavals ou lynchage.

Un truc que Duvalier François et ses adeptes ont exploité à mort : la mise à mort spectaculaire de la victime expiatoire.

Il reste à espérer que M. Aristide aura acquis suffisamment de sagesse, suite à ses erreurs et malheurs, pour ne pas tomber dans ces piège grossiers à lui tendu par les Tèt Kale/woz rakèt dont M. Guyler Delva est un des agents

M. Guyler Delva

M. Guyler Delva

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