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Vient de sortir ...
Un document inédit sur la mémoire haïtienne
Les textes de Roland Paret et Frantz Voltaire
 sont accompagnés de photos de l'époque.
Prix: 10 euros
En vente au restaurant  haïtien:
Le Rond Point des Artistes/Tel 01 48 09 88 40

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PEUPLE sans mémoire...

Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 11:00

J'ai lu ça sur le net :


Subject: 5,000 morts par l'armée d'Haïti FADH - Coup d'état sanglant du 30 septembre 1991 source de tous les malheurs récents du pays.

ll est évidemment absurde de vouloir comptabiiser le nombre des victimes du 30 septembre et de ses suites

Je peux dire ce dont j'ai été temoin.

 

Le 30 septembre Je me suis rendu à pied de ma résidence de Thomassin 32 à l' HUEH  pour y remplir mon devoir de medecin

En route,  j ai vu passer un camion contenant des militaires ainsi que des jeunes gens qui m'avaient l'air de Dominicains TIRER sur les passants

Devant l'HUEH des militaires tiraient sur ceux blessés ou autres qui essayaient de se rendre à l'HUEH

A l' hôpital c'etait le délire ; le service d'urgence était débordé.


A la SOP des militaires firent irruption à la salle d' habillage brandissant leurs armes

pour nous intimider en réclamant qu'on leur livre tous les "'lavalasse" blessés.

Faute d'espace les patients etaient étendus sur la cour de l' hôpital.
Je me souviens que nous nous sommes mis en contact avec le Dr Boulos pourr essayer d'obtenir de l'aide

Je n'oublierai pas le dévouement des médecins et je me souviendrai toujours du Dr Télémaque venu

à moto a l'HUEH courant en tous sens et opérant a bras le corps pour tenter d'arracher à la mort quelques malheureux

En mi-journée je me suis rendu au QG des FADH où le général Raoul Cedras tenait une conférence de presse

Lorsque l'officier déclara que l'armée avait dû tirer sur des terroristes, je rétorquai "Faux vous avez tiré sur des civils innocents"

Et quand on demanda ce qui m'autorisait a le dire je répliquai : parce que j' y étais !

Roosevelt Jean-Francois me tira alors par la chemise pour me faire discrètement sortir.

J 'offris ensuite mes services gratuits a la Micivi pour soigner les victimes des tortures

Et la des documents grâce au Ciel nous en avons !

Je sais que l histoire d Haiti est à chaque page embuée de sang innocent

et qu'un crime ne saurait en absoudre un autre,

mais rien n'autorise à insulter la mémoire des martyrs du 30 septembre et de ses suites

Ce n'est pas non plus de cette manière que l'on parviendra à la réconciliation nationale !

Ce 1er octobre 2011
Frantz Large
Docteur en medecine
Ancien medecin de la MICIVI
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Par siel - Publié dans : PEUPLE sans mémoire...
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 10:30

Extraits :

1.1. Les Forces armées d'Haïti (FAdH)

Un examen des témoignages et des documents disponibles fait ressortir l'image d'une armée dont le fonctionnement ne correspond à aucun critère géo-politique retrouvé généralement dans la définition de toute armée. Les FAdH présentent l'image d'une armée en guerre contre son propre territoire, l'ennemi étant ici le peuple haïtien. A noter que cette armée fut historiquement constituée comme une gendarmerie, exerçant des fonctions de sécurité intérieure, dans la tradition instaurée par l'occupant américain en 1915. Elle n'a jamais eu d'activité de défense nationale à proprement parler. Engagée dès sa création dans des opérations de pacification des villes et des campagnes, notamment contre les cacos, cette institution se comporte comme si à tout moment elle était menacée d'une attaque de guérilla ou de commando. Entretenant la paranoïa au sein de ses troupes, imposant une discipline de combat : révocations, transferts, cours martiales, emprisonnement, etc., tout est fait pour alimenter ce climat.


Dès leur engagement, les enrôlés signent un contrat dans lequel ils jurent et promettent obéissance absolue au Chef Suprême et Effectif des Forces armées d'Haïti et à sa Révolution. La CNVJ a pu constater l'existence d'une liste de 40 enrôlés, jugés par une cour martiale pour désertion, entre le 1er janvier 1993 et le 22 février 1994.


Une stratégie dite de défense nationale est mise en oeuvre pour contrer d'éventuels attentats, réprimer les manifestations, voire sauver la nation de la menace interne que constituent les visées démocratiques, étiquetées de communistes. Ce qui caractérise la répression par les FAdH, c'est la volonté de mater la résistance des masses populaires qui, de leur côté, refusent obstinément de laisser anéantir leurs espoirs de construire une société plus juste.

 

 Certaines méthodes relèvent du sadisme pur et simple. Un exemple parmi tant d'autres est donné par la conduite d'un militaire en poste à Chardonnières et qui se faisait appeler Sadam Hussein. Après avoir administré 150 coups de bâton à un homme accusé de maraudage, ce militaire coupa une partie de l'oreille à sa victime et l'obligea à la manger, avant de lui graver ses initiales (S.H.) dans la chair. Un câble non classé de l'ambassade américaine (#065402) fait état d'une enquête sur les exactions de ce militaire.

Ces pratiques, présentées plus en détail au chapitre VI reflètent un aspect particulier du système hérité d'un ordre social fondé sur l'exclusion, (une sorte d'apartheid social), aspect qui se traduit par le mépris des pauvres, moun-sa-yo (ces gens-là) et des paysans moun-an-deyò (du pays en dehors), historiquement privés de leur droit de citoyenneté. En ce sens, les résultats de l'analyse statistique des données relatives aux victimes de détentions, tortures et, surtout, extorsions (plus de 850 cas) sont très significatifs, faisant ressortir la forte proportion d'agriculteurs ciblés par la répression.

L'ensemble du rapport est très instructif.

Ce qui m'a alerté, c'est cette capacité des militaires qui ont commis des abus à se transformer, changer de nom par exemple.

Ou bien être mutés dans un coin où on ne les connaît pas, étant donné l'absence d'information et de communication en Haïti - je veux dire en dehors des zen.

 Qui connaît les CV des hommes politiques Sénateurs/ Députés ?

Qui connaît leurs itinéraires ?- le militaire peut effrontément se déguiser en agneau.

On voit aussi que les militaires  et les zenglendos recrutent chez les intellectuels, les journalistes,etc.

De toutes les façons c'est ce à quoi on a assisté avec le "dechoukaj de la dignité " et la participation plus qu'intense de ces gens-là  à cette cruelle mascarade. C'est ce à quoi on assiste aujourd'hui avec la "restauration macoute" qui réveille tous ses réseaux effrayants d'ex-militaires, de zenglendos, d'attachés, d'ex- Fraph; et évidemment  avec la collaboration des idéologues zentellectuels qui ont participé, soutenu activement le coup d'Etat de 2004; et qui sans aucun état d'âme se sont associés à ceux là-mêmes qui sont responsables de l'assassinat d'Izmery et sans doute de Jean Dominique.

Quant au sadisme, oreilles coupées, initiales gravées dans la chair.
Comme je l'ai signalé, il faudrait que des spécialistes de la psychiatrie se penchent sur ce goût  assez généralisé chez les Haïtiens pour la torture, pour  les abus sur les plus faibles, femmes, vieillards, enfants.

Comme je le disais, les Dominicains ne font qu'imiter ce qui est, somme toute, assez courant en Haïti.
N'avait-t-on pas vu tout récemment un maire de la ville de Pestel, donner des coups de pied  au ventre à une responsable d'association d'agriculteurs du coin ?
Un maire donner des coups de pieds à une femme ! Bel bagay an verite ! Se pa anyen sa !
Le genre de choses qu'on pouvait voir en Haïti sous les 2 Duvalier et qui redevient la norme depuis la "restauration macoute" .

C'est  le à
"l'impossible nous sommes tenus !" de ceux qui se réclament d'avoir des "grenn".
Evidemment quoi  de plus "virile "que de donner des coups de pied au ventre à une femme !

Rapport : http://www.haiti.org/truth/chapit7.htm

 

Par Elsie HAAS - Publié dans : PEUPLE sans mémoire...
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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 10:23

 

J'ai lu ça sur le net :

 

Musseau, Haiti le 15 décembre 2004

Monsieur le Ministre,

 

Grande a été ma surprise et profonde mon indignation, celles de ma famille et de tous ceux qui, depuis plus de 65 ans, associent mon nom d’éducatrice à l’instruction civique et morale de notre pays, d’apprendre que votre Ministère et l’UCREF ont porté mon nom sur une liste de suspects de blanchissement d’avoirs, issus de trafic illicite de la drogue.

 

Le fait que des copies de ce présumé document interne circulent impunément à travers le pays et l’internet depuis quelques jours renforce l’atteinte grave portée à mon honneur, à ma dignité et à mes droits de personne publique.

 

Monsieur le Ministre,

Ne voulant point mettre en doute votre honnêteté, j’ai choisi de blâmer en priorité votre Ministère et la Direction Générale de l’UCREF. Mais, assurée que je suis qu’il ne saurait en aucun cas y avoir ou avoir eu de près ou de loin, d’association de mon nom ou de ma personne avec une quelconque activité illicite, je m’attends à une rectification officielle du Ministère de la Justice portant votre signature.

 

Toutefois, je me réserve le droit d’engager par voie légale des poursuites en dommages et intérêts pour les torts causés à moi et à ma famille, par cet acte de légèreté administrative ou de méchanceté planifiée.

 

Monsieur le Ministre,

Il est des erreurs qu’un Gouvernement ne peut se permettre de commettre sans porter atteinte grave à sa propre crédibilité, car elles témoignent d’un manque d’égards envers les droits inaliénables du citoyen que sont le droit à l’honneur et à la dignité.

 

Recevez, Monsieur le Ministre, mes patriotiques salutations

 

N.B.- Document MJ.04/SM/0763 du 1er décembre 2004 du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, reçu par l’UCREF le 2 décembre 2004

 

Signé: Odette Roy Fomrun

 

2 Rue Latortue, Musseau HT6140 Port-au-Prince, Haïti Tél. 249-0014

 

REMARQUES DE CARL FOMBRUN (extrait)

 

Attention, l’ami Gérard, comme parrain de la pègre dans le film “Lords of Miami,” je vous ai fictivement pour assistant, mais dans la réalité ne blaguons pas avec les choses sérieuses.

Carl

 

RECU DE MARIE ALICE FOMBRUN, PARIS, FRANCE (un extrait)

 

Cher Carl,

Inutile de te dire le choc que j'ai eu en voyant le nom de ma mère sur cette liste : une femme qui a et qui donne tout pour ce pays et pour un idéal moral que je qualifierais quasi de désuet dans ce monde pourri ! Mais je ne m'étendrai pas la-dessus, je voudrais que, dans la mesure du possible, tu publies dans ton “Carl's Corner,” le texte envoyé au Ministre (si tu ne l'as pas déjà).

 

 Commentaire d'un internaute

 

Kèk zanmi Gousse kite gen pwoblem lontan avec Madan Fombrun ki fè misie foure non madanm nan tentennade.

 C'est un péché technokratik

 

Par siel - Publié dans : PEUPLE sans mémoire...
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 10:38


mardi 9 février 2010

1984 : La révolution prolétarienne commençait en Haïti

En mai 1984, le bidonville de La Fossette, au Cap, s’émeute.

A Raboteau, Gonaïves, le 14 mai, les premières pancartes sont sorties, inscrivant clairement ce que tout le monde pense : Aba la mize. Les ministres, envoyés sur les lieux, sont insultés. Les manifestations suivent les paroles et elles gagnent La Fossette au Cap, puis Hinche. La révolte du peuple a commencé et elle n’est pas prête de s’éteindre…

1985

Les jeunes, réunis au concile de Jérémie en avril 1985, expriment la souffrance de tout un peuple qui explose dans la parole des jeunes. Il y a des gens qui sont issus de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie qui rejoignent le peuple, par conviction ou par calcul. Un Hubert de Ronceray, qui était un duvaliériste, devient ainsi un opposant. La centrale syndicale CATH dénonce la situation sociale et politique. Le pouvoir essaie de se crédibiliser par un référendum en juillet 1985. Mais, pour cela, il est obligé de laisser un peu aller la parole libre et cela se retourne contre lui. L’émission « Garanti la lwa » de Radio Soleil dénonce le manque de démocratie avec humour. Le directeur de la radio est expulsé ainsi que trois autres prêtres étrangers. Le PNDPH tente de préparer un soulèvement armé. Son responsable, le docteur Lionel Lainé est arrêté et assassiné.

Mais c’est à Gonaïves, la capitale symbole de l’indépendance d’Haïti à l’époque de la première république noire de Dessalines en 1804, que la révolte populaire prend un tour massif et public. Déjà, en mai 1984, des manifestations contre la dictature à Gonaïves avaient pris un tour explosif. Le 28 octobre 1985, Pollux Saint-Jean, enfant de Gonaïves, est arrêté sans jugement. Le peuple manifeste aux cris de « Réclamons Pollux » qui se transforment vite en manifestations avec pancartes : « ABA JAN KLOD », « ABA LA KONSTITUSYON », « ABA LA DIKTATI, VIV LAME ». Cette dernière mention favorable aux petits soldats est caractéristique des manifestations à Gonaïves car il semble qu’en cette localité, les soldats soient réticents pour appliquer les mesures anti-populaires du pouvoir. Ce n’est pas ainsi que l’armée est perçue dans nombre d’autres régions, particulièrement dans les zones campagnardes. Le 27 novembre 1985, le mot d’ordre « A bas Jean-Claude ! » est lancé sur les ondes de Radio Lumière. Le ministre Alix Cinéa, dépêché sur place, fait face au peuple des bidonvilles de Gonaïves qui ne s’en laisse pas compter. Désormais, ce n’est pas avec du blabla gouvernemental que l’on va calmer le peuple. Les échauffourées reprennent. Les tracts à la main circulent avec marqué clairement « Jean Clod asasin, aleousan ! ». Les manifestants entrent dans les collèges et entraînent massivement les jeunes dans la rue.

Le 28 novembre 1985, l’armée et la milice tirent et tuent à Gonaïves : trois jeunes écoliers sans armes sont abattus en plein jour. Désormais, les noms de Jean-Robert Cius (19 ans), Michel Mackenson (12 ans) et Daniel Israël ne vont pas cesser d’hanter la révolte jusqu’au départ de Bébé Doc le sanglant. Dans la rue de Gonaïves, les jeunes demandent justice et sont suivis de ceux de Marchand-Dessalines, petite ville de l’Arbonite. Toute la jeunesse du pays se mobilise et pousse les aînés à s’engager dans le mouvement. La radicalisation n’est pas prête de retomber. Les communautés religieuses sont débordées par la révolte et l’accompagnent. Par crainte de la colère populaire d’un enterrement, les autorités refusent les cadavres et organisent un enterrement clandestin. Ce n’est pas un meurtre de plus pour une dictature qui en avait commis pourtant bien d’autres. C’est le dernier meurtre avant que le peuple se soulève. La mort des trois écoliers a fait céder tous les barrages. Les communautés religieuses, la petite bourgeoisie, les travailleurs, les bidonvilles se rejoignent désormais dans un volonté claire : Duvalier, c’est fini, il faut le chasser ! Il n’y aura pas de clarification plus importante de ce qui a si longtemps permis à son pouvoir dictatorial de se maintenir : les intérêts d’une classe dirigeante. L’Eglise exprime la colère du peuple et ne craint pas de dire que ces trois morts doivent être le signal du changement en Haïti. Par contre, ces dirigeants religieux ne veulent pas aller à la racine du mal, alors que le peuple, lui, parle de déraciner la dictature, de la déchouker. Ces dirigeants sont réformistes. Dans la cathédrale de Gonaïves, où se rassemblent tous ceux qui dénoncent le crime, circule leur texte qui affirme : « Si le peuple entier prend la parole, il arrivera à la démocratie. » Pas un mot sur la nécessité de désarmer la hiérarchie militaire et toutes les milices. Tout au plus est-il clair pour le plus grand nombre que les USA ont soutenu Duvalier malgré tous ses crimes. Le rôle des macoutes qui est souligné mais pas celui pourtant criminel de l’armée. Le 25 décembre 1985, Radio Soleil est fermée mais désormais le peuple se débrouille seul pour faire passer ses informations et revendications à l’aide de tracts rédigés à la main, de rassemblements et de réunions. Les tracts en créole qui circulent désormais ne laissent pas de doute sur le caractère révolutionnaire du soulèvement des masses. Cinq slogans en témoignent :

Babouket la tonbe : Retirer la bride (le bâillon de la dictature)

Kouve you zè istorik : Les événements qui couvent vont être historiques

Rache manyok, bay tè a blanchi : Arracher le manioc pour laisser la terre libre (déraciner la dictature pour renaître)

Vole gagè : Prendre ses jambes à son cou (le dictateur et ses séides n’ont plus qu’à fuir)

Teke mab la jous sa kaba : Frapper sans relâcher et jusqu’au bout

Et finalement :

Dechouke Janklod !

Les manifestations de protestations et surtout la grève des écoles vont progressivement gagner tout le pays en novembre-décembre 1985 : de Gonaïves, elles gagnent Jérémie, Les Cayes, Petit Goâve, Bainet, Belladère, Hinche, Cap-Haïtien et n’atteindront Port-au-Prince qu’en janvier 1986, quand le soulèvement deviendra général dans tout le pays.

Quant aux jeunes, ils déclarent « Tant que nous n’obtiendrons pas satisfaction, nous ne retournerons pas à l’école ». Le 29 novembre au matin, toutes les écoles de Gonaïves sont déjà dans la rue pour crier « Vive la jeunesse, A bas la Constitution ! »

Le 2 décembre, les jeunes du lycée du Cap envoient une lettre ouverte aux autorités qui leur interdisent d’aller prier dans la cathédrale pour les trois victimes de la répression : « Aucune loi n’oblige un lycéen à devenir macoute. »

Le 5 décembre 1985, les jeunes de Gonaïves lancent une chanson : « Enfin qu’on nous permette de décider, de dire ce que nous voulons, parce qu’il est vraiment temps que cela change dans le pays. Nous gardons espoir que cette rencontre nous permette d’ouvrir les yeux pour que nous luttions jusqu’à ce que notre pays soit délivré de toutes ces misères… »

Le 5 décembre 1985, celui qui n’est encore que le père Jean-Bertrand Aristide, un prètre salésien, diffuse à la paroisse des Verrettes, Gonaïves sa « Lettre pour toutes les familles de Gonaïves » où il dit notamment : « Face à la coupe amère que vous buvez aux Gonaïves, nous de la paroisse Verrettes, membres de l’Eglise, avec tous les citoyens conscients de la situation du pays, voulons vous dire combien nos entrailles se déchirent en voyant des Haïtiens, nos semblables, nous considérer comme des chiens vagabonds ou du gibier à plume. (…) Nous ne comprenons pas du tout comment quelqu’un de notre sang a pu donner l’ordre de tirer sur un peuple, enfant de cette terre. » Aristide lance son « Va-t-en Satan », poésie en créole appelant le peuple à renvoyer Duvalier. Le thème des veillées de prière est : « Jésus, c’est un homme dont la situation était mauvaise, mais qui avait compris que c’est parce que la situation de quelques-uns était trop bonne que sa situation à lui était mauvaise. C’est un homme qui savait voir comment on volait la terre des paysans autour de chez lui, comment les gros propriétaires se réunissaient pour rançonner le peuple, le pauvre malheureux Jésus, c’est un homme qui cherchait l’origine de la misère, de la faim, de la mésentente de ses frères, c’est un homme qui a vu comment quelques assassins tuaient pour le pouvoir. Jésus, c’est un camarade qui a tellement vu les pauvres devenir des tapis pour les pieds des riches et des puissants qu’il prit la décision de donner aux pauvres plus d’importance pour être avec eux pour les aider à sortir de cette situation. Oui, Jésus, … c’est un grand révolutionnaire qui est venu changer toute la charpente de la société pour que tout homme puisse vivre en « égal égaux » avec tous les hommes. … Devant cet exemple que nous donne Jésus que voulons-nous faire nous-mêmes, comment voulons-nous nous organiser pour que le peuple haïtien puisse se lever de cette terre, pour qu’il puisse avoir la vie, la liberté, pour qu’on le respecte ? (…) C’est ce que comprirent les trois jeunes de Gonaïves et c’est pourquoi les malfaiteurs sans patrie les assassinèrent. C’est parce qu’ils défendaient la dignité du pays qu’ils moururent. Et nous-mêmes ici que voulons-nous ? Allons-nous laisser leur sang couler en pure perte ? Ne sommes-nous pas des enfants de Goman, Toussaint, Dessalines ? (…) Nous nous battrons. Tant que les gros se serviront de la force. Tant que les petits ne se redresseront pas. Ça va changer, c’est vrai, quand tous ouvriront les yeux. Ça va changer, c’est vrai, quand l’exploitation ne sera plus. » Les religieux lancent au peuple : « Legliz se nou, nou se Legliz » et « Nous comptons sur vous, vous pouvez compter sur nous ». Le discours est radical et social, mais le programme politique ne l’est pas. Un document de travail de l’Eglise à Gonaïves le 10 janvier 1986 déclare : « La démocratie, c’est simple à expliquer…. Pour ce faire, le peuple choisit différents représentants qui forment l’Etat. L’Etat et le gouvernement sont là pour respecter la volonté et le programme du peuple…. Afin de permettre ces élections libres et honnêtes, l’Etat doit garantir la liberté nécessaire pour pouvoir s’exprimer. Pour que le peuple puisse s’organiser, … il doit pouvoir comprendre les taxes et les impôts et pourquoi l’Etat prend tant d’argent dans sa poche… L’armée doit protéger le peuple… L’Etat doit permettre aux paysans d’avoir des titres de propréiété en toute justice… »

Pourtant, l’Etat apparaît alors pour ce qu’il est : une bande d’hommes en armes au service d’une minorité de profiteurs et prêt à massacrer les masses populaires. Le 8 janvier 1986, à Gonaïves, les forces de l’ordre tirent et tuent Dieulifet Petit, un ouvrier boulanger.

La mutinerie commence à menacer le régime. Est-ce le fait de soldats révoltés ou de gradés qui préparent l’avenir sentant le vent tourner ?

1986

Le 14 janvier 1986, apparaît le « MOSOLDA, Mouvman solda lame dayiti » (mouvement des petits soldats contre la dictature) qui déclare : « Nous ne pouvons plus continuer à servir nos propres oppresseurs. La cause du peuple est la nôtre. Nous sommes des soldats de l’armée d’Haïti attachés aux différents corps de départements militaires du pays. Nous avons créé ce mouvement afin d’appuyer et de prendre position aux côtés de la jeunesse et de tous les secteurs antigouvernementaux pour chasser Duvalier, les officiers macoutes et leurs complices, de l’armée, du pouvoir en vue de rétablir l’ordre et la sécurité du peuple haïtien, sous l’égide de la loi et des libertés démocratiques. Nous lançons un appel à tous les autre soldats, leur demandant d’appuyer toutes actions et opérations nécessaires pour renverser le régime dictatorial pourri de Jean-Claude Duvalier. Nous félicitons les soldats qui n’ont pas accepté de tirer sur le peuple, et protestons contre la formation de la brigade criminelle, d’un groupe de tontons macoutes, destinés à assassiner le peuple…. Quartier Général » Le député Rockfeller Guerre écrit aux forces armées d’Haïti, le 20 janvier 1986 : « A lire les revendications de certaines pancartes, « A bas la constitution, vive l’armée », il est clair que le peuple n’a rien contre vous. Il vous aime car vous êtes là pour garantir sa sécurité. Il sait que vous n’êtes pas responsables de sa misère puisque vous ne roulez pas dans de luxueuses Mercedes, vous n’avez pas de châteaux en Haïti et à l’étranger, vous n’avez pas des millions dans les banques étrangères et tant d’entre vous ne peuvent pas payer une école pour leurs enfants, payer un loyer moyen pour une maison décente... Tout en vous renouvelant Messieurs les Membres de Forces Armées ma profonde admiration mon respect et ma détermination à lutter à vos côtés pour le salut de la Patrie… Ingénieur Rockfeller Guerre, député »


L’opération de blanchiment de l’armée commence pour lui permettre de succéder au dictateur qui apparaît déjà fini. Les tracts et les manifestations montrent clairement que c’est fini pour la dictature comme ce tract du 13 janvier : « A bas Jean-Claude, a bas tout débarquement d’armée étrangère, vive Haîti libre, vive la grève populaire… grève, grève, grève, grève… »

Le 15 janvier 1986, les jeunes des Gonaïves écrivent dans leur tract  « Kinbe pa lague joustan nou finn grizonnnen mab. Viv Ayiti ! You ayiti ki pi bel kote moun viv tankou moun. » (Tenez bon, ne lâchez pas jusqu’à ce que nous ayons fini de fendiller la bille ! Vive Haïti ! Une Haïti plus belle où les hommes vivent comme des hommes.)

Le 25 janvier 1986, la « Déclaration numéro un » du Comité provisoire pour l’organisation de la lutte du peuple haïtien affirmait : « Pour arriver à préparer une grève nationale en vue de déchouquer ce régime dictatorial par héritage, pour réussir à rebâtir une terre d’Haïti où cessera l’exploitation, où le peuple pourra avoir droit à la santé, l’éducation pour ses enfants, la sécurité, la liberté en tout ce dont un peuple vaillant a besoin pour vivre, IL FAUT S’ORGANISER.


Pour cela, chaque ville, chaque localité, chaque section rurale, chaque quartier formera un comité de lutte populaire. Ces comités seront responsables de la circulation de l’information et de la coordination des actions faites dans le pays. Tous les comités populaires devront rester secrets et travailler sous le manteau afin que les espions ne les mangent pas. »

Le 28 janvier 1986, trois personnes sont encore abattues au Cap. Trois autres meurent pendant les opérations d’embauchage des braceros à Léogane. Les manifestations contre l’embauche deviennent violentes à Léogane et à La Croix-des-Bouquets. Le 27, le tribunal civil et le parquet des Gonaïves sont incendiés.

Le 31 janvier 1986, le peuple apprend que les USA négocient le départ de Duvalier mais ce n’est encore qu’une annonce par avance. Manifestation à Port-au-Prince. Etat de siège : la chape de plomb s’abat sur le pays avec des centaines de morts. Des affrontements ont lieu avec des macoutes et le déchoukage des macoutes commence. Parfois l’armée s’en prend à des macoutes.

Dans la nuit du 6 au 7 février 1986, l’armée américaine emmène Duvalier en exil en France avec une fortune représentant environ le double de la dette du pays soit 800 millions de dollars.

Dans un enregistrement vidéo diffusé après son départ, Duvalier fils déclare : « J’ai décidé de passer le destin de la nation, le pouvoir, aux forces armées d’Haïti en souhaitant que cette décision permette une issue pacifique et rapide à la crise actuelle. »

Le lieutenant-général Henri Namphy, chef d’état-major des armées, est le premier à répondre : « Les Forces armées d’Haïti, pleinement conscientes de leur mission de défendre l’intégrité du territoire national, responsables du maintien de l’ordre et de la sécurité publique, ainsi que de la paix, ont dû, pour la sauvegarde et la préservation de patrimoine national, si sérieusement menacé, se saisir des rênes du pouvoir. »

La seule question était : l’armée estimait le « patrimoine national » menacé par qui ?

Par Duvalier et compagnie ? Ou par le peuple travailleur mobilisé ?

La réponse allait venir très vite…

C’étaient les travailleurs qui menaçaient les patrons qui inquiétaient l’armée.

Le 26 avril 1986, l’armée allait donner une preuve de ce qu’elle estimait être le danger. Une grande manifestation du souvenir s’avançait vers Fort Dimanche, la caserne où furent arrêtés et torturés bon nombre des 30.000 Haïtiens victimes de Duvalier. Soudain l’armée tire sur la manifestation pacifique : six morts. Le nouveau pouvoir issu de la chute de Duvalier n’avait pas attendu pour annoncer la couleur ! Ce n’est que le début d’une longue série de crimes de l’armée.

 


Mais cela ne suffit pas à faire rentrer dans le rang un peuple travailleur qui vient de commencer à mesurer sa force. La chute de Duvalier signifie aussi que les travailleurs s’organisent, luttent, se battent contre leurs patrons. La chape de plomb de la dictature ne joue plus son rôle.

 Après la chute de Duvalier, des exilés de retour forment la CATH-CLAT qui se revendique des origines démocrates-chrétiennes de syndicalisme du syndicat qui avait été fondé en 1980 en profitant du discours libéral de Duvalier à ce moment-là mais avait été balayé par la répression en novembre 1980. Le Manifeste de la CATH déclare : « Les syndicats, c’est une bonne chose. Lorsqu’un ouvrier peut entrer librement dans un syndicat, il se sent responsable de son avenir, responsable de l’avenir du pays. En même temps, il sait jusqu’où il peut mener sa lutte…. Actuellement, beaucoup de patrons conscients reconnaissent l’intérêt des syndicats en Haïti. Nous, la CATH, nous souhaitons leur donner la main pour que le syndicalisme devienne une réalité en Haïti. Le syndicat n’est pas seulement là pour faire des revendications, il est là aussi pour aider l’ouvrier à s’éduquer, à apprendre, à accepter l’opinion du groupe même s’il n’est pas d’accord avec lui ; c’est ainsi qu’il apprend à prendre ses responsabilités et ses droits vis-à-vis de la société. »

Dans un tract diffusé à Port-au-Prince le 31 janvier 1986, la CATH diffuse sa « Déclaration sur les événements qui se passent en Haïti » :

« En ce moment de crise politique qui frappe le pays, nous de la CATH, au nom de tout ouvrier, nous ne pouvons pas ne pas faire entendre notre voix pour aider le pays à trouver une solution démocratique, c’est-à-dire avec la participation de tous les enfants du pays. »

Traduisez, nous dirigeons la classe ouvrière en nous engageons à permettre aux autres classes y compris la grande bourgeoisie que son accès au pouvoir ne sera pas mis en cause.

« Nous précisions pour tous : la CATH n’est pas un parti politique, la CATH ne recherche pas le pouvoir. Et la CATH ne veut se lier à aucun parti politique pour garder la liberté de défendre les intérêts des ouvriers face à l’Etat et aux patrons. »

Mais la CATH, qui s’engage à ne pas se lier aux partis politiques, ne s’engage pas à ne pas se lier aux chefs militaires ni patronaux. Quant au programme social de la CATH, il n’existe pas. Ce syndicat demande seulement des droits d’élections libres « pour que le peuple choisisse l’homme qu’il veut à la tête du pays ».

La CATH va, par la suite, se comporter comme les politiciens bourgeois et négocier des alliances avec la bourgeoisie et les dictateurs militaires.

Aucune force sociale ou politique, ni la Ti Egliz, ni le parti stalinien PUCH, ni la CATH ne vont aider les travailleurs à s’adresser aux petits soldats qui commencent à se révolter pour en finir avec l’exploitation et l’oppression.

La révolution de 1986 va échouer… tout près du but !
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Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 10:47

Interview
AN INSIDE LOOK AT HAITI’S BUSINESS ELITE
An Interview with Patrick James

 

Patrick James is the alias of a U.S. businessperson who previously lived and worked in Haiti. This interview was conducted prior to the negotiated ouster of the illegal Haitian military government and the restoration of President Jean-Bertrand Aristide, but it remains relevant and timely for the insights it provides about class divisions, power, exploitation and human rights in Haiti.


Patrick James est l'alias d'un homme d'affaires qui a travaillé et habité en Haïti. Cet entretien a été réalisé  avant  la négociation pour chasser le gouvernement militaire illégal haïtien et la restauration du Président Jean-Bertrand Aristide, mais il reste  pertinent et d'actualité  pour les aperçus qu'il donne sur la division des classes, le pouvoir, l'exploitation et les droits humains en Haïti

Multinational Monitor: How would you characterize the Haitian business class as a community?

M.M : De quelle manière caracteriseriez-vous la classe des affaires haïtiennes en tant que communauté ?

Patrick James: The interconnectedness of the Haitian business community is amazing. I worked for a company and the guy right across the hallway from me, one of the partners, was General Cedras’s brother; the other was a European businessman. My company had one partner whose sister is married to the European businessman, who’s in business with Cedras’s brother. The elite are somehow interconnected or related. Basically they have to work together in order to keep their power intact.

 

P.J : L'interconnection dans la communauté des hommes d'affaires haïtiens est incroyable. Je travaillais pour une entreprise et juste de l'autre côté de l'entrée en face de moi, l'un des partenaires était le frère du Général Cédras, l'autre était un homme d'affaires européen. Mon entreprise avait un partenaire dont la soeur était mariée à cet homme d'affaires européen, qui fait des affaires avec le frère de Cédras. L'élite est d'une manière ou d'une autre interconnectée ou liée par des relations de famille. Fondamentalement, ils se doivent de travailler ensemble pour garder leur pouvoir intact.

 

You can imagine what kind of pressure that must be when you know that there are six million peasants that basically could rise up and tear your house down some night, which, also, I experienced. I’ve witnessed what they call dechoukage where they just basically firebomb, loot and gut a house. Its a terrifying thing.

 

Vous pouvez imaginer le type de pression que cela doit être quand vous savez qu'il y a six millions de paysans qui basiquement pourraient se soulever et vous jeter hors de votre maison une nuit, ce dont j'ai moi-même fait l'expérience. J'ai été témoin de ce qu'ils nomment le déchoukage, quand ils tirent, pillent et mettent une maison en morceaux. C'est terrifiant.

This is always in the mind of the elite Haitians. They ride around in their armored vehicles, they have their Uzis in their house. It’s not uncommon to hear machine gun fire when you’re in Port-au-Prince just because there’s a thief trying to break in somewhere. And you’d better believe these rich people have got machine guns. The poorest Haitians cannot rise up. I mean there will not be a revolution in Haiti because you cannot fight these machine guns with sticks and rocks and machetes. There’s only so far you can fight.

 

L'éite d'Haïti a toujours cette pensée en tête. Ils conduisent des véhicules blindés. Ils ont leurs UZI chez eux. Ce n'est pas rare d'entendre des tirs de mitraillettes quand vous êtes à Port-au-Prince, uniquement parce qu'un voleur tente de rentrr dans une maison. Et je vous prie de croire que ces gens riches ne manquent pas de mitraillettes. Les Haïtiens les plus pauvres ne peuvent pas se soulever. Je veux dire qu'il n'y aura pas de révolution en Haïti parce qu'ils ne peuvent pas se battre contre des mitraillettes avec des bâtons, des pierres et des machettes.



MM: Where do the U.S. businesses fit into that whole picture economically and politically? Are they part of that elite?

MM: Où se placent les hommes d'affaires des USA dans l'ensemble du paysage économique et politique?

Font-ils partie  de l'élite?

James: The rich Haitian families basically run their own empires. You have partnerships with American businessmen, European businessmen that are very lucrative because you have a monopoly situation in Haiti. There are only a certain amount of players, and if you can provide something that no one else can provide, you’re in. If you have a sister-in-law that’s, say, from Vietnam or Thailand who has connections who can get you all the rice you want to import, then you’re the guy that owns the rice market in Haiti.

 

James : Les  riches familles haïtiennes, en gros, dirigent leurs propres empires. Vous avez  des partenariats avec des hommes d'affaires américains et européens qui sont très lucratifs parce que vous êtes en situation de monopole en Haïti.

Il n'existe qu'un nombre restreint de joueurs, et si vous pouvez fournir quelque-chose que personne d'autre ne peut fournir, vous entrez dans le jeu.Si vous avez une belle-soeur, disons, du Vietnam ou de Thailande qui a des connections et peut vous faire avoir du riz pour importer, à ce moment vous devenez le type qui possède le marché du riz en Haïti.

 

MM: What are the leading empires?

Quels sont les empires qui commandent ?

James: There are probably a group of about 30 families, big families. Then, after that, maybe another hundred or two hundred [at the] next level. There aren’t many people, relative to the entire population, running the show. And, let me tell you, the wealth is unbelievable. I know some of these people that send their kids to private schools in Florida and Switzerland, grammar schools where they’re paying $18,000 a year for one child’s tuition. They are multi-, multi-millionaires. They have a monopoly on the situation. They’re maybe importing rice, then they may export coffee or oranges or whatever. And of course they are making their money from the sweat and blood of the poor Haitian, who’s making maybe $20 a month, if he’s lucky.

 

Ils représentent, probablement, un groupe d'à peu près 30 familles, de grandes  familles. Puis, après ça, peut-être une centaine  ou  deux cents au niveau suivant. Ils ne sont pas nombreux comparativement à la population entière, à diriger le spectacle. Et laissez-moi vous dire, la richesse est incroyable. Je connais quelques-unes de ces personnes qui envoient leurs enfants dans des écoles privées en Floride et en Suisse, des écoles primaires où elles paient 18 000$ pour les frais scolaires d'un enfant. Ils sont multi-multi millionaires. Ils ont le monopole sur la situation. Ils importent peut-être du café, exportent du café , des oranges où n'importe quoi d'autre. Et bien sûr, ils font leur argent sur la sueur et le sang de l'Haïtien pauvre qui, quant à lui, gagne peut-être 20$ par mois. Si il a de la chance.

MM: Have the labor costs been that low for a long time?

MM: Est-ce-que le coût salarial a-t-il été aussi bas depuis longtemps ?

James: Always, and the rich plan to keep it that way, that’s how they make their money. Slavery is alive and well in Haiti. That’s what it is, slavery. It’s even worse than slavery, really, because at least with slavery you were offered some fringe benefits, as far as housing. In this situation, you’re offered hard labor and that’s it. If you get enough money to buy a machete so you can chop down a few trees to weave together a hut and pack mud on the side of it, good for you. If not, tough luck. They don’t provide housing, they don’t provide food for these people, they just use them for labor.

The first day I was at my office, one of the Haitian businessmen came in and I said, “I can’t believe how poor these people are.” This guy was one of the elite, light skin, blue eyes, and he said to me: “Oh yeah, we have to keep these people tired and hungry, otherwise they’ll rise up against us.”

 

James : Toujours. Et les riches ont planifié de le garder ainsi, c'est comme ça qu'ils font leur argent. L'esclavage est vivant et se porte bien en Haïti. Voila ce que c'est, de l'esclavage. En réalité, c'est même pire que l'esclavage, parce qu'au moins avec le système esclavagiste, on vous donnait quelques minces bénéfices, comme une case. Dans la situation (dont nous parlons) on vous offre un travail pénible et c'est tout. Si tu as suffisamment d'agrent pour acheter une machette et couper quelques arbres pour en faire une charpente et mettre de la boue sur les côtés, tu t'en sors bien, Si non, bonne chance. Ils ne fournissent pas de maisons, ils ne fournissent pas de nourriture à ces gens, ils les utilisent uniquement pour le travail.

Le premier jour de travail à mon bureau, l'un des hommes d'affaires haïtiens est venu et je lui ai dit :" Je n'arrive pas à croire à quel point ces gens sont pauvres." C'était un de ces types de l'élite, peau claire et yeux bleus, et il m'a dit : Ouais, il faut garder ces gens-là fatigués et affamés, sinon ils se soulèveront contre nous."

MM: Do you think people would rise up if they had more resources?

MM: Pensez-vous que les gens se soulèveraient s'ils avaient plus de ressources ?

James: No doubt about it. That’s the thing the [elite] Haitians are so afraid of. When there’s a mob mentality, anything can happen. I remember the night of the coup, I was asleep in bed. At about one o’clock in the morning I heard loud explosions, gunfire, chanting, screaming. I got up and looked out of my bedroom window. I was up on the side of a mountain and I could look down over the whole city. I saw different places on fire and I could tell there was something wrong. So I went outside to ask the night watchman what was going on. He was listening to the radio and said something happened to Aristide. I asked myself, “Am I the good guy or the bad guy?” I didn’t know. I didn’t know if the average Haitian would look at me as a white, a blanc, as the enemy, or if I was just someone that was not involved in the situation so they wouldn’t even bother me. I didn’t know what to do and I heard people chanting, coming up the side of the mountain. I could see different places on fire already on the mountainside.

 

Aucun doute là-dessus. C'est ce qui leur fait si peur aux Haïtiens (de l'élite). Quand il y a un esprit de contestation, tout peut arriver. Je me souviens de la nuit du coup d'Etat. J'étais endormi dans mon lit. Vers une heure du matin, j'ai entendu des explosions, des tirs de feu, des chants et des cris. J'ai regardé à travers la fenêtre de ma chambre. Je me trouvais en haut d'une colline et je pouvais voir ce qui se passait en bas dans l'ensemble de la ville. J'ai vu différents endroits en feu et manifestement il se passait quelque chose d'anormal. Donc je suis allée dehor demander au gardien de nuit ce qui se passait. Il était entrain d'écouter la radio et m'a dit que quelque chose était arrivé avec Aristide. Je me suis demandé: "Suis-je la bonne ou la mauvaise personne ?" Je ne savais pas. Je ne savais pas si l'Haïtien moyen me considérerait comme un Blancen tant qu'ennemi, ou bien si je n'étais pas impliqué dans la situation et qu'il ne ferait même pas attention à moi. Je ne ne savais pas quoi faire et j'ai entendu des gens qui chantaient tout en grimpant vers la montagne.

Je pouvais déja apercevoir des endroits qui étaient déjà en feu sur la montagne.

 So I turned around and went back to my house. I went back into my room and packed my backpack and I took the machete from under my bed and I went back outside to the night watchman. I asked him what we should do, and he said he didn’t know. So we hid. It was a bright moonlit night and we hid in the garage. I could see now there was a crowd out in front of the house, probably 200 people, flaming torches and machetes, and of course I start sweating bullets. They started chopping down the fence and the night watchman said, “We have to go out, otherwise they’re going to come in here.” So I just kind of took a deep breath, and the two of us walked into the moonlight and held our machetes. And I just remember looking up and at that point I could hear them yelling “Blancs, blancs, blancs restent ici,” meaning, “Whites stay here, whites live here.” And then, one by one, they started running away.

 

Aussi, je suis retournée dans la maison. Je suis allée dans ma chambre, j'ai fait mon sac à dos et j'ai pris la machette sous mon lit et je suis retournée dehors aauprès du gardien de nuit. je lui ai demandé ce qu'on devrait faire, et il a dit qu'il n'en savait rien. Alors nous nous sommes cachés. C'était la pleine lune et nous nous sommes cachés dans le garage. Je pouvais voir la foule composée de peut-être 200 personnes, avec des torches et des machettes, et bien sûr je

me suis mis à paniquer. Ils ont commencé à casser la barrière et le veilleur de nuit m'a dit: Sortons ,sinon ils rentreront ici." Alors j'ai pris une profonde respiration et nous sommes tous les deux sortis avec nos machettes  brandies dans le clair de lune. Et je me souviens qu'à ce moment là, j'ai entendu : "Blancs, blancs, blancs restent ici" Ce qui veut dire ce sont des Blancs qui habitent ici. Et l'un après l'autre ils se sont enfuis.

I spent the next two or three nights crawling around on my hands and knees on the floor listening to bullets whizzing by, and to gunfire.

During one of those days, I went over to a hotel where a bunch of my friends lived. I was sitting on the terrace of the hotel with the owner of the hotel, drinking coffee, talking about the situation, and all of a sudden I hear some screaming and I hear a truck winding up the mountainside. Suddenly, they let the back of the truck down and all the soldiers pile out and start chasing people around the hotel shooting them!

 

J'ai passé les deux ou trois nuits suivantes à ramper sur les mains et les genoux écoutant le son des balles et des mitraillettes.

Pendant l'une de ces journées, je me suis rendu dans un hôtel où un grand nombre de mes amis habitaient. Je me suis assis sur la terrasse avec le propriétaire de l'hôtel, buvant du café, discutant de la situation. Et soudain, j'ai entendu des cris et j'ai vu un camion qui grimpait sur la route. Brusquement, ils ont ouvert le camion et tous les soldats sont descendus et ont commencé à poursuivre les gens autour de l'hôtel et à leur tirer dessus.

MM: Who were they chasing?

MM: Qui poursuivaient-ils ?

James: Just average Haitians. So the owner of the hotel and I wondered what the hell was going on. The two of us just stood up and went out and stood on the veranda with our hands on our hips watching this. And these guys went around and actually shot people, and went up on the side of the mountain, burned down people’s huts, and basically terrorized people.

 

James : Juste des Haïtiens quelconque. Aussi le propriétaire de l'hôtel et moi-même on s'est demandé ce qui se passait.

Tous les deux nous sommes allés dehors, debout les mains sur les hanches pour regarder. Et ces types sont allés dans le voisinage et ont tiré sur les gens, et ils sont monté sur la montagne, ont brûlé les cases des gens et , en gros, les ont terrorisé.

MM: Why were they doing that?

MM; Pourquoi faisaient-t-ils ça ?

James: Just to scare them. To let them know that the military is here; we’re in charge again; the Aristide movement is over; don’t even think about rising up or trying to get any power. What could I do? They acted as if the owner of the hotel and I weren’t even there. I was just a bystander.

 

James : Tout simplement pour leur faire peur. Pour qu'ils comprennent  que les militaires étaient là; qu'ils avaient d nouveua le contôle, que le mouvement d'Aristide était fini, qu'ils ne devaient même pas penser à se soulever ou à  avoir aucun pouvoir. Qu'aurais-je pû faire. Ils ont agit comme si le propriétaire de l'hôtel et moi n'étions même pas là. J'étais un spectateur.

MM: You were safe. They weren’t going to attack you?

MM: Vous étiez en sécurité ? Vous n'aviez pas peur qu'ils vous attaquent ?

James: No. At this point I started to realize, well, there’s something going on here that I don’t understand.

James: Non. A ce moment j'ai commençé à réaliser que quelque chose se passait ici dont je n'avais aucune idée.

MM: What was that?

MM: Et c'était ?

James: Well, that’s when I realized that the military was on the side of the rich and that, as an American, I had nothing to worry about. And that was the case most of the time in Haiti.
James: Bien, c'est quand j'ai réalisé que l'armée était du côté des riches et que, en tant qu'Américian, je n'avais rien à craindre. Et c'était généralement le cas en Haïti.

MM: Does the U.S. business community fear an uprising?

MM:La communité US des hommes d'affaires craint-t-elle une révolte ?

 James: I don’t think the American business community has to worry about it as much, because they have got less to lose, they’ve got a place they can fly away to. It’s the Haitian business community that basically keeps the system in place.

Of course, if you’re an American businessman and you’re offered to become a part of this system where your risks are much lower than they are for the average Haitian businessperson but your profits are equal, of course you’re going to buy into the system. It’s a good deal. In Haiti, I was making about $800,000 or $900,000 a year. I lived in the lap of luxury, with a huge estate with gardens, gardeners, maids, cooks, laundry women. It was a lifestyle that would take me a lot more work to accomplish in the United States.

 

James: Je ne crois pas que la communauté des businessmen des US doive se faire du souci, parce qu'elle a moins à perdre et elle a un endroit où aller pour se réfugier. Ce sont les hommes d'affaires haïtiens qui, en gros, gardent le système en place.

bien sûr, si tu es un homme d'affaires américain et qu'on t'offre de devenir membre de ce système où tes risques sont bien plus faibles que ceux de l'homme d'affaires haïtien mais que tes profits sont égaux aux siens, bien sûr que tu vas rentrer dans le système. C'est un bon deal. En Haïti, je gagnais 800 000 ou 900 000$ par mois. Je vivais dans le grand luxe avec une énorme propriété, des jardins, des jardiniers, des bonnes, des cuisiniers, des blachisseuses.Un style de vie où il m'aurait fallu travailler beaucou plus pour l'avoir aux USA.

MM: How profitable are the U.S. companies that have assembly operations in Haiti?

MM A quel point ces compagnies qui font de  l'assemblage en Haïti sont rentables ?

 

James: These companies benefit from Caribbean Basin Initiative tax incentives for companies that import materials from the United States and then process them in Haiti and send them back. And of course being able to take advantage of the labor costs in Haiti is very advantageous. As far as the profits they take out, I would only be speculating.

 

James : ces compagnie bénéficient du Bassin caribéen d'intitiative qui  propose des incitations de taxes pour les entreprises qui importent du matériel des USA puis les assemblent en Haïti et les renvoient aux USA. Et bien sûr d'être capable de tirer bénéfice du coût du travail est très avantageux.Concernant leur profit, je ne pourrais que spéculer.

The problem for these companies is the political situation and the instability. Companies are not willing to invest a lot in setting up a manufacturing plant in Haiti for the very reason that happened a couple years ago. You have a coup, and all of a sudden you don’t know whether there’s going to be an embargo placed on you or what. If you have orders to fill, people don’t like to hear that you’re in Haiti, because if they’re going to make a contract to sell these certain products, they want to make sure you’re going to be able to deliver. So this is a big problem for Haiti and a big obstacle as far as having any long-term investment in manufacturing.

 

Le problème pour ces compagnies est la situation politique et l'instabilité. Les compagnies n'ont pas envie d'investir dans des ateliers d'assemblage en Haïti pour la raison de ce qui est arrivé, il y a deux ans. Vous avez un coup d'Etat, et soudain vous ne savez pas s'il va y avoir un embargo ou quoi. Si vous avez des commandes à remplir les gens n'aiment pas entendre que vos êtes en Haïti, parce que quand ils font un contrat, ils veulent être surs que vous pouvez le remplir.

Ainsi, il s'agit d'un grand problème pour Haïti et un grand obstacle pour des investissements à long terme dans l'industrie.

MM: So most of the foreign investment has been for light assembly that goes in and out?

MM Donc la majorité des investissements étrangers se sont portés sur lindustrie légère d'assemblage, qui vient et qui s'en repart?

James: They have made a very low investment because they have portable machinery that they can pack up and pull out any time things start to get a little hot.

James : Ils ont fait de très faibles investissements parce qu'ils ont des machines transportables qu'ils peuvent emballer et retirer à n'importe quel moment où la situation tend à devenir chaude.

The U.S. Agency for International Development [USAID] did a report a few years ago where it talked about the importance of the low wages as a big advantage for U.S. companies. How can you beat $5 a day in wages?

 

L'USAID a fait un rapport il y a quelques années dans lequel elle parlait de l'avantage des bas salaires pour les entreprises US. Comment peut--t-on faire mieux que 5$ par jour de salaire ?

MM: Do you think the U.S. firms feel they have a stake in maintaining that system?
MM: Pensez-vous que les compagnies américaines participent au maintien du système ?


 James: I would imagine that there are reasons why the Americans would want to keep that system in place. One being the cost advantage. Another that they provide fruits and other commodities at very low prices. If their wage costs start rising, then the costs of their products are going to start rising and all of a sudden mangoes cost a lot more money in Florida.

 James : Je peux imaginer qu'il y a des raisons pour lesquelles les Américians voudraient garder ce système. L'une est l'avantage du coût. L'autre est qu'elles fournissent des fruits et d'autres produits à des prix très bas. Si le prix des salaires montent, le prix de leurs produits va augmenter et soudain les mangues seront plus chères en Floride.

MM: Do you think the U.S. government fears a possible uprising?

MM: Pensez-vous que le gouvernement US craint une possible révolte ?

 James: An uprising of the peasant majority? There’s no way that the Haitian peasants can rise up. You have one section of the black population which is now aligned with and making money with the rich. Not much, but more than they could make as a farmer cutting mangoes. So now they have a gun and are in control. They’re making a few bucks. The rich tell them to go out and take down some village, shoot up a couple of people, chop their face off, leave them in the street, and they’ll do it.J

James : Une révolte de la majorité paysanne ? Il n'y a aucune possibilité qu'un paysan haïtien puisse se révolter. Vous avez une partie de la population noire qui s'est maintenant alignée avec les riches et qui fait de l'argent avec les riches.

Pas beaucoup.Mais plus qu'ils ne feraient en tant que fermiers cueillant des mangues. Alors, maintenant, ils ont un fusil et dominent. Ils font un peu d'argent. Les riches leur disent d'aller dans un village, de tirer sur quelques personnes, de taillader leurs visages et de les laisser dans la rue, et ils iront le faire.
 

MM: How might U.S. intervention work to keep a lid on the situation?

MM : Comment les USA interviennent pour garder le pouvoir sur la situation ?

 James: Whether or not the United States wants to prevent the Haitian population from rising up, I think they should align themselves, or at least work with, the military. Try to separate the police force from the military so that there is some type of civilian protection. They should try not to go in as the aggressors who are trying to wipe out the military, but to go in and say “we’re here to retrain the army; we’re here to work with the army.”
James : Que les USA veulent ou ne veulent pas empêcher les Haïitiens de se soulever, je pense qu'ils devraient s'aligner sur les militaires ou au moins travailler avec eux. Essayer de séparer la police de l'armée de manière à ce qu'il y ait une sorte de protection du citoyen. Ils devraient essayer de ne pas arriver comme les agresseurs qui essaient de balayer l'armée, mais y aller en disant "nous sommes  ici pour entrâiner l'armée, pour travailler avec l'armée."
 

MM: Did you have a sense of how the U.S. embassy or U.S. business people felt about Aristide’s coming to power, and the whole popular movement?
MM. Avez-vous une idée de la manière dont l'ambassade US et les hommes d'affaires US ont appréhendé l'arivée au pouvoir d'Aristide et l'ensemble du mouvement populaire.


James: I think there was worry about how far Aristide was pushing, especially for a minimum wage, trying to set up a social security system, things like this.

 

James : Je pense qu'ils étaient inquiets de savoir jusqu'où irait Aristide, particulièrement par rapport au salaire minimum et le projet d'un système de sécurité sociale et d'autres choses de cegenre

When Aristide first came in he said, “There’s going to be a mandatory $5 minimum [daily] wage, everybody has got to do it.” It was just so outlandish that nobody even took it seriously. You figure the average Haitian probably makes about 20 dollars a month, so you’re talking about five dollars a week to five dollars a day!

 

Quand Aristide est arrivé au début, il a dit " Il y aura une obligation de salaire minimum de 5$ dollars par jour, tout le monde devra le faire." C'était tellement éloigné de la réalité que personne ne l'a pris au sérieux. Imagnez-vous que l'Haïtien moyen gagne environ 20$ par mois et que vous êtes entrain de proposer de passer de 5$ dollars par semaine à 5$ dollars par jour !

MM: What impact would that have on the way the Haitian economy works?

MM: Quel impact cela aurait eu sur la manière dont fonctionne l'économie haïtienne ?

James: For the average worker, it would have increased their wages, so income would have increased. The effect on the economy would have been inflationary because the businessman is not going to settle for not making enough money. All prices would increase relative to the currency exchange. It would have balanced out ultimately, but the initial impact would have been a strain on the businessman.

 

James : Pour le travailleur moyen, son salaire et ses revenus auraient augmenté. L'effet sur l'économie aurait été l'inflation, pace que les hommes d'affaires ne vont pas s'installer pour ne pas faire assez d'argent. Tous les prix auraient augmenté en fonction du change. Ca serait équilibré par la suite, mais  l'impact premier aurait été une pression sur les hommes d'affaires.

MM: What kind of profits do local business people usually make?

MM: Quels types de profits font les hommes d'affaires locaux généralement ?

James: I would say the average retailer will make something like a 60 percent profit. As far as importing and then distributing, a lot depends on the currency exchange. Right now [during the embargo], profits may be as high as 400 percent — that’s just the law of supply and demand. When you have sanctions that are limiting the supply, of course your prices are going to increase.

 

Je dirais que le commerçant lambda fait quelque chose comme 60% de bénéfices. Quand il s'ait d'importer et de distribuer, cela repose beaucoup sur le taux de change. Actuellement (pendant l'embargo) les profits peuvent être aussi élevés que 400%- c'est juste la loi de l'offre et de la demande. Quand vous avez des sanctions qui limitent l'offre, les prix grimpent, c'est évident.

So Aristide, I think, had some ideal things he wanted to accomplish, but he just moved too fast. He didn’t consider the establishment that had been in place for 200 years, and out of his frustration he started making very passionate and radical speeches about how to break down the economic system that was in place. And, unfortunately, he pushed too far.


Aussi, je  dirais qu'Aristide, je pense avait  des idéaux qu'il voulait accomplir, mais il a avancé trop vite. Il n'a pas pris en considération une structure en place depuis 200 ans, et du fait de sa frustration, il s'est mis à faire des discours très passionnés et radicaux sur la manière dont il fallait casser le système économique en place. Et malheureusement, il a poussé le bouchon trop loin.

MM: What was the overall business objection to social security?

MM Quelle était l'objection principale du monde des affaire à la mise en place de la sécurité sociale ?

 James: My own personal fear was that I didn’t know how long this government would last, so I didn’t want to start putting money into a fund that could disappear and then wonder who’s getting all the money when the next coup takes place. I told government officials who asked for social security payments that I wasn’t going to pay into it, that I’d rather give my workers extra money every week.


James: Ma propre peur était que je ne savais pas combien de temps le gouvernement allait tenir. Donc je n'avais pas envie de  mettre de l'argent dans un fond qui pourrait disparaître et me demander qui  prendrait tout l'argent quand un prochain coup d'Etat arriverait. j'ai dit aux officiels du gouvernement qui m'ont demandé  l'argent pour la sécurité sociale que je ne paierais pas, et que je préférais donner à mes employés un supplément d'argent  chaque semaine.

MM: Did many businesses react that way?
MM: Est-ce qu'ils ont été nombreux les hommes d'affaires à réagir comme vous ?


James: I think there were probably some that had more pressure on them than I did, especially if they were Haitian run. Because I was an American, because I was white — it sounds pretty arrogant — I could basically call whatever shots I wanted just because of the color of my skin and my eyes. I could say: “No, I’m not doing it.”

 

James : Je pense que quelques-uns ont eu droit à plus de pressions que moi. Particulièrement s'ils étaient haïtiens.

Parce qu'en tant qu'Américain, parce que Blanc - ça paraît arrogant de le dire- je pouvais faire ce que je voulais à cause de la couleur de ma peau et de mes yeux. Je pouvais dire ; "Non, je ne le fais pas."

MM: Even when it comes to paying a tax?

MM Même quand il s'agit de payer un impôt ?

James: Yes, yes, and I didn’t do it. no.

James: Oui, oui, et je ne l'ai pas fait


SOURCES http://multinationalmonitor.org/hyper/issues/1995/01/mm0195_10.html

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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 10:39

In his article, Trouillot offers important historical background on the Haitian Revolution. He exposes the paradox of Enlightenment thought, which celebrated universal human rights and equality while oppressive institutions of slavery and racial oppression still persisted. Trouillot asserts that “Colonization provided the most potent impetus for the transformation of European ethnocentrism into scientific racism,” where the enslavement of blacks were rationalized as a result of their inherent biological inferiority (77). He demonstrates that for the first time, humanity was considered in terms of varying degrees, where some groups were more human than others.

 

l'article :link


Michel-Rolph Trouillot - Silencing the Past: Power and the Production of History.

link

 

Malheureusement, je n'ai pu trouver aucun article en français sur le travail considérable dans les domaines de l'anthropologie,de l'histoire

de l'économe et de la politique

réalisés par Michel-Rolph Trouillot.

Il semblerait qu'aucun de ses livres et essais n'ont été traduits en français.

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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 10:52



Texte original :

Si Ayiti pa forè, ou jwenn tout bèt ladan?
Ou jwenn lyon, ou jwenn tig,
Ou jwenn chat, ou jwenn rat,
Ou jwenn menm leopa!
Ki leopa s’ou-plé?
Yon bann fòv mal maske.
Si gen nimpòt ti-bri, ti-bri tankou latòti,
Leopa pran kouri, wi!

Lè ou fè sa ma pè ou, paske ou se makout!
Ou konprann ou ka kraponen mwen.
Ou rale ouzi-ou, mwen rilax sou ou !
Ou rale baton gayak-la, mwen bi koul sou ou !

Traduction :

Si Haïti n’est pas une jungle, alors pourquoi y trouve-t’on toutes ces bêtes ?
Tu trouves des lions et des tigres,
Tu trouves des chats et des rats,
Tu trouves même des léopards !
De quels léopards parles-tu ?
D’un groupe de mauvais garçons masqués.
Le moindre petit bruit, comme la tortue,
Les léopards courent loin, oui !

Tu crois pouvoir me faire peur, parce que tu es un macoute !
Tu crois pouvoir m’intimider.
Tu sors ton « ouzi-ou », ça ne me touche pas!
Tu sors ta matraque, je reste cool !

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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 10:25

Pour information. Shylock est un usurier dans "Le Marchand de Venise"pièce de Shakespeare link

Cet article date d'après le séisme de 2010. Comme il paraîtrait qu'il y aura bientôt, après le carnaval, des "élections démocratiques" (voui,voui!) en Haïti, ce serait intéressant que les 2 concurrents puissent dire aux électeurs de quelle manière ils comptent appréhender la question des prêts sous conditionalité du FMI.

Et celle de la spirale infernale du paiement des dettes plus élevé que les prêts reçus :"En 2008, un rapport du Center for International Policy a montré qu’en 2003, Haïti a dépensé $54,7 millions pour son service de la dette, alors que l’aide internationale totale pour les soins de santé, l’éducation et les autres services n’a été que de $39,21 millions".

Les dettes des 2 Duvalier que le pays continue à payer, alors que l'ex-dictateur et son entourage de coquins, qui ont vidé les caisses de l'Etat, sont tranquillement en train de boire leur whisky à la Montagne Noire (quartier huppé au-dessus de Port-au-Prince).

Les dettes de Latortue "La dette haïtienne se chiffre à $891 millions, presque toute contractée après 2004, donc après le coup d’État qui évinça Aristide et mis Latortue au pouvoir." 

qui fait pour l'heure tranquillement ses petites affaires en Afrique en attendant  le moment

où il pourra, si ses copains les Manigat sont élus, retrouver un poste de ministre.


 Vous et moi, savons qu'il n'y a pas grand chose à attendre de ces élections,

 

vu que cette bande se tient par la barbichette pour piller le pays.

Pour exemple,

le directeur de campagne de Mme Manigat est le frère d'un député Unité.

Et vous trouverez

des croisements similaires chez Martelly également ou Zenny, le maire

de Jacmel  qui soutient sa candidature, a été élu sénateur sous la bannière de l'Unité.

Boulos, lui, soutient Manigat, laquelle, comme par hasard

a été acclamée à Fort-Liberté, qui se trouve, comme par hasard,

être le"fief" de ce même Boulos, qui avait été restitué

dans ses droits "de sénateur à double nationalité"

par les "juges indépendants"du Tribunal de Fort Liberté.

Rien que du hasard.

 

Un vrai méli-mélo.

Un "manje kochon",

un vrai monde à l'envers

comme l'aiment les

2 bandes de duvaliéristes en compétition

pour s'emparer du pouvoir.


Duvaliéristes qui retrouvent  avec entrain

leurs anciennes habitudes, moeurs, us et coutumes

de brigandage, intimidations, arrogances, mensonges

sous l'oeil amusé de l'international

qui a un dossier sur chacun d'entre eux.

 

Le retour de Duvalier Jcl  et l'impunité dont il jouit

sont signes que le casino rouvre grand ses portes,

que le pillage reprend de plus belle.

Avec "l'opportunité" de la reconstruction

et la connivence des "pays amis" d'Haïti,

on peut s'attendre à ce que

le  crime contre le peuple haïtien

prenne sa vitesse de croisière.


Imaginez-vous cette chose absurde : ce sont ceux qui ont tout cassé depuis 1957

qui sont appelés à reconstruire !

Ils ont été  acteurs et/ou complices du désordre de la paix des cimetières pendant 29 ans

Ils ont été acteurs et/ou financiers du désordre des coups d'Etat, pendant les 25 années suivantes

Les grands renards sont invités à rentrer dans le poulallier.



 

Imaginez que des familles pauvres, disons dans Hochelaga-Maisonneuve, se retrouvent à la rue à cause d’un incendie. Sans assurances, ces familles doivent compter sur la solidarité pour s’en sortir. Arrive maintenant un shylock qui propose à ces familles des « prêts d’urgence » assortis de conditions sévères et de taux d’intérêts élevés. Que diriez-vous ? Nul doute que vous en seriez scandalisés. C’est pourtant ce que le FMI vient de faire en Haïti.


 

Dans le programme d’aide d’urgence qu’il vient d’annoncer, le FMI ne fait que poursuivre le même genre de politiques qui ont fait d’Haïti une zone d’extrême précarité, même avant le tremblement de terre. En grande pompe, le FMI a annoncé un nouveau prêt de 100 millions à Haïti. Haïti a désespérément besoin de ce prêt, mais celui-ci a été fait selon un programme doté de conditionnalité.


La conditionnalité de l’aide est le principe de « bonne gouvernance » selon lequel les prêts fournis par le FMI et la Banque Mondiale le sont en fonction de conditions définies par les bailleurs de fonds, conditions qui doivent évidemment être respectées par l’emprunteur. Les prêts fournis par le FMI sont généralement assortis de conditions plus sévères que les prêts de la Banque Mondiale, car le FMI agit en tant que prêteur d’urgence, alors que la BM fourni du financement pour des projets à long terme. L’aide du FMI, c’est un peu comme quand vous allez à la banque pour faire une consolidation de dettes: les taux d’intérêts seront élevés et les conditions de remboursement sont sévères.


Le journal en ligne The Nation rapporte en effet que des activistes pour l’annulation de la dette lui ont expliqué que les conditions de la nouvelle aide annoncée par le FMI incluent des hausses de tarifs d’électricité, un gel des salaires du secteur public et des mesures « anti-inflationnistes », un euphémisme cher aux économistes pour désigner le contrôle des salaires, et ce dans un pays où les salaires comptent parmi les plus bas du monde. En un mot, le FMI saute sur un pays exsangue pour lui imposer des mesures d’ajustement structurels largement connues pour être désastreuses.

 

Petite histoire d’un pays enchaîné
La vulnérabilité d’Haïti aux désastres naturels et à la famine, la pauvreté endémique, la déforestation et le manque flagrant d’infrastructures ne sont pas des phénomènes accidentels. Le fait de dire qu’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental passe sous silence les causes de cette pauvreté: Haïti a été mis dans cette situation par la France, les États-Unis, le Canada, – bref les nations occidentales riches – et par le FMI et la Banque Mondiale.


Pour Haïti, c’est donc ici l’histoire qui se répète. Depuis sa lutte héroïque pour l’indépendance (obtenue en 1804) et l’abolition de l’esclavage, principalement menée contre la France, mais aussi contre les autres puissances coloniales de l’époque qui s’étaient liguées contre la toute nouvelle république, Haïti a été la proie des puissances impériales. Dès 1825, le nouvel état Haïtien a dû s’endetter de manière importante auprès de la France, celle-ci exigeant sous la menace militaire une compensation pour les pertes subies par les planteurs blancs suite à l’abolition de l’esclavage. Cette dette extrêmement importante, qui représentait jusqu’à 80% du PIB estimé d’Haïti au XIXe siècle, n’a été remboursée entièrement qu’en 1972 !

 

Après la dictature des Duvaliers, l’élection d’Aristide et le coup d’État militaire de Raoul Cédras, la junte militaire commença a appliquer les nouvelles politiques du « consensus de Washington », nom donné à l’ensemble des politiques d’appauvrissement prônées par les institutions internationales actives dans l’aide au développement. Le retour d’Aristide au pouvoir à l’aide d’une intervention militaire américaine, en 1994, a été accompagné de l’obligation, pour celui-ci, de suivre les politiques d’austérité budgétaires prônées par le FMI et la BM.

 

Un exemple catastrophique de ces politiques a été la libéralisation du marché du riz dans les années 1990. Suite à la libéralisation de ce marché, les importations de riz en provenance des États-Unis ont progressivement remplacé la production locale de riz, laissant les paysans Haïtiens sans revenus et renforçant la dépendance des haïtiens vis-à-vis des marchés internationaux.

 

Dans la même période, l’aide internationale a envahi Haïti, au point où près de 80% des services normalement fournis par l’État proviennent des ONG, et que ceux-ci ont des budgets souvent plus importants que les ministères qui leur correspondent. Cette omniprésence des ONG internationales sert à mieux contrôler le gouvernement Haïtien. Par exemple, à la fin des années 1990, Aristide décide d’augmenter légèrement le salaire minimum sous la pression populaire. Résultat: l’aide internationale, principalement américaine, se tarit.

Voilà ce que c’est, la conditionnalité de l’aide: obliger les « bénéficiaires » de l’aide à ouvrir leur marchés au dumping des pays prêteurs, avec comme conséquence la déstabilisation des économies locales. Obliger les « bénéficiaires » à devenir – ou rester – des pays de cheap labour et de main-d’oeuvre surexploitée, sans possibilité d’augmenter les maigres salaires. Enfin, une instrumentalisation des ONG permet la constitution d’un espèce de gouvernement parallèle.


Mais la situation Haïtienne va encore s’empirer dans les années 2000. Quand Aristide gagne les élections législatives et présidentielles de 2001, on lâche contre lui les organisations d’une pseudo société civile – en fait les représentants de la bourgeoisie industrielle – qui se constituent en « opposition démocratique » et minent la crédibilité du gouvernement en place par des accusations répétées de fraudes électorales relayées par les organisations américaines d’aide et de soutien à la « démocratisation ». Ces accusations répétées, ainsi qu’une guérilla d’anciens tortionnaires de Duvalier, probablement financée par la CIA, finissent par causer le départ d’Aristide et l’invasion d’Haïti par le Canada, les USA et la France en 2004. (voir ici pour plus de détails)

 

Aristide, miné par la corruption, affaibli par sa docilité envers les politiques du FMI et de la BM, ne pourra alors profiter du soutien populaire qui lui aurait été nécessaire pour affronter à la fois la guérilla et sa propre bourgeoisie. Les USA installent alors Gérard Latortue, un ancien fonctionnaire international, qui appliquera docilement les politiques dictées par le consensus de Washington jusqu’à la victoire électorale de René Préval, le dauphin d’Aristide, qui poursuivra les mêmes politiques d’obéissance envers les puissances occidentales.

 

Le problème de la dette
En 2008, un rapport du Center for International Policy a montré qu’en 2003, Haïti a dépensé $54,7 millions pour son service de la dette, alors que l’aide internationale totale pour les soins de santé, l’éducation et les autres services n’a été que de $39,21 millions. En d’autres mots, Haïti, un pays dévasté par la pauvreté, a continué à voir sa richesse être extraite du pays et dirigée vers l’étranger.


La dette Haïtienne se chiffre à $891 millions, presque toute contractée après 2004, donc après le coup d’État qui évinça Aristide et mis Latortue au pouvoir. Elle représente une somme faramineuse pour un pays ruiné, en proie à des désastres à répétition, et qui est étranglé par les grandes puissances qui le maintiennent dans un état de dépendance et de pauvreté révoltant.


L’attitude de Shylock du FMI vis-à-vis Haïti fait partie d’un processus international qui permet au capital de maintenir certaines zones « périphériques » sous la dépendance des pays riches et puissants, qui s’en servent comme réservoir jetable de main-d’oeuvre à bon marché, et comme terrain de déversement de leurs surplus agricoles, au mépris des conditions de vie des populations locales. Pour Haïti, le seul véritable espoir de changement réside dans l’abolition de ce système inique.


PS: Une autre dégueulasserie: Gildan quitte Haïti à cause du tremblement de terre.

Si vous voulez donner pour aider, l’UCL vous conseille une organisation

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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 11:00

Dans
ce reportage fait par Radio Canada,
j’adore le jeune homme qui dit avec enthousiasme et gravité

"Nous allons recommencer à zéro..Il faut savoir qu'on a une dette extérieure de 41 milliards de dollars"

 

Pour recommencer à zéro, il aurait fallu par commencer à juger les responsables

de détournements de fonds et de crimes pendant les 29 ans de dictature.

Je me demande ce qu'il est devenu ce jeune homme.

J'espère qu'il aura pu s'échapper d'Haïti

pour d'autres horizons où la beauté n'est pas

systématiquement crucifiée

par les héritiers des Duvalier

qui saccagent le pays et maltraitent

ses habitants depuis 1986

jusqu'à aujourd'hui 2011.


Dans la présentation du CNG (conseil national de gouvernement)

le commentateur dit

d'Alix Cinéas, qu’il est le plus inquiétant de la bande

en tant qu’idéologue duvaliériste amoureux de la répression.

Bon, pour Cinéas, inutile de se demander ce qu'il est devenu.

Il a toujours été là.

Ce sont les pa ka pa la d'Haïti depuis 1957.

Tranquille. Jamais inquiété.

Ses affaires, dit-on, n'ont jamais été aussi florissantes

depuis qu'il a été nommé ambassadeur en RD par M. Latortue

en 2004 et

depuis le séisme.

Vidéo
http://archives.radio-canada.ca/c_est_arrive_le/02/07/

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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 10:14

Rochambeau, Donatien Marie Joseph de Vimeur (1750-1813)

Le nom du général Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau, apparaît sous la plume d’Honoré Castanet lorsqu’il fait le récit des combats à Saint-Domingue (lettre du 9 novembre 1792).

Donatien Marie Joseph Rochambeau participe avec son père Jean Baptiste Donatien (le « vainqueur de Yorktown ») à la guerre d'indépendance américaine. En 1792 Rochambeau, acquis à la Révolution française, est envoyé en Martinique comme commissaire pour veiller à l’application de la loi qui accorde des droits civiques à tout homme de couleur libre – Léger Félicité Sonthonax et Etienne Polverel sont envoyés à Saint-Domingue. L'Assemblée de la Martinique, qui s'intitule désormais Assemblée Constituante de la Martinique, accepte de promulguer cette loi. Elle refuse, en revanche, de laisser débarquer Rochambeau et ses hommes. Les commissaires Sonthonax et Polverel le nomment alors gouverneur général de Saint-Domingue en remplacement du destitué d’Esparbès (21 octobre 1792). Mais la révolte des esclaves n’est pas matée. Rochambeau revient en Martinique où il est nommé gouverneur (début 1793). Il s’efforce de défendre l’île contre les Anglais, se rend en mars 1794, gagne les États-Unis. Lorsqu’il obtient un laissez-passer de l'ambassadeur de France, il rentre en France et débarque au Havre en novembre 1795. Il est ensuite affecté à l'armée italienne, et nommé au commandement militaire de la république de Ligurie.

Fin 1801, il est nommé second du général Charles Leclerc pour l'expédition de Saint-Domingue chargée par Napoléon Bonaparte de reconquérir l'île et d'y rétablir l'esclavage ; il fait montre d’une grande brutalité. Il est vaincu par Dessalines (novembre 1803) qui proclame l’indépendance de Haïti. Rochambeau est fait prisonnier par les Britanniques et ne regagne le château familial qu’en 1811.

Il a publié deux récits des troubles de fin 1792 à Saint-Domingue :
Expédition sur les quartiers de Maribaroux et Ouanaminthe enlevée aux brigands par le général Rochambeau, le sept novembre 1792 (Cap Français, Batilliot et Compagnie, imprimeurs de la municipalité et du gouvernement, 1792) et Au nom de la nation. Proclamation[Sur de nouveaux troubles qui se sont élevés dans la ville du Cap les premiers jours de décembre] (imprimerie de la Commission nationale-civile, 1792).

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ROCHAMBAULT    ET LA FEROCITE BLANCHE

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